Thursday, July 27, 2017

AETA, PEUPLE INDIGÈNE DES PHILIPPINES !

Les Aetas, peuple indigène des Philippines.

Les Aetas (que l’on prononce ‘’eye-ta’’), Agta ou Ayta, sont un peuple indigène qui vit dans les endroits reclus et isolés des parties montagneuses de l’île de Luzon. On les appelle également Négritos du fait de la couleur de leur peau, peau  qui varie du brun sombre au brun très sombre, presque noir.

Ils sont de petite stature, possèdent un squelette frêle et ont les cheveux bouclés à crépus, un peu comme les Africains. Leurs chevelures ont une tendance à s’éclaircir naturellement pour atteindre une couleur qui peut s’apparenter au blond passé, un peu comme une coloration qui aurait quelque peu tourné. Un nez petit et des yeux marron foncé complète leur aspect physique.

Ils sont considérés comme étant parmi les premiers habitants de l’archipel, leur présence étant antérieure aux  migrations des peuples austronésiens.

Les Aetas furent inclus sous le terme générique du groupe ‘’Negrito’’  durant la colonisation espagnole, donc nommés Negritos du fait de la couleur de leur peau. Divers groupes d’Aetas du Nord de Luzon sont connus sous le nom de ‘’Pugut’’ ou ‘’Pugot’’, noms qui leur sont donnés par leurs voisins qui parlent le Ilocano, mots qui désignent (en Ilocano) les personnes de complexion foncée. Mais, en Ilocano, ces mots veulent également dire ‘’Goblin’’ (Gobelin en bon français) ou esprit de la forêt. 

Les peuples Aeta des Philippines sont des Australo-Mélanésiens, groupe qui inclut également les Arborigènes d’Australie, les Papous de Nouvelle-Guinée, les Mélanésiens des îles Solomons, du Vanuatu, des Fidji et des territoires de la Nouvelle Calédonie.

L’histoire des Aetas continue de nos jours à confondre les anthropologues et les archéologues du monde entier.

Une théorie voudrait que les Aetas soient les descendants des habitants originels des Philippines. Ils seraient arrivés, non pas comme leurs voisins Austronésien par la mer, mais auraient bénéficié de ponts de terre ferme joignant le continent Asiatique à l’archipel durant la dernière glaciation, glaciation qui atteignit son apogée il y a environ 20.000 ans.


Groupe d'Aeras, début du 20ème siècle

 Des ponts terrestres apparurent entre l'Australie, la Tasmanie et la Nouvelle-Guinée formant ainsi un grand continent nommé Sahul. Des ponts terrestres reliaient également l'archipel des Philippines à l'Indonésie.

Contrairement à la plupart des autres groupes Austronésiens, les Aetas ont toujours été farouchement opposés au changement. Ils n’ont eu que peu d’interaction avec le colonisateur espagnol, demeurant volontairement isolés dans les montagnes durant la colonisation. Toutes les tentatives de les coloniser et de les installer dans des réserves (reducciones) se sont soldées par des échecs.

Selon Miguel Lopez de Legaspi, les Aetas possédaient des outils et des armes en fer. Leur vitesse et justesse d’utilisation  de l’arc et des flèches étaient proverbiales, ce qui faisait d’eux de redoutables guerriers. 

Malgré ces prouesses guerrières, du fait de leur faible nombre, de leur économie primitive et de leur manque d’organisation, ils étaient des proies faciles pour des groupes mieux organisés. C’est souvent qu’ils étaient capturés et vendus comme esclaves à Bornéo et en Chine.

Migrations humaines

Nous verrons plus loin, lors de récits de voyageurs écrits durant la deuxième partie du 19ème siècle, que les Aeras étaient plutôt des êtres peu belliqueux, de très mauvais chasseurs et certainement pas de farouches guerriers. D’autres récits, plus anciens, les décrivent comme des personnes souhaitant avant tout éviter les autres tribus, garder leur liberté et leurs coutumes.

