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Thursday, December 12, 2013

S'ADAPTER ... AU PARADIS OU À L'ENFER ?

Au mois de mai prochain, j'entamerai ma dix-huitième année d'expatrié aux Philippines.
Et oui, plus de dix-sept ans et je ne m’en lasse pas !

Les Philippines, un archipel de 7107 d'îles volcaniques et tropicales qui s'étend du nord au sud, sur plus de 1.800 kilomètres, de Taiwan à Bornéo.


Des îles entre le ciel et l’eau, des îles sauvages qui inspirent au voyage.

Des montagnes qui s’abîment dans les mers, de longues plages de sable blanc.

Des mers turquoise, des coraux multicolores sous un ciel d’azur et ces plages … abritées par l’ombre des cocotiers qui se balancent sous le souffle léger des alizés.

Des vaguelettes, certainement fatiguées d’un long voyage, viennent s’échouer aux pieds des falaises ; le temps semble s’être arrêté, une voile à l’horizon, un galion, Magellan, les Conquistadors, qui sait et qui peut savoir ?

Un tamaraw qui s’ébroue dans son bain de boue, au bord d’une mare, près d’une chute d’eau qui jaillit de la jungle et tombe en cascade.

Les cris des singes qui se chamaillent pour quelques bananes ou autres fruits, le chant du Toucan qui interrompt la dispute.
Puis, le silence de la jungle, jungle qui n’est jamais silencieuse et les aigles pêcheurs, impassibles et sereins, qui survolent et dominent la scène à la recherche de leur pitance.


Terres de douceur, de couleurs et de contrastes.

Douceur des tropiques, violence des typhons, langueur des populations, puissance des éruptions, des tremblements de terre et des moussons qui apportent leurs lots de joies et de dévastations. Eau pour les cultures, inondations pour les populations.



Le bleu, le vert, le turquoise, parfois l’émeraude de la mer, se disputent les couleurs avec le ciel.
Les alizés qui luttent contre les typhons, les anciennes tribus qui refusent la (notre) civilisation, font de ces terres un archipel exceptionnel, un archipel à découvrir ou à redécouvrir.

Mal connu, particulièrement des Français, colonie espagnole pendant plus de trois cents cinquante ans, le pays offre une richesse culturelle, de flore et de faune inégalée.
Mal connu des Français et pourtant ; une des îles du sud, l’île de Basilan, oui celle des Abu Sayyaf, a été possession française durant un temps !
http://expatauxphilippines.blogspot.com/2011/12/basilan-lile-est-elle-francaise.html

Arrivant en bateau vous pourrez voir ces montagnes qui semblent surgir de la mer. La majorité des îles sont d’origine volcanique et de nombreux pics culminent à près de 3.000 mètres, souvent d'anciens volcans, ils se voient de loin.

Nous avons, selon les auteurs, entre quatorze et dix-sept volcans actifs sur l’archipel, les plus connus étant le Taal et le Mayon. Un autre a fait la une des journaux en 1991, une des éruptions majeures du 20ème siècle, l’explosion du Mont Pinatubo. 


En vous rapprochant des côtes vous découvrez des plages de sable blanc bordées de cocotiers et d'arbre tropicaux, les aigles pêcheurs planent au-dessus de l'eau. Ici et là quelques cabanes aux toits de ‘’nipa’’, un village de pêcheurs qui se situe au milieu de nulle part.


De nombreuses barques de pêcheurs, que l’on nomme ici ‘’Bangka’’, des pirogues à balanciers, se bercent au gré des vagues. Les hommes qui les montent, halés et emmitouflés dans de vieilles hardes, pêchent le ‘’Pusit’’, le calmar local.

D’autres barques semblent abandonnées, personne à bord … une tête apparait, des pêcheurs qui utilisent un compresseur et qui fouillent le fond.


Oh, bien sûr, ce n'est pas toujours aussi idyllique.

