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Saturday, October 10, 2015

SEA TEST .... POUR LA BANGKA ARAIGNÉE !

Ça y est, la chose est faite, la Bangka araignée désormais m’appartient.

Bangka de style Masbate

L’acte de vente a été signé, la somme convenue payée, ceci devant témoins qui ont contresigné les documents, comme cela se pratique aux Philippines, la vente est donc parfaite…

Il va de soi qu’avant la signature et ma contre proposition d’achat, j’ai demandé un essai en mer, un sea-test dirons nous. Ceci afin de savoir comment se comporte non seulement la barque, mais également son moteur.
La semaine dernière j’ai donc demandé à Pet, mon copain allemand de passer à la maison à 09 h 30.
C’est un spécialiste des moteurs diesel et comme je n’y connais pas grand-chose à ce genre d’engin, je pense qu’il pourrait m’être de quelque utilité.

Pile à l’heure le Pet, il faut dire que je lui ai proposé le petit-déjeuner et comme il est toujours affamé du fait de sa radinerie légendaire… Café, œufs au plat, jus d’orange et une banane pour terminer, le voilà rassasié et plein d’énergie pour le sea-test en Baie de Manille. La mer, il n’aime pas trop le Pet, il faut dire que notre dernière sortie en mer, avec mon ancienne Bangka, ne s’est pas très bien passée pour lui. Du fait d’un fort vent sur la Baie, j’avais replié le ‘’Bimini’’, ce qui fait qu’il a attrapé un coup de soleil. Et le soleil, sa peau claire de teuton n’apprécie  pas spécialement.

Embouchure de la rivière Maragondon

Mais cette fois-ci il est paré ; comme les demoiselles asiatiques le Kaiser a apporté sa petite ombrelle !
Discussion avec le toujours propriétaire de la Bangka, auquel je demande de nous emmener à Kayoknog, une anse qui se situe à une quinzaine de kilomètres de Ternate, un secteur que je connais parfaitement.  Je lui donne quelque argent afin d’acheter la gazoline, ou plutôt le diesel, nous montons à bord plus ou moins acrobatiquement et le ‘’Kaiser s’installe sous son ombrelle, à un emplacement qui se situe juste devant le ‘’poste de pilotage’’ et qui forme un siège parfait.

Les amarres sont larguées, Camilo, le toujours propriétaire, fait reculer la Bangka à l’aide d’une longue perche. Il remonte l’ancre et se penche sur le moteur. Pour ce qui est du démarrage du petit diesel, au lanceur à main. Il enroule la corde autour de l’axe moteur sur sa partie avant, tire fortement d’un mouvement ferme et sec sur la corde et… dans un nuage de fumée noire et d’un bruit d’enfer le moteur prend vie, du premier coup et moi, j’évite de respirer pendant plusieurs secondes. 

Va falloir songer à régler l’engin, les nuages de fumées noires je n’aime pas trop, mes poumons encore moins. Du travail en perspective pour le ‘’Kaiser’’.

Ternate

Nous sommes dans la partie terminale de la rivière, non loin de l’estuaire, un petit kilomètre et il va nous falloir passer entre l’île du Balut  ou Isla de Balot et le centre-ville de Ternate. Les maisons qui se trouvent au bord de l’eau ont toutes un agrandissement, une pièce montée sur pilotis qui avance sur la rivière. La majorité d’entre elles offrent la possibilité d’accéder à cette pièce annexe à partir d’une petite barque.

Il faut suivre le lit de la rivière, car il y a des hauts fonds, des endroits où se sont accumulés débris et alluvions.

Puis il nous faut passer la barre de sable qui bouge en fonction du temps et des saisons ; une certaine connaissance de l’endroit est nécessaire afin de sortir dans des conditions de sécurité maximale.
De plus un rapide calcul me donne un tirant d’eau pour cette Bangka qui devrait avoisiner les soixante centimètres.

Oh, l’arbre mort sur la gauche s’est légèrement déplacé, néanmoins il donne une bonne indication pour l’entrée et la sortie de la rivière. Là attention, des vagues se croisent sur un haut fond, elles atteignent plus d’un mètre et il nous faut passer au large. Puis nous appuyons sur la gauche avec en point de mire la pointe Est de l’île de Corregidor. À la pointe de Bucana, il y a de cela une quinzaine d’années, des digues ont été mises en place.

Sous la force des vagues et des courants ces digues, longues de plusieurs centaines de mètres, se sont disloquées et il faut passer bien au large.

Ça y est, nous sommes sortis de l’estuaire et la hauteur d’eau doit maintenant avoisiner les cinq à six mètres.
Cap à l’Ouest, direct sur la dernière falaise, celle qui nous cache encore l’île du Carabao.


