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Thursday, August 13, 2015

COUPEURS DE TÊTES ... AUX PHILIPPINES !

Une histoire à en perdre la tête

Les Philippines ont la réputation d’être le pays des coupeurs de têtes.

Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, sur Luzon, les Visayas ou Mindanao, il semblerait qu’ils ne pensaient qu’à cela, couper les têtes, une sorte de passe-temps en somme, leur passe-temps favori. Certaines tribus avaient même mis au point des outils spéciaux afin de faciliter la tâche du découpage et du scalpe.


La question que je me pose, la question que nous pouvons tous nous poser, nous les foreigners, nous les ‘’Kanos’’ : sommes-nous mariés avec des descendants de ces coupeurs de têtes ?

Cette tradition, cette mauvaise habitude, surtout pour celui que l’on rétrécit, existe-t-elle encore de nos jours ?

Officiellement non !

Cette pratique aurait disparue dans les années 1970, mais allez savoir ce qui se passe au fin fond des forêts de la Cordillera tout au Nord, ou tout au Sud dans les jungles de Mindanao ?
En tout cas, il en reste des traces.
Les Abou Sayyaf décapitent  toujours un peu et il n’est pas rare d’entendre des histoires au sujet de têtes seules qui se baladent et que l’on retrouve ici et là.

Un employé, non contant de son employeur qui ne l’avait pas payé depuis trois mois, ne s’est-il pas présenté dans un poste de police de Tondo avec un sac plastique … contenant la tête de feu son employeur ? Il a été déclaré un peu simplet par les autorités, mais tout de même.

En ce qui concerne mon épouse, du côté paternel, pas trop de soucis à se faire, l’arrière grand-père était espagnol ; côté maternel je suis beaucoup plus inquiet ! Se pourrait-il qu’elle soit une descendante d’une de ces tribus qui collectionnaient les crânes comme d’autres collectionnent les estampes, les perles ou les timbres ?

Je n’en mettrais pas ma tête à couper.



Tony, un Américain a une épouse dont le diminutif est ‘’chop-chop’’.
Pour ceux qui ne connaîtraient pas l’Asie, chop-chop veut dire couper en petit morceaux.
Découper un morceau de viande au couperet par exemple.
Vous achetez de la viande au marché et le boucher va vous demander : chop-chop ?

Il se pose également la question : du sang de coupeurs de têtes circule-t-il dans les veines de ma chère et tendre Chop-Chop ? Et il y a de grandes chances pour que cela soit vrai.
Bien que l’histoire de la famille laisse place à des zones d’ombres, elle est très certainement une descendante directe des Apayaos ou des Kalingas.
Deux groupes qui pratiquaient très activement la chasse aux têtes, au grand regret de nombreux frères et soldats espagnols qui en ont encore mal au cou.

Comment en est-il arrivé à cette conclusion ?
A cela plusieurs raisons, mais encore faut-il connaitre un peu d’histoire.

Les Ybanags, qui serait le groupe de tribus des ancêtres de ‘’Chop-Chop’’, se trouvent dans le même groupe linguistique que les Itawis, les Gaddangs, les Apayaos et les Kalingas.

Les Espagnols leurs donnaient le nom d’Igorots et ils employaient le même nom pour  les Ifugaos, les Aetas, les Tinguinans et de nombreux autres groupes qui, bien que parlant des langues différentes, vivaient dans les montagnes de la Cordillera, au nord de Luzon.
En gros, pour les Espagnols Igorots voulant dire ‘’ces païens qui n’ont jamais été conquis’’. 

Les Ybanags sont grands (selon les standards locaux), ont la peau claire, ils prennent attention à la propreté du corps et de l’environnement et ont un fort respect pour le travail.
Ce qui correspond à la description faite par les frères des Apayaos.
La maison ancestrale de la famille de Chop-Chop à tendance à ressembler à celles des Apayaos.

Les Ybanags et les Apayaos ont le culte de la porcelaine chinoise, un trésor que l’on doit montrer au voisinage.

Les rites funéraires sont les mêmes.
Les Apayaos fument les corps, les habillent de costumes traditionnels, les installent sur une chaise surélevée et ils restent ainsi des années, dans la famille, entre meubles, décoration et souvenirs.



Essayez d’imaginer.
Vous passez quelques jours dans la famille de votre tendre et douce et la première nuit, après avoir pas mal ingurgité de boissons inconnues, votre prostate se rappelle à votre bon souvenir.

Vous vous levez difficilement, heureusement la pleine lune vous permet de discerner votre chemin. Je dois aller dehors, où est la sortie, l’inverse de l’entrée ; par où suis-je entré ?

