Tuesday, September 21, 2010

MEDECINE TRADITIONNELLE (1)

Le nombre des hôpitaux aux Philippines est insuffisant pour fournir les services nécessaires aux personnes qui ont besoin de se faire soigner.
En conséquence, le Ministère de la santé vient de mettre en place une politique qui tend à faire revivre la médecine traditionnelle par les plantes.

Voyons un peu comment est organisé le système de santé aux Philippines.

Le système de base est le Health Center, situé dans chaque Barrangay (quartier) et qui fournit un minimum de services, principalement pour les femmes enceintes, les enfants jusqu’à l’âge de 9 ans (vaccinations) et les personnes âgées.

Le Health Center est ouvert une fois par semaine et un docteur, assistée (je n’ai vu que des médecins femmes) d’une ou deux infirmières, s’occupe des patients. Par exemple pour les femmes enceintes, contrôle de la pression sanguine, entretien rapide, don de vitamines et minéraux, rédaction d’une éventuelle ordonnance.

Pour les enfants les vaccinations sont gratuites, y compris contre l’hépatite et ce, jusqu’à l’âge de 9 ans. Egalement pour les enfants, courtes visites médicales et rédaction d’ordonnances, maladies infantiles, grippes, bronchites, vers, petites infections …Quelquefois, médicaments offerts gracieusement ou vendus à des prix très bas.

Si le cas s’avère être plus grave et hors de la compétence du médecin, le patient est dirigé vers l’hôpital gouvernemental le plus proche.

Une fois par mois, toujours dans le Health Center, passe le dentiste, que dis-je … l’arracheur de dents. Il ou elle est spécialisée dans un seul acte : l’extraction ! Les gens ne paient que l’anesthésique.

Néanmoins, il est de bon ton, pour ceux qui en ont les moyens, de faire une petite donation au Health Center.

Pour être complet, des personnels du Ministère de la Santé passent de maison en maison, plus ou moins régulièrement au cours de l’année, pour distribuer des vitamines aux enfants de moins de cinq ans.


Hôpitaux et cliniques.

Nous trouvons trois principaux types d’hôpitaux aux Philippines.

1. Les hôpitaux Gouvernementaux, (publique), où les gens ne vont payer que les médicaments et autres produits médicaux que nécessite leur état, plus un tout petit montant pour occuper un lit. Le patient doit apporter ses draps, ses oreillers et son ventilateur et doit pourvoir à sa nourriture ainsi qu’aux boissons.
Les actes médicaux sont gratuits (en théorie, pas toujours en pratique) et il y a un manque chronique de médicaments, de facilités et de praticiens.

2. Les hôpitaux privés de bas et milieu de gamme, pas toujours bien équipés, avec très souvent des médecins, chirurgiens et autres docteurs qui exercent dans plusieurs hôpitaux en même temps ou qui ont leur cabinet privé.

3. Les hôpitaux privés de haut de gamme, avec équipement et personnel qualifié. Similaire à ce que nous pouvons trouver en Europe.
Mais cette catégorie est inaccessible à la majorité des Philippins du fait des prix pratiqués.


Il existe aux Philippines un système de couverture sociale, mais seule une fraction de la population en bénéficie : majoritairement les fonctionnaires et agents gouvernementaux. De plus ce système ne couvre environ que 50 % (100 % pour certaines opérations) des coûts et des frais d’hospitalisation. Les médicaments et les visites médicales ne sont jamais remboursés, mais les personnes âgées bénéficient d’une remise sur le prix des médicaments prescrits.


La médecine par les plantes est une médecine alternative qui utilise des parties ou des extraits de plantes pour des raisons thérapeutiques.

La médecine traditionnelle par les plantes est très populaire aux Philippines où elle est utilisée depuis la nuit des temps.

Non pas oubliée, mais passée au second plan avec l’arrivée de la médecine moderne, elle revient en force et est utilisée non seulement comme une médecine de confort, mais également comme une médecine de traitement de plusieurs sortes de maladies.

Aux Philippines, les personnes qui ont la connaissance des plantes, de leurs vertus et pouvoirs et qui savent préparer les décoctions ne portent pas le nom de ‘’sorcier’’, non, ces personnes que nous appellerions guérisseurs chez nous, sont ici des ‘’Ilot(s) ‘’.

Même s’il n’est pas sorcier, le Ilot … mais je vais plutôt vous donner un exemple.

