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Monday, October 15, 2018

LA MALBOUFFE ARRIVE ... AUX PHILIPPINES !


La nourriture aux Philippines et ses conséquences.
Un changement dans le mode d’alimentation se met sournoisement en place au pays des 7.107 îles.

C’est un sujet que j’ai déjà abordé dans d’autres billets, mais sans jamais m’arrêter sur ce phénomène que me semble être le fait que les Philippins ont tendance à grossir.
Pas tous heureusement et certainement plus le Philippin des villes que le Philippin des champs !

Boracay,  l'île réouverte aux touristes

En ce qui concerne la nourriture en général, l’archipel ne détient pas la palme d’or de la gastronomie asiatique. Même si, comme je le dis souvent, vous n’avez aucune chance de mourir de faim sur les îles, nous sommes loin, très loin même, de ces petits plats, soupes et sauces que l’on rencontre un peu partout en Thaïlande, aussi bien qu’au Cambodge, au Vietnam ou au Laos.
Sans parler de la Chine qui est certainement le plus grand concurrent de la cuisine française au niveau mondial.

Pour tout dire, la cuisine philippine est limitée, peu odorante, pas relevée et pratiquement sans saveur. Dans toute l’Asie, sauf aux Philippines, si vous vous rendez dans un marché, la senteur des épices est omniprésente ; elle arrive souvent même à dominer l’odeur du poisson séché, ce qui n’est pas peu dire.

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Alors que nous avons ici l’un des plus forts piments rouges, sauf dans la région de Bicol ce dernier est peu utilisé. Les herbes et épices sont quasiment absentes de la quasi-totalité des plats philippins. La sauce, si l’on peut appeler cela une sauce, consiste généralement en un peu de ‘’toyo’’ (sauce soja) mis dans une soucoupe, agrémenté du jus d’un petit citron lime (kalamansi) et dans lequel on fait tremper un piment rouge.
                                                        
La viande est présentée en portions congrues, que ce soit du poulet (souvent de course et de plus marathonien), du poisson ou du porc. 
Pas d’entrecôtes, de steaks ou de côtes de bœuf et c’est aussi bien ainsi, car il n’y a pas de couteau ; le couvert philippin se limitant à une fourchette et une grande cuillère. Bonjour pour couper la viande, je vous souhaite bien du plaisir !

Pas de veau, de pintade, de dinde, peu de lapin, de mouton, de chèvre et de canard, le choix est plutôt limité…
Poulet, poulet et encore poulet, un peu de porc et de bœuf, bien que ces deux dernières viandes soient relativement chères pour les populations locales.

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Poulets de course



Concernant les poissons, en dehors des poissons séchés provenant de différentes espèces, Tilapias et Bangus (milkfish) sont les espèces préférées ; alors que le Galunggong est le plus prisé des poissons de mer (petit poisson gras se situant entre la sardine et le maquereau).    
Pour la majorité des Philippins un repas se compose d’un seul plat.
Ce peut être un morceau de poulet grillé (petit) ou cuit dans une sorte de bouillon dans laquelle baignent quelques légumes ; un poisson grillé ou séché, voire cuit dans un bouillon, toujours avec quelques légumes locaux éparses. Ou encore un bouillon de légumes dans lequel se trouvent quelques rares morceaux de porc.

Si le met principal est accompagné d’un bouillon, ce dernier va servir à humecter le riz ; l’indispensable et omniprésent riz, riz sans lequel aucun Philippin ne saurait survivre.
Riz au petit déjeuner, riz à midi et au dîner. Riz que l’on retrouve souvent durant les ‘’meriendas’’ ;  merendia du matin, entre le petit-déjeuner et le repas de midi et merienda de l’après-midi… sous forme de gâteaux de riz divers et variés.