Et boom ! Vous vous heurtez à la grand-tante qui trône sur sa chaise surélevée. Un nuage passe devant la lune vous laissant dans un noir total.
Bon Dieu où est la tante ?

De plus elle n’est pas seule … il doit y avoir deux ou trois autres momies dans le coin.
Essayons de nous rappeler.

Heureusement le nuage est passé, une fenêtre ouverte vous permet d’échapper aux ancêtres, vous enjambez, ouf … dehors et vous allez pisser sous le plus proche manguier.

Erreur.
Alors qu’en pleine action, un Gecko se met à pousser la chansonnette. Bien que n’étant pas superstitieux, vous commencez à compter : attention moins de sept cris, pas bon, au dessus cela peut passer.

Le C.., il s’arrête à six, pas bon et … cela commence à piquer aux jambes.
Vous êtes en train de pisser sur un chemin de passage de fourmis rouges, celles que nous nommons ici ‘’Antik’’. 

Ay, ay, ay !
Oh,  Bon Dieu qu’elles font mal !
La douleur disparait plus rapidement que celle des moustiques, oui, mais elle est beaucoup plus virulente et intense.

Attention aux meubles, pardon aux ancêtres, en rentrant ; il ne s’agirait pas de casser en deux la grand-tante fumée.

Rassurez-vous, sauf à effectuer un retour dans le passé, vous avez peu de chance de cohabiter avec les ancêtres, ils vont maintenant dans le cimetière local, bien que je me sois laissé dire …


Le danger pour notre Kano, le mari de Chop-Chop, est que si cette dernière le trouve en pleine action de dressage d’une autre pouliche … il pourrait bien en perdre la tête, sa tête.
C’est inscrit dans les gênes et ce sera difficile à éradiquer.

L’histoire de la famille de Chop-Chop serait que cette dernière soit descendue des montagnes, il y a quelques siècles de cela, pour faire du commerce, chercher de l’or et qu’elle ne soit jamais retournée dans les montagnes.

De ce fait la femme de Tony serait un mélange de sang entre chasseurs de tètes et métis. Car sa grand-mère possédait des terres et à cette époque, seuls les métis étaient, avec les Espagnols, autorisés à posséder officiellement des terres.

Quand les Espagnols sont arrivés sur Luzon, aux environs de 1471, les parties basses de l’île ont été conquises plus ou moins rapidement.

En remontant au nord par la Cagayan vallée, l’on trouve deux zones montagneuses impénétrables : sur la gauche la Cordillera et sur la droite la Sierra Madre.
Les Espagnols vont mettre plus de cent ans pour prendre le contrôle de la Cagayan vallée, par contre les zones montagneuses ne seront jamais totalement pacifiées.

Les tribus des montagnes ne recevaient pas très bien les quelques soldats et prêtes envoyés par l’Espagne pour pacifier la région et faisaient de la résistance. À l'époque l'hospitalité locale laissait quelque peu à désirer.
Voir arriver des soldats en armures rouillées, des prêtes disant que leurs dieux devait maintenant être remplacés par Dieu et par Jésus-Christ et surtout qu’ils devaient payer des impôts … nos coupeurs de têtes ne sont pas entrés dans la combine et ont fait de la résistance.

A noter que, en ce qui concerne la moderne Apayao, les locaux y ont longuement résisté et la province n’a été conquise qu’à la fin du XIXème siècle.


Au début de la conquête les Espagnols vont utiliser diverses méthodes pour tenter de convertir les indigènes au Christianisme et également faire payer des taxes.

La force des armes tout d’abord, oui mais les mousquets avaient quelques petits problèmes sous les tropiques. La poudre et la forte humidité locale ne faisaient pas bon ménage.
Puis la corruption, du corps et de l’esprit.

Les moines et frères faisaient également quelques tours de magie pour impressionner les locaux et montrer leurs pouvoirs ‘’divins’’.

Mais la méthode qui s’est avérée la plus efficace était celle qui consistait à exploiter les conflits qui existaient entre tribus.

La société philippine de cette époque était basée sur de petits groupes de familles ancestrales qui vivaient dans des endroits reculés. Un ancien était le leader d’un petit groupe, des personnes qui avaient toutes des liens familiaux entre elles.
Ces groupes n’étaient pas toujours du genre tout le monde il est bon (sauf peut-être à manger), tout le monde il est gentil. Il y avait de petites gué-guerres, des vendettas, des alliances, des partenaires pour le commerce  et toutes sortes de conflits, comme ceux qui peuvent exister de nos jours.

