Tuesday, August 2, 2011

VOUS AVEZ DIT ... DORMIR !



KLAX  …  ON !

Le Philippin possède la faculté, exceptionnelle pour moi, d’être capable de dormir n’importe où et, quand je dis n’importe où, c’est vraiment n’importe où, n’importe quand, il n’a pas d’heure,  de jour comme de nuit, du lundi zéro heure au dimanche minuit, 52 semaines par an, année après année.


Partout vous le trouverez, dans des positions souvent incongrues … qui dort et qui dort profondément, dans un environnement souvent des plus bruyants.
Il dort profondément, car pour le ou la  réveiller, oui parfois il faut bien les réveiller si vous souhaitez avoir ce que vous êtes venu chercher ou acheter, il vous faut faire du bruit, beaucoup de bruit, énormément de bruit.

Cela va du chauffeur de taxi sur son volant, au conducteur à l’arrière de son bus, de l’employée de bureau la tête dans les bras croisés sur le bureau, au voyageur dans le bus qui prend votre épaule pour son oreiller, au serveur endormi derrière le bar, le cuisinier sur ses fourneaux éteints, le garde de sécurité  dans sa guérite, le pêcheur allongé en équilibre sur sa barque et vous pouvez me croire cela tangue, la caissière bien évidemment sur sa caisse ….
J’en ai même vu dormir dans des arbres !

Cela n’est pas réservé à quelques professions indépendantes, toutes les couches de travailleurs sont touchées. Les employés gouvernementaux, les employés des services publics, les banques, les ouvriers d’usine, les indépendants, les professions libérales …

Je me souviens de ma première visite à Napocor, un peu l’équivalent de l’Electricité De France. Ah, la sécurité … du sérieux, trois contrôles avant que d’être autorisé à entrer.
Arrivé dans le bureau où j’ai rendez-vous, dans la pièce des secrétaires, une dizaine d’employés. Huit dorment appuyées sur leurs ‘’bureaux’’, une neuvième joue avec son téléphone portable, la dernière est en train de manger.


Il faut dire que nous sommes aux heures chaudes de la journée, la pièce des secrétaires n’est que ventilée, alors que le bureau du ‘’Boss’’ est climatisé.
Oui, bien sûr, il y a la chaleur, mais la chaleur n’explique pas tout.
J’ai essayé d’analyser les causes de ce phénomène. Pourquoi le Philippin moyen éprouve-t-il à tout moment le besoin de dormir, que cela soit pour quelques instants, minutes ou plus ?

J’en suis arrivé à la conclusion suivante, le Philippin est fatigué.
Il est fatigué pour différentes raisons que je vais essayer d’expliquer.

La chaleur, oui elle joue certainement un rôle, mais pourquoi persistent-ils à copier le rythme des horaires des pays de l’Ouest, pourquoi ne pas adopter des horaires plus adaptés au climat, comme cela se fait dans les autres pays de la zone ?
On veut copier les Américains ?

Nombreux sont les gens d’ici qui dorment sur un lit aux lattes de bambou, la plupart du temps sans matelas, juste une natte, elle-même presque aussi ‘’moelleuse’’ que le bambou … j’ai une seule et unique expérience, mes os se plaignent encore à ce jour.
Pas le choix, c’était le bambou ou le sable … j’ai choisi le bambou, j’avais déjà fait l’expérience du sable. Quand je pense à mes hésitations passées entre tel ou tel Epeda ou Dunlopilo … un autre monde.

Compte tenu de l’exiguïté des maisons philippines, de nombreuses familles dorment dans un seul lit. Il n’est pas rare de trouver la grand-mère, le fils et la belle-fille et quatre ou cinq gamins dormant dans le même lit. Il faut savoir mettre son corps en zig-zag et les gamins, la nuit, ça bouge.

Il y a également une question de nutrition ou plutôt de malnutrition, carence en vitamines, minéraux et trop peu de calories, les gens ont forcement tendance à s’assoupir tout au long de la journée.

Le bruit et le bruit la nuit aux Philippines c’est quelque chose.
Les gens qui parlent fort jusqu’à des heures tardives, voire matinales, les véhicules, voitures, jeepneys, bus, camions, tricycle, motocyclettes … qui la plupart du temps roulent sans pots d’échappement ou avec des pots trafiqués … vous les entendez venir de loin, plusieurs kilomètres avant qu’ils n’arrivent à proximité, crescendo …

Les gamins qui jouent dans les rues une partie de la nuit, particulièrement en fin de semaine.
Une fête, un anniversaire, une célébration quelconque qui se poursuit tard dans la nuit (le matin), avec pétards, des voix qui se font de plus en plus fortes … et votre nuit est sensiblement écourtée.


