Thursday, June 22, 2017

TRAIT DE CARACTÈRE ... PHILIPPIN !

Caractère et attitude du Philippin, je précise homme.

Il y a quelques traits de caractère, des attitudes de l’homme Philippin, que celui qui vit ici depuis plusieurs années connaît parfaitement. Je sais automatiquement que si un de mes Kompadre ou un membre mâle de la famille, arrive seul à la maison, alors qu’il n’était pas invité et qu’il n’y a pas de motif particulier à sa venue, c’est qu’il a un problème et généralement un gros problème.


Il s’assoit dans un fauteuil, parle peu ou de choses superficielles et semble attendre quelque chose. 

Très souvent son problème est une dispute avec l’épouse et presque systématiquement pour des questions d’argent. Pera et utang (argent et crédit) sont deux mots qui reviennent constamment dans les conversations entre Philippins. Mais il ne va jamais en parler, au début de sa visite tout du moins.

J’ai déjà eu l’occasion d’en parler longuement, mais il faut bien que vous gardiez à l’esprit que dans la famille philippine moyenne c’est la femme qui mène la barque. C’est elle qui s’occupe de la bonne tenue de la maison, qui prépare les repas, qui lave et parfois repasse le linge, qui élève les enfants et surtout c’est elle qui gère, tient le budget et prend les grandes décisions. 

C’est elle qui dépense, alors que l’homme, le mari, l’époux, a pour obligation de pourvoir aux besoins financiers de la famille. Ce qui la plupart du temps veut dire donner l’intégralité et je dis bien l’intégralité de son salaire à l’épouse.

Ce qui pour de nombreux Pinoy est frustrant ; donner l’intégralité du salaire à l’épouse et ne rien avoir, même pour s’acheter une petite bouteille et boire avec des amis. Car le Philippin boire il aime, que dis-je il adore.  

Juan de la Cruz

Ce qui parfois peut mener à des drames.

Les salaires, aux Philippines, sont versés deux fois par mois, vers le quinze et vers le trente de chaque mois. Et ici ce sont des espèces sonnantes et parfois trébuchantes, les chèques, virements, versements ne sont pas acceptés par la grande majorité des travailleurs locaux. 

Même dans les grandes entreprises internationales implantées localement, l’on paie en liquide. Il faut dire que quatre-vingts pour cent (au moins) des locaux n’ont pas de comptes bancaires.

Je précise tout de même que, si c’est l’épouse qui prend les grandes décisions, c’est souvent le mari qui les annonce. Il faut bien lui laisser quelque chose à ce pauvre homme, flatter son ego tout du moins.

Mais la décision finale est prise par l’épouse ; comme l’achat d’un terrain, d’une maison, de meubles, d’électroménager, d’un véhicule, etc., c’est l’épouse qui prend la décision, après avoir fait ses comptes et qui laisse au mari le soin d’en informer l’entourage.

Comme le mari donne l’intégralité de son salaire, il n’a en général que peu, voire pas du tout d’argent de poche et donc ne peut s’acheter l’alcool dont il aurait besoin à certains moments ; comme après une violente dispute avec sa moitié par exemple. Car, à la moindre contrariété, le Pinoy a besoin de boire, d’oublier, de noyer son chagrin dans l’alcool.

Eh, voici ce que cela peut donner

À prendre en considération que le Philippin, comme la majorité des Asiatiques, tient mal, voire très mal l’alcool. De plus, il a généralement le vin mauvais.

Certains trichent, mon Kompadre Dig par exemple.
Pêcheur de calamars, il lui arrive de ne pas vendre la totalité de sa pêche au grossiste du coin. Il conserve quelques pièces qu’il va vendre à des connaissances, quitte à faire un prix ; ce sera son argent de poche. Argent qui ne passera pas dans le budget familial et dont Sonia, son épouse, ne verra pas la couleur. 

Néanmoins, je l’ai vu parfois arriver à la maison totalement assoiffé ; quelques petits problèmes avec l’épouse, problèmes qu’il fallait noyer rapidement dans un peu d’alcool. Je me suis souvent posé la question de savoir si ce sont les problèmes ou l’épouse qu’il fallait noyer ? Je ne sais toujours pas.