Les Espagnols vont, par exemple, découvrir que la tribu A n’aime pas du tout la tribu B.
Donc ils vont offrir leur assistance à la tribu A dans sa guerre contre la tribu B, à la condition que les membres de la tribu A se convertissent au catholicisme
.
Une autre solution consistait à attiser les conflits entre tribus, de façon à ce que les Philippins se battent entre eux, évitant par là même une résistance unifiée et cela a parfaitement fonctionné.

Réfléchissez une minute : comment une puissance étrangère, avec quelques poignées de soldats et de religieux, a-t-elle été capable de conquérir un pays dans lequel se trouvaient des centaines de milliers de natifs, pour la plupart belliqueux ?



Ce qui s’est passé, c’est que quelques soldats, commandés par un conquistador ou un frère, dirigeaient une armée composée de natifs convertis, contre d’autres Philippins païens.    
Ou comment utiliser la foi dans un but de conversion.

L’autre solution consistait à couper quelques têtes, pour l’exemple, pour montrer le chemin, la voie de Dieu, ceci pour les plus récalcitrants.

En fait l’Espagne n’a jamais gagné d’argent avec cette colonie qu’étaient les Philippines.
Les écrits des moines décrivant les chasseurs de têtes, parlant d’histoires de cannibalisme, de gens qui se promenaient nus, d’histoires d’incestes et d’adultères, choquaient suffisamment la prude Espagne de l’époque. Celle-ci finançait sans difficulté la conversion au catholicisme de ces peuples, de ces natifs par trop éloignés de Dieu.

Maintenant, mettre ma tête à couper que la pratique du ‘’headhunter’’ a totalement disparue, je ne m’y risquerais pas.

Mais la question reste posée, ma tendre et douce a-t-elle du sang de chasseurs de têtes qui coule dans ses veines ? Je vais faire une petite enquête et ne manquerai pas de vous tenir informé de ce que je découvrirai.

Etes-vous marié avec une descendante de coupeurs de têtes ?

Quand je vous disais : « la Pinay nous fait perdre la tête ».


Expériences, avis, critiques et commentaires, comme d’habitude sont les bienvenus.


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              Est-elle celle qu’elle
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Enquêtes et Investigations
                   Aux Philippines

Saturday, June 30, 2012

J'AI ÉPOUSÉ ... UNE COUPEUSE DE TÊTES !


Une histoire à en perdre la tête


Les Philippines ont la réputation d’être le pays des coupeurs de têtes.

Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, sur Luzon ou Mindanao, il semblerait qu’ils ne pensaient qu’à cela, couper les têtes, une sorte de passe-temps en somme, leur passe-temps favori.
Certaines tribus avaient même mis au point des outils spéciaux afin de faciliter la tâche du découpage et du scalpe.

La question que je me pose, la question que nous pouvons tous nous poser, nous les foreigners, nous les ‘’Kanos’’ : sommes-nous mariés avec des descendants de ces coupeurs de têtes ?

Cette tradition, cette mauvaise habitude, surtout pour celui que l’on rétrécit, existe-t-elle encore de nos jours ?

Officiellement non !

Cette pratique aurait disparue dans les années 1970, mais allez savoir ce qui se passe au fin fond des forêts de la Cordillera tout au Nord, ou tout au Sud dans la jungle de Mindanao ?

En tout cas, il en reste des traces.
Les Abou Sayyaf décapitent  toujours un peu et il n’est pas rare d’entendre des histoires au sujet de têtes seules qui se baladent et que l’on retrouve ici et là.

Un employé, non contant de son employeur qui ne l’avait pas payé depuis trois mois, ne s’est-il pas présenté dans un poste de police de Tondo avec un sac plastique … contenant la tête de son employeur ? Il a été déclaré un peu simplet par les autorités, mais tout de même.

En ce qui concerne mon épouse, du côté paternel, pas trop de soucis à se faire, l’arrière grand-père était espagnol ; côté maternel je suis beaucoup plus inquiet ! Se pourrait-il qu’elle soit une descendante d’une de ces tribus qui collectionnaient les crânes comme d’autres collectionnent les perles ou les timbres ?

Je n’en mettrais pas ma tête à couper.

Tony, un Américain a une épouse dont le diminutif est ‘’chop-chop’’.
Pour ceux qui ne connaîtraient pas l’Asie, chop-chop veut dire couper en petit morceaux.

Découper un morceau de viande au couperet par exemple.
Vous achetez de la viande au marché et le boucher va vous demander : chop-chop ?

