Sunday, July 15, 2012

TERNATE, CAVITE ... THE PHILIPPINES !


La ville de Ternate, dans la province de Cavite sur l’archipel des Philippines

Il fallait bien que je vous parle un jour de la petite ville philippine dans laquelle j’habite, dans laquelle je vis maintenant depuis plus de douze ans.

La ville de Ternate, dans la province de Cavite, se situe à une cinquantaine de kilomètres au Sud-ouest de la capitale Manille. 


Une petite ville de province de plus ou moins vingt mille habitants répartis dans dix Barangays, ces Barangays dont je vous ai déjà parlé et que l’on peut comparer à des quartiers.

Oh, elle n’a rien d’extraordinaire, une petite ville de province de 4ème classe, une petite bourgade, presque un village, un cul de sac, puisque la route ne mène nulle part ; sauf au camp des Marines de Kalampang et au Kaylabne Beach Resort, un complexe touristique qui se situe à 25 kilomètres du centre-ville, par delà les ‘’montagnes’’, en direction de la province de Batangas.

Oui, la Municipalité de 55 kilomètres carrés s’étire le long de la mer, dans un axe Nord-est / Sud-Ouest et, sauf à proximité de la ville, ce ne sont que des falaises qui tombent à pic dans la mer de la baie de Manille.

Imaginez une main ouverte qui aurait sept doigts ; les doigts sont les falaises, mais entre ces doigts de petites baies et au fond de ces baies des plages de sable blanc, quelques cocotiers, des arbres qui portent des fruits sauvages et des singes qui se chamaillent pour le partage de ces fruits.

Deux complexes hôteliers touristiques occupent une partie du bord de mer : Puerto Azul, à moins de quatre kilomètres du centre-ville, surtout réputé pour son golf de 18 trous entre mer et montagne et le Kaylabne Beach Resort, plus moderne, qui attire la clientèle huppée du Grand Manille.


Quand je dis elle n’a rien d’extraordinaire, ce n’est pas tout à fait vrai, elle a un passé, une naissance un peu spéciale, pour tout vous dire elle a une histoire cette petite ville de Ternate.

Son histoire récente remonte un peu avant la colonisation de l’archipel par les Espagnols.
Les Portugais y avaient installé un campement à l’embouchure de la rivière. Il faut dire qu’il s’agit de la première rivière lorsque l’on entre dans la baie de Manille par le Sud et comme les voies d’eau ont toujours été des voies de pénétration de l’intérieur d’un pays … les marais, la jungle sauvage ou suivre la rivière, de plus navigable sur quelques kilomètres ?

Quand en 1571 les Espagnols prennent Manille pour y installer ce qui va devenir leur capitale coloniale, le campement portugais avait été abandonné depuis quelques années.
En 1574, les Merdicas, une tribu originaire de Ternate, une petite colonie espagnole installée sur une île des Moluques (partie de l’Indonésie), est volontaire pour venir à Cavite afin d’aider les Espagnols à repousser une attaque du pirate chinois Limahong (celle là je ne l’ai pas inventée).

Merdicas, cela veut dire ‘’Les Gens de la mer’’.
A l’origine sept familles moluquoises qui viennent s’installer sur un endroit qui va être nommé ‘’Gilolo’’, du nom d’un arbre local similaire à celui que l’on peut trouver aux Moluques.

Etonnamment, mais peut-être pas autant que cela, les noms des sept familles sont toujours portés par leurs descendants. L’on trouvait et l’on trouve toujours les : Nino Franco, De Leon, Ramos, De la Cruz, Esteubar, Pereira et Nigoza, toutes des familles influentes de la ville.  


Limahong a-t-il eu peur de s’y casser les dents ?
Toujours est-il que l’invasion n’a jamais eu lieu, mais que les Merdicas ont décidé de rester et qu’ils ont fait souche.

Le nom de ‘’Gilolo’’ a été changé pour ‘’Barra de Maragondon’’, à cause du banc de sable mouvant qui littéralement barre la rivière à son embouchure, avant que de devenir définitivement Ternate.

Du fait de cette barre, les galions espagnols ne pouvaient remonter la rivière, mais à marée haute, de grosses barques pouvaient passer et rejoindre ce qui allait devenir la ville de Maragondon qui se situe trois kilomètres en amont.  

C’est en 1611 que la première chapelle Franciscaine est érigée dans cette dernière Ville, puis ce sera une église fortifiée que construiront les moines soldats, les Jésuites.

