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Tuesday, January 12, 2016

VISITONS ... PACO !

En ce jour de Noël 2015, nous allons rendre une petite visite à Paco, en fait à une cousine de mon épouse qui demeure à Paco. 


Eh oui, Paco n’est pas une personne, mais un district, une partie, un des quartiers du vieux Manille. Ce sont les missionnaires franciscains espagnols qui ont fondé la ville en 1580, au tout début de la colonisation espagnole qui, pour cette partie des Philippines, a débuté en 1571.

Paco, anciennement connu sous le nom de Dilao, est un quartier de Manille qui se situe au Sud de la rivière Pasig et à l’Est d’Ermita. Selon la légende le nom de Dilao a été donné à ce quartier en raison des nombreuses plantes amaryllis qui poussaient autrefois en abondance à cet endroit. En sachant qu’en Tagalog le mot Dilao ou plutôt Dilaw désigne la couleur jaune.

Pour d’autres, le nom Dilao où Place jaune a été donné à ce quartier par les colons espagnols, du fait des nombreux Japonais qui y vivaient, faisant ainsi référence à la couleur de la peau de ces derniers.


Car les Japonais se sont installés très tôt à cet endroit. Les Espagnols en recensaient entre trois et quatre cents en 1593, mille cinq cents en 1603 et trois mille en 1606, une véritable enclave japonaise au cœur de la capitale Philippine.
 .
Ces Japonais vont se rebeller contre l’autorité espagnole en 1606 et 1607, mais la rébellion est rapidement matée par le colonisateur.

Leur nombre va encore augmenter en 1614 quand trois cents Japonais, Chrétiens expulsés du Japon, s’installent à Paco sous la direction de Takayama Ukon. Takayama Ukon était un noble et un samouraï Japonais dont le père avait embrassé la religion catholique. Né à Haibara-cho en 1552 dans la province de Nara, il abandonne son statut de noble et de Samouraï afin de se consacrer à sa foi chrétienne, il meurt à Manille en février 1615. Il devrait être béatifié en 2016 après l’approbation papale.

Si le nom de Dilao a été utilisé jusqu’en 1791, le nom de San Fernando lui fût accolé par la suite et la ville devint San Fernando de Dilao. Au 19ème siècle un surnom lui fût donné, Paco (ce qui veut dire Francisco) elle devint Paco de Dilao, puis Paco comme elle est connue de nos jours.


Si Dilao a subi plusieurs incendies et tremblements de terre durant les siècles passés, la ville a été complètement rasée durant la Seconde Guerre mondiale ; il ne reste rien, ou presque, de l’ancienne ville.

En ce jour de Noël 2015, Paco ressemble à une petite ville tranquille d’une province éloignée. Avec ses rues bordées d’arbres et le trafic automobile qui est pratiquement nul, ce quartier de Manille ressemble à ce qu’il est, un lieu de résidence pour la classe moyenne philippine. Pas de grands buildings, pas de chantiers en construction, Paco demeure un havre de paix, un endroit où l’on vit en famille dans de petits immeubles qui dépassent rarement les quatre étages. 

Il n’en est pas de même les jours de semaine durant lesquels les gens travaillent. Quirino Avenue, Pedro Gil, Angel Linao, Napkil Street sont des axes empruntés par les jeepneys et autres commuters qui sillonnent Manille dans tous les sens et les embouteillages monstrueux y sont fréquents. 

Une petite rue, ou plutôt une ruelle privée dont l’accès sera interdit aux véhicules dès que la nuit tombera. Un petit immeuble de quatre étages, un garde de sécurité, quelques appartements et… pas d’ascenseur. Pas de chance pour mon ménisque, la cousine demeure au quatrième étage et les marches ne sont pas au standard, je ne vous dis que ça.


Du quatrième étage il est possible de voir les tours d’Ermita, celles de Makati et du Fort et même celles de Mandaluyong, tout là-bas à l’Est. Et ça construit, ça construit encore et toujours plus haut, l’on dépasse maintenant les cinquante étages ! Je me demande ce que cela pourrait donner en cas d’un fort séisme, en cas d’un tremblement de terre majeur ? Car, ne l’oublions pas, Manille se trouve en partie sur une faille, la faille de Marikina… souhaitons que les ingénieurs aient bien fait leurs calculs.

Quelques pétards durant la soirée, mais relativement peu, les gens se réserveraient-ils pour le premier janvier ? C’est assez calme et, en me promenant dans le voisinage, je remarque que de nombreuses personnes dorment dans la rue, sur des cartons, principalement le long d’Angel Linao Street… il n’y a pas que dans les lieux touristiques que l’on trouve des déshérités. 