Il se pose également la question : du sang de coupeurs de têtes circule-t-il dans les veines de ma chère et tendre Chop-Chop ? Et il y a de grandes chances pour que cela soit vrai.

Bien que l’histoire de la famille laisse place à des zones d’ombres, elle est très certainement une descendante directe des Apayaos ou des Kalingas.
Deux groupes qui pratiquaient très activement la chasse aux têtes, au grand regret de nombreux frères espagnols qui en ont encore mal au cou.

Comment en est-il arrivé à cette conclusion ?
A cela plusieurs raisons, mais encore faut-il connaitre un peu d’histoire.

Ybanags, qui serait le groupe de tribus des ancêtres de ‘’Chop-Chop’’, se trouvent dans le même groupe linguistique que les Itawis, Gaddangs, Apayaos et Kalingas.

Les Espagnols leurs donnaient le nom d’Igorots et ils employaient le même nom pour  les Ifugaos, les Aetas, les Tinguinans et de nombreux autres groupes qui, bien que parlant des langues différentes, vivaient dans les montagnes de la Cordillera, au nord de Luzon.
En gros, pour les Espagnols Igorots voulant dire ‘’ces païens qui n’ont jamais été conquis’’. 

Les Ybanags sont grands (selon les standards locaux), ont la peau claire, ils prennent attention à la propreté du corps et de l’environnement et ont un fort respect pour le travail.
Ce qui correspond à la description faite par les frères des Apayaos.
La maison ancestrale de la famille de Chop-Chop à tendance à ressembler à celles des Apayaos.

Les Ybanags et Apayaos ont le culte de la porcelaine chinoise, un trésor que l’on doit montrer au voisinage.

Les rites funéraires sont les mêmes.
Les Apayaos fument les corps, les habillent de costumes traditionnels, les installent sur une chaise surélevée et ils restent ainsi des années, dans la famille, entre meubles, décoration et souvenirs.


Essayez d’imaginer.
Vous passez quelques jours dans la famille de votre tendre et douce et la première nuit, après avoir pas mal ingurgité de boissons inconnues, votre prostate se rappelle à votre bon souvenir.

Vous vous levez difficilement, heureusement la pleine lune vous permet de discerner votre chemin. Je dois aller dehors, où est la sortie, l’inverse de l’entrée ; par où suis-je entré ?

Et boom ! Vous vous heurtez à la grand-tante qui trône sur sa chaise surélevée. Un nuage passe devant la lune vous laissant dans un noir total.

Bon Dieu où est la tante ?

De plus elle n’est pas seule … il doit y avoir deux ou trois autres momies dans le coin.
Essayons de nous rappeler.

Heureusement le nuage est passé, une fenêtre ouverte vous permet d’échapper aux ancêtres, vous enjambez, ouf … dehors et vous allez pisser sous le plus proche manguier.

Erreur.
Alors qu’en pleine action, un Gecko se met à pousser la chansonnette. Bien que n’étant pas superstitieux, vous commencez à compter : attention moins de sept cris, pas bon, au dessus cela peut passer.

Le C.., il s’arrête à six, pas bon et … cela commence à piquer aux jambes.
Vous êtes en train de pisser sur un chemin de passage de fourmis rouges, celles que nous nommons ici ‘’Antik’’. 

Ay, ay, ay !
Oh,  Bon Dieu qu’elles font mal !
La douleur disparait plus rapidement que celle des moustiques, oui, mais elle est beaucoup plus virulente et intense.

Attention aux meubles, pardon aux ancêtres, en rentrant ; il ne s’agirait pas de casser en deux la grand-tante fumée.

Rassurez-vous, sauf à effectuer un retour dans le passé, vous avez peu de chance de cohabiter avec les ancêtres, ils vont maintenant dans le cimetière local, bien que je me sois laissé dire …

Le danger pour notre Kano, le mari de Chop-Chop, est que si cette dernière le trouve en pleine action de dressage d’une autre pouliche … il pourrait bien en perdre la tête, sa tête.
C’est inscrit dans les gênes et ce sera difficile à éradiquer.

L’histoire de la famille de Chop-Chop serait que cette dernière soit descendue des montagnes, il y a quelques siècles de cela, pour faire du commerce, chercher de l’or et qu’elle ne soit jamais retournée dans les montagnes.

De ce fait la femme de Tony serait un mélange de sang entre chasseurs de tètes et métis. Car sa grand-mère possédait des terres et à cette époque, seuls les métis étaient, avec les Espagnols, autorisés à posséder officiellement des terres.

Quand les Espagnols sont arrivés sur Luzon, aux environs de 1471, les parties basses de l’île ont été conquises plus ou moins rapidement.