Kamandag

Laissons Bucana sur la Gauche, puis la longue plage Del Rosario et du Ternate Beach Resort, l’anse du Roy Marcus, quelques falaises et nous pouvons contempler la plage en demi lune de Kamandag.

Passons la pointe Est et rocheuse du complexe de Puerto Azul, là où se trouvent de propriétés de luxe, la plage et  les résidences d’Ocean Villas, le quai en partie détruit, la plage du Kaysubic Beach Resort, une corniche escarpée qui s’avance loin en mer, puis une anse profonde où se cache le petit resort du Paniman Beach.

À nouveau une corniche escarpée et étroite s’avançant comme un doigt dans la mer et là, sur notre gauche, l’anse étroite de Kayoknog, également nommée Beck’s plage. C’est ma plage préférée de cette partie de la Baie.

Puerto Azul, Oceans villas

Elle se situe tout au fond d’une anse profonde, bien protégée par de hautes falaises survolées par les aigles pêcheurs qui nichent dans les cimes des arbres de la forêt qui couvrent les hauteurs.
Plage de sable blanc, idéale pour les enfants dans la mesure où l’on y a pied sur plus d’une centaine de mètres et que ce n’est que du sable. De marée basse à mi-marée, ce sont plusieurs terrains de football de sable blanc qui se découvrent.

De plus, mise à part quelques pêcheurs qui viennent parfois y manger ou effectuer quelques réparations, il n’y a personne. Néanmoins, avec une largeur qui doit avoisiner les cinq cents mètres, il devrait y avoir suffisamment de place pour quelques personnes sans avoir à se marcher sur les pieds. Nous y avons passé plusieurs nuits du temps de mes anciennes Bangkas, un temps qui en fait n’est pas si ancien. Nous y avons même passé involontairement une nuit, avec chien et enfants, mais ceci fera certainement l’objet d’un prochain billet.  

Ayant pitié pour le ‘’Kaiser’’, qui se cramponne de la main gauche au mat et qui tient son ombrelle de la main droite, je demande au pilote de faire demi-tour et de mettre le cap sur Ternate. Nous n’accosterons pas aujourd’hui à Kayoknog, mais, croyez-moi, ce n’est que partie remise.


Le Kaiser

La mer est calme, pas ou peu de vent, par contre le soleil tape, il est onze heures quinze à ma montre.
Pas de mer hachée comme elle l’est souvent dans la Baie, aujourd’hui seules de longues vagues qui nous viennent de la Mer de l’Ouest des Philippines font doucement tanguer la Bangka. Une journée pour capitaine de pédalo. Mer de face à l’aller et dans les fesses au retour.

La Bangka semble stable, bien qu’elle soit encore équipée de ses guirlandes, qui de nuit la font ressembler à un sapin de Noël. La sorte de Cabestan servant remonter les filets se trouvent toujours à bord. Quelques centaines de kilos qui devraient alléger la bête et la faire courir un peu plus vite.

Notre vitesse, selon mon estimation et confirmée par le ‘’Kaiser’’, doit avoisiner les huit à dix nœuds, à savoir quatorze à dix-huit kilomètres heure. Ceci avec un moteur qui doit tourner aux environs de deux mille cinq cents tours, soit aux deux tiers de sa puissance maximale.

Nous repassons Bucana, qui se trouve maintenant sur notre droite, puis l’arbre mort, le lit de la rivière et nous sommes maintenant entre l’île du Balut et la ville. Notre emplacement sur la droite, l’ancre est jetée, le moteur stoppé et nous profitons du silence. En fait le moteur est bruyant pour ceux qui se situent à l’arrière, juste devant celui-ci il nous était possible de converser sans avoir à forcer la voix.

Pico de Loro, Monts Palay 

Nous sommes partis à 10 h 30, il est maintenant 11 h 50 et nous estimons la consommation…
Environ 1, 3 litre pour 01 h 20, ce qui nous donne du un litre à l’heure, de plus en diesel !
Bon, excellent, un litre et demi pour Kayoknog, de plus de diesel, en lieu et place de quatre litres d’essence avec mon ancienne Bangka. Disons cinquante pesos de diesel contre cent soixante à deux cents pesos d’essence.

Excellente nouvelle qui ravie le ‘’Kaiser’’, radin (Koripot), comme il en existe peu.

La ‘’Bangka’’ est maintenant en maintenance. Quelques modifications à apporter, comme passavants, indispensables pour moi, changement du blower, mise en place d’un réservoir de diesel conforme, fermetures diverses, réglages du moteur, etc. sans oublier un peu d’Epoxy ici et là et beaucoup de peinture.