Il arrive également que le jour de la paie notre Pinoy se laisse entraîner par ses compagnons dans quelques bars. Et là, dans l’ambiance, l’alcool aidant, avec le videoke et les jeunes filles qui se trouvent généralement dans ce genre d’établissements, il n’est pas rare qu’il se laisse aller à dépenser sans compter. Dans ce cas l’accueil à la maison risque d’être froid, glacial et ce même avec les plus trente degrés Celsius de température ambiante.

Et cela tourne très souvent au drame, la Pinay devenant facilement hystérique. Elle crie, hurle, casse la vaisselle, balance à son homme tout ce qui lui passe sous la main, parfois menace avec un couteau, souvent avec un bolo, le coupe-coupe local. Si lui n’a pas encore totalement dessoulé, les choses peuvent très mal se finir. 


L'EMPERADOR... light !

Très souvent ce sont des voisins qui vont intervenir afin de calmer les choses, à la condition qu’ils arrivent à temps. Les responsables des Barangay, qui font office de policiers municipaux, rechignent à intervenir dans ce qu’ils considèrent comme des querelles familiales. Sauf si les choses tournent vraiment mal, mais dans ce cas il est souvent trop tard.  

Il y a une dizaine de jours, passe à la maison Dada, un cousin de mon épouse originaire de Davao.

Suite à notre installation à Ternate, il est arrivé il y a une quinzaine d’années, a rencontré une jeune femme locale, l’a épousé et a fait souche ici. Charpentier de métier, en fait plus menuisier que réel charpentier, devant les salaires de misère qu’il pouvait espérer sur l’archipel, il a décidé de partir travailler à l’étranger. Il a effectué un premier séjour de deux ans à Singapour, puis un second d’une durée de trois ans et est rentré en juin dernier. Depuis il se laissait vivre tranquillement, disant attendre une réponse pour un contrat au Canada.

Le contrat n’arrivant pas, il a postulé, toujours avec son agence, pour un job en Arabie Saoudite.

Il devait partir pour Riyad dans la première semaine de décembre, mais un problème administratif a reporté ce départ à courant janvier. Plus d’argent à la maison et Belen, l’épouse, l’a littéralement harcelé pour qu’il trouve n’importe quoi, mais qui puisse apporter quelques finances à un budget des plus limités.

Depuis il fait quelques remplacements dans des chantiers ici et là. Mais à trois cents cinquante, voire quatre cents pesos par jour… pas suffisant pour l’épouse qui, avec deux enfants plus quelques membres de sa famille, souhaite plus. D’où quelques tensions dans le couple, ce qui explique l’arrivée à l’improviste de Dada, qui par ailleurs n’est pas un mauvais cheval, à mon domicile.



Il se déchausse, s’écroule dans un fauteuil et attend.
À voir sa mine, j’ai tout de suite compris qu’il avait quelques petits problèmes conjugaux.

Il faut dire qu’elles ne sont pas toujours très faciles à vivre les Pinays. En plus d’être jalouses, possessives et exclusives, elles sont exigeantes, ce qui explique en partie que, nombreuses soient celles qui se retrouvent seules avec un ou deux gamins à élever. Je trouve que parfois elles en exigent trop de leurs maris ou compagnons et qu’elles en découragent beaucoup. 

Je me suis plusieurs fois posé la question de savoir si c’était le Philippin qui était profondément volage dans l’âme ou si c’était l’attitude de la Filipina qui le rendait ainsi.

Donc, le cousin Dada qui est confortablement avachis dans mon fauteuil est en attente et il est en attente de quoi à votre avis ? Il attend que je lui serve un verre, que dis-je, des verres d’alcool.

Une bouteille d’Imperador, je précise non entamée et vous comprendrez par la suite pourquoi je précise, un verre, des glaçons et une bouteille d’eau fraîche. Et le voilà paré !

Je suis devant mon PC et j’ai encore quelques petites choses à terminer, de ce fait pas d’alcool pour moi, je marche au thé glacé. Il souhaite regarder un film et me demande s’il peut utiliser la TV du salon. Je demande à ma fille aînée d’apporter un des DVD portables des gamins, DVD qu’elle l’installe sur la table basse. Ce qui est fait en moins d’une minute. 

Renouvellement du seau à glace, il choisit un film, met les écouteurs et commence à regarder… je ne sais quoi, tout en sirotant allègrement mon Imperador ou MP comme l’on dit ici (prononcer hem-pé). L’Imperador c’est un Brandy espagnol qui arrive ici en citerne et qui est mis en bouteille par une distillerie locale. Une sorte de cognac du pauvre, la bouteille d’un litre est vendue aux alentours de cent trente pesos, rien à voir avec un Hennessy, une fine Napoléon ou un Martell.  