En remontant au nord par la Cagayan vallée, l’on trouve deux zones montagneuses impénétrables : sur la gauche la Cordillera et sur la droite la Sierra Madre.
Les Espagnols vont mettre plus de cent ans pour prendre le contrôle de la Cagayan vallée, par contre les zones montagneuses ne seront jamais totalement pacifiées.

Les tribus des montagnes ne recevaient pas très bien les quelques soldats et prêtes envoyés par l’Espagne pour pacifier la région et faisaient de la résistance.
Voir arriver des soldats en armures rouillées, des prêtes disant que leurs dieux devait maintenant être remplacés par Dieu et par Jésus-Christ et surtout qu’ils devaient payer des impôts … nos coupeurs de têtes ne sont pas entrés dans la combine et ont fait de la résistance.

A noter que, en ce qui concerne la moderne Apayao, les gens ont résisté et la province n’a été conquise qu’à la fin du XIXème siècle.

Au début de la conquête les Espagnols vont utiliser diverses méthodes pour tenter de convertir les indigènes au Christianisme et également faire payer des taxes.

La force des armes tout d’abord, oui mais les mousquets avaient quelques petits problèmes sous les tropiques. La poudre et la forte humidité locale ne faisaient pas bon ménage.


Puis la corruption, du corps et de l’esprit.

Les moines et frères faisaient également quelques tours de magie pour impressionner les locaux et montrer leurs pouvoirs ‘’divins’’.

Mais la méthode qui s’est avérée la plus efficace était celle qui consistait à exploiter les conflits qui existaient entre tribus.

La société philippine de cette époque était basée sur de petits groupes de familles ancestrales qui vivaient dans des endroits reculés. Un ancien était le leader d’un petit groupe, des personnes qui avaient toutes des liens familiaux entre elles.

Ces groupes n’étaient pas toujours du genre tout le monde il est bon (sauf peut-être à manger), tout le monde il est gentil. Il y avait de petites gué-guerres, des vendettas, des alliances, des partenaires pour le commerce  et toutes sortes de conflits, comme ceux qui peuvent exister de nos jours.

Les Espagnols vont, par exemple, découvrir que la tribu A n’aime pas du tout la tribu B.
Donc ils vont offrir leur assistance à la tribu A dans sa guerre contre la tribu B, à la condition que les membres de la tribu A se convertissent au catholicisme
.
Une autre solution consistait à attiser les conflits entre tribus, de façon à ce que les Philippins se battent entre eux, évitant par là même une résistance unifiée et cela a parfaitement fonctionné.

Réfléchissez une minute : comment une puissance étrangère, avec quelques poignées de soldats et de religieux, a-t-elle été capable de conquérir un pays dans lequel se trouvaient des centaines de milliers de natifs, pour la plupart belliqueux ?

Ce qui s’est passé, c’est que quelques soldats, commandés par un conquistador ou un frère, dirigeaient une armée composée de natifs convertis, contre d’autres Philippins païens.   

  
Ou comment utiliser la foi dans un but de conversion.

L’autre solution consistait à couper quelques têtes, pour l’exemple, pour montrer le chemin, la voie de Dieu, ceci pour les plus récalcitrants.

En fait l’Espagne n’a jamais gagné d’argent avec cette colonie qu’étaient les Philippines.
Les écrits des moines décrivant les chasseurs de têtes, parlant d’histoires de cannibalisme, de gens qui se promenaient nus, d’histoires d’incestes et d’adultères, choquaient suffisamment la prude Espagne de l’époque. Celle-ci finançait sans difficulté la conversion au catholicisme de ces peuples, de ces natifs par trop éloignés de Dieu.

Maintenant, mettre ma tête à couper que la pratique du ‘’headhunter’’ a totalement disparue, je ne m’y risquerais pas.

Mais la question reste posée, ma tendre et douce a-t-elle du sang de chasseurs de têtes qui coule dans ses veines ? Je vais faire une petite enquête et ne manquerai pas de vous tenir informé de ce que je découvrirai.

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Friday, January 21, 2011

KALINGA … LEGENDE (1)



Kalinga désigne un ensemble de tribus, plus ou moins apparentées les unes aux autres et qui vivent dans la partie extrême nord ouest de la grande île de Luzon.
Cette partie du pays est composée de montagnes dont l’altitude varie entre 1.000 et 2.500 mètres. Peu ou pas de routes, des vallées encaissées, des cours d’eau impétueux, pas de ponts, tout cela fait que cette partie nord de la ‘’Cordillera Centrale Mountains’’ est d’un accès extrêmement difficile.