À bientôt pour des nouvelles de la’Bangka’’Araignée.   

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Pour suivre l’itinéraire de ce ‘’Sea-Test’’ vous pouvez aller sur :
https://www.google.com.ph/maps/place/Ternate,+Cavite/@14.2688781,120.6147359,25048m/data=!3m2!1e3!4b1!4m2!3m1!1s0x33bd88eb3db27623:0xd1c8c9869bcfabec!6m1!1e1

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Wednesday, September 30, 2015

LA BANGKA ARAIGNÉE ... DE TERNATE !

La bangka araignée.    
   
Cela fait déjà un certain temps que la chose me démange.
Quoi, me demanderez-vous ? Non, détrompez-vous, cela n’a rien de sexuel… bien que… la mer qu’on voit danser, etc.


Non, plus mer à mer, il s’agit d’acheter un bateau, un qui ne soit pas trop grand, mais suffisamment grand tout de même pour transporter une dizaine de personnes dans des conditions confortables. En fait acheter ou faire construire, car ici la main d’œuvre ne coûte pas cher et de plus l’on trouve d’excellents charpentiers de marine, de ‘’Bangka’’ devrais-je dire.

Donc, trois solutions s’offrent à moi : faire construire un bateau de pêche promenade, un monocoque du type de ceux que l’on trouve en occident ; faire construire ici un catamaran de huit à dix mètres, un dont j’ai les plans, ou alors acheter ou faire construire une ‘’Bangka’’ locale d’une taille suffisante pour ce que je souhaite en faire.

Pour ce qui est du bateau pour la pêche promenade en monocoque, j’ai acheté deux plans : un bateau de vingt-cinq pieds (environ sept mètres cinquante) avec une petite cabine, un poste de pilotage avec mini salon, kitchenette, wc et un cockpit ouvert pouvant être couvert d’un ‘’bimini’’. Ou un bateau plus petit, dix-neuf pieds (six mètres) comprenant une petite cabine et un grand cockpit, bateau idéal pour la pêche et le ski nautique.

Ces deux bateaux devant être motorisés avec deux Hors-Bord de 50 à 75 chevaux et ils ont tous les deux une capacité officielle de huit personnes.


Avantages du plus grand des monocoques, l’on peut y dormir à deux couples plus deux ou trois enfants installés sur des matelas pneumatiques dans le cockpit. D’autre part, en cas d’orage ou de grosses averses comme nous en réservent régulièrement les tropiques, l’on peut se réfugier dans le poste de pilotage. On y est bien abrité une fois la porte fermée. 

Pour ce qui est du plus petit des monocoques, le couchage est limité à un couple et l’abri aux intempéries plus aléatoire. Ces deux versions présentant l’avantage d’être très rapide, ce qui est idéal pour rejoindre rapidement un lieu de pêche ou pour fuir devant un orage. Selon la motorisation installée, ces deux versions ont une vitesse maximum qui approche, voire dépasse les vingt-cinq nœuds.

Le gros inconvénient… les moteurs Hors-Bord sont chers à l’achat et très gourmands en essence.

Le catamaran pourrait lui être équipé d’un moteur diesel In Bord d’une cinquantaine de chevaux, ce qui devrait être suffisant pour naviguer en croisière à dix/douze nœuds. Ce type de moteur est peu gourmand et si le diesel se maintient au prix auquel nous le payons en ce moment, vingt-cinq pesos (€ 0,50), de sérieuses économies peuvent être envisagées sur le poste carburant.


Autres avantages du catamaran, il offre une large surface aménageable, il est stable, pas ou peu de roulis, ce qui est intéressant pour les estomacs fragiles et de plus facile à échouer sur une plage.
Maintenant, la troisième solution qui s’offre à moi, l’achat ou la construction d’une Bangka locale.

Si la fabrication de mes premières solutions pourrait prendre entre six mois et un an pour mener le projet à sa finalité, à savoir un bateau prêt à naviguer, la solution de la construction d’une Bangka pourrait se réaliser en deux, voire trois mois. Mais comme la chose me démange de plus en plus, la solution de l’achat d’une Bangka locale me permettrait de naviguer quasiment immédiatement.

Il y a environ deux semaines, alors que je me trouvais sur le pont de Ternate, je constate qu’une Bangka de pêche du style araignée, comme j’aime à les nommer, se trouve toujours au même emplacement. Elle ne semble pas avoir bougé depuis plusieurs jours. Je me fais en moi-même la réflexion que ce pêcheur doit être riche pour pouvoir ainsi se permettre de ne pas aller en mer pendant plusieurs jours. À-t-il fait des pêches miraculeuses durant les semaines précédentes ? Vit-il de ses rentes ?