Ils sont, ou tout du moins étaient nomades, construisant uniquement des abris temporaires faits de pièces de bois et couverts de feuilles de bananiers. Néanmoins, du fait de certaines circonstances, des Aetas que nous nommerons modernes, vivent dans des villages, des endroits dégagés et plus accessibles.

Ce fût le cas lors de l’éruption du Pinatubo ; éruption qui obligea les nombreux Aetas qui vivaient dans le massif montagneux à évacuer et à se réfugier loin de leurs montagnes isolées. Des camps de réfugiés furent construits, mais nombreux sont ceux qui se retrouvèrent déplacés sur Manille et sa banlieue.


Campement Aeta de nos jours

 Les Aetas ont été les plus touchés par le réveil du volcan, la destruction de nombre de leurs villages ayant complètement bouleversé leur mode de vie. Relogés pour la plupart dans des campements, leurs conditions de vie demeurent difficiles. Incapables de subvenir à leurs besoins alimentaires avec les petites parcelles offertes par le gouvernement, beaucoup d'Aetas travaillent de ferme en ferme pour le compte de grands propriétaires des plaines, fragmentant leur société et la rendant dépendante de l'économie régionale.

De nos jours l’on trouve des groupes d’Aetas dans les provinces de Zambales, Tarlac, Pampanga, Panay, Bataan et Nueva Ecija. Ceux qui vivent de façon traditionnelle ne seraient plus que quelques milliers. 

La majorité d’entre eux ont été absorbés, intégrés et mélangés avec les autres groupes ethniques.

L’extraction minière, la déforestation, les coupes de bois illégales et la culture sur brûlis sont à l’origine de la dispersion et de la disparition de ce peuple.

Pour ce qui est de la religion, les Aetas seraient monothéistes, croyant en un être suprême qui aurait autorité sur les esprits et autres déités. Mais ils sont avant tout animistes et croient aux esprits environnants. Ils croient que les bons et mauvais esprits habitent dans l’environnement, comme les esprits de la rivière, ceux de la mer, ceux des arbres et des forêts, etc.

Du fait du prosélytisme intensif de quelques églises, nombreux sont ceux qui sont convertis par les évangélistes protestants américains (New Tribes Mission) et par les Témoins de Jehovas (Evangelicals Jehova’s witnesses).

Jeune fille Aera vers 1900

En ce qui concerne l’habillement, tous ou presque ont adopté le T-shirt, le short et les sandales plastique.

Mais nous verrons plus loin qu’ils avaient, plus ou moins, une forme des plus simples d’habillement traditionnel.

Les Aetas sont très adroits dans le tissage et le tressage de fibres végétales.
Si ce sont uniquement les hommes qui fabriquent les armes, les femmes ont l’exclusivité du tissage et du vannage.

Selon une étude, environ quatre vingt-cinq pour cent des femmes Aetas chassent, en groupe et avec des chiens. Leur taux de succès est de trente et un pour cent, contre seulement dix-sept pour cent pour les hommes.

La réputation des femmes Aetas pour l’utilisation des plantes médicinales est reconnue sur l’ensemble de l’archipel, même parmi les autres groupes ethniques et les tribus.

La forme traditionnelle d’art visuel est la scarification. Les Aetas se blessent volontairement sur le dos, la poitrine, les jambes, les mains et abdomens, irritent les blessures avec le feu, du citron ou des plantes vénéneuses, de façon à laisser une cicatrice bien marquée.  

À l’âge de la puberté l’émail des dents peut également être enlevé ; plus tard, à l’âge adulte, les dents seront peintes en noir.
Feuilles et fleurs sont également portées comme des boucles d’oreilles.

Femmes et enfants Aetas

Des graines, des colliers et des bandes en rotin tressé, incorporés à des poils de porc sauvage, sont également portés.

« Les Négritos qui viennent nous voir sont nus, sauf leur chef, qui, tout aussi dénué de pantalon que ses sujets, porte un frac à la mode de 1830 et un chapeau noir dont la soie est soigneusement brossée à rebrousse-poil. Bien qu'ils n'éprouvent aucune crainte, tous ces pauvres diables ont la mine humble et piteuse des chiens de saltimbanques qui attendent le moment de sauter dans les cerceaux avec accompagnement de coups de fouet ».

