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Tuesday, October 2, 2012

AU SON DU CANON ... À EAU !


Oui, au son du canon à eau aujourd'hui et demain ?

Crise entre la Chine et le Japon ? 
Je n'en suis pas certain.

Vous n’êtes pas sans avoir entendu parler du conflit qui oppose Chinois et Japonais au sujet d’îles qui se situent entre Taïwan et le Japon. En fait les îles, que les Chinois appellent Diaoyu et que les Japonais nomment Senkaku, sont beaucoup plus proches de Taïwan, tout juste une centaine de kilomètres.

Juridiquement il semblerait que ces îles appartiennent au Japon, historiquement c’est peut-être une autre histoire.


Les Chinois ont envoyé des bateaux de surveillance maritime et des navires de l’administration des pêches dans ce qui est considéré comme étant des eaux territoriales japonaises. 

Ces navires sont néanmoins tous armés et les navires de guerre ne sont pas très loin.

Le Japon y maintient une flottille de Gardes-côtes et ils se font la gué-guerre à coup de canons à eau.

Là-dessus, Taïwan qui revendique également la possession de ces îles, y a envoyé plusieurs dizaines de bateaux de pêche et des navires de Gardes-côtes.

Le passage du typhon Jelawat a sûrement perturbé tout ce beau monde, avec des vagues de plus de dix mètres et des trombes d’eau qui s’abattent sur les bateaux, plus besoin de canons à eau.

Violentes manifestations antijaponaises autorisées sinon encouragées par le Parti Communiste Chinois (tout du moins une faction), boycott des produits nippons … la guerre devient économique.

Par mesure de rétorsion le Japon, premier investisseur en Chine, menace, par l’intermédiaire de ses entreprises, ce n’est pas une décision gouvernementale, de délocaliser ses usines en Birmanie et aux Philippines.

Les violences et les manifestations antijaponaises se sont calmées, les efforts semblent maintenant se porter sur le terrain diplomatique.


Selon l’agence de presse officielle Xinhua (Chine Nouvelle), la nationalisation des îles Diaoyu (Senkaku) par le gouvernement japonais a provoqué une forte réaction de la part du peuple chinois.

Le 40ème anniversaire de la normalisation des relations diplomatiques ne sera pas célébré.

C’est la première fois que sont annulées des célébrations de normalisation des relations diplomatiques sino-japonaises. Célébrations qui ont lieu depuis dix ans. Ce qui montre que le degré de détérioration a atteint un niveau jamais vu jusque là.

L’on pourrait simplement penser à une volonté expansionniste de la Chine, comme cela l’a été pour les Paracels, le Scarborough Schoal, le Reed Reef et les Spratlys, mais à mon avis cela serait par trop simpliste.

Peut-être faut-il aller chercher l’explication un peu plus en profondeur, un peu plus dans les affaires intérieures de la Chine.

Bien qu’ayant toujours poussé la propagande ‘’antijaponaise’’ et le nationalisme, la réaction du Parti Communiste Chinois (PCC) est cette fois-ci différente.

L’on a un peu trop tendance, vu de l’extérieur, à considérer le peuple chinois uni comme un seul homme derrière le PCC et le PCC comme un bloc soudé. 

Cela ne semble pas être tout à fait le cas.

Xia Xiaoqiang, qui est un commentateur politique nous dit :
«Cette farce antijaponaise est différente de tout ce qui a précédé, parce qu’après le 18ème  Congrès National du PCC, la force survivante de la faction de Jiang Zemin, Zhou Yongkang sera liquidée. Le PCC espère utiliser l’incident des îles Daoyu pour semer le trouble et créer le chaos, afin de retenir sans-à-coup Xi Jinping et étendre le pouvoir de Zhou Yongkang. C’est la raison pour laquelle les manifestations antijaponaises ont émergé dans des centaines de villes à travers la Chine voici quelques jours. »

Le 23 septembre, le Japan’s Daily News a couvert l’annulation des célébrations, en disant que les autorités de Pékin essayaient de renforcer un peu le tumulte antijaponais. En même temps le PCC maintenait une position dure envers le Japon, ceci afin de se soustraire aux reproches qui pourraient lui être fait s’il se montrait trop faible.

Samedi 22 et dimanche 23 septembre, les plus grandes villes de Chine n’ont pas connu plus de manifestations  antijaponaises de grande envergure.  

Pour l’Apple Daily, un journal de Hong  Kong, les autorités ont cessé de pousser les gens à manifester dans les rues, même les ‘’manifestations patriotiques spontanées’’ étaient sous contrôle.