C’est de nos jours l’alcool le plus populaire sur l’archipel. Il y a une dizaine d’années il a détrôné le rhum Tanduay, pourtant chers aux yeux du Philippin. Il faut dire que l’Imperador est plus doux, plus sucré et qu’il passe mieux dans les gosiers locaux. C’est un alcool qui doit tirer à trente, trente-cinq degrés, pas plus.

Suite à l’infection des artères coronaires dont j’ai été victime il y a deux ans, j’ai pris l’habitude de faire une petite sieste en après-midi. Oh pas très longtemps, une demi-heure, une heure au grand maximum, mais cela me remet en selle pour le restant de la journée et le début de soirée. Excellent pour la santé une petite sieste !

RED HORSE

Donc, vers quatorze heures trente, j’informe le cousin ‘’cheval’’ que je me retire temporairement dans mes appartements. Il est tranquillement installé dans son fauteuil à regarder son film, le verre à porté de la main, avec des cigarettes, de la glace à profusion et la bouteille, encore presque pleine à cet instant, non loin de là.

Ma petite sieste terminée, un peu moins d’une heure si j’ai bonne mémoire et je suis de retour au salon.

La première chose qui me saute aux yeux… la bouteille d’un litre est presque vide et mon Dada qui rigole tout seul les yeux rivés à l’écran du DVD.

Je m’installe devant le PC et après un laps de temps assez court, Dada vient me trouver. Il a terminé son film et souhaite écouter de la musique. Je le fais quelque peu patienter, le temps de contrôler mes mails et je lui passe quelques chansons des Bee Gees, Eagles, Beatles, Doors et également des Stones, mais il n’apprécie pas trop ces derniers. 

La bouteille est maintenant vide, j’ai juste eu le temps de m’en servir un petit verre. À partir de ce moment le Dada ne va pas arrêter de me tarauder afin que j’ouvre une nouvelle bouteille. Je dis ‘’niet’’ et je vais rester ferme sur la chose jusqu’à son départ vers dix-sept heures.

Je connais l’animal et ne souhaite pas le voir totalement déchiqueté. Il insiste comme pas possible pour que je lui donne de l’alcool, mais je demeure inflexible. 

Il me propose d’aller chez Jim, mon Kompadre et  tenancier du bar boui-boui local. Je dis non ! « Je vais payer » me dit-il… avec quoi, je sais qu’il n’a pas un centavo sur lui ? « Deux bouteilles de Red Horse », ajoute t-il. Ma réponse est toujours la même, non merci. Il va donc rentrer seul à son domicile, alors que la nuit n’est pas encore tombée.

C’est le lendemain après-midi, alors que nous faisons quelques courses au marché, que nous apprenons ce qui s’est passé après son départ. D’après le récit qui nous en a fait une voisine, il serait tout d’abord passé chez Jim, pour y boire quelques Red Horse, avant que de renter au domicile où l’attendait Belen son épouse. Et là, les choses se sont très mal passées et sans l’intervention des voisins elles auraient encore pu plus mal se passer. Depuis, Dada travaille tous les jours sur des chantiers ici et là.

Je crois savoir que cette semaine il se trouve à Tagaytay, un peu éloigné du domicile conjugal, ce qui aux dires de nombreuses personnes ne serait pas plus mal.

À toutes et à tous je souhaite une plaisante journée et que la Force soit avec vous.

Expériences, avis, critiques et commentaires, comme d’habitude sont les bienvenus.


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Friday, June 16, 2017

DAESH... AUX PHILIPPINES ?

Comme les médias français en parlent pratiquement tous les jours, vous en avez certainement entendu des échos : un groupe d’islamistes armé a pris le contrôle de la ville de Marawi.

Marawi, une ville de 200.000 habitants qui se situe dans la province de Lanao Del Sur, une province logée au Nord-Ouest de la grande île de Mindanao et à majorité musulmane.

Progression de l'armée philippine dans Marawi

Je viens de lire un article intitulé « Un nouveau front à la syrienne s’ouvre aux Philippines ». Vous me direz que cet article provient du site ‘’Réseau International’’, un site qualifié par nos hautes autorités comme faisant dans le conspirationnisme, la contre-information et qui serait pro-régimes autoritaires (Poutine, kadhafi etc.).

