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Saturday, October 18, 2014

DES FANTOMES ... À TERNATE !

Ils quittent un à un le pays, pour s’en aller gagner leur vie, loin de la terre où ils sont nés (!)
Depuis longtemps ils en rêvaient de la ville et de ses secrets, du formica et du ciné…
Nombreux sont ceux qui auront reconnu dans cette phrase, les premiers mots de ce qui est certainement la chanson la plus célèbre de Jean Ferrat, la Montagne.



Et bien, sachez que c’est ce qui se passe actuellement aux Philippines, la population locale quitte le monde rural pour aller s’installer dans les villes. Et c’est un exode massif auquel nous assistons, puisqu’en 2013 la population urbaine et ce pour la première fois de son histoire, dépasse la population des campagnes. Les citadins des grandes villes représentent désormais plus de 52 % d’une population totale estimée à cent cinq millions d’habitants. Alors que la population rurale était de 51,2 % en 1990, de 41,5 % en 2000 et de 33,6 % en 2010.

Oh le Philippin, celui qui quitte sa campagne pour la ville, ne rêve certainement pas au formica et au ciné, non ce qu’il recherche avant tout c’est la possibilité de se nourrir et de nourrir sa famille, d’échapper à la misère qui est la sienne dans sa lointaine province, peut-être également d’échapper à ses cauchemars.

Mais, n’avons nous pas connu ce type de situation en France ? Quand massivement arrivaient sur Paris les ‘’Bougnats’’ (en fait des Auvergnats, porteurs d’eau, puis charbonniers, d’où le nom ‘’Bougnats’’, puis marchands de vins et enfin cafetiers) ou alors ces migrations de jeunes filles bretonnes venues chercher du travail dans la capitale ? 

Petit aparté sur les jeunes Bretonnes qui, à partir de 1920, poussées par la misère arrivaient Gare Montparnasse : « Ce sont, dit-il, celles que l’on a accueillies la nuit dernière dans une rafle sur les boulevards. Monsieur le curé, vous pourriez prêcher en breton ici, presque toutes vous comprendraient. »
Voilà le genre de faits-divers que relayait la presse de l’époque. Bien sûr, toutes les Bretonnes ne tombaient pas dans la misère à leur arrivée. 


La Bretagne est alors un pays pauvre. Les salaires sont bas et les conditions de vie difficiles. Pour nombre d’entre elles, Paris apparaît comme le nouvel Eldorado. D’autant plus que ces jeunes filles “aussi sympathiques que capables”, selon un organisme de placement en bonnes, sont très recherchées. Elles sont des milliers à prendre le train et à débarquer sur les quais de la gare Montparnasse où la réalité est, en fait, toute autre. Sans argent ni relation, ne “baragouinant” que quelques mots de français, ces “naïves et confiantes” Bretonnes deviennent des proies faciles pour les proxénètes.

Aux Philippines, ce sont souvent des migrations qui font suite à des catastrophes naturelles, typhons dévastateurs, inondations de grandes ampleurs, éruptions volcaniques et dans une moindre mesure un tremblement de terre.

Ce sont majoritairement des paysans et des pêcheurs qui, après avoir tout perdu, très souvent leurs outils de travail, vont migrer en masse des campagnes et des bords de mer en direction des villes. Tacloban, Ormoc, Catbalogan, Calbayog, etc. pour ceux des provinces de Leyte et Samar.

Ainsi, il a été possible de constater un  afflux massif de nouveaux arrivants dans les grandes villes philippines comme Metro Manila et Metro Cebu, après le passage du typhon Haiyan, Yolanda pour son nom local.

Mais que vont bien pouvoir faire ces personnes, souvent sans ou avec peu d’éducation, que vont-ils bien pouvoir trouver comme travail, alors qu’il n’y en a déjà pas assez pour ceux arrivés avant eux ?
De plus, ceux arrivés de Leyte et Samar parlent le Waray, parfois avec une connaissance du Cebuano ; parfait pour Cebu, mais pas pour ceux qui arrivent à Manille. Des proies faciles pour les recruteurs en tout genre.


