Wednesday, October 30, 2013

VOUS AVEZ DIT TUYO ?

Nous sommes le 29 octobre et depuis quelques jours l’on s’active dans et autour du cimetière de Ternate, surtout dans en fait. On nettoie, on répare, on maintient, on entretient, on repeint les tombes et les caveaux des défunts.

Et il en est de même sur l’ensemble de l’archipel, l’on répare et entretien tombes et caveaux, car nous allons célébrer les morts. Les pelles, les truelles, les balais, les brosses, les pinceaux, les rouleaux jouent un ballet ininterrompu, il faut que cela soit parfait pour le grand jour !

Depuis quelques temps des lueurs semblent, la nuit, hanter le cimetière. Des bougies, de simples bougies que l’on pourrait confondre avec des feux follets.

Etonnant comme certains caveaux ressemblent à de véritables petites maisons, souvent plus grands et mieux entretenus que les maisons dans lesquelles les familles des défunts habitent.
Je n’irais pas jusqu’à dire plus confortables, mais tout même.

Je trouve que nombre de ces caveaux situés dans les jardins éternels sont disproportionnés par rapport aux revenus des familles.

Les morts semblent être mieux logés que nombre de vivants !
Le vouloir paraître du Philippin ou des croyances ancestrales ?

Alors que dans de nombreux pays le 1er novembre est célébré avec recueillement, l’on se souvient avant tout de ceux qui ont disparu, ici c’est un prétexte à faire la fête.

En famille les philippins vont venir piqueniquer, manger, boire, chanter, jouer, souvent dormir, tout cela directement sur la tombe ou dans le caveau du ou des défunts.

Si le 1er novembre est le jour de tous les Saints, le Philippin double la mise en célébrant le ‘’Day of  The Souls of the Dead’’ le lendemain, le 2 novembre.

Attention que si tout ceci semble pour nous folklorique, le Philippin prend ceci très au sérieux et mieux vaut ne pas plaisanter à ce sujet. Cela demeure néanmoins un jour pour la commémoration des morts, des ancêtres, un sujet à aborder avec la plus grande prudence et en prenant des précautions.

Je reviendrai sur le sujet dans un post plus détaillé dans les jours prochains.


Ce dont je souhaite vous parler aujourd’hui c’est du ‘’Tuyo’’, ceci c’est le mot Tagalog, en Bisaya cela donne ‘’Bulad’’. Que vous le nommiez Tuyo ou Bulad, ne vous inquiétez pas, cela revient exactement au même, cela sent mauvais, ça schlingue dirons nous ou pour rester dans les convenances, cela pue sérieusement quand c’est cuit.


Pour ceux qui connaissent un peu l’Asie du sud-est et les odeurs de l’Asie … pour les autres les senteurs de l’Asie, en fait cela sent souvent la merde !

Respirez à plein poumon les effluves qui remontent d’un Klong dans la banlieue de Bangkok ou les arômes délicieux des poissons qui pourrissent et s’égouttent pour faire du Nuoc-mâm dans les faubourgs de Phnom Penh le long du Ton Le Sap, vous m’en direz des nouvelles.

Mais le Tuyo, celui qui frit dans l’huile en dégageant une épaisse fumée, celui qui vous donne l’impression que la maison est en feu, ce n’est pas triste non plus. Pour qui n’est pas habitué, à vomir, à gerber, un truc à battre le record du monde du cent mètres afin d’échapper à l’odeur pestilentielle.

Dans mes souvenirs, à ranger dans la même catégorie que ce requin marteau qui se trouvait en décomposition avancée sur une plage de Rufisque au Sénégal.

Intenable, insoutenable, abominable, une horreur.


Ma première expérience de la chose et encore ne s’agissait-il pas de ‘’Tuyo’’, mais de ‘’dry pusit’’, c’était tout au début de mon installation, dans mon premier ‘’home sweet home’’ de Manille.


Que je vous donne quelques explications.

Le ‘’Tuyo’’, prononcez plus ou moins tou-yo, c’est du poisson séché.

Il en existe plusieurs formes, mais en général c’est un petit poisson gras que l’on fait sécher au soleil après l’avoir copieusement salé. Parfois des poissons papillons que l’on ouvre en deux avant de les exposer aux ardents rayons du soleil des tropiques, voire de tous petits poissons du genre anchois qui sèchent en se recroquevillant sous la chaleur.

Le pusit, c’est le calmar ou calamar et il se déguste également salé et séché. En gros cela ressemble à un morceau de carton ou à du parchemin, difficile de reconnaitre un calmar dans ces conditions et ce malgré les tentacules. Pour la dégustation cela se situe entre le chewing-gum et le morceau de cuir bouilli.

Petite remarque ; lorsque vous passez dans les allées des marchés locaux, peu d’odeurs reconnaissables, rien à voir avec les marchés des autres pays d’Asie où vous êtes littéralement assaillis par les odeurs, plus particulièrement celles des épices.