Passons ; mais nous avons un journal comme le Figaro, qui nous ‘’informe’’, tout du moins qui écrit :

''Daech veut créer un califat aux Philippines, ou encore Duterte proclame la loi martiale après des combats entre l’armée et Daech''. 

Essayons d’y voir un peu plus clair.

Ce dont nous sommes sûr : un groupe se proclamant islamiste, bien armé, mais semble-t-il récent, a pris possession d’une partie de la ville de Marawi le mardi 23 mai dernier, s’y est retranché et résiste depuis aux forces armées philippines (armée et police).

Deux membres du Maute Group

Ce n’est pas la première fois que cela arrive, c’est même assez fréquent aux Philippines, quelque chose de presque banal sur la grande île de Mindanao. La dernière fois c’était la ville de zamboanga qui était prise en otage par les troupes du MNLF de Nur Missuari, en septembre 2013. Même la New People Army (NPA), le bras armé du Parti Communiste Philippin se lance parfois dans ce genre d’opération.

Au cœur  de la crise se trouve le Maute groupe (MG) qui aurait fait allégeance au Calife de l’IS Abu Bakral-Baghdadi en avril 2015. Ils s’appellent entre eux ‘’IS Ranao’’, de l’ancien nom de la province de Lanao del Sur. Le groupe islamiste ‘’Maute’’ serait né en 2013, créé par les frères Maute (Abdullah et Omarkhayyam Maute) qui sont d’anciens policiers, mais également d’anciens membres du MILF, le Moro Islamic Liberation Front. Son fief serait situé non loin de Marawi et il serait composé de quelques centaines de combattants.

Regardons maintenant les choses en face, à la condition de connaître un peu le contexte local.
Mindanao 23 / 25 millions d’habitants pour une surface de 97.530 kilomètres carrés, ce qui nous donne une densité de population d’approximativement 250 au kilomètre carré… ce n’est pas vraiment le désert.

L'éxode des civils qui fuient les combats

Raconter que l’île de Mindanao est majoritairement peuplée de personnes de confession musulmane est faux. Il y aurait aux Philippines cinq pour cent de la population qui suivraient les règles de l’Islam, donc, sur cent millions d’habitants sur l’ensemble de l’archipel, cela nous donnerait cinq millions de Musulmans. 

J’aurais tendance à dire qu’ils sont un peu plus nombreux (7 / 7, 5 %), mais poussons jusqu’à dix pour cent et donc dix millions de Musulmans. Sur une population totale de vingt-cinq millions d’habitants pour Mindanao, nous sommes loin d’une majorité avec dix millions. De plus, j’ai poussé le curseur jusqu’à dix pour cent et tous les Philippins Musulmans ne se trouvent pas sur Mindanao. 

Il y en a un peu partout, à Palawan, à Manille et même à Ternate.
Tous les petits commerces de produits « copiés / piratés » sont tenus par la communauté musulmane et ceci sur une grande partie de l’archipel. Allez faire un tour dans les secteurs non alimentaires des marchés et vous comprendrez ce que je veux dire. Tous les petits stands qui vendent des CD, des portables piratés et leurs accessoires, de la radio, de l’électronique et de la hi-fi bon marché, des lunettes estampillées Dior, Lacoste, Diesel, etc., tout ce petit business est aux mains de la communauté musulmane.

De plus, sachez qu’il n’y a pas de problème particulier entre communautés chrétiennes et musulmanes, cela ce passe plutôt bien, même à Marawi. Si j’ai rencontré deux ou trois fantômes, niqab, sur les douze derniers mois, c’est le grand maximum. Ici les femmes musulmanes portent un châle sur les cheveux… (Et encore pas toutes), sans plus et sont souvent très mal attifées.

Check point

Donc le 23 mai dernier, l’armée philippine (AFP) qui était à la poursuite d’un dangereux leader du groupe Abu Sayyaf, se fait sérieusement accrocher dans la ville de Marawi par des éléments fortement armés qui seraient membres du Maute Group ! En fait un piège qui semble-t-il était préparé de longue date, une tentative d’insurrection de cette ville à forte majorité Musulmane. 

Jusqu’à ce 23 mai dernier, le Maute Group était surtout connu pour ses rapineries, extorsions, kidnapping contre rançon, trafic de drogue, etc. Une bande comme il en existe plusieurs sur l’île de Mindanao.