En 2013, l’agriculture employait encore 32 % de la main d’œuvre du pays pour seulement 12 % du GDP (PIB) national. Mais que vont bien pouvoir faire ces fermiers et pêcheurs dans une ville comme le grand Manille ou Metro Manilla, comme nous aimons l’appeler ?

Depuis quelques mois, peut-être une année, nous voyons des personnes qui errent dans la ville de Ternate.
Des personnes seules, parfois des femmes entre quarante et cinquante ans, qui font des allers-retours, à pied, du centre-ville aux Barangays périphériques de notre petite ville. Souvent emmitouflées dans des vêtements qui semblent être chauds, pas adaptés aux conditions climatiques locales. Parfois vêtus de haillons, ils ou elles marchent doucement, déambulent, s’assoient ici où là, mais étonnement sans jamais rien demander ni parler à quiconque. 

Comment font-elles pour se nourrir, où dorment-elles ? Je n’en sais absolument rien.

On les voit ainsi rester quelques jours, voire quelques semaines, avant de disparaître du paysage local.
Je soupçonne fortement qu’il s’agit là de ces migrants, arrivés ou déplacés du fin fond de leurs lointaines provinces et qui se sont rendu compte qu’ils n’avaient absolument aucun avenir dans la grande ville de Manille.

Il se pourrait même qu’il s’agisse de gens qui ont perdu toute leur famille dans la catastrophe de la région de Tacloban, car ces personnes ressemblent plus à des fantômes qu’à des Philippins qui ont simplement perdu le matériel. Quand je dis fantômes… en fait ils ressemblent plus à des morts vivants !

Puis un jour ils ont décidé de bouger, de quitter la capitale, peut-être de s’en retourner d’où ils venaient, à pied, par courtes étapes entrecoupées de longues haltes au gré de leur voyage, sans véritable but.
Le fait qu’ils ne parlent pas, qu’ils n’engagent pas la conversation avec les populations locales, pourrait indiquer qu’ils ne parlent ni le Filipino, ni le Visaya, encore moins le Chavacaño.

Donc des personnes qui parleraient le Waray par exemple, des personnes qui viendraient des provinces de Samar et de Leyte, de ces provinces ravagées par le typhon de novembre 2013.



Ternate n’est pas la seule ville à voir passer ces personnes, j’en ai rencontré à Naïc, Tanza, Rosario, ces villes qui se situent avant notre petite ville, mais toutes se dirigeaient vers le sud, toutes semblaient fuir la capitale surpeuplée et certainement inhospitalière, pour elles tout du moins.

Lorsqu’il fait beau, l’on peut les rencontrer le long des routes, marchant lentement, parfois assises à l’ombre d’un de ces arbres qui bordent nos routes. Parfois, même en pleine journée, certaines de ces personnes dorment sur un bas côté fraichement tondu, mais généralement non loin d’habitations.

Ces personnes n’ont rien d’autre que ce qu’elles portent sur elles, pas même pas un sac ou un baluchon ne leur tient compagnie. Rien à voler, sauf peut-être leurs vies, mais qui se soucie de la vie de ces pauvres êtres ? 

Personne ne les dérange, la population les laisse tranquilles et ils ne semblent déranger personne.

En France nous appellerions ces gens des vagabonds. Rectification, nous aurions appelé ces  gens des vagabonds, car maintenant avec les nombreux SDF qui hantent les villes et les campagnes françaises, le paysage social a bien changé.

A l’occasion, petit rappel au revenant N. Sarkosy.
Promesse de Nicolas Sarkozy : zéro SDF en 2008.
Lors de la campagne présidentielle de 2007, le futur président Nicolas Sarkozy avait formulé les promesses suivantes : « Je veux si je suis élu président de la République que d'ici à deux ans plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d'y mourir de froid.  Le droit à l'hébergement, c'est une obligation humaine. Si on n'est plus choqué quand quelqu'un n'a plus un toit lorsqu'il fait froid et qu'il est obligé de dormir dehors, c'est tout l'équilibre de la société qui s'en trouvera remis en cause. »

Deux ans plus tard, en 2009, 358 SDF sont morts dans la rue.


