Saturday, October 18, 2014

DES FANTOMES ... À TERNATE !

Ils quittent un à un le pays, pour s’en aller gagner leur vie, loin de la terre où ils sont nés (!)
Depuis longtemps ils en rêvaient de la ville et de ses secrets, du formica et du ciné…
Nombreux sont ceux qui auront reconnu dans cette phrase, les premiers mots de ce qui est certainement la chanson la plus célèbre de Jean Ferrat, la Montagne.



Et bien, sachez que c’est ce qui se passe actuellement aux Philippines, la population locale quitte le monde rural pour aller s’installer dans les villes. Et c’est un exode massif auquel nous assistons, puisqu’en 2013 la population urbaine et ce pour la première fois de son histoire, dépasse la population des campagnes. Les citadins des grandes villes représentent désormais plus de 52 % d’une population totale estimée à cent cinq millions d’habitants. Alors que la population rurale était de 51,2 % en 1990, de 41,5 % en 2000 et de 33,6 % en 2010.

Oh le Philippin, celui qui quitte sa campagne pour la ville, ne rêve certainement pas au formica et au ciné, non ce qu’il recherche avant tout c’est la possibilité de se nourrir et de nourrir sa famille, d’échapper à la misère qui est la sienne dans sa lointaine province, peut-être également d’échapper à ses cauchemars.

Mais, n’avons nous pas connu ce type de situation en France ? Quand massivement arrivaient sur Paris les ‘’Bougnats’’ (en fait des Auvergnats, porteurs d’eau, puis charbonniers, d’où le nom ‘’Bougnats’’, puis marchands de vins et enfin cafetiers) ou alors ces migrations de jeunes filles bretonnes venues chercher du travail dans la capitale ? 

Petit aparté sur les jeunes Bretonnes qui, à partir de 1920, poussées par la misère arrivaient Gare Montparnasse : « Ce sont, dit-il, celles que l’on a accueillies la nuit dernière dans une rafle sur les boulevards. Monsieur le curé, vous pourriez prêcher en breton ici, presque toutes vous comprendraient. »
Voilà le genre de faits-divers que relayait la presse de l’époque. Bien sûr, toutes les Bretonnes ne tombaient pas dans la misère à leur arrivée. 


La Bretagne est alors un pays pauvre. Les salaires sont bas et les conditions de vie difficiles. Pour nombre d’entre elles, Paris apparaît comme le nouvel Eldorado. D’autant plus que ces jeunes filles “aussi sympathiques que capables”, selon un organisme de placement en bonnes, sont très recherchées. Elles sont des milliers à prendre le train et à débarquer sur les quais de la gare Montparnasse où la réalité est, en fait, toute autre. Sans argent ni relation, ne “baragouinant” que quelques mots de français, ces “naïves et confiantes” Bretonnes deviennent des proies faciles pour les proxénètes.

Aux Philippines, ce sont souvent des migrations qui font suite à des catastrophes naturelles, typhons dévastateurs, inondations de grandes ampleurs, éruptions volcaniques et dans une moindre mesure un tremblement de terre.

Ce sont majoritairement des paysans et des pêcheurs qui, après avoir tout perdu, très souvent leurs outils de travail, vont migrer en masse des campagnes et des bords de mer en direction des villes. Tacloban, Ormoc, Catbalogan, Calbayog, etc. pour ceux des provinces de Leyte et Samar.

Ainsi, il a été possible de constater un  afflux massif de nouveaux arrivants dans les grandes villes philippines comme Metro Manila et Metro Cebu, après le passage du typhon Haiyan, Yolanda pour son nom local.

Mais que vont bien pouvoir faire ces personnes, souvent sans ou avec peu d’éducation, que vont-ils bien pouvoir trouver comme travail, alors qu’il n’y en a déjà pas assez pour ceux arrivés avant eux ?
De plus, ceux arrivés de Leyte et Samar parlent le Waray, parfois avec une connaissance du Cebuano ; parfait pour Cebu, mais pas pour ceux qui arrivent à Manille. Des proies faciles pour les recruteurs en tout genre.


En 2013, l’agriculture employait encore 32 % de la main d’œuvre du pays pour seulement 12 % du GDP (PIB) national. Mais que vont bien pouvoir faire ces fermiers et pêcheurs dans une ville comme le grand Manille ou Metro Manilla, comme nous aimons l’appeler ?