Si le PCC s’était montré intransigeant en réprimant  les manifestations antijaponaises, il n’est pas difficile d’imaginer que la vague de sentiment ‘’anti-PCC’’ qui serait apparue, aurait atteint un niveau au moins équivalent au tumulte antijaponais.


Je cite à nouveau Xia Xiaoqiang :
« Annuler la commémoration de 40 ans de relations diplomatiques sino-japonaises vise à éliminer la pression intérieure et à montrer une attitude ferme envers le Japon, ceci pour apaiser la population chinoise. Mais ce qui préoccupe avant tout le PCC c’est la transition vers la succession de leadership au 18ème congrès National et le soi-disant ‘’maintien de la stabilité’’ représente pour lui une question clé. »

Je pense que les moyens diplomatiques employés envers le Japon ne sont qu’un geste et ne déboucheront pas sur une action substantielle, si ce n’est de maintenir temporairement le statuquo en Chine.

Xi Jiping montre une position dure sur la question des îles Diaoyu qui contraste avec sa position sur la mer de Chine du Sud (Méridionale), rebaptisée Mer de l’Ouest des Philippines. 

Le 21 septembre dernier il a assisté à la cérémonie d’ouverture du Forum de libre-échange de l’ASEAN et a souligné le développement des relations bilatérales Sino-Philippines, sans toutefois faire mention du conflit qui les oppose  dans la Mer de Chine Méridionale. Le même jour, le décret présidentiel des Philippines a annoncé que le gouvernement Philippin allait publier des cartes indiquant la ‘’Mer de l’Ouest des Philippines’’, le long de la côte Ouest philippine.

Les spéculations passionnées entourant les événements des îles Diaoyu contrastent vivement avec la froideur entourant la question de la Mer de Chine du Sud.


Le chercheur spécialiste des problèmes sociaux, Zhang Jian, basé aux Etats-Unis, souligne que cela reflète l’attitude de la Chine communiste sur la question territoriale.  
   
Zhang Jian, spécialiste des problèmes sociaux : 
« C’est le Parti communiste. Quand il veut vendre, Vladivostok est vendu et le PCC ne laissera jamais les Chinois le savoir. Il maintient le contrôle de toutes sortes de façons. Mais il ne ramènera pas les îles Diaoyu envers lesquelles on peut dire que le PCC devrait être reconnaissant, car ces îles sont le plus puissant outil leur permettant de résoudre leur crise intérieure. »

D’après Zhang, le PCC a commencé à empêcher les Chinois de "défendre" la mère patrie ; même les partisans ne pourront pas continuer à faire entendre leur voix au sein du pays.

Zhang Jian, spécialiste des problèmes sociaux :
« En tant que chinois, vous devriez savoir combien de gens sont sur votre territoire, combien de territoires saints ont été violés et comment, vous ne pouvez pas faire le moindre bruit. En défendant les îles Diaoyu, vous devriez vous demander avant tout, si vos droits humains, vos droits d’expression et vos droits à survivre ont été suffisamment protégés ? Si la Chine pouvait offrir suffisamment de ces protections, la Chine se tiendrait alors sur une ligne de départ aux côtés des autres pays démocratiques. »

Les médias étrangers soulignent que la Chine actuellement veut parvenir au condominium sino-japonais des îles Diaoyu. Cependant, comme le rapporte the Epoch Times, Zhen Jiwen, expert des problèmes de l’Asie à Taiwan pense qu’établir un " condominium sino-japonais " ne sera vraisemblablement pas une décision prise par les Communistes chinois, car le PCC se prépare entièrement pour le 18ème Congrès national.

Condominium : un territoire administré par deux ou plus pays.

Zheng Jiwen pense qu’avant que le nouveau gouvernement ne soit déterminé, le PCC ne prendra vraisemblablement aucune décision sur des questions majeures.


Le ministre des Affaires étrangères du Japon, Koichiro Genba a demandé une rencontre avec son homologue chinois, Yang Jiechi, lors des récentes réunions de l'ONU, pour lui souligner que les îles Diaoyu sont le territoire inhérent du Japon. Il exhorte la Chine de cesser les manifestations antijaponaises et d'arrêter l'invasion des eaux territoriales japonaises.

Yang Jiechi a indiqué que le Japon était coupable d'avoir " violé gravement " la souveraineté territoriale de la Chine en se procurant les îles disputées. Selon lui, les îles Diaoyu leur reviennent de droit depuis l'antiquité et font partie intégrante du territoire chinois. Il a déclaré que la Chine continuerait de prendre les mesures qui s'imposent pour protéger sa souveraineté. 