Si nous avons de plus en plus de SDF en France, la situation n’est guère meilleure aux Philippines.
J’ai l’impression que les gens qui dorment dans les rues sont de plus en plus nombreux à Manille. 
Depuis plusieurs années Ermita, un quartier touristique de la Capitale, est devenu un lieu où l’on rencontre de nombreuses familles avec des enfants qui dorment sur les trottoirs.  Mais Ermita n’a pas l’apanage de cette situation. Quiapo, Tondo, Binondo, ces quartiers que j’ai parcourus ces derniers jours, compte également des malheureux qui vivent et dorment dans la rue.

Ces gens qui errent, ces gens que l’on peut rencontrer à Ternate, sont-ils des déplacés de la région de Tacloban ?

Expériences, avis, critiques et commentaires, comme d’habitude sont les bienvenus.


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Thursday, December 12, 2013

S'ADAPTER ... AU PARADIS OU À L'ENFER ?

Au mois de mai prochain, j'entamerai ma dix-huitième année d'expatrié aux Philippines.
Et oui, plus de dix-sept ans et je ne m’en lasse pas !

Les Philippines, un archipel de 7107 d'îles volcaniques et tropicales qui s'étend du nord au sud, sur plus de 1.800 kilomètres, de Taiwan à Bornéo.


Des îles entre le ciel et l’eau, des îles sauvages qui inspirent au voyage.

Des montagnes qui s’abîment dans les mers, de longues plages de sable blanc.

Des mers turquoise, des coraux multicolores sous un ciel d’azur et ces plages … abritées par l’ombre des cocotiers qui se balancent sous le souffle léger des alizés.

Des vaguelettes, certainement fatiguées d’un long voyage, viennent s’échouer aux pieds des falaises ; le temps semble s’être arrêté, une voile à l’horizon, un galion, Magellan, les Conquistadors, qui sait et qui peut savoir ?

Un tamaraw qui s’ébroue dans son bain de boue, au bord d’une mare, près d’une chute d’eau qui jaillit de la jungle et tombe en cascade.

Les cris des singes qui se chamaillent pour quelques bananes ou autres fruits, le chant du Toucan qui interrompt la dispute.
Puis, le silence de la jungle, jungle qui n’est jamais silencieuse et les aigles pêcheurs, impassibles et sereins, qui survolent et dominent la scène à la recherche de leur pitance.


Terres de douceur, de couleurs et de contrastes.

Douceur des tropiques, violence des typhons, langueur des populations, puissance des éruptions, des tremblements de terre et des moussons qui apportent leurs lots de joies et de dévastations. Eau pour les cultures, inondations pour les populations.



Le bleu, le vert, le turquoise, parfois l’émeraude de la mer, se disputent les couleurs avec le ciel.
Les alizés qui luttent contre les typhons, les anciennes tribus qui refusent la (notre) civilisation, font de ces terres un archipel exceptionnel, un archipel à découvrir ou à redécouvrir.

Mal connu, particulièrement des Français, colonie espagnole pendant plus de trois cents cinquante ans, le pays offre une richesse culturelle, de flore et de faune inégalée.
Mal connu des Français et pourtant ; une des îles du sud, l’île de Basilan, oui celle des Abu Sayyaf, a été possession française durant un temps !
http://expatauxphilippines.blogspot.com/2011/12/basilan-lile-est-elle-francaise.html

Arrivant en bateau vous pourrez voir ces montagnes qui semblent surgir de la mer. La majorité des îles sont d’origine volcanique et de nombreux pics culminent à près de 3.000 mètres, souvent d'anciens volcans, ils se voient de loin.

Nous avons, selon les auteurs, entre quatorze et dix-sept volcans actifs sur l’archipel, les plus connus étant le Taal et le Mayon. Un autre a fait la une des journaux en 1991, une des éruptions majeures du 20ème siècle, l’explosion du Mont Pinatubo. 


En vous rapprochant des côtes vous découvrez des plages de sable blanc bordées de cocotiers et d'arbre tropicaux, les aigles pêcheurs planent au-dessus de l'eau. Ici et là quelques cabanes aux toits de ‘’nipa’’, un village de pêcheurs qui se situe au milieu de nulle part.


