Thursday, August 24, 2017

BABY FOOT ET ...TRAFIC DE PIASTRES !

Baby foot et trafic de Piastres !

Il y a quelques jours, alors que je déambulais dans les ruelles de Malate, un des districts de Manille, je me suis attardé dans quelques boutiques de ce que l’on pourrait appeler brocanteurs !

Une Piastre

Malate, J’y étais déjà passé, toujours chez ces mêmes brocanteurs, mais il doit bien y avoir plus de quinze ans maintenant. À l’époque j’étais à la recherche de Juke boxes, vous savez ces boîtes à musique qui jouaient des disques vinyles, qui passaient les derniers succès à la mode, ceci dans les années cinquante et soixante.

Une invention américaine ; comme les GI sont restés de très nombreuses années aux Philippines et qu’ils y ont importé leur culture, ce ne sont pas les Juke boxes qui manquaient sur l’archipel du sourire.

En fait le juke boxe, un peu l’ancêtre du Videoke sans la possibilité de chanter, peut se définir comme suit : un juke-box est un appareil de jeu de musique partiellement automatisé, généralement une machine à pièces (à sous), qui jouera le choix d'un client à partir de supports autonomes (disques pour les plus anciens et pour faire simple).

Vous aviez une liste de chansons avec leurs interprètes, vous choisissiez en fonction de vos goûts et couleurs et vous aviez la possibilité d’écouter vos mélodies (pas toujours) préférées. Cela permettait également, dans certains lieux choisis, d’inviter votre belle à danser. Elvis, les Beatles, les Shadows, les Beach Boys, Animals, Byrds, Richard Antony (qu’est ce-qu’il vient faire ici celui là), The Kings, Mike Kallagher, John Steel (vous ne connaissez pas, rassurez-vous, moi non plus), etc. j’en passe et des meilleurs.

Oui, mais leurs ‘’Juke boxes’’, à un minimum de cent vingt mille pesos (Php 120.000 ou à l’époque € 2400 à 2500), un peu cher pour moi. 

Des juke boxes, il y en a encore quelques-uns à vendre, toujours à des prix aussi faramineux, mais ce je dont je souhaite vous parler dans ce billet est de cet ancêtre de baby foot que j’ai découvert. Parmi tous les objets hétéroclites exposés dans une de ces échoppes, se trouvait un ancêtre, que dis-je, un dinosaure de baby foot.  

Rien à voir avec un Bonzini, même des années soixante-dix, non, j’avais devant moi un ancêtre, l’homme de Cro-Magnon du Baby foot. Son prix… hors de ma portée !

Peut-être pas aussi ancien que les nôtres !

Mais, cela m’a ramené quelques années en arrière, quelques dizaines d’années tout de même, la fin des années soixante pour être précis. Le Cambodge, la guerre du Vietnam, Diem Bien Phu, mais déjà loin ; des Français d’Indochine réfugiés, des militaires démobilisés, d’anciens collabos, venus au Cambodge se refaire une santé dans une terre proche, mais qui semblait plus accueillante ; sans oublier le ‘’Milieu.Corse’’ dont une partie avait migré de Saigon à Phnom-Penh. 

À l’époque, élève du Lycée Descartes, lycée français au Cambodge, j’y usais mes fonds de pantalons dans la chaleur moite des moussons du Sud-est asiatique.

Et oui, avant que de venir passer ma retraite aux Philippines, j’ai quelque peu sévit
au Cambodge, ainsi que d’en d’autres pays de la région. J’aurai certainement la possibilité de vous en parler plus longuement et surtout plus en détails. 

Imaginez un jeune garçon, d’une quinzaine d’années, un peu porté sur la chose, quelque peu déniaisé et arrivant dans un pays comme le Cambodge. Le paradis… sexuellement parlant tout du moins, mais, pas que.

Revenons au Baby foot et à la piastre !
Pourquoi ai-je intitulé ce billet ‘’Baby-foot et trafic de Piastres’’ ?

Lycée Descartes, Phnom-Penh

Le Lycée Descartes se trouvait au centre Nord de Phnom Penh, sur la rue Christopher Howes, une rue d’environ quatre cents mètres qui s’étirait et s’étire toujours d’Est en Ouest. À l’Est elle commence sur l’Avenue Monivong, là où se situait la cathédrale (détruite par les Khmers rouges) et se termine au Phnom, une colline artificielle, colline qui a donné son nom à la ville et sur laquelle se trouve, au sommet, un temple bouddhiste. 

La rue C. Howes, rue à sens unique, était doublée pat la Daun Penh Avenue, les deux voies étant séparées par un terre-plein planté d’arbres et gazonné d’une vingtaine de mètres de large.