L’on retrouve quelques vestiges de la colonisation sur Maragondon, l’église bien sûre avec son cimetière et son couvent, des murs de fortification, un petit port, tout du moins des quais, quelques maisons dont les bases sont faites de pierres taillées …pas sur Ternate, pas de vestiges sur Ternate, pourquoi ?

La ville est construite sur la rive droite de la rivière à environ quatre cents mètres de la mer et le centre-ville présente ses églises, son ‘’port’’ (trois marches et un abri), son square, le marché, l’indispensable terrain de basket, couvert s’il vous plait et les trois principaux barangays, ceux du ‘’Poblacion’’. Mais tout ceci est relativement récent, moins d’une centaine d’année.

A son embouchure, la rivière à une largeur d’environ 500 mètres et est séparée en deux chenaux par l’île du Balut. En fonction des courants, des typhons et des précipitations, un de chenaux, celui de gauche, peut être complètement fermé par un banc de sable.

C’est ce qui se passe en ce moment, les bateaux ne peuvent passer que sur la droite de l’île du Balut pour rejoindre la baie. Encore faut-il bien connaître, le banc de sable bouge sans cesse et par endroit il n’y a que quelques petites dizaines de centimètres de fond, donc méfiance. Si vous ne connaissez pas ou pas bien, il est préférable de suivre un pêcheur local lors de l’entrée et de la sortie de la passe.



Ce n’est que bien après la seconde guerre mondiale que la rivière a été endiguée sur la dernière partie de son parcours. 

A l’époque de la colonisation, la partie située sur la gauche de la rivière n’était que marécages et qui dit marécages, dit également maladies : malaria, fièvre jaune, dengue et autres maladies tropicales endémiques, l’enfer pour les colonisateurs, la mort assurée à plus ou moins brève échéance pour ‘’l’Espingouin’’, le Kano de l’époque.

Donc c’est pourquoi les Espagnols ont choisi de s’installer à Maragondon plutôt qu’à Ternate.
En 1663, sur ordre du Gouverneur Général, quelques Merdicas ont été envoyés à Bagumbayan, qui est maintenant Ermita, un des quartiers du vieux Manille, pour défendre la ville contre les pirates moros. Des pirates musulmans qui sévissaient à cette époque et faisaient des razzias sur l’ensemble de l’archipel. Environ  200 de ces Merdicas ont effectivement combattu les pirates moros et ils sont restés sur Manille où ils ont fait souche.

Je pense qu’à une certaine époque Ternate s’est retrouvé un peu isolée du reste du pays, certainement du fait de l’ouverture de la route de Manille passant par Naïc, Kawit et Bacoor.
Pirates chinois et moros ayant été repoussés, Ternate a perdue de son intérêt stratégique.

De ce fait les Ternateños, les habitants de Ternate, ont vécu dans une certaine isolation et en autarcie. 

De nos jours si la majorité des habitants parlent le Filipino, un pourcentage non négligeable de personnes parlent encore un créole Philippin / Espagnol qui se nomme le Ternateño ou plutôt le Ternateño Chevacano.

C’est un créole très proche du Chevacano Caviteño et du Chevacano Ermiteño, néanmoins il existe quelques petites différences surtout dans la prononciation. Pour simplifier nous pouvons dire que le Chevacano parlé à Ternate est composé de 70 % d’Espagnol, de 10 % de Portugais et de 20 % de Filipino, le tout sur une grammaire se rapprochant plus du Tagalog. 


De Manille à Ternate, en longeant la baie, la côte est plate comme la main, ce n’est que passé le pont de Ternate que les premières montées vont sérieusement se faire sentir dans les mollets de ceux qui s’y aventureraient en bicyclette. Là, cela grimpe avec des pourcentages sérieux, surtout après cinquante kilomètres de calme plat.

Les plages en partant du Nord-est et en descendant sur le Sud-ouest.

Au nord-est, sur les Baranguay(s) de San Juan, une longue et large plage qui se poursuit en demi-lune en direction de Labak, en direction de Naïc.
L’estuaire avec le Ranch Rich Resort, un mois avec, un mois sans … plage !

Bucana, la plage a disparue, peut-être va-t-elle revenir et l’île du Balut n’en est plus une, tout juste une presqu’île … jusqu’au prochain typhon.

Mais un large banc de sable apparait à quelques encablures du rivage, à marée basse tout du moins.