De nombreuses barques de pêcheurs, que l’on nomme ici ‘’Bangka’’, des pirogues à balanciers, se bercent au gré des vagues. Les hommes qui les montent, halés et emmitouflés dans de vieilles hardes, pêchent le ‘’Pusit’’, le calmar local.

D’autres barques semblent abandonnées, personne à bord … une tête apparait, des pêcheurs qui utilisent un compresseur et qui fouillent le fond.


Oh, bien sûr, ce n'est pas toujours aussi idyllique.

Le sable de la plage est peut-être un peu gris, presque noir si vous êtes à proximité d'un ancien volcan, quelques cocotiers sont couchés sur la plage vestige du passage d'un typhon, les arbres tropicaux ont disparus, transformés en charbon de bois, les animaux ont été mangés ou empaillés.

Mais je peux vous assurer que, si vous passez par Ternate, je vous emmènerai sur une "Bangka", la pirogue locale, pour une navigation de quelques heures. Vous constaterez par vous-même que tout ce que je décris existe. Les plages de sable blanc, les cocotiers et arbres tropicaux, les singes, les aigles et les toucans, les alizés, ... j'allais oublier le soleil et le ciel bleu.

De cette bangka il vous sera possible d'apercevoir Manille, tout en embrassant du regard la baie du même nom, l'île de Corregidor et en arrière plan de cette dernière la presqu'île de Bataan. La forteresse de Cogerridor et la presqu'île de Bataan, toutes deux célèbres pour les combats acharnés qui s'y sont déroulés durant la seconde guerre mondiale, entre troupes filipino-américaines et forces d'invasions japonaises.

C'est de la forteresse que Mac Arthur lancera sont fameux «I shall return», avant son départ pour l'Australie. Ce qui est faux !


Corregidor capitulera en mai 1942.

Plusieurs d’entre vous m’ont posé la question : Pourquoi avoir fait porter mon choix sur les Philippines ? Pourquoi les Philippines et non pas le Vietnam, le Cambodge, la Thaïlande, la Malaisie, l’Indonésie ou le Laos ?

Au début des années 90, mes activités se sont peu à peu concentrées sur trois pays et deux cités qui sont des Etats ; A savoir le Cambodge, le Vietnam, les Philippines (alors en plein boom sous, la présidence de Fidel V. Ramos, après une période de dictature sous le régime Marcos et une difficile transition sous la présidence de Cory Aquino), Singapour et Hong-Kong.

Au début des années 90, Hong-Kong est Singapour sont des villes- Etats modernes avec des économies développées. Hong-Kong est la porte de sortie des produits de la Grande Chine, carrefour de l’Orient et de l’Occident, cité moderne et ville frénétique dont l’activité ne cesse jamais.

Si Hong-Kong ‘’sent’’ l’Asie dans tous les sens du terme, plus particulièrement dans les quartiers de Wanchai et kowloon, il n’en est pas de même de Singapour. Bien que premier port du monde et puissante place financière, la ville est devenue trop aseptisée et l’on s’ennuie vite à Singapour. De plus, dans ces deux villes, la vie est très chère.

Le Vietnam, terre française durant un demi-siècle, région mythique des pistes du Tonkin, du Delta du Mékong, de Saigon, de l’opium et des jeunes filles portant le ao dai, rassemble tous les charmes de l’Asie.

Mais au début des années 90, le régime communiste n’a toujours pas ouvert le pays aux investisseurs étrangers, la culture des affaires est inexistante et faire du business y est difficile.


Les guerres ont laissé de nombreuses traces et le souvenir de cette période tragique reste très présent dans une partie de la population. Malgré Dien Bien Phu, les Français bénéficient d’un fort sentiment de sympathie, même si la langue française y est de moins en moins parlée, les jeunes se tournant vers l’anglais.

Bref, au début des années 90 le Vietnam n’est pas encore prêt.

Le Cambodge, au début des années 90, ne s’est toujours pas relevé de la tragédie des Khmers rouges et de ce qui en a découlé. Sans l’UNTAC, the United Nations Transitional Authority in Cambodia, mise en place au début 1992, le pays n’existe plus.

15.900 militaires, des policiers et des civils vont prendre le pays en main jusqu’aux élections de mai 1993. L’UNMLT prendra le relais de l’UNTAC.