En sortant du lycée, il suffisait de traverser la rue C Howes, le terre-plein et l’Avenue Daun Penh, soit une centaine de mètres, pour se retrouver à l’Hôtel Le Royal. Mais, si en sortant nous prenions à droite, en direction du Phnom, après moins de deux cents mètres nous étions au Cercle sportif, rendez-vous incontournable des expatriés, surtout Français.

Bien qu’ayant mes entrées à l’hôtel Royal, mon paternel travaillant pour une compagnie qui y louait en permanence une dizaine de chambres, je préférais nettement rejoindre mes copines et copains au bar du Cercle. Le Cerce sportif c’était une piscine olympique, de nombreux courts de tennis, une vingtaine de tables de Ping-pong, des terrains de basket et de volley, une salle de musculation, des flippers et quelques baby foot. Et bien évidemment le Bar-restaurant qui dominait la piscine olympique.

Hôtel Le Royal

On y rencontrait le tout Phnom-Penh des Français ; les militaires (nous avions une Mission Militaire importante au Cambodge), le Corps Diplomatique, les enseignants, les planteurs, etc.
Je me souviens très bien du Commandant Paul Grauwin (Médecin-chirurgien à Diem Bien Phu) et de sa 204 décapotable rouge écarlate. (Son livre, « j’étais médecin à Bien Diem Phu », est un témoignage poignant de ce qui c’est réellement passé dans cette terre lointaine, mais qui était néanmoins française).

Donc quelques Baby-foot, du type dinosaures, arrivés là je ne sais d’où, ni par quel miracle, car il s’agissait des seuls et uniques dans toute la ville. Bien qu’antiquités, ils étaient munis d’un système de monnayeur afin d’accéder aux balles. Une pièce, il leur fallait une pièce avant de nous délivrer dix ou douze balles pour jouer. Et ces pièces, que nous appellerions ici ‘’Token’’ et que nous achetions au bar… étaient des Piastres. Une grosse pièce d’une Piastre, lourde et de couleur argentée.

Le Cercle Sportif PNH

La piastre, du nom de la monnaie locale, était devenue l'une des devises les plus recherchées de la planète depuis qu'à Paris, en décembre 1945, un obscur fonctionnaire du ministère des Finances en avait fixé le cours officiel en métropole à 17 F, soit deux fois sa valeur réelle (8,50 F).

Une décision prise le 25 décembre qui constitua le plus beau cadeau de Noël fait par la IV République aux affairistes de tous genres.

Certains bâtirent ainsi d'immenses fortunes en quelques semaines, voire quelques jours.
Le principe était simple: il suffisait d'habiter en Indochine, plus particulièrement dans l'éphémère république de Cochinchine (région historique correspondant de nos jours aux régions administratives vietnamiennes du Delta du Mékong et du Sud-est) et d'obtenir l'autorisation de transférer en métropole des piastres qui, valant 8,50 F à Saigon, étaient échangées 17 F à Paris. 

Jackpot assuré ! Le système, destiné à l'origine à favoriser les exportations de France vers ses possessions asiatiques, se scinda bientôt en deux branches, l'une « légale », du moins en principe, l'autre illégale.

Ceux qui œuvraient dans la légalité la plus absolue étaient les soldats du corps expéditionnaire autorisés à transférer librement en France le montant de leurs économies. Et Dieu sait si nos braves pioupious furent économes puisque, de 1947 à 1949, ils ne dépensèrent pas une seule piastre en Indochine et firent fructifier leur pécule. Mieux, le montant des transferts de piastres dépassait de très loin le total de la solde des militaires. Pourtant, on pouvait voir marsouins, aviateurs, fantassins et légionnaires vivre sur un grand pied, jouer des sommes astronomiques au Grand Monde, à Cholon, le faubourg chinois de Saigon, ou payer avec largesse les prostituées opérant au Parc à buffles, le plus grand BMC (bordel militaire de campagne) de la capitale cochinchinoise.


En fait, les militaires, moyennant une honnête commission, servaient de prête-noms à des hommes d'affaires ou à des petits Blancs soucieux de « faire de la piastre », comme on fit plus tard du CFA en Afrique.

D'autres « légalistes », pressentant la fin de la présence française, juraient qu'ils préféraient quitter cette Indochine où ils vivaient pourtant depuis des années, voire des décennies. On assista ainsi à un émouvant exode de « partants définitifs », autorisés à tranferer, sans problème, le fruit de leur labeur et qu'on retrouvait, quelques semaines plus tard, à la terrasse du Continental, victimes d'un irrépressible « mal du pays ». Certains partirent ainsi cinq, six, sept fois, jusqu'à ce que les autorités s'avisèrent de renforcer un peu plus les contrôles, mettant un terme à ces allées et venues incessantes.