Le sable de la plage est peut-être un peu gris, presque noir si vous êtes à proximité d'un ancien volcan, quelques cocotiers sont couchés sur la plage vestige du passage d'un typhon, les arbres tropicaux ont disparus, transformés en charbon de bois, les animaux ont été mangés ou empaillés.

Mais je peux vous assurer que, si vous passez par Ternate, je vous emmènerai sur une "Bangka", la pirogue locale, pour une navigation de quelques heures. Vous constaterez par vous-même que tout ce que je décris existe. Les plages de sable blanc, les cocotiers et arbres tropicaux, les singes, les aigles et les toucans, les alizés, ... j'allais oublier le soleil et le ciel bleu.

De cette bangka il vous sera possible d'apercevoir Manille, tout en embrassant du regard la baie du même nom, l'île de Corregidor et en arrière plan de cette dernière la presqu'île de Bataan. La forteresse de Cogerridor et la presqu'île de Bataan, toutes deux célèbres pour les combats acharnés qui s'y sont déroulés durant la seconde guerre mondiale, entre troupes filipino-américaines et forces d'invasions japonaises.

C'est de la forteresse que Mac Arthur lancera sont fameux «I shall return», avant son départ pour l'Australie. Ce qui est faux !


Corregidor capitulera en mai 1942.

Plusieurs d’entre vous m’ont posé la question : Pourquoi avoir fait porter mon choix sur les Philippines ? Pourquoi les Philippines et non pas le Vietnam, le Cambodge, la Thaïlande, la Malaisie, l’Indonésie ou le Laos ?

Au début des années 90, mes activités se sont peu à peu concentrées sur trois pays et deux cités qui sont des Etats ; A savoir le Cambodge, le Vietnam, les Philippines (alors en plein boom sous, la présidence de Fidel V. Ramos, après une période de dictature sous le régime Marcos et une difficile transition sous la présidence de Cory Aquino), Singapour et Hong-Kong.

Au début des années 90, Hong-Kong est Singapour sont des villes- Etats modernes avec des économies développées. Hong-Kong est la porte de sortie des produits de la Grande Chine, carrefour de l’Orient et de l’Occident, cité moderne et ville frénétique dont l’activité ne cesse jamais.

Si Hong-Kong ‘’sent’’ l’Asie dans tous les sens du terme, plus particulièrement dans les quartiers de Wanchai et kowloon, il n’en est pas de même de Singapour. Bien que premier port du monde et puissante place financière, la ville est devenue trop aseptisée et l’on s’ennuie vite à Singapour. De plus, dans ces deux villes, la vie est très chère.

Le Vietnam, terre française durant un demi-siècle, région mythique des pistes du Tonkin, du Delta du Mékong, de Saigon, de l’opium et des jeunes filles portant le ao dai, rassemble tous les charmes de l’Asie.

Mais au début des années 90, le régime communiste n’a toujours pas ouvert le pays aux investisseurs étrangers, la culture des affaires est inexistante et faire du business y est difficile.


Les guerres ont laissé de nombreuses traces et le souvenir de cette période tragique reste très présent dans une partie de la population. Malgré Dien Bien Phu, les Français bénéficient d’un fort sentiment de sympathie, même si la langue française y est de moins en moins parlée, les jeunes se tournant vers l’anglais.

Bref, au début des années 90 le Vietnam n’est pas encore prêt.

Le Cambodge, au début des années 90, ne s’est toujours pas relevé de la tragédie des Khmers rouges et de ce qui en a découlé. Sans l’UNTAC, the United Nations Transitional Authority in Cambodia, mise en place au début 1992, le pays n’existe plus.

15.900 militaires, des policiers et des civils vont prendre le pays en main jusqu’aux élections de mai 1993. L’UNMLT prendra le relais de l’UNTAC.

L’argent de cette force des Nations Unies et les salaires des soldats vont permettre un certain renouveau du pays ; tout du moins dans les villes principales et faire vivre une partie de la population.