Plus l’attaque d’un poste de police afin de se procurer des armes et peut-être la pose d’une bombe à Davao City le deux septembre 2016, attentat qui a fait quinze morts et des dizaines de blessés.

Cet incident est à rapprocher du kidnapping de deux Canadiens, d’une ressortissante japonaise et d’une Filipina, dans un Beach Resort de l’île Samal, île qui se situe à  quelques encablures de la ville de Davao.

Ces deux incidents, le ‘’bombing’’ et le kidnapping, pourraient être des tentatives de déstabilisation du Président Duterte nouvellement élu. Maintenant, qui tire les ficelles ?
Si les deux Canadiens ont bien été décapités par les Abu Sayyaf, ce n’est certainement pas ce groupe qui a procédé au kidnapping.

Entrainement du Maute Group

Le Maute Group (MG) et les Abus Sayyaf sont très proches les uns des autres et auraient fait allégeance à Daech (ISIS ou IS, ex-Al Quaeda) dans le but de créer un Califat sur Mindanao. Alors là, je leur souhaite beaucoup de courage !

Pourquoi ?
Il existe une région autonome sur la grande île de Mindanao, l’ARMM ou Autonomous Region in Muslim Mindanao et son gouvernement ! Je ne pense pas que le MNLF (Moro National Liberation Front), qui lutte depuis des décennies pour obtenir une certaine indépendance vis-à-vis du pouvoir central de Manille, laisse s’installer un Califat de fous furieux (bandits) sur la région qui se trouve sous leur contrôle.

Sans compter les tribus qui luttent pour se réapproprier leurs terres ancestrales, les sultans qui réclament  un État Fédéral, le NPA (la New People Army, le bras armé du Parti Communiste Philippin), les groupes de bandits, etc. Il y a huit sultanats sur Mindanao et leurs dirigeants soutiennent le processus de paix (Bangsamoro Peace Process) du Président Duterte, tout en demandant la mise en place d’un État Fédéral.

Revenons à l’occupation de la ville par des membres supposé être des Maute et Abu Sayyaf groupes.

Bombardements aériens

Il y aurait également des étrangers parmi ces groupes. Maintenant, sauf à les attraper, morts ou vifs, difficile de faire la différence physique entre un Indonésien, un Malais et un Philippin. Nombreux sont les Philippins de descendance malaise et une partie de Bornéo, le Sabah, actuel territoire indonésien, faisait partie (et fait toujours partie ?) du Sultanat de Sulu.

Ces groupes étant lourdement armés, l’on peut légitimement se poser la question de savoir d’où proviennent ces armes ? Soixante-douze millions de pesos (€ 1,4 millions) en billets de banque ont également été récupéré par les Forces Armées Philippines… qui a financé ?

Donc l’établissement d’un Califat de l’IS, Daesh ou autres au Sud de l’archipel, je n’y crois pas trop.

Cette attaque de Marawi pourrait trouver une explication dans le comportement du Président Duterte.

Un avertissement de ses ennemis de l’intérieur et ils sont nombreux, surtout ceux qui ont perdu gros avec la lutte intensive menée par le gouvernement contre les fabricants et revendeurs de drogues ; un avertissement des Américains qui voient d’un mauvais œil le rapprochement de Duterte avec les Chinois, puis plus récemment avec les Russes. N’oublions pas que c’est durant sa visite à Moscou que la crise a éclatée. Soit, troisième possibilité, un rapprochement des mécontents de l’intérieur et des Américains.

Attention aux snippers

Mais dans les trois cas, il s’agit plus d’une tentative de déstabilisation du gouvernement Duterte, que de la création d’un état islamique, voire d’un Califat sur Mindanao.

Sans vouloir faire dans le complotisme, sachant que la grande majorité des groupes terroristes sont, ou tout du moins étaient, financés par L’Arabie Saoudite et le Qatar pour le compte de nos amis Américains, je verrais bien là une petite intervention des services américains dans cette tentative de déstabilisation.

Depuis le 23 mai dernier, la totalité de l’île de Mindanao est sous le régime de la loi martiale et cela pour au moins soixante jours. Que cela implique-t-il pour ceux d’entre vous qui souhaiteraient ou sont obligés de se rendre sur l’île ?

Un petit point de la situation sur mon blog ‘’Ma retraite aux Philippines’’.

Dernier développement
Les forces spéciales américaines seraient engagées contre les groupes Maute et Abu Sayyaf dans la région de Marawi. 


Spéciales Forces US en briefing


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