À ce moment de mes réflexions, passe mon ‘’Kompadre’’ Digus, grand pêcheur de ‘’Pussit’’ (Calmar ou Calamar en français) devant l’Éternel et je lui demande : « Quel pourrait être le prix d’une telle Bangka ?»
Il ne répond pas directement à ma question, tout du moins je ne m’en souviens pas, mais par contre il me répond que le moteur est hors service et que le patron n’a pas les moyens financiers d’effectuer les réparations nécessaires. La chose ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd.


 En début de semaine dernière, alors que je passais, une nouvelle fois à pied, sur le pont et que la Bangka araignée se trouvait toujours à la même place, j’ai décidé d’aller trouver mon ami ‘’Andy’’. Andy, qui vit une partie du temps à cet endroit, se trouve être, entre autres, le propriétaire d’un ensemble de terrains le long de la rivière. Certainement l’une des personnes les plus riches de Ternate. Terrains, maisons, bus, commerces divers, Andy sait faire travailler les autres, lui étant plutôt du genre ‘’Imperador contemplatif’’.  L’Imperador ou MP étant un brandy, une ‘’liquor’’ comme ils disent ici, d’origine espagnole.

Andy se trouve bien là, confortablement installé sous un manguier, à siroter son Impé coupé avec de la glace,  en compagnie de quelques amis et serviteurs... un Pacha le Andy. Les ‘’présentations’’ sont faites, rapidement, je connais pratiquement tout le monde, une petite dizaine de personnes dirons nous.
Puis, après avoir parlé de choses et d’autres, je demande à Andy s’il connaît le propriétaire de la Bangka araignée qui mouille à son emplacement. Il me répond par l’affirmative, bien que ce dernier ne semble pas, à mon avis tout du moins, faire partie de sa garde rapprochée.

Mais, à ce que j’ai pu comprendre, le moteur de la ‘’Bangka araignée’’ fonctionnerait parfaitement. Je me pose la question, « pourquoi ce pêcheur ne va-t-il pas en mer ? » mais, adoptant le style philippin, je n’insiste pas pour la première visite. Par contre, je paie ma tournée, une bouteille d’Impé, de la glace et des Pulutans.


Deux jours plus tard je repasse dans la réserve d’Andy et je lui fais savoir qu’éventuellement je pourrais être intéressé par l’achat de cette barque. Le lendemain je reviens à la charge, avec cette fois deux bouteilles d’Impé, la glace et les Pulutans indispensables. Là, j’en apprends un peu plus ; cette barque vient de Masbate et le patron pêcheur n’a plus un ‘’centavo’’ pour mettre de la gazoline, en fait du diesel. Je laisse un mot, in english, avec mon numéro de portable à destination du propriétaire/pêcheur.

Le lendemain 28 septembre, passage à mon domicile d’un ‘’serviteur’’ d’Andy et du propriétaire de la Bangka. Rendez-vous est pris pour 14 heures. Enfin… je monte sur la ‘’Bangka’’ araignée, après avoir descendu tant bien que mal la digue qui, à ce moment de la journée, devait bien surplomber la surface de l’eau d’un bon trois mètres.

Je contrôle rapidement l’état de cette barque ; pour ce qui est du moteur je vais faire appel à mon ami le ‘’Kaiser’’, un ressortissant allemand spécialiste des moteurs diesels. Il y a également un générateur de courant électrique semi-portable, un petit 1,5 Kw. Deux bouteilles d’Impé plus tard me voyait me diriger en direction de Maragondon, ceci afin d’avertir le Kaiser qu’il lui faudrait être à mon domicile le lendemain à 09 h 30, les aurores pour lui.

Le 29, l’ami Pet est à l’heure pour une fois et nous prenons notre petit déjeuner, puis direction la rivière.
La marée est un peu plus haute et donc la digue plus basse, de ce fait nous montons (en fait nous descendons) plus ou moins facilement à bord. Le patron-pêcheur lève les amarres, remonte l’ancre, sort une perche et nous éloigne un peu de la berge à l’aide de cette dernière.

Le moteur, un petit dix chevaux diésel, démarre au quart de tour dans un gros nuage de fumée noire. 


Nous allons, après être sorti de l’estuaire, en fait la ‘’Barra de Ternate’’, effectuer une petite balade pépère dans la Baie de Manille. Ceci pour un prochain épisode.

Comme vous l’avez déjà compris, j’ai décidé d’acheter cette Bangka. Je vais y effectuer quelques modifications et espère vous avoir comme passager très prochainement.




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