Nous sommes loin des fiers guerriers de Miguel de Legaspi !


L'Aeta possède un patrimoine musical qui se limite à des sortes de gros gongs, suspendus ou tenus en main, qui agissent pour donner le tempo, sans instrument mélodique accompagnant.


Extraits du carnet de voyage d’un anthropologue français venu étudier les groupes ethniques des Philippines durant les années 1879 et 1880. Aetas de la Région des Monts de Bataan.

« Je résume d'un mot ies caractères anthropologiques des Négritos, ces petits noirs dont la coloration cutanée et les cheveux crépus ont beaucoup d'analogie avec ceux des nègres de l'Afrique et aussi de la Nouvelle-Guinée, mais qui en diffèrent par tant de caractères essentiels. Leur crâne est brachycéphale et leur taille excessivement réduite ; la moyenne de nos observations est de un mètre 48 pour les hommes et de un mètre 46 pour les femmes ; le thorax peu développé, la jambe sans mollet, le pied dévié en dedans, leur donnent un air chétif, peu alerte, mais nullement repoussant ; ils ne sont guère plus sales que les indigènes de la péninsule de Malacca et paraissent encore plus craintifs et plus doux ».

Groupes indigènes aux Philippines

« Tels sont les traits les plus saillants de ces anciens maîtres du sol, qui peuplaient autrefois toute l'étendue des Philippines et dont les domaines s'étendaient bien plus loin encore, puisque MM. De Quatrefages et Hamy ont retrouvé les traits caractéristiques de leur race dans certains crânes de l'Inde anglaise et du Japon ».

« Nous dépassons la zone cultivée par les Tagalocs (Tagalogs) et, montant toujours, nous arrivons sur les terres des Négritos. Au sommet d'un mamelon, au milieu d'un défrichement récent où paraissent encore les troncs coupés à un mètre du sol et carbonisés, s'élève la case du chef, très petite, mais très propre. Elle est neuve et a été construite comme celles des Tagalocs (Tagalogs). De cette case nous jouissons d'une vue magnifique ».

Le narrateur se trouve de l’autre côté de la baie de Manille, au Nord-nord-ouest de notre position de Ternate et ce pour une distance qui se situe entre quarante et cinquante kilomètres. Les Monts de Bataan, également nommés Monts de Mariveles, culminent à une altitude de mille sept cents mètres.

De nos jours, des groupes d’Aetas habitent toujours les hauteurs des Monts de Bataan

« . Le chef négrito, entièrement nu à notre arrivée, s'est empressé de revêtir le frac légendaire dont il est si fier ; sa femme et lui appellent leurs sujets de toute la force de leurs poumons ; leurs cris, comme un écho, se répètent de case en case, de défrichement en défrichement et bientôt toute la tribu (une douzaine d'hommes et à peu près autant de femmes) est rassemblée autour de nous ».

« Pendant que ces pauvres gens font honneur aux provisions que nous avons apportées, nous examinons la demeure du chef, qui ne renferme absolument rien, en dehors de deux arcs, de cinq ou six flèches et d'une demi-douzaine d'assiettes acquises par voie d'échange et Dieu sait à quelles conditions, dans le pueblo voisin ».  

Campement temporaire

« Quelle que soit la simplicité des Négritos, le contact des Tagalocs (Tagalogs) a créé chez eux quelques besoins : il leur faut du tabac, quelques étoffes, un peu de fer pour la pointe de leurs flèches. Ils donnent en échange du riz, des résines, du miel de la forêt et sont toujours odieusement volés, car ils ne comprennent rien aux monnaies espagnoles ».

« Les plus intelligents s'embrouillent facilement quand il faut compter au-delà de quatre ou de cinq. Les nombres ne représentent pour eux rien de précis ».
.
« Le festin terminé, nous faisons circuler au milieu de la tribu des bouteilles ‘’d'anisado’’ et une caisse de cigares, où hommes et femmes puisent avidement. Des cotonnades, des colliers, des couteaux, achèvent de charmer les sauvages, qui nous témoignent leur reconnaissance en exécutant une espèce de pyrrhique qui, malgré son caractère guerrier, est une des cérémonies qui accompagnent chez eux la célébration du mariage ». 