Pour manger, la technique consiste à prendre, avec la fourchette, un morceau de poulet, de porc ou de poisson et à le tremper dans la soucoupe où se trouve le ‘’toyo’’. Mettre le morceau en bouche et avec la cuillère récupérer une bonne portion de riz, riz qui va rejoindre le petit morceau de viande ou de poisson. Le tout sera arrosé d’un grand cru, non pas de vin, mais d’une eau sortie d’un jerrycan, voire pour les moins pauvres d’un soda. Coût d’un repas de ce type, entre trente-cinq (35) et cinquante (50) pesos (sans le soda). Temps passé à table, entre cinq et six minutes.

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Minudo


La connaissance de la gastronomie et des plaisirs de la bouche, toujours chez le Philippin moyen, se trouve très limitée ; oserai-je dire inexistante ? Oui j’ose.

Ceci, pour les repas pris dans une eaterie ou cocina, ce genre de tout petit (nano, micro, mini) restaurant que l’on trouve  partout le long des rues et routes philippines.

Croyez-moi, ce genre de régime, un petit poisson séché et un bol de riz, de plus avec des mini-portions et quelques verres d’eau ne rend pas obèse.

Maintenant, pour la cuisine à la maison, les choses sont un peu différentes.
La plupart du temps, la maîtresse de maison prépare, sur un feu de bois ou de charbon de bois et, dans une sorte de grande poêle en aluminium, une base faite d’huile (de coco), d’ail et d’oignon.
Une fois les oignons dorés, l’on va ajouter les morceaux de viande ou de poisson, touiller l’ensemble et ajouter quelques ingrédients. Mais, la base reste toujours la même.




Si la cuisine philippine trouve ses racines principalement en Chine et en Espagne, je peux vous assurer que l’influence des États-Unis d’Amérique, des USA pour faire bref, est omniprésente.
MacDo, Pizza Hut, Yellow Cab, KFC, Wendy’s, Greenwich, etc… toutes ces merdes, importées des US, se retrouvent partout aux Philippines.  Et ce, au détriment (pour l’instant) d’une certaine catégorie de la population qui en use en en abuse.  D’où un sur-poids pour un nombre sans cesse croissant de Philippins.

Il y a plus de six cents MacDo aux Philippines et plus de mille Jollibee, l’équivalent local du MacDo.

Un autre genre de drogue auquel le Président R. Duterte devrait s’attaquer !
À moins de vouloir ‘’américaniser’’ le pays !

Des personnes obèses, même des gamins, l’on en trouve de plus en plus, même à Ternate ; je dois dire que cela m’inquiète.

Related image
Pizza industrielle


Vous pouvez me croire, je fais tout ce qui m’est possible de faire afin que ma progéniture évite de se rendre dans ces endroits de mort lente. L’on est en train d’empoisonner les humains de la planète, sans que ces derniers s’en rendent compte. Pourtant, les lanceurs d’alerte sont nombreux, mais tout est fait afin de les museler. La malbouffe, principalement importée des USA, envahit le tiers monde
pour le seul bénéfice des entreprises ‘’ricaines’’.
                                                               
Il existe, pour un palais européen, un certain nombre de plats locaux que nous pouvons grandement apprécier. Je citerai, sans ordre et préférence, le ‘’Bulalo’’, notre bon vieux pot-au-feu (à la condition d’y ajouter quelques pommes de terre, d’avoir du beurre et un peu de moutarde de Dijon en réserve), le minudo, les adobo(s) et caldereta(s), les ‘’pancit(s)’’, dont le plus célèbre est le canton.
Des plats qui, sans être de grande recherche culinaire, s’approchent du goût de la majorité des palais français.

L’augmentation du niveau de vie, l’émergence d’une classe moyenne, les changements dans la vie familiale (dans les jeunes couples la femme travaille et l’on fait moins d’enfants), ajouté à la profusion de l’offre des fastfoods, font que les gens prennent de plus en plus leurs repas chez les empoisonneurs.
Matin, midi, soir et même la nuit, les MacDo et autres fastfoods sont ouverts et souvent bondés.
Je précise qu’ils sont ouverts 24/24 h et avec drive in s’il vous plait.

                                                          En attente... chez Jollibee !