Malheureusement il n’y a pas que des aspects positifs à l’arrivée de cette manne. La prostitution fleurie et le SIDA se propage.

Néanmoins, les soldats déminent une partie des terrains, construisent des routes et des ponts, peu à peu l’électricité revient, l’aéroport International est à nouveau opérationnel. Tout ceci va permettre le retour des touristes, ceux-ci ayant à nouveau accès à une partie du site d’Angkor Vat. Dans le secteur du tourisme, à cette époque, tout reste à faire, car les touristes vont revenir.


Les Philippines, le pays le moins asiatique d’Asie. Une population estimée à 61 millions d’habitants (1990), jeune et bien éduquée, à forte majorité chrétienne (85%). Un archipel de 7.107 îles, certaines sont de véritables petits paradis, mers et montagnes, gentillesse et sens de l’hospitalité du peuple philippin et beaucoup de ‘’business’’ en perspective, car tout est à construire ou à reconstruire et ce, dans tous les domaines.

De plus il va falloir nourrir cette population, qui d’après les projections, devrait atteindre les 100 millions en l’an 2.010. Le climat des affaires semble satisfaisant, le système bancaire apparait suffisamment solide, l’immobilier est en plein boom … cela semble être le bon moment.

Le pays surmontera plus facilement la crise économique de 1997 que ses voisins de la zone, mais sera également plus long à s’en remettre. Autre avantage et non des moindres, la grande majorité des gens parlent un anglais courant.

Nos exportateurs ne s’y trompent pas, l’exposition ‘’France 98’’ se tiendra à Manille.

Donc, au fil des ans, je vais passer de plus en plus de temps aux Philippines. Finalement, au début de l’année 1998, je vais prendre la décision de faire le plongeon et de m’installer définitivement sur le pays.

Quitter ma vie faite d’hôtels, de restaurants et de voyages, pour quelque chose de plus conventionnel. Il me faut également avouer que depuis fin 97, je ne suis plus tout seul. Une rencontre faite à Davao en 95 a quelque peu changé mes habitudes.

Au départ, le choix est un choix de travail et un peu (beaucoup) de qualité de vie. Avant 1997, le coût de la vie est très élevé aux Philippines, le US$ est à 25/26 php, 44 aujourd’hui (il est monté nettement plus haut à plusieurs reprises), ce qui fait une sérieuse différence.


A l’époque les Philippines souhaitaient attirer le touriste de haut de gamme, celui qui dépense dans les hôtels cinq étoiles, les casinos, les parcours de golf, les boutiques de luxe … Surtout pas de tourisme de masse comme en Thaïlande !

Début 2000, après six mois passés à me débarrasser d’un virus tenace, je décide de prendre un peu de recule et de repos. Ternate, mer et montagnes, plages, cocotiers … c’est à partir de cette période que je vais réellement commencer à découvrir les vraies Philippines.

Je me mets en ‘’pré-retraite’’ (sans pension).

Tout n’est pas si simple !
Internet est présent dans les grandes villes (très lent), en lignes terrestres, oui, mais pas à Ternate. Pour accrocher avec mon téléphone portable, il me faut gravir une colline derrière notre maison. C’est la jungle avec des singes, des cochons sauvages, des serpents, des fourmis rouges et j’en passe.

Je me fais un chemin au ‘’bolo’’, le coupe-coupe local. Après deux ans de ce régime, les téléphones fonctionneront dans certains endroits de la ville, sur le pont entre autres. En 2003/2004 internet, lent, fonctionne ; les connections téléphoniques sont maintenant parfaites et il y a des relais tous les deux kilomètres.

Quel changement quand on a de bonnes communications, la vie est toute autre !

Compte tenu de la situation économique qui se dégrade à la vitesse de la lumière dans les pays occidentaux, vous êtes de plus en plus nombreux à vouloir quitter votre pays d’origine pour des cieux plus cléments. Selon un récent sondage, plus de 51 % des Français âgés de 25 à 45 ans songent à foutre le camp de l’hexagone.


