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Tuesday, January 25, 2011

RENCONTRER ... LES MANGYANS !

MANILA … PUERTO GALERA

Il y a quelques semaines je vous ai présenté Puerto Galera sous un aspect plus historique et géographique que touristique ; aujourd’hui faisons le voyage.


Partons de Manille en direction du port de Batangas, en bus ou en van (minibus), prenons le bateau (une grosse ‘’banca’’) en direction de Puerto Galera et atterrissons sur White Beach ou Muelle.

Déjeunons et reposons nous un peu sur la plage afin d’être d’attaque demain matin pour la ballade qui va nous faire découvrir pendant deux jours des paysages grandioses, des animaux sauvages et le campement d’une tribu ‘’Mangyan’’.



Vous êtes arrivés hier à l’aéroport du Niño Aquino International Airport, le NAIA, vers 13 : 00 H en provenance de Paris via Hong-Kong. Là, un minibus avec chauffeur vous attendait afin de vous amener avec armes et bagages à votre hôtel situé à Ermita, le principal quartier touristique de Manille.

Vers 15 : 00 H vous avez pris possession de votre chambre et vers 17 : 00 vous terminiez un petit en-cas dans le restaurant de l’hôtel.

Une petite sortie avec votre guide pour une visite d’intramuros, le fort construit et terminé en 1606 par le Colonisateur espagnol, le parcours de Golf qui se niche dans les anciennes douves, l’église de San Augustin … Dans Adriatico street vous avez dîné, puis une petite ballade à pied sur la contre allée de Roxas Boulevard afin de profiter de la brise marine et retour à l’hôtel.

 Il est 22 : 30 h et le départ est fixé à 07 : 30 h demain matin, après un petit-déjeuner copieux.

07 : 45 h, eh oui nous sommes souvent un peu en retard aux pays des 7.107 îles, votre minibus démarre. Vous découvrez, le long de Roxas Boulevard puis d'EDSA (Epifanio de los Santos Avenue), les embouteillages philippins. On tourne à droite pour prendre le South Super Highway, l’autoroute du sud local, celui qui peut vous emmener jusqu’à Davao et Zamboanga.


Encore et toujours des embouteillages, car nous sommes en semaine. Les week-ends sont légèrement plus calmes, mais sans plus. Un avion en finale sur la piste 24 semble traverser l’autoroute, le début de la piste n’est qu’à quelques encablures sur votre droite.

Sur votre gauche un lac. Le Laguna de Baie, la plus grande réserve d’eau douce d’Asie, que vous pouvez apercevoir par instants. Des milliers et des milliers de parcs utilisés pour l’élevage de poissons. Deux principaux types de poissons sont élevés dans ces parcs : le Bangus, un poisson à la chaire blanche, fade et plein d’arêtes, le préféré des Philippins et le Tilapia, un dérivé de la ‘’Perche du Nile’’.


Le temps est avec vous, la pluie de la nuit a nettoyé l’atmosphère, la visibilité est excellente, plusieurs dizaines de kilomètres.

Des montagnes partout.

Au départ, le long de Manila Bay, à l’ouest vous avez pu apercevoir les montagnes de Mariveles sur la presqu’île de Bataan, puis avant de prendre l’autoroute ce sont les montagnes de Rizal qui se sont montrées et maintenant, au sud-sud-est ce sont les montagnes de Tagaytay qui apparaissent. Là où se trouvent le lac et le volcan Taal.

L’autoroute, trois ou quatre voies dans chaque sens, en partie surélevée, porte le doux nom de SLEX, ce qui se traduit par : South Luzon Express way. A partir de Alabang, le doux nom se transforme en A-C-Tex et vous quittez le rivage du Laguna Bay en direction du sud-sud-est. Sur la droite vos premières rizières entourées de nombreux projets immobiliers, ici ça construit à tout va.

Ici et là, comme d’immenses vaisseaux de haute mer, des centres commerciaux futuristes et des buildings côtoient des huttes de bambou aux toits de tôles ondulées mangées par la rouille.

Vous êtes maintenant à une quarantaine de kilomètres de Manille et, ouf … vous allez enfin sortir de cette semi-banlieue qui ne semble jne amais vouloir finir.