Maintenant il y a ceux qui ont la chance d’habiter près d’un ‘’Videoke-Bar-Boui-Boui, ils auront la chance de réécouter les plus récents tubes des années 60 à 80. Cela va de My Way à Desperado en passant par les Bee-Gees, les Beatles et tous les Crooners du type Sinatra, Engelbert et j’en passe.

Le sport national philippin étant le combat de coqs, je vous laisse deviner ce qui peut se passer la nuit, généralement vers deux, trois heures du matin.
Notre coq, le Gaulois, les pieds dans le fumier, commence normalement à chanter lorsque se lève le soleil !

Ici le roaster, également appelés ‘’Texas’’ du fait de l’origine de certains, donc importé et ayant subi le ‘’jetlag, le décalage horaire’’, certainement après avoir avalé une horloge chinoise, se met à pousser son cri vers deux trois heures du matin. Un qui chante, dix qui répondent, car c’est un chant de défi et après une demi-heure une centaine de coq ont entamé le concert de la ‘’poulaille’’.


Bonjour la tranquillité nocturne sous les tropiques.
Ce que j’aime dans ce sport, c’est qu’un des deux combattants va y laisser des plumes et terminer en plat du jour.

Nous avons également des chiens, de nombreux chiens qui la nuit sont laissés dans la rue. Non pas des chiens abandonnés, non des chiens qui restent à proximité de la maison de leur maître et ils sont souvent plusieurs, car ici les chiens se vendent bien, pour la viande.
De nombreux Philippins, surtout les hommes, mangent du chien !

Un chien qui se met à aboyer et c’est comme une trainée de poudre d’aboiements qui se propage dans le quartier, peut-être l’un d’entre eux a-t-il vu un fantôme et les autres, par solidarité l’accompagnent. Un joyeux concert qui peut durer des heures.


Il y a également les klaxons, les avertisseurs sonores de tous les véhicules qui peuvent passer sur la route ou dans la rue.
Le wang-wang, l’avertisseur imitant la police, des sirènes en tout genre et même un avertisseur sonore qui est une voix caverneuse et démoniaque. Il faut l’entendre pour le croire !


Pour ceux qui ont la chance d’habiter à proximité d’une personne d’un certain statut, il faut s’attendre aux coups de klaxon incessants à toute heure du jour ou de la nuit.

Moi, Monsieur, j’ai des domestiques et ils doivent me servir, donc ouvrir le portail quand j’arrive.
Pour me faire comprendre, je klaxonne, peu importe l’heure et le voisinage.

Les musiques, postes de radio ou sono, qui débutent vers deux trois heures du matin sont couramment entendues, quelques insomniaques amateurs de musique à forte puissance qui se rappellent aux bons souvenirs de leurs voisins.


Et … il n’y a rien à faire pour que ces bruits cessent, c’est dans les mœurs et habitudes, dans la mentalité philippine, ‘’ma liberté’’, je fais ce qui me plait, les autres n’ont qu’à en faire autant.

Il nous faut ajouter à cela les souvent longs, très long trajet, dans des transports en commun qui sont loin d’être confortables. De nombreux travailleurs passent jusqu’à six heures et plus dans les transports en commun.

Vous comprenez maintenant pourquoi de nombreux travailleurs philippins dorment sur leur lieu de travail durant la journée … ils profitent du calme, du silence et de la tranquillité de ce lieu où ils sont censés travailler pour enfin …. Dormir !

Vous vous souvenez de mon post ‘’Prenez … le temps ?’’
Maintenant imaginez un instant que vous ayez fait construire la maison de vos rêves, le long d’une petite rue sympa, sur un petit terrain qui appartenait à la famille de votre femme.

Vous vous installez et votre première nuit est blanche … vous n’avez pas fermé l’œil de la nuit, l’enfer au paradis.

Et oui, la rue est sympa … mais remplie de chiens, des spécialistes des concerts nocturnes.
Presque en face, que vous n’aviez pas repéré auparavant, mais que vous pouvez maintenant situer les yeux fermés … le videoke-karaoke de service, pas un poil isolé et les ‘’Girlies’’ chantent faux ! De part et d’autre de votre ‘’home sweet home’’, des gens de la ‘’haute locale’’ qui marchent au klaxon.

Sur l’arrière de votre château sous les tropiques, le beau et grand terrain arboré se trouve être la propriété d’un éleveur de coqs de combat … et ils sont des centaines, de futur ‘’pulutan’’, qui se font un malin plaisir à vous tenir éveillé.

Vous n’aviez pas remarqué le panier de basket-ball, le terrain de jeu des gamins du quartier jusqu’à une heure avancée de la nuit, etc. ‘’Home sweet home’’.



Temps de songer à l’isolation acoustique ou à rechercher un emploi … pour dormir !
Sur ce … bonne nuit.



Avis, expériences, critiques et commentaires, comme d’habitude sont les bienvenus.   


PS : Les photos des coqs sont de Dan, qui se trouvre  maintenant dans les environs de Lucena.   




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