Pourtant, du fait de l’offre en fruits et en légumes, il est très facile de cuisiner à la maison.
Choux fleurs, carottes, pommes de terre, laitues et frisées, courges, courgettes, choux verts, tomates, concombres, etc. De plus, les fruits sont à profusion et le plus souvent savoureux.

Donc, à mon avis, mais je ne suis pas le seul à le constater, la population un peu aisée des Philippines a tendance à grossir et l’on rencontre de plus en plus d’obèses.

Connaissez-vous la composition des frites de chez MacDo ?
À quelque chose près, cela doit être la même chose chez Jollibee et consort.

Il y a dix-sept ingrédients dans les frites du Donald :
Des pommes de terre (ouf, cela me rassure, j’ai cru qu’il les avait oubliées) ;
De l’huile de Canola… oui, mais génétiquement modifiée ;
De l’huile de soja hydrogénée, extraite de soja génétiquement modifié ;
De l’huile de carthame, chimiquement modifiée par la chaleur et source d’inflammation pour le corps ;
D’arôme naturel, ce qui ne veut rien dire, car il peut contenir du glutamate monosodique neurotoxique ;
Du dextrose, une sorte de sucre ;
Du pyrophosphate de sodium, apparemment utilisé afin de conserver la couleur des frites ;
De l’acide citrique, utilisé comme agent conservateur ;
Du Diméthilpolysiloxane, utilisé comme agent anti-mousse ; produit chimique industriel, généralement utilisé pour le calfeutrage et livré avec une notice listant les problèmes de sécurité ;
Des huiles, soit disant végétales (7 ingrédients) ;
Du TBHQ, qui est un dérivé du pétrole, comme le butane.
Je vous fais grâce de la composition du Big Mac, afin de ne pas vous couper définitivement l’appétit.
Car, comme chacun le sait, « Petit appétit, l’oiseau fait son nid », « Petit à petit, l’oiseau fait son lit », mais, c’est un lit de mort ! Un cercueil, un lit de mort lente, certes, mais un lit de mort anticipée tout de même.

                                                                      La M.... arrive

À toutes et à tous, je souhaite une longévité dépassant largement celle que nous proposent et espèrent nos dirigeants vendeurs de mort lente. À ceux qui ne songent qu’à faire des bénéfices, jusqu’à se gaver sur vos cadavres ; proposons de remplacer les cuisines de l’Élysée, du Sénat et de l’Assemblée Nationale par des MacDo… qu’ils bouffent la même merde qu’ils offrent au peuple français.

Espérons, souhaitons, prions, afin que le Philippin ne tombe pas dans le piège de la surconsommation !

Heureusement, pour l’instant il existe une limitation à cette surconsommation alimentaire… le prix.
Néanmoins, l’on constate que de plus en plus de familles, avec enfants, ont comme sortie du dimanche le MacDo, le Jollibee ou consort. C’est climatisé, il y a des jeux pour les plus jeunes et, malheureusement les gamins adorent.

deux obèses vus de dos

                            Philippines : obésté croissante dans un pays en développement


Un petit lien, qui vous permettra, peut-être, de savoir, en partie, ce que vous mangez :
https://www.mangeonsbien.com/je-mange-sain/additifs-alimentaires-mefions-nous-e/

À toutes et à tous je souhaite une excellente fin de semaine, que la force soit avec vous.


Expériences, avis, critiques et commentaires, comme d'habitude sont les bienvenus.



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7107 îles, plus de 36.000 kilomètres de côtes,
   des  milliers de plages de sable blanc, le soleil toute l’année ;
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Thursday, July 27, 2017

AETA, PEUPLE INDIGÈNE DES PHILIPPINES !

Les Aetas, peuple indigène des Philippines.

Les Aetas (que l’on prononce ‘’eye-ta’’), Agta ou Ayta, sont un peuple indigène qui vit dans les endroits reclus et isolés des parties montagneuses de l’île de Luzon. On les appelle également Négritos du fait de la couleur de leur peau, peau  qui varie du brun sombre au brun très sombre, presque noir.