Un échangeur, vous êtes maintenant sur la nouvelle route, la Thouthern Tagalog Arterial Road, qui va vous éviter de traverser de nombreux villages et par là même vous faire gagner, à la fois en vue, mais surtout en temps.

Sur votre gauche le Mont Makiling dont le sommet se trouve à 1.100 mètres, votre première ‘’montagne philippine’’.

A travers champs, forêts et plantations, une bonne trois voies multipliée par deux … puis deux fois deux voies.

Arrivée sur Lipa, une ville importante de cette partie sud de Manille, 260.000 habitants, le siège de Nestlé Philippines. Vous laissez la majeure partie de la ville sur votre gauche et poursuivez en direction du sud, en direction de Batangas.

Le Mont Makulot, qui se trouve maintenant sur votre droite, fait partie de l’ensemble des Monts qui entourent le lac du volcan Taal. En cas d’éruption majeure de Taal, il servira de rempart à la ville, la protégeant des éventuelles coulées de lave.

Une trentaine de kilomètres supplémentaires, toujours à travers la campagne … et vous arrivez à Batangas City, la capitale de la province du même nom. Vous êtes au nord de la ville et n’en verrez pratiquement rien. Vous coupez la Provinciale Road, la route qui joint Bauan à Batangas et continuez en direction du port.

De grandes artères pour l’accès à ce port. Ils ont vu grand !

Il est 10 : 00 h.
Votre bus s’arrête et vous descendez pour une petite promenade d’une centaine de mètres, l’entrée du port pour les passagers qui se rendent à Mindoro.
Quelques gardes de la sécurité à l’entrée, puis passage par la police, les bagages aux rayons x et vous sujet à une fouille bon enfant.

Le guichet pour les billets … mais pas pour vous, nous avons vos billets, la taxe municipale ainsi que la taxe pour l’environnement et la conservation du site sont payées. Tout a été réglé d’avance.

La salle d’attente, comme dans un aéroport, avec des rangées de sièges qui font face à la mer, est climatisée. Vous avez du mal à apercevoir votre bateau, votre ‘’Bangka’’ (grosse barque à balancier), car les quais sont hauts et les bangkas sont basses sur l’eau, pas de superstructures.

Votre départ est prévu à 11 : 15 h.

11 : 00, l’on vous fait signe, sortie sur les quais, direction … une grosse bangka qui peut contenir une centaine de passagers et qui se balance au grès … de vaguelettes.

Une passerelle qui ne serait certainement pas homologuée dans nos pays occidentaux, des membres de l’équipage qui vous aident à embarquer, une pile de gilets de sauvetages, deux rangées de bancs, l’une à tribord, l’autre bien évidemment à bâbord.

Asseyez vous, pas très confortable, mais la traversée dure en général une heure, pas la mer à boire.

En parlant de boire.
Il commence à faire réellement chaud, j’espère que vous n’avez pas oublié d’emporter quelques boissons, souvenez vous des recommandations données ce matin. De préférence de l'eau.

Un ferry quitte une autre partie du port, un ‘’cat’’ hydroglisseur arrive et vient se mettre à quai à quelques encablures sur la gauche.

Une barge, poussée par un remorqueur (pousseur) passe plus au large.


11 : 30 h
Mais que fait l’équipage à terre ?

Ça papote avec des passagères !
Enfin, l’un d’entre eux monte à bord, semble contrôler le niveau de carburant, va chercher deux gros jerrycans à l’arrière et commence à déverser le carburant dans le réservoir.

Ces bangkas sont équipées de deux, parfois trois gros diésels, ce qui permet d’obtenir une vitesse de l’ordre 15 à 20 Kt (nœuds, 27 à 35 km/h) par mer calme.

L’équipage de votre bangka se compose de 7 membres, un capitaine, un pilote et cinq ‘’marins’’.
Les moteurs sont mis en route, mais encore faut-il qu’ils chauffent.

12 : 00, la passerelle est retirée, en marche arrière lente, trois marins remontent l’ancre jetée loin du côté de la poupe. Moteurs au point mort, l’ancre est maintenant à pic, les trois ont du mal à la remonter. C’est fait, sécurisée, un grand coup de marche arrière. En avant, par à coups, pour aider à virer et en avant toutes, alors que l’on se trouve encore à l’intérieur du port.