L’on croit savoir que le nom ‘’Kalingga’’, avec deux g, est dérivé de l’Ibanag ‘’Kalinga’’ et du mot Gaddang ‘’Kalinga’’, tous deux ayant la même signification … Coupeurs de têtes ! Oui, nous sommes en plein dans une des régions des coupeurs de têtes philippins.
Le nom a été donné à ces tribus par le colonisateur espagnol et repris par les Américains.


Oh, de nos jours ils ne coupent plus les têtes … bien que !

Mais cela se pratiquait encore du temps de la colonisation américaine, des cas plus isolés ont été relevés du temps de la dictature de Marcos (1973-1986) et de nos jours … peut-être … en reste-t-il quelque chose.
Selon le bodong-holding groups or ili, le terme Kalinga regroupe les Tinglayans, les Lubuagans, les Tanudans, les Pasils, les Balbalans, les Pinukpuks et les Tabuks.
Trois grands groupes de tribus habitent dans la région de la Cordillera Centrale Mountains : les Kalingas, les Gaddangs et les Ifugaos.

Tous sont d’anciens (?) coupeurs de têtes et tous sont extrêmement superstitieux.
Les esprits sont responsables de tous les maux de la terre ; des maladies, des mauvaises récoltes, de la mauvaise fortune, de la mort …|
Toutes leurs cérémonies, qui font appel au surnaturel, requièrent l’intervention d’un médium, sorcier ou chaman.

Pour les Kalingas, le groupe de tribus situé le plus au nord, le chant représente une part importante de la culture. Ils ont de très nombreuses chansons comme le Salidummay, le Dong-dong-ay, le Oggoyam, le Ading, le Wasani, le Paliwat, le Owawi, le Dandanag …


Ces différentes tribus vivaient à l’origine près des côtes. Sous la pression des pirates chinois, des pirates islamistes puis des Espagnols et des Américains, ils se sont peu à peu enfoncés dans l’intérieur, dans les régions inaccessibles de la Cordillera Centrale. Là, ils se livraient à de joyeuses guerres tribales entre coupeurs de têtes.


Légende Kalinga, la beauté endormie

En ces temps troublés, les tribus n’étaient pas en bons termes et les guerres tribales étaient fréquentes.
Dans le village de Tinglayan vivait un jeune homme nommé Banna. Il était d’une vigueur extraordinaire, d’un charme inusuel et les gens du village le prirent pour chef’. C’était également un excellent chanteur de ‘’Ullalim’’, un chant local très prisé des villageois.

Un jour Banna réalisa son besoin d’une compagne, quelqu’un avec qui partager sa vie. Il se mit à la recherche d’une jeune fille qui pourrait devenir sa femme, mais aucune de son village ne l’attirait, celles qui auraient pu étant déjà engagées.

Il décida dons de faire l’ascension du Mont Patukan, une montagne située à l’est de Tinglayan et de se rendre au ‘’sitio’’ de Dalacan, sur Tanudan à la recherche d’une compagne.

Alors qu’il faisait encore jour, il s’arrêta pour se reposer sous un gros arbre, à une distance telle du village que nul ne pouvait le voir. Ceci du fait que sa présence aurait pu causer quelque frayeur dans ces temps troublés.
Quand la nuit fut venue, doucement Banna se rapprocha du village à la recherche d’un endroit propice pour observer.
Après quelques instants d’observation, il entendit une douce et mélodieuse voix féminine chantant le Ullalim. Attiré par la voix il se rapprocha de la hutte d’où semblait parvenir cette merveille. Regardant par un interstice dans le mur de bambou, il vit la plus plus belle jeune fille que ses yeux aient jamais regardé. De longs cheveux noirs ondulés, des yeux en amandes, pétillants et une voix qui devenait de plus en plus douce, sucrée, suave, au fur et à mesure qu’il se rapprochait de l’endroit où se trouvait la beauté.
Banna était comme tétanisé … captivé par la voix.

Les feuilles des arbres tout autour de lui semblaient danser à l’unisson des vocalises de la jeune femme.
Il savait qu’il serait extrêmement dangereux pour lui de révéler sa présence au milieu du village, mais son désir brulant de rencontrer la jeune fille était plus fort que son sens de survie.

Il cogna doucement contre le mur de ‘’Sawali’’ (fait de bambou) de la hutte.