Ils sont de petite stature, possèdent un squelette frêle et ont les cheveux bouclés à crépus, un peu comme les Africains. Leurs chevelures ont une tendance à s’éclaircir naturellement pour atteindre une couleur qui peut s’apparenter au blond passé, un peu comme une coloration qui aurait quelque peu tourné. Un nez petit et des yeux marron foncé complète leur aspect physique.

Ils sont considérés comme étant parmi les premiers habitants de l’archipel, leur présence étant antérieure aux  migrations des peuples austronésiens.

Les Aetas furent inclus sous le terme générique du groupe ‘’Negrito’’  durant la colonisation espagnole, donc nommés Negritos du fait de la couleur de leur peau. Divers groupes d’Aetas du Nord de Luzon sont connus sous le nom de ‘’Pugut’’ ou ‘’Pugot’’, noms qui leur sont donnés par leurs voisins qui parlent le Ilocano, mots qui désignent (en Ilocano) les personnes de complexion foncée. Mais, en Ilocano, ces mots veulent également dire ‘’Goblin’’ (Gobelin en bon français) ou esprit de la forêt. 

Les peuples Aeta des Philippines sont des Australo-Mélanésiens, groupe qui inclut également les Arborigènes d’Australie, les Papous de Nouvelle-Guinée, les Mélanésiens des îles Solomons, du Vanuatu, des Fidji et des territoires de la Nouvelle Calédonie.

L’histoire des Aetas continue de nos jours à confondre les anthropologues et les archéologues du monde entier.

Une théorie voudrait que les Aetas soient les descendants des habitants originels des Philippines. Ils seraient arrivés, non pas comme leurs voisins Austronésien par la mer, mais auraient bénéficié de ponts de terre ferme joignant le continent Asiatique à l’archipel durant la dernière glaciation, glaciation qui atteignit son apogée il y a environ 20.000 ans.


Groupe d'Aeras, début du 20ème siècle

 Des ponts terrestres apparurent entre l'Australie, la Tasmanie et la Nouvelle-Guinée formant ainsi un grand continent nommé Sahul. Des ponts terrestres reliaient également l'archipel des Philippines à l'Indonésie.

Contrairement à la plupart des autres groupes Austronésiens, les Aetas ont toujours été farouchement opposés au changement. Ils n’ont eu que peu d’interaction avec le colonisateur espagnol, demeurant volontairement isolés dans les montagnes durant la colonisation. Toutes les tentatives de les coloniser et de les installer dans des réserves (reducciones) se sont soldées par des échecs.

Selon Miguel Lopez de Legaspi, les Aetas possédaient des outils et des armes en fer. Leur vitesse et justesse d’utilisation  de l’arc et des flèches étaient proverbiales, ce qui faisait d’eux de redoutables guerriers. 

Malgré ces prouesses guerrières, du fait de leur faible nombre, de leur économie primitive et de leur manque d’organisation, ils étaient des proies faciles pour des groupes mieux organisés. C’est souvent qu’ils étaient capturés et vendus comme esclaves à Bornéo et en Chine.

Migrations humaines

Nous verrons plus loin, lors de récits de voyageurs écrits durant la deuxième partie du 19ème siècle, que les Aeras étaient plutôt des êtres peu belliqueux, de très mauvais chasseurs et certainement pas de farouches guerriers. D’autres récits, plus anciens, les décrivent comme des personnes souhaitant avant tout éviter les autres tribus, garder leur liberté et leurs coutumes.

Ils sont, ou tout du moins étaient nomades, construisant uniquement des abris temporaires faits de pièces de bois et couverts de feuilles de bananiers. Néanmoins, du fait de certaines circonstances, des Aetas que nous nommerons modernes, vivent dans des villages, des endroits dégagés et plus accessibles.