Depuis quelques mois, peut-être une année, nous voyons des personnes qui errent dans la ville de Ternate.
Des personnes seules, parfois des femmes entre quarante et cinquante ans, qui font des allers-retours, à pied, du centre-ville aux Barangays périphériques de notre petite ville. Souvent emmitouflées dans des vêtements qui semblent être chauds, pas adaptés aux conditions climatiques locales. Parfois vêtus de haillons, ils ou elles marchent doucement, déambulent, s’assoient ici où là, mais étonnement sans jamais rien demander ni parler à quiconque. 

Comment font-elles pour se nourrir, où dorment-elles ? Je n’en sais absolument rien.

On les voit ainsi rester quelques jours, voire quelques semaines, avant de disparaître du paysage local.
Je soupçonne fortement qu’il s’agit là de ces migrants, arrivés ou déplacés du fin fond de leurs lointaines provinces et qui se sont rendu compte qu’ils n’avaient absolument aucun avenir dans la grande ville de Manille.

Il se pourrait même qu’il s’agisse de gens qui ont perdu toute leur famille dans la catastrophe de la région de Tacloban, car ces personnes ressemblent plus à des fantômes qu’à des Philippins qui ont simplement perdu le matériel. Quand je dis fantômes… en fait ils ressemblent plus à des morts vivants !

Puis un jour ils ont décidé de bouger, de quitter la capitale, peut-être de s’en retourner d’où ils venaient, à pied, par courtes étapes entrecoupées de longues haltes au gré de leur voyage, sans véritable but.
Le fait qu’ils ne parlent pas, qu’ils n’engagent pas la conversation avec les populations locales, pourrait indiquer qu’ils ne parlent ni le Filipino, ni le Visaya, encore moins le Chavacaño.

Donc des personnes qui parleraient le Waray par exemple, des personnes qui viendraient des provinces de Samar et de Leyte, de ces provinces ravagées par le typhon de novembre 2013.



Ternate n’est pas la seule ville à voir passer ces personnes, j’en ai rencontré à Naïc, Tanza, Rosario, ces villes qui se situent avant notre petite ville, mais toutes se dirigeaient vers le sud, toutes semblaient fuir la capitale surpeuplée et certainement inhospitalière, pour elles tout du moins.

Lorsqu’il fait beau, l’on peut les rencontrer le long des routes, marchant lentement, parfois assises à l’ombre d’un de ces arbres qui bordent nos routes. Parfois, même en pleine journée, certaines de ces personnes dorment sur un bas côté fraichement tondu, mais généralement non loin d’habitations.

Ces personnes n’ont rien d’autre que ce qu’elles portent sur elles, pas même pas un sac ou un baluchon ne leur tient compagnie. Rien à voler, sauf peut-être leurs vies, mais qui se soucie de la vie de ces pauvres êtres ? 

Personne ne les dérange, la population les laisse tranquilles et ils ne semblent déranger personne.

En France nous appellerions ces gens des vagabonds. Rectification, nous aurions appelé ces  gens des vagabonds, car maintenant avec les nombreux SDF qui hantent les villes et les campagnes françaises, le paysage social a bien changé.

A l’occasion, petit rappel au revenant N. Sarkosy.
Promesse de Nicolas Sarkozy : zéro SDF en 2008.
Lors de la campagne présidentielle de 2007, le futur président Nicolas Sarkozy avait formulé les promesses suivantes : « Je veux si je suis élu président de la République que d'ici à deux ans plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d'y mourir de froid.  Le droit à l'hébergement, c'est une obligation humaine. Si on n'est plus choqué quand quelqu'un n'a plus un toit lorsqu'il fait froid et qu'il est obligé de dormir dehors, c'est tout l'équilibre de la société qui s'en trouvera remis en cause. »

Deux ans plus tard, en 2009, 358 SDF sont morts dans la rue.


Si nous avons de plus en plus de SDF en France, la situation n’est guère meilleure aux Philippines.
J’ai l’impression que les gens qui dorment dans les rues sont de plus en plus nombreux à Manille. 
Depuis plusieurs années Ermita, un quartier touristique de la Capitale, est devenu un lieu où l’on rencontre de nombreuses familles avec des enfants qui dorment sur les trottoirs.  Mais Ermita n’a pas l’apanage de cette situation. Quiapo, Tondo, Binondo, ces quartiers que j’ai parcourus ces derniers jours, compte également des malheureux qui vivent et dorment dans la rue.

Ces gens qui errent, ces gens que l’on peut rencontrer à Ternate, sont-ils des déplacés de la région de Tacloban ?

Expériences, avis, critiques et commentaires, comme d’habitude sont les bienvenus.


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