‘’Anna tago’’, il y a quelqu’un ici ?
‘’Umma sanat’’, qui est-ce ?, le chant avait stoppé, mais les mots étaient les sons les plus attirants que Banna ait entendu.
‘’Je suis Banna’’ de Tinglayan.
Il entendit des bruits de mouvements désordonnés à l’intérieur de la maison et une voix mâle se fit entendre :
‘’Que voulez-vous’’ ?
Les natifs sont très protecteurs en ce qui concerne les femmes et les propriétés et Banna savait qu’il pourrait être tué pour son audace.
‘’Je ne viens pas en ennemi, je viens en paix. Je souhaiterai simplement rencontrer la dame qui chante si bien le Ullalim avec passion.’’

La famille, nerveuse à l’idée de laisser entrer un étranger de plus de nuit, lui demanda de retourner chez lui. Mais Banna insistait gentiment et refusait de s’en aller.

Dongdongan, le père de la jeune fille, entrouvrit doucement la porte et vit un jeune homme avenant qui se tenait, debout tel une sentinelle, sur le devant de la porte.
Il réitéra sa demande de voir Banna retourner d’où il venait, mais l’attitude de ce dernier indiquait clairement qu’il ne bougerait pas de l’endroit où il se trouvait.
Se fiant à son instinct Dongdongan le laissa entrer.
‘’Je suis Banna du village de Tinglayan’’

Une fois dans la maison, comme le veut la tradition, Dongdongan offrit à Banna un bol d’eau. C’est une très ancienne tradition qui veut qu’une fois qu’un étranger est accepté dans une maison, cela implique qu’il sera protégé et en sécurité dans la maison de la famille de l’hôte.

C’est un symbole, un code non écrit, l’on donne de l’eau à boire à un étranger qui est accepté dans la maison. Si un étranger ne se voit pas offrir une boisson, cela démontre qu’il y a hostilité. Cela pouvait dégénérer en un combat à mort si l’étranger ne se retirait pas immédiatement. C’est une coutume qui est toujours en pratique de nos jours. Souvenez-vous de certains de mes postes dans lesquels je vous fais part de ma surprise, lorsque mon épouse, systématiquement offre une boisson, même à des gens de passage, des inconnus. A manger si nous sommes à table.

Mais rassurez-vous, à l’inverse nous n’avons nullement l’intention d’engager un combat à mort, même s’il peut y avoir quelque hostilité à l’encontre du visiteur.


Le rituel se poursuivit avec offrande à Banna du ‘’buyo’’, une poudre suave qui quand elle est mâchée avec certaines feuilles colore la salive en rouge. Cette concoction est s’appelle ‘’moma’’. Cette pratique existe toujours et est plus connue sous le nom de noix de bétel, (bua) avec une pincée de feuilles apog (lime).
La saveur d’une feuille d’arbre, c’est également épicé, cela chauffe, cela devient amère avec un gout plaisant de menthe.

Ullalim étant la raison officielle de la visite, ils se mirent à chanter. Banna aussi avait une forte et masculine voix et il apparaissait qu’il savait chanter.

En chantant son Ullalim Banna révéla la véritable raison de sa visite, sa recherche d’une épouse. Dongdongan lui présenta officiellement sa fille, Edonsan, qui rapidement accepta de prendre la main de Banna.

Banna. à ce moment-là fit sa demande à Edonsan qui en retour accepta la proposition.

Il y eut soudainement un débordement d’activité, tous les gens du village furent conviés à un meeting immédiatement suivi d’un ‘’canao’’ (festivité avec chants et danses). Banna et Edonsan dansèrent le ‘’salidsid’’ au rythme des gongs. Quelquefois nommée la danse cayoo. L’interprétation de cette danse est des plus simples. L’homme simule un coq qui essaye d’attirer l’attention d’une poule, tandis que la femme imite les mouvements d’une poule approchée par un coq.

La communauté du village dansa le ‘’tadok’’, la danse pour tous.
La cérémonie dura tout le jour, tout le monde était présent. Pas un seul des villageois ne s’était rendu aux champs à la pêche ou à la chasse comme ils le faisaient tous habituellement. Les gens du village furent les témoins de cet échange de vœux entre les deux jeunes gens. Pas de prêtre pour officier, pas de juge, aucun document officiel ne fût signé, mais les vœux seraient gardés et seraient considérés comme sacrés par tous dans le village.

La tradition veut que le nouvel époux séjourne sept jours dans la famille de la mariée, ceci afin de prouver sa sincérité et la pureté de ses intentions, avant de pouvoir l’emmener dans son propre village.
Banna et Edonsan passèrent leur lune de miel sur les flancs de la montagne Patokan, à cueillir des goyaves et des fraises sauvages, à faire l’amour et à se rendre à la rivière pour attraper des poissons pour le souper.
Chaque jour, durant les sept jours de la présence de Banna au village, en soirée, Edonsan amena Banna dans les maisons des autres membres de sa famille.
Ceci est censé porter chance et bonheur aux jeunes époux, l’accord et la bénédiction des autres membres de la famille sont vitaux pour le bonheur du couple.