Ce fût le cas lors de l’éruption du Pinatubo ; éruption qui obligea les nombreux Aetas qui vivaient dans le massif montagneux à évacuer et à se réfugier loin de leurs montagnes isolées. Des camps de réfugiés furent construits, mais nombreux sont ceux qui se retrouvèrent déplacés sur Manille et sa banlieue.


Campement Aeta de nos jours

 Les Aetas ont été les plus touchés par le réveil du volcan, la destruction de nombre de leurs villages ayant complètement bouleversé leur mode de vie. Relogés pour la plupart dans des campements, leurs conditions de vie demeurent difficiles. Incapables de subvenir à leurs besoins alimentaires avec les petites parcelles offertes par le gouvernement, beaucoup d'Aetas travaillent de ferme en ferme pour le compte de grands propriétaires des plaines, fragmentant leur société et la rendant dépendante de l'économie régionale.

De nos jours l’on trouve des groupes d’Aetas dans les provinces de Zambales, Tarlac, Pampanga, Panay, Bataan et Nueva Ecija. Ceux qui vivent de façon traditionnelle ne seraient plus que quelques milliers. 

La majorité d’entre eux ont été absorbés, intégrés et mélangés avec les autres groupes ethniques.

L’extraction minière, la déforestation, les coupes de bois illégales et la culture sur brûlis sont à l’origine de la dispersion et de la disparition de ce peuple.

Pour ce qui est de la religion, les Aetas seraient monothéistes, croyant en un être suprême qui aurait autorité sur les esprits et autres déités. Mais ils sont avant tout animistes et croient aux esprits environnants. Ils croient que les bons et mauvais esprits habitent dans l’environnement, comme les esprits de la rivière, ceux de la mer, ceux des arbres et des forêts, etc.

Du fait du prosélytisme intensif de quelques églises, nombreux sont ceux qui sont convertis par les évangélistes protestants américains (New Tribes Mission) et par les Témoins de Jehovas (Evangelicals Jehova’s witnesses).

Jeune fille Aera vers 1900

En ce qui concerne l’habillement, tous ou presque ont adopté le T-shirt, le short et les sandales plastique.

Mais nous verrons plus loin qu’ils avaient, plus ou moins, une forme des plus simples d’habillement traditionnel.

Les Aetas sont très adroits dans le tissage et le tressage de fibres végétales.
Si ce sont uniquement les hommes qui fabriquent les armes, les femmes ont l’exclusivité du tissage et du vannage.

Selon une étude, environ quatre vingt-cinq pour cent des femmes Aetas chassent, en groupe et avec des chiens. Leur taux de succès est de trente et un pour cent, contre seulement dix-sept pour cent pour les hommes.

La réputation des femmes Aetas pour l’utilisation des plantes médicinales est reconnue sur l’ensemble de l’archipel, même parmi les autres groupes ethniques et les tribus.

La forme traditionnelle d’art visuel est la scarification. Les Aetas se blessent volontairement sur le dos, la poitrine, les jambes, les mains et abdomens, irritent les blessures avec le feu, du citron ou des plantes vénéneuses, de façon à laisser une cicatrice bien marquée.  

À l’âge de la puberté l’émail des dents peut également être enlevé ; plus tard, à l’âge adulte, les dents seront peintes en noir.
Feuilles et fleurs sont également portées comme des boucles d’oreilles.

Femmes et enfants Aetas

Des graines, des colliers et des bandes en rotin tressé, incorporés à des poils de porc sauvage, sont également portés.

« Les Négritos qui viennent nous voir sont nus, sauf leur chef, qui, tout aussi dénué de pantalon que ses sujets, porte un frac à la mode de 1830 et un chapeau noir dont la soie est soigneusement brossée à rebrousse-poil. Bien qu'ils n'éprouvent aucune crainte, tous ces pauvres diables ont la mine humble et piteuse des chiens de saltimbanques qui attendent le moment de sauter dans les cerceaux avec accompagnement de coups de fouet ».

Nous sommes loin des fiers guerriers de Miguel de Legaspi !