C’est énorme !

Tous ne le feront pas et très peu d’entre vous auront l’idée de venir s’installer aux Philippines.
Néanmoins, vous êtes de plus en plus nombreux à avoir cette idée en tête, parfois à la réaliser.
De ce fait, je souhaiterais mettre en garde, rappeler à certains qu’il n’est pas aussi facile que cela de venir s’installer pour une période indéterminée au pays des 7.107 îles.

De nombreuses considérations sont à prendre en compte, certaines de celles-ci sont parfaitement inconnues de la plupart d’entre vous, vous les postulants au départ.

Premièrement, un point sur lequel je pense ne pas avoir suffisamment insisté, l’état d’esprit, l’état psychologique qui est le vôtre lors de votre départ et de votre arrivée sur l’archipel.

Vous devez vous sentir bien dans votre peau, équilibré, sûr de votre choix, de votre décision, ne pas arriver ici  avec des problèmes plein la tête.
Vous devez avoir évacué toutes vos frustrations, vos insatisfactions, ne pas ressentir de lassitude, d’ennui ou de regrets. Vous devez vous sentir calme, fort, robuste, inébranlable, parfaitement  préparé à affronter et à franchir les obstacles qui vont inévitablement se dresser devant vous.

C’est une nouvelle vie qui se présente à vous et vous vous devez d’y être préparé.


Pour ceux qui ne se sentiraient pas bien dans leur peau, pour ceux qui arriveraient avec des problèmes non résolus, pour ceux qui se sentent faibles, pas préparés, pour les insatisfaits, les frustrés, les introvertis, je leur dis « ne venez pas aux Philippines, vous courrez à la méga catastrophe ».

Je connais plusieurs retraités qui, bien que mariés avec des Philippines, avec pas mal d’argent, équilibrés et en bonne santé n’ont pas réussi à s’adapter, principalement du fait de la culture locale. Alors, essayez d’imaginer une personne qui arriverait ici avec tous ses problèmes. C’est du ‘’Mission Impossible’’ !

Le Paradis n’existe pas et les Philippines ne sont pas le Paradis !

Oui, le paysage de carte postale, la mer, les plages sous l’ombre des cocotiers qui se penchent sous le souffle des alizés, un hamac, une SanMig glacée à portée de la main, les femmes pour beaucoup d’entre vous ; ceci est possible pour quelques semaines de vacances, mais ce n’est pas tout, loin de là.

C’est souvent  le parcours du combattant, du style ‘’Seals’’, avant que d’en arriver à ce stade de plénitude et de sérénité.

Je me répète, le Paradis n’existe pas sur terre et les Philippines n’échappent pas à la règle.
Mais, vous pouvez vous en rapprocher, créer votre petit jardin d’Eden tout du moins.



Si vous êtes comme la vaste majorité, toutes nationalités confondues, de ceux qui arrivent sur l’archipel pour s’y fixer, cela ne va pas prendre longtemps avant que vous ne commenciez à tout détester ici.

Une fois le temps de la découverte passé, quand l’exotisme aura disparu, que votre identité de ‘’Kano’’ aura pris le dessus, vous constaterez qu’il y a plein de choses auxquelles vous avez du mal à vous faire.


L’attrait du nouveau va s’essouffler, presque tout va devenir difficile pour vous, voire impossible.

Dans la mesure du possible, lorsque vous êtes en dehors de chez vous, directement en contact avec la population locale, donc au contact de la culture philippine, essayez d’oublier tout ce que vous connaissez, ce que vous avez appris et n’essayer surtout pas de comparer ou de juger.

Mettez votre savoir, vos connaissance, une partie de votre culture, dans votre poche et ajoutez votre mouchoir sur le tout pour faire bonne mesure. Maintenant, une fois chez vous, comportez vous comme bon vous semble.

Ne commencez surtout pas à faire des comparaisons, restez calme, cool, ne vous posez pas de questions du genre « mais bon Dieu, pourquoi les Pinoys ne font-ils pas les choses comme nous ? ».