Ça ne passe pas très loin de l’étrave d’une barge et cap direct sur Mindoro dont on aperçoit les sommets, au loin, en partie dans les nuages.

La mer est d’huile, plein pot la banca. Sur la droite l’île de Maricaban, mais en fait vous allez passer entre la petite île de Bonito et l’îlot de Malajibomanoc que vous reconnaissez, sur votre gauche, grâce à son phare blanc. Là se situent quelques excellents sites de plongée.

Vous êtes à mi-chemin, entre Batangas et les montagnes de Mindoro deviennent de plus en plus imposantes,  impressionnantes dirais-je au fur et à mesure de votre approche des côtes.

Vous êtes maintenant hors de l’abri de la baie, le vent se lève, quelques vagues sont déjà formées et peut-être recevez-vous quelques embruns. Qu’à cela ne tienne, l’équipage met en place les rideaux de plastique transparent ce qui vous permet de continuer à contempler le paysage.

Oh, là … requin ?

Une puis deux, trois nageoires dorsales. Non ce sont des dauphins qui sautent hors de l’eau maintenant et qui accompagne votre bateau sur quelques centaines de mètres. De plus en plus de ces animaux se trouvent dans ce secteur, entre Batangas et Mindoro, une zone protégée, le Verde Passage.

Nous allons arriver directement sur Muelle, le petit port de Puerto Galera.

Ceux qui ne connaissent pas, souvent passent par White Beach avant d’arriver à Muelle, ce qui rallonge le voyage d’une bonne demi-heure. Pas de port à White Beach, l’arrivée se fait sur la plage après avoir jeté une ancre. Un échouage de la banca par l’avant, la mise en place de la passerelle, le débarquement des passagers … marche arrière et … on est ensablé ! Appel aux bonnes volontés du coin qui vont pousser la banca.


Vous êtes maintenant tout près de l’entrée du port de Muelle.

Les sommets sont dans les nuages, il pleut dans la montagne, ce qui est normal en cette saison.

Vous ressentez comme une impression d’écrasement, ces montagnes qui semblent tomber dans la mer et ces sommets invisibles, où est la ville ? Quelques maisons sur les îles et presqu’îles qui entourent et ferment le port de Puerto Galera, mais peu … les habitations, en fait, disparaissent dans la verdure et il faut s’approcher de très, très près pour arriver à les distinguer.

Des collines, des corniches, des rochers, des plages, des cocotiers et la forêt.

Quelques pêcheurs font de la traîne le long des plages désertes, un parachute ascensionnel au-dessus de l’eau, plate à cet endroit.

Virage à gauche, un étroit passage, le calme du port, quelques voiliers et bateaux pour la plongée sont sur bouées et tout au fond à droite … le petit port, le port minuscule de Muelle. Attention, le chenal est étroit et les coraux affleurent, quelques barques locales, un canot rapide qui sort, sûrement du ski nautique en perspective.

La passerelle est mise à quai, les membres de l’équipage vous aident à descendre, votre guide et le chauffeur sont là qui vous attendent. A la sortie du port les conducteurs de tricycles vous proposent leurs services. Les bagages, portés par votre guide et le chauffeur sont déposés dans le minibus parqué le long d’une rue étroite.

Vous montez, prenez votre place et le chauffeur démarre, il est 13 : 15 h.


Un kilomètre, quelques minutes … un chemin privé sur la gauche, au sommet d’une corniche, ça monte un peu, virages, on descend, tout cela à dix à l’heure, le chemin est étroit et au bord du cliff. Le minibus stoppe, l’on vous invite, en anglais, à descendre. Où est la villa ?

Vous faites dix mètres et là ... cachée par le feuillage, Superbe, n’est-ce pas ! Ne vous occupez pas de vos bagages, il y a du monde pour cela.

Choisissez votre chambre, vos bagages arrivent … prenez une douche, changez-vous, léger, le déjeuner vous attend.

Avocats et crudités, quelques Saint-Pierre cuits au four accompagné de pommes vapeurs et de riz nature. Les sauces sont sur la table, n’hésitez pas. Du pain ? Pas de problème.