Il y a quelques années, mordu par le chien d’un voisin, j’ai été emmené chez l’Ilot par le propriétaire du chien. Il faut savoir que si votre chien mord quelqu’un, en dehors de votre propriété, vous êtes responsable et devez, au minimum, payer pour les soins.

Comme il n’avait pas les moyens de payer un traitement à l’hôpital, le voisin, pauvre comme savent l’être certains Philippins, m’a donc accompagné jusqu’à la demeure de l’Ilot située dans le centre-ville de Ternate.

Pas une case ni une hutte, pas de tibias accrochés aux murs ni de cranes posés sur la table, pas de chouette ou de corbeau, pas de chaudron brûlant fumant sur un feu de bois ; non rien de tout cela, mais une table et des chaises en plastique, un linoléum au sol, quelques vieux portraits accrochés aux murs, la télévision qui fonctionne vous permet de suivre le énième épisode de la dernière télénovela.

La pièce, qui doit être la salle à manger, est bien éclairée. Cela permet à l’Ilot, une fois que celui-ci a été informé de ce qui s’est passé, de s’asseoir sur le sol, de prendre ma jambe et de l’inspecter plutôt que de l’ausculter.

Mon mollet gauche présente quelques gouttes de sang qui commence à sécher et plusieurs marques d’un bleu foncé qui virent au noir. Le chien a pincé plus que réellement mordu, mais il y a un peu de sang et avec la rage qui est endémique dans ce pays …

L’Ilot nous quitte et se rend dans la pièce à côté. Il en revient quelques minutes plus tard, chargé d’une cuvette qui semble contenir de l’eau, d’un livre noir et d’une branche d’arbre feuillue.

Un deuxième voyage, toujours dans la pièce d’à côté, le voit revenir avec trois fioles, deux bougies, un petit pot et un vieux cahier style écolier qui a surement connu des jours meilleurs.

Il allume les deux bougies ainsi que ce que je présume être de l’encens contenu dans le petit pot, sort un sachet de sa poche, y prend une pincée d’une poudre grise qu’il verse dans la bassine, ouvre les trois fioles et verse quelques gouttes de chacune d’entre elles toujours dans la bassine. Il ouvre le livre noir, cherche une page, puis le dépose sur la table, ouvert.

L’Ilot va maintenant officier. Il prend son cahier d’écolier, cherche une page, en sort un papier plié et couvert de mots d’une écriture bleue.

Il prend la bassine, la dépose à mes pieds et y met la branche d’arbre à tremper. Les deux bougies toujours allumées ainsi que le pot d’encens sont positionnés autour de la bassine.

Il chausse ses lunettes, déplie son papier et le tient de la main gauche. De la droite il tient la branche d’arbre qu’il remue dans la bassine.

Et ça commence, un peu comme un chant, une litanie, le vieil homme ne rentre pas en transe, mais il se concentre et asperge ma jambe grâce à la branche qui fouette cette dernière.

J’ai pensé : le C** ! , il va éteindre les bougies et le charme ne va pas fonctionner. Eh, là, que fait-il ? Il crache sur ma jambe, à de nombreuses reprises, il crache sur ma jambe … Je ne suis pas sûre d’attraper la rage, mais avec ses crachats je vais sûrement attraper quelque chose. Cela a bien duré de quinze à vingt minutes, il n’arrêtait pas ; sa litanie, la branche dans la bassine puis qui aspergeait ma jambe et un petit crachat chaque minute. Je le soupçonnais de se faire payer à l’heure, ou au crachat.

Croyez-le ou non, je n’ai rien attrapé !
J’ai surveillé le chien dans les jours qui ont suivi. Rien de spécial.
Ils sont forts ces Ilots.

Les herbes médicinales aux Philippines. (Celles reconnues et autorisées par le Ministère de la santé).

Bawang, c’est en fait notre ail, garlic en anglais et Allium Sativum pour son nom scientifique.
C’est un antioxydant, qui peut être utilisé pour diminuer le taux de cholestérol et réguler la pression sanguine.

Akapulco, en français bois dartre, épis d’or, quatre épingle. En anglais candle bush et Cassia alata pour le nom scientifique. C’est un petit arbre de trois à quatre mètres de haut et qui est originaire du Mexique. Utilisé dans le traitement de maladies de la peau : herpes circiné, mycose, teigne …

Bayabas, le goyavier, guava, le nom scientifique étant Psidium guajava. C’est un excellent désinfectant pour les plaies et est également utilisé pour le traitement des gencives enflammées.