Lu Gengsong, un défenseur de la démocratie de la province du Zhejiang estime que le PCC ne peut pas s'endurcir sur la question des îles Diaoyu.

Lu Gengsong, écrivain défenseur de la démocratie,  province du Zhejiang  : 
« Ce ne sont que des paroles en l'air. Quand il s'agit des enjeux internationaux, fondamentalement, ils agissent toujours comme ça. C'est juste pour se défouler. En fait, le PCC n'est qu'un tigre de papier, parce qu'il a beaucoup trop de soucis à l'intérieur et à l'extérieur. Pour le moment, il a besoin de se concentrer sur la consolidation de son régime. Si la Chine durcit un peu plus envers les Japonais, et qu'elle a peu de soutien interne pour sa domination, alors si quelque chose arrive vraiment, ça va menacer son pouvoir. »

Zhao Changqing, professeur d'histoire et militant politique du Shaanxi affirme que selon lui le PCC est responsable de la perte des îles Diaoyu. 

Zhao Changqing, militant politique,  Shaanxi  : 
« Mao Zedong avait déclaré publiquement que le PCC ne serait pas devenu fort, sans l'invasion des Japonais. En raison de sa position sur la question des îles Diaoyu, ses disciples, de Deng Xiaoping à Jiang Zemin jusqu'à Hu Jintao, tous, ont gardé le silence sur cette question, ce qui a entraîné de graves conséquences aujourd'hui. »

Selon Zhao, ces dernières années, le PCC a commencé à déclarer la souveraineté sur les îles Diaoyu, non pas parce que la Chine s'intéressait tout d'un coup à ce territoire, mais plutôt parce que les campagnes à Hong Kong et à Taïwan pour protéger les îles Diaoyu influençaient la Chine continentale.

Nous sommes loin de simples revendications territoriales.
Avec les Chinois il faut toujours aller voir ce qui se trouve, ou peut se trouver, de l’autre côté de la grande muraille.

Donc, pour résumer l’on peut supposer que le peuple chinois n’est pas réellement satisfait de ses dirigeants et que le PCC est sérieusement divisé, écartelé entre au moins deux factions qui s’opposent.

La tension est descendue d’un cran en ce qui concerne le conflit Sino-philippin, surtout du fait des concessions faites par les Philippines.

D’un autre côté  la présence américaine se fait moins sentir, tout du moins elle est moins visible, elle se fait plus discrète.  




À tous et à toutes je souhaite un excellent dimanche.



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Saturday, June 30, 2012

J'AI ÉPOUSÉ ... UNE COUPEUSE DE TÊTES !


Une histoire à en perdre la tête


Les Philippines ont la réputation d’être le pays des coupeurs de têtes.

Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, sur Luzon ou Mindanao, il semblerait qu’ils ne pensaient qu’à cela, couper les têtes, une sorte de passe-temps en somme, leur passe-temps favori.
Certaines tribus avaient même mis au point des outils spéciaux afin de faciliter la tâche du découpage et du scalpe.

La question que je me pose, la question que nous pouvons tous nous poser, nous les foreigners, nous les ‘’Kanos’’ : sommes-nous mariés avec des descendants de ces coupeurs de têtes ?

Cette tradition, cette mauvaise habitude, surtout pour celui que l’on rétrécit, existe-t-elle encore de nos jours ?

Officiellement non !

Cette pratique aurait disparue dans les années 1970, mais allez savoir ce qui se passe au fin fond des forêts de la Cordillera tout au Nord, ou tout au Sud dans la jungle de Mindanao ?

En tout cas, il en reste des traces.
Les Abou Sayyaf décapitent  toujours un peu et il n’est pas rare d’entendre des histoires au sujet de têtes seules qui se baladent et que l’on retrouve ici et là.

Un employé, non contant de son employeur qui ne l’avait pas payé depuis trois mois, ne s’est-il pas présenté dans un poste de police de Tondo avec un sac plastique … contenant la tête de son employeur ? Il a été déclaré un peu simplet par les autorités, mais tout de même.

En ce qui concerne mon épouse, du côté paternel, pas trop de soucis à se faire, l’arrière grand-père était espagnol ; côté maternel je suis beaucoup plus inquiet ! Se pourrait-il qu’elle soit une descendante d’une de ces tribus qui collectionnaient les crânes comme d’autres collectionnent les perles ou les timbres ?

Je n’en mettrais pas ma tête à couper.