L'Aeta possède un patrimoine musical qui se limite à des sortes de gros gongs, suspendus ou tenus en main, qui agissent pour donner le tempo, sans instrument mélodique accompagnant.


Extraits du carnet de voyage d’un anthropologue français venu étudier les groupes ethniques des Philippines durant les années 1879 et 1880. Aetas de la Région des Monts de Bataan.

« Je résume d'un mot ies caractères anthropologiques des Négritos, ces petits noirs dont la coloration cutanée et les cheveux crépus ont beaucoup d'analogie avec ceux des nègres de l'Afrique et aussi de la Nouvelle-Guinée, mais qui en diffèrent par tant de caractères essentiels. Leur crâne est brachycéphale et leur taille excessivement réduite ; la moyenne de nos observations est de un mètre 48 pour les hommes et de un mètre 46 pour les femmes ; le thorax peu développé, la jambe sans mollet, le pied dévié en dedans, leur donnent un air chétif, peu alerte, mais nullement repoussant ; ils ne sont guère plus sales que les indigènes de la péninsule de Malacca et paraissent encore plus craintifs et plus doux ».

Groupes indigènes aux Philippines

« Tels sont les traits les plus saillants de ces anciens maîtres du sol, qui peuplaient autrefois toute l'étendue des Philippines et dont les domaines s'étendaient bien plus loin encore, puisque MM. De Quatrefages et Hamy ont retrouvé les traits caractéristiques de leur race dans certains crânes de l'Inde anglaise et du Japon ».

« Nous dépassons la zone cultivée par les Tagalocs (Tagalogs) et, montant toujours, nous arrivons sur les terres des Négritos. Au sommet d'un mamelon, au milieu d'un défrichement récent où paraissent encore les troncs coupés à un mètre du sol et carbonisés, s'élève la case du chef, très petite, mais très propre. Elle est neuve et a été construite comme celles des Tagalocs (Tagalogs). De cette case nous jouissons d'une vue magnifique ».

Le narrateur se trouve de l’autre côté de la baie de Manille, au Nord-nord-ouest de notre position de Ternate et ce pour une distance qui se situe entre quarante et cinquante kilomètres. Les Monts de Bataan, également nommés Monts de Mariveles, culminent à une altitude de mille sept cents mètres.

De nos jours, des groupes d’Aetas habitent toujours les hauteurs des Monts de Bataan

« . Le chef négrito, entièrement nu à notre arrivée, s'est empressé de revêtir le frac légendaire dont il est si fier ; sa femme et lui appellent leurs sujets de toute la force de leurs poumons ; leurs cris, comme un écho, se répètent de case en case, de défrichement en défrichement et bientôt toute la tribu (une douzaine d'hommes et à peu près autant de femmes) est rassemblée autour de nous ».

« Pendant que ces pauvres gens font honneur aux provisions que nous avons apportées, nous examinons la demeure du chef, qui ne renferme absolument rien, en dehors de deux arcs, de cinq ou six flèches et d'une demi-douzaine d'assiettes acquises par voie d'échange et Dieu sait à quelles conditions, dans le pueblo voisin ».  

Campement temporaire

« Quelle que soit la simplicité des Négritos, le contact des Tagalocs (Tagalogs) a créé chez eux quelques besoins : il leur faut du tabac, quelques étoffes, un peu de fer pour la pointe de leurs flèches. Ils donnent en échange du riz, des résines, du miel de la forêt et sont toujours odieusement volés, car ils ne comprennent rien aux monnaies espagnoles ».

« Les plus intelligents s'embrouillent facilement quand il faut compter au-delà de quatre ou de cinq. Les nombres ne représentent pour eux rien de précis ».
.
« Le festin terminé, nous faisons circuler au milieu de la tribu des bouteilles ‘’d'anisado’’ et une caisse de cigares, où hommes et femmes puisent avidement. Des cotonnades, des colliers, des couteaux, achèvent de charmer les sauvages, qui nous témoignent leur reconnaissance en exécutant une espèce de pyrrhique qui, malgré son caractère guerrier, est une des cérémonies qui accompagnent chez eux la célébration du mariage ». 