Puis la plage Del Rosario, puis celle du Ternate Beach Resort avant que d’arriver à notre petite plage, toujours calme et tranquille. Un promontoire rocheux, une colline verdoyante et hop, nous voilà sur la longue plage déserte de Kamandag, plus d’un kilomètre de long avant que d’arriver à la pointe rocheuse qui délimite la partie Nord de Puerto Azul.

Passé le complexe hôtelier avec ses plages, l’on va attaquer les sept doigts de la main. Etonnant comme certaines falaises semblent sculptées et ressemblent, de loin tout de même, à certains temples d’Angkor-Vat.

Certaines plages, comme celle de Kayognok par exemple, font plusieurs centaines de mètres de large.  Du sable blanc au fond d’une crique, parfois un ou deux pêcheurs, la plupart du temps nous sommes seuls. C’est là, dans ces endroits uniquement accessibles par la mer, que nous venons faire nos picnics.


Nous allons ramasser quelques moules, des oursins, pêchons quelques poissons qui, grillés sur des braises, vont grandement améliorer le menu … menu généralement composé de Pancit Canton ou Malabon et de spaghettis plus ou moins sucrés.
Si mon ‘’Compadre’’ Digus se trouve dans les parages, soyez assurés qu’il va nous apporter deux ou trois ‘’pusit’’ (calmars) qui iront rejoindre les moules et les oursins sur les braises.

Un bon saucisson sec avec du pain de campagne beurré, un pâté arrosé d’un petit blanc sec et glacé, le tout accompagné de l’odeur des poissons qui grillent doucement, mais sûrement, vous m’en direz des nouvelles et nous en reparlerons.

Parfois nous y passons la nuit, les bangkas sont alors montées sur le sable ou solidement ancrées à quelques mètres du rivage et à tour de rôle nous nous assurons que tout se passe pour le mieux.

Une plage comme celle de Kayognok, en plus d’être pratiquement déserte en permanence ,  offre une certaine sécurité pour les enfants ; en pente très douce, il faut aller à plus de cent mètres pour perdre pieds, que du sable et les enfants peuvent barboter tranquillement dans quelques dizaines de centimètres d’une eau à 25 º C, souvent plus.

Les nuits sont souvent extraordinaires, pour ne pas dire plus.


Bien sûr, il y a la magie d’un clair de lune sur Kayognok ; la plage, les collines et les falaises qui sont éclairées, mais pas de la même façon, que des gris, des bleus et du noir. Le bruit du ressac, les reflets sur l’eau, parfois du plancton fluorescent qui vous fait vous demander si vous n’avez pas trop abusé de boissons fermentées, des cris d’oiseaux et d’animaux sauvages et il y en a (la nuit les oiseaux crient, tout du moins les miens crient).

Parfois le vent catabatique, celui qui descend des montagnes, vous donne des frayeurs … à plusieurs reprises, au petit matin … un grand coup de vent !
Que se passe-t-il ?
Un typhon ?
Non, le vent fripon qui descend des montagnes ! Merci Alex.

Il m’a fait peur, surtout la première fois, alors que nous nous trouvions à Iba, la pointe extrême, la pointe ultime du sud de la baie, face à la mer immense, prochain arrêt … Singapour.

Un bruit qui peut sembler étrange et inquiétant pour ceux qui ne connaissent pas.
Un bruit très sourd, une sorte de boom, boom, boom, un bruit que l’on n’entend jamais en journée, mais parfaitement audible la nuit.
Le bruit des machines des navires qui passent au large de Corregidor, plus de dix kilomètres tout de même. (ou les hélices, des harmoniques ?)


De nuit, je les ai tous vu passer au large de kayognok, surtout les nuits sans lune.

Le Hollandais volant qui glissait sans bruit, le capitaine Nemo à la proue du Nautilus, Henri de Monfreid sur son boutre qui comptait ses perles, Alain Gerbault qui réparait les voiles du Firercrest en nous jouant ‘’Seul à travers le Pacifique’’, Colas, Tabarly, Poupon et tous ces Maîtres dont j’ai oublié les noms … honte à moi !

Un matin, à la pointe du jour, j’ai vu sortant de la brume, un Bombard plein de rustines piloté par un Capitaine Haddock hilare qui m’a fait cadeau d’une caisse de son meilleur whisky.
Je n’ai su que dire.

Pour vous dire que l’on ne s’ennuie jamais à Kayognok et que nous y faisons souvent, des rencontres surprenantes.


J’y retourne prochainement et vous aurez droit à quelques photos récentes.






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