L’argent de cette force des Nations Unies et les salaires des soldats vont permettre un certain renouveau du pays ; tout du moins dans les villes principales et faire vivre une partie de la population.

Malheureusement il n’y a pas que des aspects positifs à l’arrivée de cette manne. La prostitution fleurie et le SIDA se propage.

Néanmoins, les soldats déminent une partie des terrains, construisent des routes et des ponts, peu à peu l’électricité revient, l’aéroport International est à nouveau opérationnel. Tout ceci va permettre le retour des touristes, ceux-ci ayant à nouveau accès à une partie du site d’Angkor Vat. Dans le secteur du tourisme, à cette époque, tout reste à faire, car les touristes vont revenir.


Les Philippines, le pays le moins asiatique d’Asie. Une population estimée à 61 millions d’habitants (1990), jeune et bien éduquée, à forte majorité chrétienne (85%). Un archipel de 7.107 îles, certaines sont de véritables petits paradis, mers et montagnes, gentillesse et sens de l’hospitalité du peuple philippin et beaucoup de ‘’business’’ en perspective, car tout est à construire ou à reconstruire et ce, dans tous les domaines.

De plus il va falloir nourrir cette population, qui d’après les projections, devrait atteindre les 100 millions en l’an 2.010. Le climat des affaires semble satisfaisant, le système bancaire apparait suffisamment solide, l’immobilier est en plein boom … cela semble être le bon moment.

Le pays surmontera plus facilement la crise économique de 1997 que ses voisins de la zone, mais sera également plus long à s’en remettre. Autre avantage et non des moindres, la grande majorité des gens parlent un anglais courant.

Nos exportateurs ne s’y trompent pas, l’exposition ‘’France 98’’ se tiendra à Manille.

Donc, au fil des ans, je vais passer de plus en plus de temps aux Philippines. Finalement, au début de l’année 1998, je vais prendre la décision de faire le plongeon et de m’installer définitivement sur le pays.

Quitter ma vie faite d’hôtels, de restaurants et de voyages, pour quelque chose de plus conventionnel. Il me faut également avouer que depuis fin 97, je ne suis plus tout seul. Une rencontre faite à Davao en 95 a quelque peu changé mes habitudes.

Au départ, le choix est un choix de travail et un peu (beaucoup) de qualité de vie. Avant 1997, le coût de la vie est très élevé aux Philippines, le US$ est à 25/26 php, 44 aujourd’hui (il est monté nettement plus haut à plusieurs reprises), ce qui fait une sérieuse différence.


A l’époque les Philippines souhaitaient attirer le touriste de haut de gamme, celui qui dépense dans les hôtels cinq étoiles, les casinos, les parcours de golf, les boutiques de luxe … Surtout pas de tourisme de masse comme en Thaïlande !

Début 2000, après six mois passés à me débarrasser d’un virus tenace, je décide de prendre un peu de recule et de repos. Ternate, mer et montagnes, plages, cocotiers … c’est à partir de cette période que je vais réellement commencer à découvrir les vraies Philippines.

Je me mets en ‘’pré-retraite’’ (sans pension).

Tout n’est pas si simple !
Internet est présent dans les grandes villes (très lent), en lignes terrestres, oui, mais pas à Ternate. Pour accrocher avec mon téléphone portable, il me faut gravir une colline derrière notre maison. C’est la jungle avec des singes, des cochons sauvages, des serpents, des fourmis rouges et j’en passe.

Je me fais un chemin au ‘’bolo’’, le coupe-coupe local. Après deux ans de ce régime, les téléphones fonctionneront dans certains endroits de la ville, sur le pont entre autres. En 2003/2004 internet, lent, fonctionne ; les connections téléphoniques sont maintenant parfaites et il y a des relais tous les deux kilomètres.

Quel changement quand on a de bonnes communications, la vie est toute autre !

Compte tenu de la situation économique qui se dégrade à la vitesse de la lumière dans les pays occidentaux, vous êtes de plus en plus nombreux à vouloir quitter votre pays d’origine pour des cieux plus cléments. Selon un récent sondage, plus de 51 % des Français âgés de 25 à 45 ans songent à foutre le camp de l’hexagone.