Rien à voir avec les Philippines où seules les odeurs, les effluves de poissons séchés se reconnaissent de loin. Séchés, alignés dans des caisses de bois, présentés dans de petits sacs plastiques, ou en vrac sur des étalages, cela passe encore. 

L’odeur, loin d’être agréable, vous permet néanmoins de déambuler sans trop de difficultés dans les allées du marché local.

C’est lorsque l’on cuit la bête que les choses tournent à la catastrophe.


Tout d’abord ce vont être les fumées qui vont vous alerter, les fumées noires qui sortent de toutes les ouvertures de votre ‘’Home sweet Home. Il faut dire que l’on ouvre et ventile au maximum la maison lors de ce genre de préparation.


Le feu, il y a le feu !

Vous vous précipitez pour découvrir que votre épouse vaque à ses occupations dans la cuisine, tandis que la poêle à frire, posée sur un feu vif, dégage des volutes de fumées âcres qui limitent la vue à quelques décimètres.  

A ce moment-là l’odeur vous explose au visage et vous regrettez de ne pas vous être muni d’un masque à gaz et de lunettes de vision nocturne.

Vous attrapez la poêle en vous bouchant le nez et vous vous précipitez au dehors, aussi loin que possible de la maison, tout au fond du jardin si vous en possédez un. Vous posez la poêle sur une pierre et vous vous éloignez à toutes jambes.

Pas le temps de vous poser la question de savoir où vous allez vous réfugier pour échapper à la ‘’neuséabonderie’’ (c’est nouveau, ça vient de sortir), votre épouse est là sur le pas de la porte qui vous invective !

« What are you doing, are you becomming crazy ?», plus quelques phrases soigneusement choisies dans le vocabulaire Tagalo, Filipino ou Bisaya, parfois les trois pour faire bonne mesure, que je ne traduirai pas par pudibonderie.


Toujours est-il qu’à la gestuelle vous supputez qu’il doit y avoir un petit problème, une incompréhension totale entre elle et vous.

Serais-ce, par hasard, au sujet de la poêle fumante ?
Il semblerait que oui !

Vous pensiez éteindre un incendie qui menaçait la maison, alors qu’elle estime que vous mettez en péril son repas de midi. Ce n’’est en reprenant la poêle que vous découvrez comme des morceaux de parchemin qui baignent dans l’huile.

Le nez pincé entre le pouce et l’indexe de la main gauche, la main droite tenant la poêle aussi éloignée que possible de mes yeux, car même si cela fume moins, cela fume toujours, direction la cuisine.

Là, bravant le smog qui règne encore dans la pièce, je me dirige en direction du fourneau sur lequel je dépose délicatement la poêle ; avant de m’enfuir en direction d’un bar éloigné dans lequel je vais soigner mes irritations respiratoires à la SanMig Pilsen ; la light n’étant pas adaptée à la sévérité de mon cas.  

De retour trois heures plus tard, l’odeur, bien que nettement moins entêtante, était toujours présente.

Depuis cette première expérience, mon épouse et moi avons un ‘’deal’’ ; soit elle prépare ses ‘’Tuyo’’ quand je ne suis pas à la maison, soit elle m’en avertit à l’avance. Dans ce dernier cas je vais faire un petit tour à l’extérieur.


Il y a plusieurs qualités de ces joyeusetés. Un peu comme les cépages et millésimes de nos grands vins !

L’on choisit, mon épouse tout du moins, en fonction de l’aspect, de la consistance au toucher et surtout de l’odeur. 

Il faut la voir humer la chose, après une première sélection de l’espèce et de l’aspect. 

A mon avis elle sélectionne principalement à l’odeur, plus c’est fort, plus c’est dé… ( ?).

Observez bien le Philippin, il marche aux odeurs.
Le riz par exemple. Une petite poignée qu’il prend dans le bac, qu’il amène sous son nez pour sentir, il remet les grains dans le bac tout en en conservant deux ou trois qu’il va croquer pour en tester le goût. En ce qui me concerne je suis incapable de faire une quelconque différence de cette façon.

Il y a une catégorie, non pas de poissons séchés, mais de poissons fumés qui, tout en dégageant une certaine odeur, serait presque agréable à humer lors de la cuisson. Mais peut-être suis-je en train de m’adapter sans vraiment m’en apercevoir.


Dernière petite précision, pour la paix de vos ménages, ne confondez jamais ‘’Tuyo’’ et ‘’Toyo’’.

Si votre tendre et douce vous envoie acheter ‘’Tuyo’’ au Sari-sari du coin, ne revenez pas avec  ‘’Toyo’’, sauf à vouloir aller faire un petit tour, seul, afin de laisser se calmer les esprits.


Nous sommes aujourd’hui le 31 octobre. D’anniversaire cet après-midi, je vais signer off en vous souhaitant de passer un agréable 1er novembre et une excellente fin de semaine. 


Expériences, avis, critiques et commentaires, comme d’habitude sont les bienvenus.



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