Attention que votre idée du Paradis ne se transforme pas en un véritable enfer.
Je sais que, quand vous lisez cela, dans votre esprit vous vous dites, oui mais pas moi.
Cela  ne m’arrivera jamais.


J’ai entendu ça si souvent, mais j’en ai aussi vu un grand nombre prendre le chemin de l’aéroport pour un retour peu glorieux. Incapables de s’adapter aux Philippines.


Bon, maintenant il y a quelque chose d’autre à prendre en considération, le temps. Comme je le dis souvent et c’est encore plus vrai aux Philippines, il faut laisser au temps le temps de prendre son temps. Tous ceux qui sont des expatriés de longue date sur l’archipel ont tous, plus ou moins, éprouvés des difficultés d’adaptation ; l’ajustement se fait peu à peu, par petites touches et en fonction de chacun, cela va prendre plus ou moins de temps.

J’ai un ami, expatrié de longue date qui, lorsqu’il est arrivé ici, a pris la résolution suivante : ‘’quoiqu’il puisse arriver, il avait décidé de rester au minimum cinq ans avant de prendre une éventuelle décision de repartir d’où il venait’’.


Au bout de six mois il souhaitait repartir, mais du fait de sa décision initiale il est resté. Il m’a avoué que cela avait parfois été difficile, très difficile, mais que maintenant il ne regrettait rien. Une décision comme celle-ci peut aider à surmonter la difficile période d’adaptation.

Quoiqu’il puisse arriver, je ne prends aucune décision de retour avant, trois, cinq ans ou plus.
Vous n’avez pas à devenir une de ces personnes qui s’en retourne, faute d’avoir su s’adapter.
Une des choses est que vous devez arriver ici avec un plan, même s’il y a de grandes chances que ce plan soit profondément modifié une fois sur place.


Arriver en étant préparé à ce que les choses ne soient pas parfaites, arriver avec des informations, le maximum d’informations sur le comment et le pourquoi de la vie sur l’archipel.
Il faut savoir, c’est ce qu’il ressort de mes statistiques tout du moins, que ce sont ceux qui arrivent en disant « cela ne m’arrivera pas », qui repartent les premiers.

Se donner cinq ans pour s’adapter, tout du moins pour s’ajuster, cela n’est pas si mal.   
      
                     
En conclusion, je vous dirai, venez aux Philippines en connaissance de cause et en vous donnant le temps ; il est tout à fait possible d’y vivre dans de bonnes conditions, confortablement et agréablement.

Maintenant, si vous venez y chercher le Paradis …



Comme vous le savez, trois événements viennent, durant ces derniers mois, de ternir l’image de l’archipel.


Tout d’abord, en septembre, ce fût une tentative de mouvement insurrectionnel dans le sud ouest de Mindanao. La prise en otage de civils, dans un quartier de la ville de Zamboanga, par un groupe de rebelles du MNLF. Prise d’otages commanditée par Nur Misuari, le vieux chef historique du MNLF.

Cela n’a officiellement concerné que les habitants de certains quartiers de la ville et comme il s’agit d’une destination que, tous ou presque nous déconseillons, aucun résident étranger, à ma connaissance, n’a eu à en subir les conséquences. Un incident extrêmement localisé, dans une zone que nous déconseillons fortement de visiter.


Le 15 octobre, tremblement de terre de magnitude 7,2 dans la région de Bohol. 
14.000 habitations détruites, 222 morts, 976 blessés, pratiquement tous sur l’île.

Trente à quarante mille personnes vivent toujours sous des abris de fortunes ou des tentes.



Le 8 novembre, typhon sur les centrales Visayas, vos journaux et autres médias en ont longuement parlé, je ne reviendrai pas dessus.

Il est possible, dans une grande mesure, de se préparer et de se protéger contre les phénomènes naturels. A mon avis, le plus dangereux demeurant le tremblement de terre ; imprévisible il peut être extrêmement violent. 