Ici et là, des Karaoké sont installés en plein air et des groupes, assis autour de tables portant des bouteilles d’Imperador et de Red Horse, boivent et poussent la chansonnette. Pas mal de food Street sur Pedro Gil, le marché demeure ouvert et les vendeurs ambulants sont nombreux. Un petit tour au 7/Eleven puis nous rentrons par Singalong Street. 

La haute grille est maintenant fermée et nous passons par un minuscule portillon qui restera ouvert durant la nuit.


Maintenant, pour celui qui passerait à Paco, qu’y a-t-il à voir ou à visiter ?

En premier j’indiquerais le Park de Paco, parc qui se situe sur Général Luna Street, à l’intersection de Padre Faura Street. D’une superficie d’un peu plus de quatre mille mètres carrés, planté d’arbres centenaires et ceint d’une double muraille, il abrite la chapelle Saint Pancratius, une chapelle ronde de style espagnol. 

En fait ce lieu est l’ancien cimetière des personnes influentes qui résidaient dans le vieux Manille au début du 19ème siècle, plus particulièrement celles d’Intramuros, la ville fortifiée qui se situe à l’embouchure de la Pasig River. Inauguré officiellement le 22 avril 1822, le cimetière était utilisé en fait depuis 1820.

Le 30 décembre 1896, le héros National José Rizal fût enterré dans le cimetière de Paco, après son exécution à Bagumbayan. C’est également sur ce site qu’ont été enterrés les prêtes Philippins José Burgos, Mariano Gomez et Jacinto Zamora, exécuté par les autorités espagnoles en 1872 pour leur rôle supposé dans la mutinerie de Cavite.  Le cimetière a été ainsi utilisé jusqu’en 1912, puis les cendres des défunts ont été transférées dans d’autres cimetières de Manille.

Durant la Seconde Guerre mondiale, les forces japonaises ont utilisé le Parc comme centre de ravitaillement et dépôt de munitions. Avant la chute de Manille, les Japonais creusèrent des tranchées et des lignes de défense à cet endroit, transformant le parc en fort. Trois canons de 75 mm venant renforcer cette défense contre les charges du 1er  bataillon du 148ème  régiment d’infanterie de l’armée américaine et de l’armée philippine du commonwealth.

De nos jours, le Parc de Paco reçoit les plus grands artistes de la musique Philippine, des orchestres, des chorales, pour des concerts de musique classique, de musique Philippine traditionnelle et ce, chaque vendredi à partir du coucher du soleil. Concerts qui sont retransmis en direct sur le National Broadcasting Network. 


De plus le Parc de Paco est devenu un lieu très populaire pour les mariages et réceptions, ceci pour les couples qui préfèrent une ambiance champêtre aux grands salons des hôtels cinq-étoiles de la capitale.

Le parc est ouvert tous les jours, sauf le mercredi, de 08 h 00 à 17 h 00.

Un autre lieu ou plutôt un monument qui peut-être visité à Paco, la San Fernando de Dialo Church ou Simbahang San Fernando de Dialo ng Paco en tagalog. 

C’est une église catholique romaine dont le nom a été donné en l’honneur du Roi Saint Ferdinand III de Castille.

En 1580, une première église, faite de bambou et de nipa, est érigée, elle est dédiée à Notre-Dame de la Purification. L’église est reconstruite en pierre entre 1599 et 1601.
Le 3 octobre 1603, l’église est attaquée et brûlée par les pirates chinois lors d’une incursion. Elle est réparée et en partie reconstruite, toujours en pierre en 1606.

Lors de l’invasion et de l’occupation de Manille par des troupes du Royaume-Uni, elle est réduite en cendres en 1762. Manille sera anglaise durant sept années. En 1791, après le départ des troupes de l’Empire Britannique, une église temporaire, faite de nipa et de bambou est érigée.


Un couvent est construit en 1793 / 1794, il sera réparé en 1854, puis totalement détruit en 1880. Une nouvelle église, dont la construction débute en 1809 et s’achève en 1814, nommée Antigua Iglesia de Paco, avec adjonction d’un beffroi en 1839, sera partiellement détruite en 1852, puis totalement détruite en 1880 par deux violents tremblements de terre.

La reconstruction débute en 1881 ; mais à peine terminée, un typhon détruit à nouveau partiellement l’église. La reconstruction sera terminée en 1896.
En 1899, durant la guerre Américano-Philippine, l’église sera bombardée et brulera totalement.