Et nous retrouvons notre journaliste, écrivain et aventurier, Edmond Planchut. Ce Français qui a passé une dizaine d’années aux Philippines durant la seconde moitié du 19ème siècle.
Il se trouve alors sur un navire qui le mène de Manille à Mindanao et alors qu’il passe de nuit devant les hautes falaises de Panay…

« Tout à coup je vis poindre une clarté au milieu de la montagne, presque au-dessus de moi. Sous des rochers dont la blancheur égalait celle du marbre et qui faisaient saillie sur l’abîme, des flammes rougeâtres s’élevèrent. Bientôt je pus distinguer autour des bûchers une horde de petits noirs complètement nus, difformes, aux membres grêles et disproportionnés, à la tête énorme. 


Quelques-uns se défiaient et simulaient des combats singuliers ; d’autres dansaient et, armés de lances en bambou, abrités derrière des boucliers allongés dont une des pointes était enfoncée en terre, se menaçaient. Des groupes où les deux sexes étaient mélangés se livraient, sans souci de leurs compagnons, à des ébats moins dangereux ».

« Mon capitaine, réveillé lui-même en sursaut par la soudaineté des feux, vint me rejoindre sur la dunette et j’appris de lui que nous avions devant les yeux de véritables sauvages, désignés aux Philippines sous le nom de Negritos. Les bûchers autour desquels je les voyais s’ébattre non-seulement les garantissaient de l’humidité des nuits, mais leur fournissaient encore la couche de cendre épaisse dont ils se couvrent le corps pour se préserver des moustiques. 

Je remarquai en effet qu’à l’endroit où un feu s’éteignait, les danses et les combats cessaient ; nul doute, comme l’avait dit Perpetuo, que, roulés dans les cendres, les Negritos ne goûtassent le repos à l’abri de ce singulier moustiquaire ».

« Les anthropologues placent ces sauvages dans le rameau alfourou-endémène. J’ai vu plusieurs de ceux-ci dans le cours de mes voyages et je les ai trouvés toujours de taille fort petite, avec les cheveux courts, moins frisés que ceux des nègres, le nez épaté, les lèvres grosses et la couleur des noirs du Sennaar. Ils vivent sur les montagnes inaccessibles des terres polynésiennes et principalement aux Moluques et aux îles Philippines. 

Enfants Aeras de nos jours

Ce sont les aborigènes de l’Océanie, selon toute probabilité ; les Asiatiques, en se mêlant à eux, ont fourni les différentes races qui occupent le littoral des possessions espagnoles et qui sont connues sous les noms de Tagales, Illanos, Pampangos et Cebuanos ».

« Plusieurs moines espagnols, envoyés en mission auprès de ces nègres lilliputiens, m’ont assuré n’avoir jamais pu découvrir dans leurs mœurs et dans leur langage aucune trace de culte, aucun soupçon de l’idée d’un être suprême ; jusqu’à ce jour, ils se sont refusés à toutes les tentatives faites pour les civiliser. Quoique leur caractère soit très doux, ils sont d’une méfiance extrême ; aussi ne couchent-ils jamais deux fois dans le même campement, de crainte d’y être surpris. Ils ignorent l’usage des armes à feu, dont la détonation les remplit de terreur ; ils croient, en nous voyant abattre un oiseau au vol, que nous gouvernons la foudre. 

Pour atteindre les cerfs et les sangliers, fort abondants dans les forêts qu’ils habitent, ils ne se servent que d’arcs et de flèches ; ces flèches, dont les pointes sont taillées en forme de harpons, ne dévient jamais du but ».

Ce qui dans tous les temps a distingué ces sauvages des autres races de la Polynésie, c’est leur passion indomptable pour la liberté.

J’aurais l’occasion de revenir prochainement sur cette passion indomptable des Aetas pour la liberté, pour leur liberté.

À tous et à toutes je souhaite une excellente fin de semaine.



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