Maintenant il existe des cartes permettant, non pas de ramener le risque à zéro, mais tout du moins de bien le limiter.



Les constructions devant également être adaptées.

Pratiquement chaque jour nous avons un ou plusieurs tremblements de terre sur l’archipel.

 http://expatauxphilippines.blogspot.com/2011/02/la-terre-tremble.html


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Wednesday, December 12, 2012

MANILLE ... FIN DU 19ème SIECLE !


Manila  janvier 1895, ou est-ce 1894 ?

Je ne me souviens plus, que voulez-vous je deviens vieux, mais une année de plus ou de moins ne va pas faire grande différence.

Ah, j’y suis, nous sommes aujourd’hui le 7 janvier 1895, sûre, certain !


Un mois, cela fait un mois que je suis arrivé à Manille et en ce dimanche  matin, le premier dimanche de l’année, une fraiche brise descend des montagnes qui se trouvent à l’ouest de la capitale philippine. Le temps, ces dernières semaines, a été aussi tempéré que je pouvais le souhaiter ; correspondant plus ou moins à celui que l’on peut trouver en France à la fin du printemps, voire au tout début de l’été.

 La seule  différence et non des moindres, pas une seule goutte d’eau sur Manille. Nous sommes en saison sèche m’a-t-on expliqué, en saison de mousson du Nord-est et durant cette période c’est rare qu’il pleuve, sur la capitale tout du moins.

Néanmoins, de midi à trois heures il fait tout de même chaud et le thermomètre pousse allégrement le mercure jusqu’aux vingt-cinq ou vingt-huit degrés Celsius. Mais, les matinées sont suffisamment fraîches pour que je puisse effectuer avec plaisir quelques kilomètres de marche à pied, tandis que les fins d’après-midi peuvent être consacrées à une partie de tennis, sans avoir à souffrir outre mesure de la chaleur.

Quand aux soirées, je peux vous assurer qu’un petit lainage, voire une jaquette ne sont pas un luxe.

Difficile de demander un endroit plus agréable pour vivre que Manille en cette fin de 19ème siècle et, même si les équipements sanitaires sont des plus primitifs, la ville entière semble être en bonne condition sanitaire, sans problème d’hygiène  majeur à ce jour.


Durant la période des vacances de fin d’année, période qui se termine aujourd’hui, les entreprises étrangères se sont arrêtées de travailler et chacun de vaquer à des occupations plus mondaines.

Le shopping s’est alors retrouvé en vogue et, lors d’une de mes expéditions à la recherche de matériels photographiques, il m’a été possible de faire la découverte de la ‘’Botica Inglesa’’, la boutique anglaise, ou English chemist’s shop, qui semble être la boutique offrant le plus grand choix de produits de toute la ville.
Une sorte de Samaritaine avant l’heure.

Ici il est possible d’acheter de tout, cela va du verre à soda au métier à tisser complet, en passant par les objets  intermédiaires, sans oublier les brosses à dents, les appareils photos et tous les accessoires possibles et imaginables.

Parlant de shopping me fait penser au système du ‘’chit’’, non vous n’y êtes pas, l’autre s’écrit shit,  de plus l’appellation n’arrivera dans le langage populaire que vers la fin des années 60, début des années 1970, si ma mémoire ne me fait pas défaut.

Donc il faut que je vous parle du système du ‘’chit’’, un système largement pratiqué en Asie du sud-est à notre époque. Lorsque les gens, quand vous-même faites vos achats, vous passez à la caisse, mais vous ne payez pas … pas en cash, pas en espèces tout du moins. Ici personne ne paie en espèces et savez-vous pourquoi ? La faute au dollar Mexicain, au lourd, au très lourd dollar Mexicain !

C’est la seule monnaie qui a cours sur les îles, mais il est si lourd qu’il est impossible d’en transporter dans les poches de nos costumes légers de textile blanc.  Personnellement je recommande le lin, léger, aéré, bien que se froissant rapidement.