C’est énorme !

Tous ne le feront pas et très peu d’entre vous auront l’idée de venir s’installer aux Philippines.
Néanmoins, vous êtes de plus en plus nombreux à avoir cette idée en tête, parfois à la réaliser.
De ce fait, je souhaiterais mettre en garde, rappeler à certains qu’il n’est pas aussi facile que cela de venir s’installer pour une période indéterminée au pays des 7.107 îles.

De nombreuses considérations sont à prendre en compte, certaines de celles-ci sont parfaitement inconnues de la plupart d’entre vous, vous les postulants au départ.

Premièrement, un point sur lequel je pense ne pas avoir suffisamment insisté, l’état d’esprit, l’état psychologique qui est le vôtre lors de votre départ et de votre arrivée sur l’archipel.

Vous devez vous sentir bien dans votre peau, équilibré, sûr de votre choix, de votre décision, ne pas arriver ici  avec des problèmes plein la tête.
Vous devez avoir évacué toutes vos frustrations, vos insatisfactions, ne pas ressentir de lassitude, d’ennui ou de regrets. Vous devez vous sentir calme, fort, robuste, inébranlable, parfaitement  préparé à affronter et à franchir les obstacles qui vont inévitablement se dresser devant vous.

C’est une nouvelle vie qui se présente à vous et vous vous devez d’y être préparé.


Pour ceux qui ne se sentiraient pas bien dans leur peau, pour ceux qui arriveraient avec des problèmes non résolus, pour ceux qui se sentent faibles, pas préparés, pour les insatisfaits, les frustrés, les introvertis, je leur dis « ne venez pas aux Philippines, vous courrez à la méga catastrophe ».

Je connais plusieurs retraités qui, bien que mariés avec des Philippines, avec pas mal d’argent, équilibrés et en bonne santé n’ont pas réussi à s’adapter, principalement du fait de la culture locale. Alors, essayez d’imaginer une personne qui arriverait ici avec tous ses problèmes. C’est du ‘’Mission Impossible’’ !

Le Paradis n’existe pas et les Philippines ne sont pas le Paradis !

Oui, le paysage de carte postale, la mer, les plages sous l’ombre des cocotiers qui se penchent sous le souffle des alizés, un hamac, une SanMig glacée à portée de la main, les femmes pour beaucoup d’entre vous ; ceci est possible pour quelques semaines de vacances, mais ce n’est pas tout, loin de là.

C’est souvent  le parcours du combattant, du style ‘’Seals’’, avant que d’en arriver à ce stade de plénitude et de sérénité.

Je me répète, le Paradis n’existe pas sur terre et les Philippines n’échappent pas à la règle.
Mais, vous pouvez vous en rapprocher, créer votre petit jardin d’Eden tout du moins.



Si vous êtes comme la vaste majorité, toutes nationalités confondues, de ceux qui arrivent sur l’archipel pour s’y fixer, cela ne va pas prendre longtemps avant que vous ne commenciez à tout détester ici.

Une fois le temps de la découverte passé, quand l’exotisme aura disparu, que votre identité de ‘’Kano’’ aura pris le dessus, vous constaterez qu’il y a plein de choses auxquelles vous avez du mal à vous faire.


L’attrait du nouveau va s’essouffler, presque tout va devenir difficile pour vous, voire impossible.

Dans la mesure du possible, lorsque vous êtes en dehors de chez vous, directement en contact avec la population locale, donc au contact de la culture philippine, essayez d’oublier tout ce que vous connaissez, ce que vous avez appris et n’essayer surtout pas de comparer ou de juger.

Mettez votre savoir, vos connaissance, une partie de votre culture, dans votre poche et ajoutez votre mouchoir sur le tout pour faire bonne mesure. Maintenant, une fois chez vous, comportez vous comme bon vous semble.

Ne commencez surtout pas à faire des comparaisons, restez calme, cool, ne vous posez pas de questions du genre « mais bon Dieu, pourquoi les Pinoys ne font-ils pas les choses comme nous ? ».