A la fin du septième jour, le jeune couple se prépara pour rejoindre le village de Banna où ils allaient établir leur résidence.
Les parents d’Edonsan et les gens du village préparèrent des gâteaux locaux et offrirent du tabac, leurs cadeaux de mariage au couple juste marié.

A l’aube, les gens du village, tous présents, vinrent les saluer avant leur départ.
Ils quittèrent le village enlacés et dans la joie.
Le chemin était parsemé de fruits de goyave et de fraises et ils en avaient de pleines mains quand ils atteignirent le sommet du Patokan. Il leur avait tout de même fallu plus de huit heures pour atteindre le sommet.


Comme ils atteignaient le sommet, ils entendirent des bruits inhabituels qui semblaient provenir du village de Banna, quelques kilomètres en dessous d’eux.
Banna eut la prémonition qu’il s’agissait de quelque chose de dangereux, aussi demanda-t-il à Edonsan de se cacher et d’attendre son retour.

Il descendit rapidement le flanc de la montagne, se dirigeant aussi vite qu’il le pouvait en direction de son village, pressé de connaître la cause de ce tumulte.
Il courut tout au long du chemin. A peine avait-il été aperçu par les gens de son village qu’une clameur monta dans les airs, accueillant son arrivée. Il fut rapidement informé de la situation ; son village était attaqué et avait grand besoin de son chef pour repousser les assaillants.

La sanglante bataille opposant deux féroces tribus guerrières dura des heures, les lances et les bolos (le coupe-coupe local) se heurtaient les uns contre les autres dans un bruit de métal contre métal qui se mêlait aux cris des blessés et aux râles des mourants. De plus en plus de corps ensanglantés jonchaient les espaces entre les huttes de nipa.

Le grand nombre des assaillants peu à peu affaiblit les troupes de Banna. Un à un ses hommes tombaient ensanglantés sur le sol. Il ne m’est pas possible de retourner pour voir Edonsan, ma présence ici est indispensable, pensa-t-il au cœur de la mêlée. Je dois rester et combattre jusqu’au dernier souffle. Comment faire pour la prévenir et l’empêcher de venir ici ?

Il donna instruction à un de ses hommes de courir et d’aller prévenir Edonsan, mais celui-ci n’alla pas très loin. Lui et Banna furent blessés simultanément et tombèrent au sol. Banna mourut la lance à la main et sa dernière vision fut le doux visage d’Edonsan.

De son côté Edonsan attendait. Elle attendait et attendait. Mais personne ne venait, pas de Banna pour l’amener à la maison. Elle se sentait faible, fatiguée et désespérée, le cœur désemparé. Elle n’avait plus aucun désire de vivre … sans son Banna.

Quand il fut évident que Banna ne viendrait plus pour la chercher, elle se laissa glisser sur l’herbe de la forêt qui faisait comme un matelas et tomba en pleurs incontrôlés. Les larmes inondèrent ses joues et comme elle devenait de plus en plus faible, les larmes abondèrent de plus en plus copieusement.

La nuit vint et Banna n’était toujours pas de retour … et Edonsan se trouvait maintenant dans un état de fatigue extrême, fragile, faible et exhausse. Sa respiration doucement se transforma en un tout petit filet d’air passant entre ses lèvres, un petit souffle de vie … jusqu’à ce que, fermant les yeux, elle rendit le dernier soupir.
A cet instant, là où son corps s’était allongé pour se reposer, à cet endroit précis, jaillirent deux chutes d’eaux, deux cascades que l’on suppose être les larmes d’Edonsan.


Si vous passez à Tinglayan, vous pourrez facilement apercevoir, à distance, le corps magnifique d’une jeune femme moulé dans la montagne … le corps d’Edonsan.

Ceci est la légende, tout du moins ma (petite) version, de la légende de la ‘’beauté qui dort’’, une légende du peuple Kalinga qui se transmet oralement de générations en générations au nord de la Cordillera.
Comme l’histoire se transmet oralement, des ajouts ou des omissions sont faits par chaque génération, mais ce qui est certain maintenant, c’est que l’amour de Banna et d’Edonsan ne sera jamais oublié.


Expériences, avis, critiques et commentaires, comme d’habitude sont les bienvenus.

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