Donc lorsque vous passez à la caisse, vous allez signer un I.O.U., c’est simple et pas compliqué, vous signez un I.O.U. dont l’écriture indique les achats, la date  et le montant total de ces achats.

Ceci est valable dans les nombreuses boutiques qui ont adopté le système.

Vous signez, emportez votre marchandise et aucun soucis, oubliez … jusqu’à la fin du mois. Période à laquelle toutes les ‘’chits’’ qui portent votre nom seront présentées à votre domicile pour paiement en espèces sonnantes et trébuchantes. 

Résultat : vous n’avez jamais eu l’impression de dépenser quoi que ce soit … jusqu’au premier jour du mois suivant, quand les I.O.U. sont présentées à votre domicile pour échange contre des espèces.

Un peu le système de vos cartes de crédit modernes, bien avant l’heure !

Si vos ‘’chits’’ proviennent toutes d’un seul magasin et ce pour un montant important, la personne en charge du recouvrement se présentera avec un ‘’coolie’’ (un porteur) ; si le montant est très, très important, avec un coolie et une brouette. Si vous avez trois ou quatre collecteurs qui arrivent en même temps, votre domicile risque fort de ressembler à l’échoppe d’un changeur.

Il y a tant de fausses monnaies en circulation que chacune des pièces que vous donnez au collecteur sera mordue ou jetée sur le sol pour savoir si elle contient éventuellement du plomb.
Le son de la pièce, qu’il écoute religieusement, ne semble pas être, de votre opinion tout du moins, un signe d’intégrité … vous sentiriez-vous coupable quelque part ?

Ainsi vont les choses, nombreux sont les tenants de magasins qui se sont fait avoir par des margoulins, des aigrefins et qui n’ont pas été capables de récupérer les crédits consentis, qui n’ont pu récupérer leur dû auprès de débiteurs qui ont préféré s’enfuir pour Hong Kong ou Singapour.


La nouvelle année a été, comme il se doit, célébrée dans la bonne humeur, avec des préparations nombreuses et variées. A mon Club, les menus proposés étaient remarquables et quand on sait qu’il n’existe pas de fourneaux à Manille, l’on trouve merveilleux qu’il soit possible de cuisiner d’une manière aussi parfaite.

A Manille un fourneau n’est plus ni moins qu’une sorte de pot de terre de bonne taille, prenant parfois la forme d’un grand sabot. Une partie du sabot reçoit le foyer, l’autre partie les petits bouts de bois qui vont servir de combustible. Le foyer est ouvert sur le dessus et ne peut recevoir qu’un poêle ou casserole à la fois. 

Dans une cuisine normale il n’est pas rare de trouver une douzaine de ces fourneaux improvisés, un par préparation ; les soupes, les viandes, les légumes, l’eau chaude, le riz lui en occupant plusieurs.

Leurs coûts,  juste quelques pesetas,  permet d’en avoir toujours deux ou trois en réserve.
C’est ainsi et lorsque vous déambulez dans les rues ou prédominent les huttes natives, faites de bambou et de nippa, il vous est possible d’apercevoir les plats qui sont ainsi cuisinés par les familles locales.

Etonnant de savoir que les plats élaborés qui vous sont présentés ont été préparés d’une façon aussi complexe, cela force l’admiration.

Si cuisiner à Manille relève du défi quotidien, je me pose des questions sur les possibilités de faire la vaisselle, de nettoyer les plats et les assiettes, les fourchettes et les cuillères, que dire des verres. Verres qui pourtant et je viens de m’en assurer sont d’une propreté exemplaire.
Néanmoins, je soupçonne la dessous quelque magie et même dans mon Club, j’hésite à aller faire un tour aux cuisines. Je pars du principe que moins l’on voit de la préparation de la cuisine indigène, meilleurs sont l’appétit, la saveur et le goût. 

Ceci est valable pour l’ensemble des pays d’Asie, où vous pourrez remarquer, entre autres, que les toilettes sont toujours à jouxter les cuisines.