Ampalaya, dont le nom scientifique est Momordica charantia, plus connu sous le nom de bitter gourd, gourde amère en français. Pour ceux qui ne connaissent pas cela ressemble à un concombre qui aurait des piquants. Communément utilisée pour renforcer le système immunitaire, pour le traitement de la toux et du diabète mellitus ou diabète de type 1.

Lagundi, nom scientifique Vitex negundo, muguet bleu ou troène de Chine en français. Egalement nommé five-leaved chaste tree. Principalement utilisé pour le traitement de la toux et de l’asthme.

Niyog-niyogan, (en Filipino niyog, c’est la noix et plus généralement la noix de coco), nom scientifique Quisqualis indica L., liane vermifuge en français. Les graines arrivées à maturité sont utilisées comme purge contre les vers intestinaux.

Ulasimang Bato, dont le nom scientifique est Peperomia pellucida, herbe à couresse en français (à confirmer). Les feuilles peuvent être consommées en salade (salade soldat).
Les feuilles sont utilisées pour le traitement de la goutte et de l’arthrite.

Tsaang Gubat, nom scientifique Ehretia microphylla Lam, cabrillet en français. Utilisé pour le traitement des crampes d’estomac et autres problèmes gastro-intestinaux. Les feuilles sont une source de fluoride et peuvent être utilisées pour des lavages de bouche.

Sambong, dont le nom scientifique est Blumea balsamifera et le nom vermiculaire, utilisé en français, dérive de son appellation à Java : Somboon. C’est une ‘’mauvaise’’ herbe, une diurétique, utilisée dans le traitement des calculs et des œdèmes.

Yerba Buena, nom scientifique Clinopodium douglasii , nom commun peppermint, en France un seul représentant de ce genre la clinopode vulgaire. Utilisé comme analgésique.

La visite, chez un médecin généraliste est de l’ordre de 200 à 300 pesos, un spécialiste comme un pédiatre va vous coûter entre 350 à 500 pesos.

Il n’y a pas d’hôpital gouvernemental à Ternate (22.000 habitants), le plus proche se situe à Maragondon (33.000 habitants) et est distant de 3 kilomètres.
Les plus proches hôpitaux privés se trouvent à Naïc (10 km).

Au moins deux médecins habitent Ternate, mais ils n’exercent pas dans la ville, ce qui fait que les plus proches docteurs se trouvent à trois kilomètres.

Les pauvres et les plus pauvres n’ont pas accès, ou difficilement accès aux soins, sauf à travers le Health Center et les Ilots.

Donc je trouvais l’initiative du Département de la santé d’un grand intérêt.
Promouvoir la médecine traditionnelle par les plantes et par la même permettre à un plus grand nombre d’avoir accès à des médications.
Autoriser un certain nombre de plantes, arbres et herbes ;
Diffuser des ‘’recettes’’ par l’intermédiaire des Health Centers, décoctions, tisanes, soupes, salades, expliquer les préparations, la posologie, les effets …

Telle était mon idée quand j’ai commencé ce post, vous informer d’une, pour une fois, très bonne initiative du gouvernement Philippin, ainsi que des possibilités médicinales offertes par certaines plantes locales.

Au fur et à mesure de l’avancement de ce post … interrogation, question ?

Puis, je me suis souvenu : il y a quelques mois, peut-être un an, un certain nombre de Sénateurs se sont inquiétés de la prolifération de publicités télévisuelles ventant les mérites de tel et tel produit à base de plantes et sensé guérir telle et telle maladie ou tel et tel mal.

Ce qui voulait dire que ces produits, sans aucune base médicale ni autorisation du Ministère de la Santé, étaient devenus et vendus comme des médicaments !

Je ne sais combien les marques engagées dans ce business ont déboursé pour l’arrosage, mais leurs produits sont maintenant approuvés et officialisés par le Ministère de la Santé.

Joli tour de passe passe et les pauvres n’auront jamais accès à ces produits qui sont vendus très cher.
Ce que je prenais au départ pour une excellente initiative se révèle être en fait un nouveau coup à la ‘’filipino’’, dommage pour les pauvres ! Cela n’engage que moi.




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