Tony, un Américain a une épouse dont le diminutif est ‘’chop-chop’’.
Pour ceux qui ne connaîtraient pas l’Asie, chop-chop veut dire couper en petit morceaux.

Découper un morceau de viande au couperet par exemple.
Vous achetez de la viande au marché et le boucher va vous demander : chop-chop ?

Il se pose également la question : du sang de coupeurs de têtes circule-t-il dans les veines de ma chère et tendre Chop-Chop ? Et il y a de grandes chances pour que cela soit vrai.

Bien que l’histoire de la famille laisse place à des zones d’ombres, elle est très certainement une descendante directe des Apayaos ou des Kalingas.
Deux groupes qui pratiquaient très activement la chasse aux têtes, au grand regret de nombreux frères espagnols qui en ont encore mal au cou.

Comment en est-il arrivé à cette conclusion ?
A cela plusieurs raisons, mais encore faut-il connaitre un peu d’histoire.

Ybanags, qui serait le groupe de tribus des ancêtres de ‘’Chop-Chop’’, se trouvent dans le même groupe linguistique que les Itawis, Gaddangs, Apayaos et Kalingas.

Les Espagnols leurs donnaient le nom d’Igorots et ils employaient le même nom pour  les Ifugaos, les Aetas, les Tinguinans et de nombreux autres groupes qui, bien que parlant des langues différentes, vivaient dans les montagnes de la Cordillera, au nord de Luzon.
En gros, pour les Espagnols Igorots voulant dire ‘’ces païens qui n’ont jamais été conquis’’. 

Les Ybanags sont grands (selon les standards locaux), ont la peau claire, ils prennent attention à la propreté du corps et de l’environnement et ont un fort respect pour le travail.
Ce qui correspond à la description faite par les frères des Apayaos.
La maison ancestrale de la famille de Chop-Chop à tendance à ressembler à celles des Apayaos.

Les Ybanags et Apayaos ont le culte de la porcelaine chinoise, un trésor que l’on doit montrer au voisinage.

Les rites funéraires sont les mêmes.
Les Apayaos fument les corps, les habillent de costumes traditionnels, les installent sur une chaise surélevée et ils restent ainsi des années, dans la famille, entre meubles, décoration et souvenirs.


Essayez d’imaginer.
Vous passez quelques jours dans la famille de votre tendre et douce et la première nuit, après avoir pas mal ingurgité de boissons inconnues, votre prostate se rappelle à votre bon souvenir.

Vous vous levez difficilement, heureusement la pleine lune vous permet de discerner votre chemin. Je dois aller dehors, où est la sortie, l’inverse de l’entrée ; par où suis-je entré ?

Et boom ! Vous vous heurtez à la grand-tante qui trône sur sa chaise surélevée. Un nuage passe devant la lune vous laissant dans un noir total.

Bon Dieu où est la tante ?

De plus elle n’est pas seule … il doit y avoir deux ou trois autres momies dans le coin.
Essayons de nous rappeler.

Heureusement le nuage est passé, une fenêtre ouverte vous permet d’échapper aux ancêtres, vous enjambez, ouf … dehors et vous allez pisser sous le plus proche manguier.

Erreur.
Alors qu’en pleine action, un Gecko se met à pousser la chansonnette. Bien que n’étant pas superstitieux, vous commencez à compter : attention moins de sept cris, pas bon, au dessus cela peut passer.

Le C.., il s’arrête à six, pas bon et … cela commence à piquer aux jambes.
Vous êtes en train de pisser sur un chemin de passage de fourmis rouges, celles que nous nommons ici ‘’Antik’’. 

Ay, ay, ay !
Oh,  Bon Dieu qu’elles font mal !
La douleur disparait plus rapidement que celle des moustiques, oui, mais elle est beaucoup plus virulente et intense.

Attention aux meubles, pardon aux ancêtres, en rentrant ; il ne s’agirait pas de casser en deux la grand-tante fumée.

Rassurez-vous, sauf à effectuer un retour dans le passé, vous avez peu de chance de cohabiter avec les ancêtres, ils vont maintenant dans le cimetière local, bien que je me sois laissé dire …

Le danger pour notre Kano, le mari de Chop-Chop, est que si cette dernière le trouve en pleine action de dressage d’une autre pouliche … il pourrait bien en perdre la tête, sa tête.
C’est inscrit dans les gênes et ce sera difficile à éradiquer.

L’histoire de la famille de Chop-Chop serait que cette dernière soit descendue des montagnes, il y a quelques siècles de cela, pour faire du commerce, chercher de l’or et qu’elle ne soit jamais retournée dans les montagnes.