Je m’attendais à une introduction précoce aux tremblements de terre, mais aucun n’a eu lieu jusqu’à ce jour, pas le moindre petit frémissement de la croûte terrestre.  J’en deviens presque téméraire, allant parfois jusqu’à en oublier qu’ils existent.

Peu de temps après mon arrivée  j’ai été tenté de mettre mes bouteilles de produits chimiques dans une boîte remplie de sciure, de laisser ma carafe d’eau à moitié vide et d’emballer ma montre dans du coton, dans l’attente d’un tapage nocturne qui serait provoqué par le combat de titans que se livreraient deux plaques de la planète terre.

Pour les anciens, les vieux routiers qui ont vu la ville tomber en morceaux à la fin des années 80, c’est un devoir que d’alerter et surtout d’alarmer les nouveaux arrivants.
Je dois dire qu’au tout début de mon séjour,  je me suis plusieurs fois mis à pâlir aux passages de lourds charriots dans la rue pavée adjacente au Club. A plusieurs reprises je me suis mis à penser qu’il me fallait sauter à travers la fenêtre, ceci au moindre soupçon de vibrations.


Quelques mots sur les maisons à étages de Manille.

Je ne pense pas qu’il y ait de résineux sur l’archipel, de ce fait de nombreuses applications utilisent des bois tropicaux, des bois durs. Les planchers entrent dans cette catégorie. Les planches, sciées à la main dans des troncs énormes, sont des modèles du genre.

Les procédés de polissages, qui utilisent des feuilles de bananiers, des chiffons gras et des noix de cocotiers, prouvent un certain génie du travailleur local.

Non pas les noix en vérité, c’est la coquille, cette sorte de conque qui entoure cette noix qui va être utilisée pour le polissage du bois. Les locaux en utilisent une demi-coquille qu’ils attachent à l’un de leur pied avec une sangle et ils frottent ainsi le parquet jusqu’à ce que ce dernier brille comme un soleil.

Cela donne un air de fraicheur aux demeures locales et cela sent le propre, si le propre peut sentir quelque chose.


Manille présente indéniablement un certain charme quand on s’intéresse aux travaux manuels que l’on retrouve partout dans le monde. Les machines brillent par leur absence, tout ou presque est fait à la main.

De ce fait, ici et là l’on peut remarquer les inégalités, le manque de répétition exacte, les lignes qui ne sont pas toujours horizontales ou verticales, tout le charme du travail effectué à la main, le reflet d’une intervention humaine plutôt que celles de roues et de leviers.

Les fenêtres, je devrais dire les portes fenêtres, sont également conçues et réalisées d’une façon curieuse.

Ces portes fenêtres glissent comme sur des rails, dans des rainures en fait, de gauche à droite et de droite à gauche. Chaque porte fenêtre à son rail en bordure du balcon, il est ainsi possible d’ouvrir partiellement ou totalement et de faire entrer plus ou moins d’air dans la pièce. L’intérieur de ces portes fenêtres est constitué d’une trame de lattes de bois délimitant des carrés d’environ dix centimètres par dix, carrés qui sont remplis par des coquillages fins, plats et translucides que l’on nomme ici Capiz. Ces Capiz laissent passer la lumière, mais pas l’air ni la pluie.

Nous avons tous entendu parler de route faites de coquillages, mais combien d’entre vous connaissent les fenêtres de coquillages ? Il n’y a pas de verre aux Philippines et vous verrez que l’on s’habitue très vite à la maison de Manille et à ses portes fenêtres, qui rarement fermées, offrent des ouvertures immenses.


Dans un prochain post je vous parlerai des  Trams (tramcar), oui il y a des Trams à Manille en cette fin du 19ème siècle, des coqs de combat et des barbiers chinois.




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 EST-ELLE réelle ?
              Est-elle celle qu’elle
                Prétend être ?

Enquêtes et Investigations
                   Aux Philippines