Pour les amateurs, vin rouge ou blanc ? Blanc de préférence, avec le poisson. Un peu de fromage, ‘’meron’’ (disponible). Passons aux desserts : gâteaux locaux à base de riz ‘’Malakit’’ et de noix de coco râpée, ananas, mangues carabao, papayes, letchees, pomélos, quelques bananes … Bon appétit !

15 : 00 h Piscine ou plage ?

La piscine est là, qui vous attend. Appuyé sur le rebord vous embrassez la baie de Valadero sur 270 degrés. Vous vous trouvez sur une corniche, qui surplombe la mer d’une vingtaine de mètres, entourée d’arbres et de fleurs multicolores.

En face de vous, vers le nord, Verde Island qui se situe à une douzaine de kilomètres, avec en arrière plan, les Monts Banoy et Lobo qui se trouvent sur la province de Batangas.

Sur votre droite la baie de subaang, en face et sur votre gauche, les îles et collines qui protègent le port de Muelle sur sa partie Est et qui se terminent par la pointe d’Escarcero.

C’est calme, tranquille et reposant, la vue est grandiose.

Vous préférez la mer et la plage ? Qu’à cela ne tienne … descendez les quelques marches et vous êtes sur la plage … une plage presque privée, car son accès à partir de Puerto est impossible. Vous souhaitez un relax, une chaise longue, une boisson ? Demandez.

Reposez vous bien, prenez des forces, demain départ huit heures du matin et à pied.

Au programme marche et excursion dans les montagnes, cascades, chutes d’eau, jungle et animaux sauvages ; couché dans un campement spartiate et levé à l’aube pour la rencontre avec les tribus Mangyans.

Dans un prochain post, le temps de vous laisser arriver à Puerto Galera, nous irons dans la jungle, à la rencontre des Mangyans.

Puerto Galera c'est également la ''Mecque'' philippine de la plongée sous-marine.

Plus d'une vingtaine de sites de plongée rien qu'autour de Sabang et de l'entrée du port de Muelle.

Souvent des sites peu profonds et relativement faciles à atteindre, même pour des plongeurs débutants.



Avis, expériences, critiques et commentaires sont, comme d’habitude, les bienvenus.
































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Wednesday, November 17, 2010

PUERTO GALERA ... LA VILLE REVISITÉE !


Puerto Galera, c’est un endroit spécial, un endroit où vous avez rendez-vous avec l’histoire, l’histoire des Galions, des Conquistadors, des trésors, des naufrages, l’histoire de l’Aventure avec un grand A.

Mais c’est également une fabuleuse destination touristique avec ses îles, ses plages, ses criques, ses nombreux sites de plongée, sa flore et sa faune, ses tribus sauvages, ses jungles et ses forêts.

Située sur la partie orientale de l’île de Mindoro, la septième plus grande île de l’archipel, la ville de Puerto Galera se trouve entre mer et montagne, entre bleu turquoise et vert foncé qui devient mauve sur les hauteurs … entre plages et forêts.

Partie du ‘’Triangle de Corail’’, le ‘’Isla Verde Corridor’’ fait l’objet de l’attention et de la protection de nombreuses ONG qui travaillent sur ce site.


Depuis 1974, l’UNESCO a déclaré Puerto Galera centre naturel dans le ‘’Man and Biosphere Programme International’’. C’est à peu près à la même époque que les médias ont découvert le potentiel de Puerto Galera en tant que zone touristique de première importance.

Mindoro c’est la première grande île (130 kilomètres) au sud de Manille. Divisée en deux provinces, Oriental et Occidental Mindoro, d’une surface de 10.572 km², elle est peuplée de 1.062.000 habitants dont la grande majorité vit sur la bande côtière. L’intérieur, difficile d’accès reste pratiquement inhabité. Montagnes, le Mont Halcon domine l’île de ses 2.582 mètres, jungles et forêts, rivières et torrents, absence de voies de communication, font que l’intérieur de l’île reste la propriété presque exclusive de quelques tribus Mangyan et d’animaux sauvages. Comme, par exemple, le ‘’Tamaraw’’, un buffle d’eau nain, une espèce en danger et qui est endémique à Mindoro.