Les prêtes Belges de la congrégation « Immaculati Cordis Mariae » entrent en possession de l’église brûlée en 1909 et érigent une église temporaire.

L’église que nous pouvons contempler aujourd’hui a été construite entre 1924 et 1931.  
La façade, flanquée de hauts beffrois jumeaux, est du style architectural néoclassique. Le portique à arcades, en forme de terrasse, fournit une entrée de transition à l'église. Les colonnes corinthiennes sur les premiers et deuxièmes niveaux de l'église ainsi que le fronton triangulaire donnent à la façade son caractère classique.

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Saturday, November 2, 2013

DIMIAO, PROVINCE DE BOHOL !

Comme vous le savez certainement l’île de Bohol, une île qui se situe dans les Visayas, a été durement frappée par un violent tremblement de terre le 15 octobre dernier.

L’on dénombre plus de deux cents victimes et une dizaine de personnes sont toujours portées disparues plus de deux semaines après la catastrophe.


Les pertes ne sont pas uniquement humaines. Plusieurs églises, qui avaient traversé les siècles sans subir les outrages du temps, n’ont pas résistées et se sont plus ou moins écroulées sous la violence des chocs.

Cette région, fortement touristique, risque de perdre une partie de l’attraction qu’elle avait auprès des visiteurs qui venaient du monde entier. Ils venaient voir les Tarsiers, un des plus petits primates au monde ainsi que les ‘’Chocolat Hills’’, ces collines arrondies qui se parent d’une couleur chocolat lors de la saison sèche.

Mais Bohol c’est aussi la rivière Loboc, l’île de Panglao et ses longues plages, c’est également un endroit extraordinaire pour la plongée sous-marine. Si le requin baleine n’y fait que des apparitions saisonnières, différentes espèces de dauphins se partagent en permanence les eaux claires et cristallines qui baignent cette partie de l’archipel.  


Mais il y a une attraction, une curiosité dont vous n’avez certainement jamais entendu parler.

Pour cela il faut que je vous emmène tout au sud et au centre de l’île, dans la municipalité de Dimiao.

Dimiao, une municipalité de cinquième classe, une petite ville de quinze mille âmes qui se répartissent dans 35 barangays et qui se situe à 36 kilomètres à l’est de Tagbilaran la capitale provinciale.


Ici  tout est calme, tranquille, paisible, une petite ville de province un peu endormie entre mer et montagnes. Ici les gens sont fermiers ou pêcheurs, pas d’autre alternative, à Dimiao l’on est fermier ou pêcheur.

Dans le Barangay de Canlambang qui se trouve à 18 kilomètres du centre-ville, chaque troisième jour du mois de mai est l’occasion de célébrer le Saint patron du lieu, Saint Santa Cruz. Pour cela les Canlambonganons, les habitants du lieu qui sont tout au plus 700, vont danser la danse des Anges ou ‘’Inanghel’’, une danse qui aurait été adoptée il y a bien longtemps par les premiers Chrétiens du lieu.

Si l’on n’est pas sûr de la date à laquelle la paroisse fut fondée,  les premiers baptêmes répertoriés  dans les archives sont datés de 1750. C’est une des plus anciennes municipalités de Bohol et elle comptait déjà 8.820 habitants en 1897. 

En fait la ville couvrait à cette époque une surface beaucoup plus importante que de nos jours, elle incluait les villes de Valencia et de Lila qui sont désormais des municipalités à part entière.

S’il y a  un endroit où l’histoire, le mystère et la religion se mélangent parfaitement dans ce qui pourrait être un lieu pour un show de télé-réalité, c’est bien la municipalité de Dimiao.

Dimiao est célèbre pour son cimetière déclaré trésor culturel national. Ce cimetière est plus connu sous le nom des ‘’Ruines d’Ermita’’.


Mais avant de vous parler du cimetière, je vais vous donner une liste non exhaustive des autres monuments ou lieux que vous pourriez visiter.

L’église San Nicolas, construite dans la seconde moitié du 19ème siècle, est une des plus anciennes églises de pierre de Bohol. Elle est reconnaissable à ses deux tours jumelles situées de par et d’autre de la façade et est dédiée à San Nicolas Talentino qui est également le saint patron de la ville.  

Derrière l’église se trouve l’ancien couvent, transformé de nos jours en école.