Et nous retrouvons notre journaliste, écrivain et aventurier, Edmond Planchut. Ce Français qui a passé une dizaine d’années aux Philippines durant la seconde moitié du 19ème siècle.
Il se trouve alors sur un navire qui le mène de Manille à Mindanao et alors qu’il passe de nuit devant les hautes falaises de Panay…

« Tout à coup je vis poindre une clarté au milieu de la montagne, presque au-dessus de moi. Sous des rochers dont la blancheur égalait celle du marbre et qui faisaient saillie sur l’abîme, des flammes rougeâtres s’élevèrent. Bientôt je pus distinguer autour des bûchers une horde de petits noirs complètement nus, difformes, aux membres grêles et disproportionnés, à la tête énorme. 


Quelques-uns se défiaient et simulaient des combats singuliers ; d’autres dansaient et, armés de lances en bambou, abrités derrière des boucliers allongés dont une des pointes était enfoncée en terre, se menaçaient. Des groupes où les deux sexes étaient mélangés se livraient, sans souci de leurs compagnons, à des ébats moins dangereux ».

« Mon capitaine, réveillé lui-même en sursaut par la soudaineté des feux, vint me rejoindre sur la dunette et j’appris de lui que nous avions devant les yeux de véritables sauvages, désignés aux Philippines sous le nom de Negritos. Les bûchers autour desquels je les voyais s’ébattre non-seulement les garantissaient de l’humidité des nuits, mais leur fournissaient encore la couche de cendre épaisse dont ils se couvrent le corps pour se préserver des moustiques. 

Je remarquai en effet qu’à l’endroit où un feu s’éteignait, les danses et les combats cessaient ; nul doute, comme l’avait dit Perpetuo, que, roulés dans les cendres, les Negritos ne goûtassent le repos à l’abri de ce singulier moustiquaire ».

« Les anthropologues placent ces sauvages dans le rameau alfourou-endémène. J’ai vu plusieurs de ceux-ci dans le cours de mes voyages et je les ai trouvés toujours de taille fort petite, avec les cheveux courts, moins frisés que ceux des nègres, le nez épaté, les lèvres grosses et la couleur des noirs du Sennaar. Ils vivent sur les montagnes inaccessibles des terres polynésiennes et principalement aux Moluques et aux îles Philippines. 

Enfants Aeras de nos jours

Ce sont les aborigènes de l’Océanie, selon toute probabilité ; les Asiatiques, en se mêlant à eux, ont fourni les différentes races qui occupent le littoral des possessions espagnoles et qui sont connues sous les noms de Tagales, Illanos, Pampangos et Cebuanos ».

« Plusieurs moines espagnols, envoyés en mission auprès de ces nègres lilliputiens, m’ont assuré n’avoir jamais pu découvrir dans leurs mœurs et dans leur langage aucune trace de culte, aucun soupçon de l’idée d’un être suprême ; jusqu’à ce jour, ils se sont refusés à toutes les tentatives faites pour les civiliser. Quoique leur caractère soit très doux, ils sont d’une méfiance extrême ; aussi ne couchent-ils jamais deux fois dans le même campement, de crainte d’y être surpris. Ils ignorent l’usage des armes à feu, dont la détonation les remplit de terreur ; ils croient, en nous voyant abattre un oiseau au vol, que nous gouvernons la foudre. 

Pour atteindre les cerfs et les sangliers, fort abondants dans les forêts qu’ils habitent, ils ne se servent que d’arcs et de flèches ; ces flèches, dont les pointes sont taillées en forme de harpons, ne dévient jamais du but ».

Ce qui dans tous les temps a distingué ces sauvages des autres races de la Polynésie, c’est leur passion indomptable pour la liberté.

J’aurais l’occasion de revenir prochainement sur cette passion indomptable des Aetas pour la liberté, pour leur liberté.

À tous et à toutes je souhaite une excellente fin de semaine.



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