L’économie de l’île est largement tributaire de l’agriculture, principalement concentrée sur les plaines côtières situées sur les parties est et sud-ouest. Une grande variété de fruits est cultivée ; citrus, bananes, lanzones, ramboutan et noix de coco ; de céréales, riz, mais, canne à sucre, cacahuètes ; de poissons, poissons chat, tilapia et bangus, en élevage ; ainsi que des activités de mines pour le cuivre, le marbre (et un peu d’or, mais n’allez pas le répéter).

Filières bois et poulets sont également deux secteurs d’activité d’une certaine importance.

L’activité touristique commence à influencer l’économie locale, plus particulièrement sur Apo Reef National Park (plongée), Lubang Island et le Mont Halcon. Mais c’est Puerto Galera et ses environs, qui demeurent la principale attraction de ce secteur.

Si le principal langage parlé dans l’île de Mindoro reste le Tagalog, il a été, dans de nombreux endroits, largement influencé par les langues natives que sont le Visaya et le Mangyan.

Des courants locaux, comme le ‘’Filipino’’ et le ‘’Taglish’’ (mélange de Tagalog et d’anglais) se sont largement développés, plus particulièrement sur les zones de Puerto Galera, Pinamalayan et Calapan City.


La Chrétienté, apportée (imposée) par les missionnaires espagnoles à partir du 15ème siècle, domine le paysage religieux de l’île, mais le Paganisme … n’est pas loin et cohabite en parfaite harmonie avec les différents courants de la religion chrétienne.

Deux versions s’opposent sur l’origine du nom ‘’Mindoro’’ :

A une certaine époque, Puerto Galera était un port d’une importance telle, que quelques historiens restent persuadés que le nom de ‘’Mindoro’’ est dérivé de Minolo, un des plus anciens lieux d’établissement des Espagnols sur l’île et proche de Puerto.

Ces historiens s’appuient sur le fait que de nombreuses références à l’île, datées du 16ème siècle, font référence, souvent pour indiquer uniquement le port, à l’appellation de Minolo aussi écrit Minoro.

Minolo était, à cette époque, un petit centre de commerce, au nord ouest de ce qui est de nos jours le centre de Puerto Galera.


La deuxième explication, que je préfère de beaucoup, voudrait que Mindoro soit la contraction de l’espagnol ‘’Mina de Oro’’, la mine d’or, du fait de ce métal trouvé et espéré par les Conquistadors.

Muelle, le nom officiel du port de Puerto Galera, était connu des navigateurs marchands bien avant l’arrivée des colonisateurs espagnols. Bien avant le 10ème siècle, les marchands chinois, indonésiens, vietnamiens et malais utilisaient ce port naturel et l’île était alors connue sous le nom chinois de ‘’Mai’’. Les marchands chinois échangeaient de la porcelaine contre de l’or, du jade, du corail, des coquillages, des oiseaux, du rotin et autres produits de la forêt qui étaient abondants sur l’île à cette époque.

Des fouilles archéologiques, effectuées sur l’emplacement d’un ancien cimetière situé à proximité du ‘’sitio’’ Minolo, ont révélé la présence de tombes chinoises, thaïlandaises et vietnamiennes datant du 10ème au 15ème siècle.

En 1570, en route pour Manila, une expédition espagnole, menée par Martin de Goiti et Juan de Salcedo, découvrit Mindoro et le port de Minolo. Ils firent main basse sur les richesses et christianisèrent la totalité de l’île, à partir du port de Minolo qu’ils rebaptisèrent Puerto Galera, le port des galions.

A l’apogée des raids menés par les pirates Moro (nom donné aux islamistes en référence aux Maures d’Espagne), au 17ème siècle, Mindoro était un bastion défensif, avec des forteresses dans les villes de Calapan et Mamburao.




Puerto Galera, la ville la plus au nord, servait de port aux vaisseaux qui faisaient la traversée de l’océan Pacifique, en direction ou sur le retour d’Acapulco, ville située sur la côte mexicaine. Les galions y trouvaient un abri sûr, de bons mouillages et les Espagnols y construisirent des docks et des facilités pour effectuer les réparations.