Les hommes d'affaires, eux, furent saisis d'une véritable fièvre d'achats. Très vite, Saigon devint la Mecque des firmes d'import-export, créées le plus souvent de toutes pièces et disposant d'adresses plus ou moins fictives tant en France qu'en Indochine, souvent dans des bistrots tenus par des amis.

Port de Saigon dans les années 50
L'Indochine française vit ainsi affluer dans ses ports tous les stocks de marchandises invendables qui s'entassaient dans des entrepôts en France: films de série B, manuels scolaires périmés, carcasses de navires destinés à la casse, sacs de ciment inutilisable, parapluies par milliers, pots de chambre... On n'en finirait pas de dresser l'inventaire à la Prévert des exportations françaises vers Saigon que leurs commanditaires ne venaient même pas chercher au port ou qu'on retrouvait dans les terrains vagues entourant la ville.

A l'Office des changes, rue Guynemer, une vingtaine d'employés contractuels français et une quarantaine de secrétaires annamites instruisaient les dossiers au petit bonheur la chance, refusant certains transferts, en acceptant d'autres, selon des critères que des pots-de-vin judicieusement distribués contribuaient à assouplir.

Il faut supposer que les fonctionnaires de l'Office des changes étaient de véritables Adonis, car d'accortes demoiselles s'amourachaient de ces quadragénaires bedonnants et se pliaient à tous leurs caprices. Jusqu'au jour où la belle demandait à son amant de lui rendre un « petit service » : signer un ordre de transfert de piastres pour elle ou pour des amis très chers.

Détail curieux: bon nombre de produits importés de France étaient des médicaments, des lampes torches, des chaussures, des pansements qui, loin d'être mis en vente rue Catinat, aboutissaient, grâce à des intermédiaires chinois et annamites insoupçonnables, dans les maquis du Vietminh, partie prenante de ce trafic. 

Quand Ganay, le directeur local de la Banque d'Indochine, s'avisa de mettre son nez dans ces affaires peu reluisantes, son valet de chambre et amant fut enlevé par le Vietminh en même temps qu'une statuette à laquelle il était très attaché. Après de longues et discrètes tractations, il récupéra son petit ami et l'objet d'art, mais perdit l'usage de la parole dès lors qu'il s'agissait du trafic de piastres.

Rue Catinat dans les années 50

Une fois le transfert obtenu, on pouvait recommencer à l'infini l'opération. Il suffisait de faire rentrer illégalement de l'or à Saïgon - le gramme valait 586 F à Paris et 1 300 F en Indochine - ou des dollars via Hongkong, Colombo ou Macao. Les trafiquants les échangeaient contre des piastres, qui faisaient l'objet d'un nouveau transfert vers Paris.

Une première alerte ébranla le petit monde de la Piastre le 18 septembre 1949.

Une seconde lorsque la presse s'empara de l'affaire.
Le Monde, Libération (celui de d'Astier de La Vigerie), la Croix ou le Populaire consacrèrent de nombreux articles à ce scandale, chacun s'efforçant d'atteindre ses ennemis politiques, le MRP, les radicaux, l'UDSR de Pleven et Mitterrand ou la SFIO. La polémique enfla d'autant plus que le livre de Despuech (un ancien modeste fonctionnaire de l’Office des changes de Saigon), intitulé LE TRAFIC DE PIASTRES (1953), démontrait clairement que la poursuite de la guerre en Indochine n'avait d'autre fin que de permettre à ces firmes et aux escrocs, bénéficiant de solides protections politiques, d'amasser des fortunes considérables.

Le gouvernement de René Mayer, interpellé à la Chambre, dut se résoudre, le 11 mai 1953, à ramener le cours de la piastre indochinoise de 17 à 10 F, ce qui limitait considérablement les possibilités d'enrichissement. 

Les différentes commissions d’enquête ne firent jamais l’objet de discussions au Palais Bourbon, trop de beau monde étant impliqué dans le trafic.

La Piastre, démonétisée et devenue sans valeur, retrouva au Cambodge une nouvelle vie, celle de jeton pour Baby-foot et flippers.


Maintenant, je me pose une question, pourquoi n’y a-t-il jamais eu de flippers et de Baby-foot aux Philippines ? La législation sur les jeux ?

Si quelqu’un, ou quelque une, avait des informations à ce sujet, je suis preneur.

Expériences, avis, critiques et commentaires, comme toujours sont les bienvenus.

À toutes et à tous excellente fin de semaine, bonnes vacances aux aoûtistes.


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