Plus étrange et faisant face à l’église, dans l’allée qui mène à cette dernière, se trouve ‘’The Sacred Heart of Jesus’’. Montés sur quatre piliers qui ressemblent à si méprendre à des piliers supportant un château d’eau, se trouve un globe terrestre sur lequel se tient Jésus, debout, bras écartés et qui fait face à l’église. 

C’est là que se pratique le ‘’Hugos’’, une procession avec des chants religieux qu’entonnent de jeunes enfants durant la célébration du dimanche de Pâques.

Encore plus étonnant, derrière lui et lui tournant le dos, se trouve Jose Rizal monté sur une stèle.
Bien que plus bas que Jésus, le monument de José n’en et pas moins plus imposant, surélevé on y accède par quelques marches.



Deux plages de sable blanc pour les amateurs, Balbalan beach qui se situe à cinq minutes du centre- ville et Imelda Beach, bordée de cocotiers, qui se trouve dans le Barangay Luyo. Les eaux claires comme du Crystal et dépourvues de pollution sont idéales pour y nager.

Les cascades jumelles de Dimiao qui se trouvent à une quinzaine de kilomètres de la route principale vous obligeront à effectuer un peu de sport.

On trouve également des terrasses de riz, mais qui ne sont, bien évidemment, pas aussi spectaculaires que celles de Banaue.

Badiang peak est une montagne accidentée qui peut faire l’objet d’une randonnée de plusieurs heures le long de sentiers et qui se terminera par un peu d’escalade sur les rochers. Vue panoramique de Dimiao et des plaines avoisinantes à partir des crêtes.


Mais revenons au cimetière.

Construit au début des années 1800, à un endroit où il aurait pu y avoir les bâtiments d’une ancienne forteresse, l’on trouve des centaines de petites tombes disposées en nid d’abeilles. Mais étonnamment toutes ces tombes sont vides.


Ces sépultures, structurées d’une façon unique, sont les seules que l’on ait découvertes aux Philippines.

Selon certaines sources l’ensemble de la structure d’Ermita Ruines ressemblerait à celle du cimetière de Paco. Cimetière qui se situe à Manille, là où les rues de Padre Faura et du Général Luna se rejoignent, non loin de Taft avenue et à distance de marche du Rizal Park.

Les historiens ont émis l’hypothèse que les habitants de la région sont morts d’épidémie avant que le cimetière ne soit terminé. Ils pensent qu’il se pourrait que Dimiao ait été touché à un point tel, que seuls quelques rescapés de la communauté ont été en mesure de prendre soin des morts.

Ce qui expliquerait pourquoi les équipes archéologiques ont déterré quelques squelettes entassés dans une fosse commune. Dans un lopin de terre, au centre des niches en forme de nid d’abeilles, qui elles sont restées vides.

D’autres chercheurs disent que l’absence d’os dans les centaines de petites niches pourrait avoir une explication toute simple. Les archives de la ville révèlent que le père Manuel Carususan aurait fait fermer le cimetière en 1844. 

Peut-être, toujours d’après les chercheurs, pensait-il qu’il était malsain d’avoir un cimetière aussi près de l’église.

Il ne faut pas croire que le cimetière d’Ermita Ruines soit la seule attraction touristique de Dimiao.


Comme dans la majorité des villes de Bohol, il y a également une église catholique , la
 Nicolas Talentino Parish. Une église vieille de plusieurs siècles où, à un moment donné, le père Leon Inchausti et le père José Rada, tout deux de l’Ordre des Augustins Récollets, ont été assignés. 

Ces deux prêtres sont deux des huit martyrs de Motril, des prêtres exécutés pour leur foi au cours de la guerre civile espagnole.

Les martyrs de Motril (une ville de la province de Grenade en Espagne) étaient un groupe de 7 Augustins Récollets plus le curé de Motril.

Ces religieux avaient pour traits communs d’êtres des hommes simples, ayant une grande dévotion mariale (pour la vierge Marie). Leur zèle apostolique les poussa à se rendre en divers pays, où certains connurent déjà la persécution comme aux Philippines. 

De retour en Espagne, dans le couvent de Motril, ils continuèrent leur apostolat multiforme avec la même ardeur et décidèrent de rester quand le danger se fit sentir. Ils furent exécutés entre juillet et août 1936. Béatifiés à Rome le 7 juillet 1999 par le Pape Jean-Paul II.

Aussi bien le cimetière de l’Ermita Ruines que l’église San Nicolas de Talentino ont été touchés par le tremblement de terre qui a frappé la région le mois dernier.
Cependant, les dommages subits ne sont pas aussi sévères que ceux reçus par d’autres monuments historiques de l’île.



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