De ce fait la femme de Tony serait un mélange de sang entre chasseurs de tètes et métis. Car sa grand-mère possédait des terres et à cette époque, seuls les métis étaient, avec les Espagnols, autorisés à posséder officiellement des terres.

Quand les Espagnols sont arrivés sur Luzon, aux environs de 1471, les parties basses de l’île ont été conquises plus ou moins rapidement.

En remontant au nord par la Cagayan vallée, l’on trouve deux zones montagneuses impénétrables : sur la gauche la Cordillera et sur la droite la Sierra Madre.
Les Espagnols vont mettre plus de cent ans pour prendre le contrôle de la Cagayan vallée, par contre les zones montagneuses ne seront jamais totalement pacifiées.

Les tribus des montagnes ne recevaient pas très bien les quelques soldats et prêtes envoyés par l’Espagne pour pacifier la région et faisaient de la résistance.
Voir arriver des soldats en armures rouillées, des prêtes disant que leurs dieux devait maintenant être remplacés par Dieu et par Jésus-Christ et surtout qu’ils devaient payer des impôts … nos coupeurs de têtes ne sont pas entrés dans la combine et ont fait de la résistance.

A noter que, en ce qui concerne la moderne Apayao, les gens ont résisté et la province n’a été conquise qu’à la fin du XIXème siècle.

Au début de la conquête les Espagnols vont utiliser diverses méthodes pour tenter de convertir les indigènes au Christianisme et également faire payer des taxes.

La force des armes tout d’abord, oui mais les mousquets avaient quelques petits problèmes sous les tropiques. La poudre et la forte humidité locale ne faisaient pas bon ménage.


Puis la corruption, du corps et de l’esprit.

Les moines et frères faisaient également quelques tours de magie pour impressionner les locaux et montrer leurs pouvoirs ‘’divins’’.

Mais la méthode qui s’est avérée la plus efficace était celle qui consistait à exploiter les conflits qui existaient entre tribus.

La société philippine de cette époque était basée sur de petits groupes de familles ancestrales qui vivaient dans des endroits reculés. Un ancien était le leader d’un petit groupe, des personnes qui avaient toutes des liens familiaux entre elles.

Ces groupes n’étaient pas toujours du genre tout le monde il est bon (sauf peut-être à manger), tout le monde il est gentil. Il y avait de petites gué-guerres, des vendettas, des alliances, des partenaires pour le commerce  et toutes sortes de conflits, comme ceux qui peuvent exister de nos jours.

Les Espagnols vont, par exemple, découvrir que la tribu A n’aime pas du tout la tribu B.
Donc ils vont offrir leur assistance à la tribu A dans sa guerre contre la tribu B, à la condition que les membres de la tribu A se convertissent au catholicisme
.
Une autre solution consistait à attiser les conflits entre tribus, de façon à ce que les Philippins se battent entre eux, évitant par là même une résistance unifiée et cela a parfaitement fonctionné.

Réfléchissez une minute : comment une puissance étrangère, avec quelques poignées de soldats et de religieux, a-t-elle été capable de conquérir un pays dans lequel se trouvaient des centaines de milliers de natifs, pour la plupart belliqueux ?

Ce qui s’est passé, c’est que quelques soldats, commandés par un conquistador ou un frère, dirigeaient une armée composée de natifs convertis, contre d’autres Philippins païens.   

  
Ou comment utiliser la foi dans un but de conversion.

L’autre solution consistait à couper quelques têtes, pour l’exemple, pour montrer le chemin, la voie de Dieu, ceci pour les plus récalcitrants.

En fait l’Espagne n’a jamais gagné d’argent avec cette colonie qu’étaient les Philippines.
Les écrits des moines décrivant les chasseurs de têtes, parlant d’histoires de cannibalisme, de gens qui se promenaient nus, d’histoires d’incestes et d’adultères, choquaient suffisamment la prude Espagne de l’époque. Celle-ci finançait sans difficulté la conversion au catholicisme de ces peuples, de ces natifs par trop éloignés de Dieu.

Maintenant, mettre ma tête à couper que la pratique du ‘’headhunter’’ a totalement disparue, je ne m’y risquerais pas.

Mais la question reste posée, ma tendre et douce a-t-elle du sang de chasseurs de têtes qui coule dans ses veines ? Je vais faire une petite enquête et ne manquerai pas de vous tenir informé de ce que je découvrirai.

Etes-vous marié avec une descendante de coupeurs de têtes ?

Quand je vous disais : « la Pinay nous fait perdre la tête ».


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