Attention que votre idée du Paradis ne se transforme pas en un véritable enfer.
Je sais que, quand vous lisez cela, dans votre esprit vous vous dites, oui mais pas moi.
Cela  ne m’arrivera jamais.


J’ai entendu ça si souvent, mais j’en ai aussi vu un grand nombre prendre le chemin de l’aéroport pour un retour peu glorieux. Incapables de s’adapter aux Philippines.


Bon, maintenant il y a quelque chose d’autre à prendre en considération, le temps. Comme je le dis souvent et c’est encore plus vrai aux Philippines, il faut laisser au temps le temps de prendre son temps. Tous ceux qui sont des expatriés de longue date sur l’archipel ont tous, plus ou moins, éprouvés des difficultés d’adaptation ; l’ajustement se fait peu à peu, par petites touches et en fonction de chacun, cela va prendre plus ou moins de temps.

J’ai un ami, expatrié de longue date qui, lorsqu’il est arrivé ici, a pris la résolution suivante : ‘’quoiqu’il puisse arriver, il avait décidé de rester au minimum cinq ans avant de prendre une éventuelle décision de repartir d’où il venait’’.


Au bout de six mois il souhaitait repartir, mais du fait de sa décision initiale il est resté. Il m’a avoué que cela avait parfois été difficile, très difficile, mais que maintenant il ne regrettait rien. Une décision comme celle-ci peut aider à surmonter la difficile période d’adaptation.

Quoiqu’il puisse arriver, je ne prends aucune décision de retour avant, trois, cinq ans ou plus.
Vous n’avez pas à devenir une de ces personnes qui s’en retourne, faute d’avoir su s’adapter.
Une des choses est que vous devez arriver ici avec un plan, même s’il y a de grandes chances que ce plan soit profondément modifié une fois sur place.


Arriver en étant préparé à ce que les choses ne soient pas parfaites, arriver avec des informations, le maximum d’informations sur le comment et le pourquoi de la vie sur l’archipel.
Il faut savoir, c’est ce qu’il ressort de mes statistiques tout du moins, que ce sont ceux qui arrivent en disant « cela ne m’arrivera pas », qui repartent les premiers.

Se donner cinq ans pour s’adapter, tout du moins pour s’ajuster, cela n’est pas si mal.   
      
                     
En conclusion, je vous dirai, venez aux Philippines en connaissance de cause et en vous donnant le temps ; il est tout à fait possible d’y vivre dans de bonnes conditions, confortablement et agréablement.

Maintenant, si vous venez y chercher le Paradis …



Comme vous le savez, trois événements viennent, durant ces derniers mois, de ternir l’image de l’archipel.


Tout d’abord, en septembre, ce fût une tentative de mouvement insurrectionnel dans le sud ouest de Mindanao. La prise en otage de civils, dans un quartier de la ville de Zamboanga, par un groupe de rebelles du MNLF. Prise d’otages commanditée par Nur Misuari, le vieux chef historique du MNLF.

Cela n’a officiellement concerné que les habitants de certains quartiers de la ville et comme il s’agit d’une destination que, tous ou presque nous déconseillons, aucun résident étranger, à ma connaissance, n’a eu à en subir les conséquences. Un incident extrêmement localisé, dans une zone que nous déconseillons fortement de visiter.


Le 15 octobre, tremblement de terre de magnitude 7,2 dans la région de Bohol. 
14.000 habitations détruites, 222 morts, 976 blessés, pratiquement tous sur l’île.

Trente à quarante mille personnes vivent toujours sous des abris de fortunes ou des tentes.



Le 8 novembre, typhon sur les centrales Visayas, vos journaux et autres médias en ont longuement parlé, je ne reviendrai pas dessus.

Il est possible, dans une grande mesure, de se préparer et de se protéger contre les phénomènes naturels. A mon avis, le plus dangereux demeurant le tremblement de terre ; imprévisible il peut être extrêmement violent. 

Maintenant il existe des cartes permettant, non pas de ramener le risque à zéro, mais tout du moins de bien le limiter.



Les constructions devant également être adaptées.

Pratiquement chaque jour nous avons un ou plusieurs tremblements de terre sur l’archipel.

 http://expatauxphilippines.blogspot.com/2011/02/la-terre-tremble.html


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