Vers le milieu du 17ème siècle, sous la colonisation espagnole, l’île de Mindoro fût érigée en Coregimiento avec Puerto Galera comme capitale. Le siège du gouvernement resta à cette place sous le régime des Espagnols puis des Américains et ce jusqu’en 1903, date à laquelle il fût transféré à Calapan (de nos jours une ‘’City’’ et capitale de la province de Mindoro Oriental). Géographiquement mieux située, c’est aussi une large plaine de terres agricoles. Puerto Galera devint alors une partie annexe à Calapan en tant que Barrio.

Ce n’est que le 7 décembre 1927, que le Congrès philippin passa un acte (Act 3415) créant la municipalité indépendante de Puerto Galera.

Quand Puerto Galera fût faite capitale de Mindoro, son emplacement initial se situait sur le barrio Lagundian (White Beach de nos jours).


La fréquence des attaques des Moros obligèrent les Espagnols, non seulement à transférer le siège du gouvernement sur un endroit plus facile à défendre, mais également à ériger des tours de guets et à mettre en place des bateaux armés dans les eaux de Puerto. Un de ces navires, le Cañonero Mariveles, pris dans une violente tempête en 1879, sombra corps et biens. Une croix du souvenir se trouve toujours sur le quai de Muelle avec cette inscription : ‘’ Ultima tierra que pesarou los tripolantes del cañoneros Mariveles el 18 de Noviembre de 1879’’.

Le riz noir.

De façon à stocker le riz avant embarquement, les Espagnols construisirent un vaste silo, où le ‘’palay’’, le riz non décortiqué, se trouvait en attente d’un navire.

Vers la fin du 18ème siècle, le dépôt pris feu, une grande quantité de riz fût brulée et jetée à la mer. Normalement, le riz brulé aurait dû se décomposer et disparaitre. Mais, pour une raison mystérieuse et peut-être magique, les grains de riz noir semblent avoir été préservés par l’eau de mer. Ils continuent, à intervalles irréguliers, à apparaitre sur les côtes de la baie de Muelle.


Puerto Galera a une topographie très rugueuse, sauvage et difficile d’accès. Des criques bordées de plages de sable blanc, des rochers, des corniches, des collines escarpées et des montagnes traversées de rivières et torrents.. L’on peut dire que la ville est coincée entre mer et montagnes. Les différents quartiers de la ville sont tous surplombés par des monts : le Mont Alinbayan au-dessus du Barangay Balatero, le Mont Talipan domine les Barangays Aninuan et San Isidoro et le Mont Malasimbo pour le Barangay Aninuan.



Ces montagnes qui culminent à 1.400 mètres au-dessus du niveau de la mer sont l’habitat d’animaux rares comme, des daims, des sangliers, des singes et le Tamaraw (bubalus mindorensis).

De nombreuses sources de montagne apportent un habitat naturel à des variétés d’orchidées, comme l’orchidée tigre et la Mariposa.



Mais Puerto Galera c’est aussi le paradis des plongeurs avec une quarantaine de sites à quelques encablures des côtes ou tout autour du port de Muelle (voir carte). Profondeur de 5 à 40 mètres.

Mais c’est aussi la porte d’accès à des sites sur Sombrero island, Maricaban island, Isla Verde, Mabini, Anilao, …


J’ai compté 27 centres de plongée sur la zone.

Puerto a reçu en 2005 le trophée de plus belle baie du monde, ce qui en fait la 32ème au monde à recevoir ce trophée et la troisième en Asie du sud est, après Nha Trang et la Baie d’Along au Vietnam.

Pour ceux qui penseraient pouvoir s’ennuyer,

Pièces de monnaies, jars, lanternes, épées, canons … de nombreuses pièces d’antiquité récupérées sur des épaves (dont un galion) autour du site sont présentées au Poblacion Museum et chez Capt’n Greggs.,

Visite du château, l’ancien fort ; les chutes d’eau dont la fameuse Tamaraw fall ; excursions en forêt et passage sur des ponts suspendus ; la flore ; les tribus Mangyan, …

Vos six mois de vacances n’y suffiront pas, il vous faudra revenir !

Plutôt que de faire de longues phrases sur la beauté du site, je vous laisse apprécier, savourer, déguster les paysages.



Expériences, avis, critiques et commentaires, comme d’habitude sont les bienvenus.


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