Saturday, November 5, 2011

LE CARABAO ... LA SOLUTION ?

Le Carabao peut-il être la solution au réchauffement global de la planète ?

Oui vous avez bien lu, je n’ai pas abusé de boissons fermentées, je ne suis pas un adepte de la fumette ou autre substance interdite. Je me pose la question de savoir si le Carabao pourrait être une des voies pour résoudre, en partie tout du moins, le problème du réchauffement global de la planète.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas, le Carabao c’est le nom local du buffle d’eau, du buffle asiatique, celui que l’on retrouve dans les toutes les rizières d’Asie. De la Birmanie au Vietnam, du Laos au Cambodge, en Indonésie, aux Philippines, le buffle d’eau se trouve partout, le plus souvent vautré dans son trou de boue au milieu d’un champ de riz.

C’est également un animal de trait qui va tirer la charrue au soc de bois, qui va trainer le traîneau de bambou chargé de lourdes charges, voir qui va servir de monture pour le paysan fatigué. En général, seules les femelles sont utilisées pour les travaux, car plus dociles.

Elles donnent également du lait pour les enfants, lait dont on fait parfois des fromages, le fromage de Carabao. Les mâles finissent le plus souvent en viande de bouche, car plus violents et difficiles à dresser.


Je relisais récemment un article du Daily Inquirer, un journal local largement diffusé et généralement considéré comme sérieux.
Dans cet article, un scientifique philippin fait savoir qu’il croit pouvoir utiliser le Carabao pour réduire le réchauffement global de la planète.

Comment, allez-vous me demander ?

Bon c’est un peu compliqué, mais rassurez-vous, pas trop. Le Carabao est un ruminant et il peut manger un peu n’importe quoi. Comme tous les ruminants, le Carabao possède un estomac à quatre chambres, le rumen.

Le rumen décompose les plantes fourragères par fermentation microbienne. Ce processus également appelé fermentation entérique est semblable à l’action de la levure sur le raisin lors de la fermentation, d’où  production d’un gaz, le méthane, un des gaz à effet de serre.

Le Carabao mange ce qui peut correspondre au chaume du blé, la paille du riz ainsi que cette partie qui entoure le grain et qui ne peut être mangée (l'épis). Lors de la récolte du riz, vous pouvez voir dans les rizières, des piles, des montagnes de ces résidus qui restent à sécher sous le soleil. Une fois séchées ces piles vont être brûlées et transformées en engrais.


Donc le scientifique Fiorello Abenes dit que cette substance peut-être transformée en ‘’bio fuel’’ par les enzymes digestifs du Carabao, une fois digérée !

Le Docteur Abanes n’est pas un farfelu, par un de ces professeurs Tournesol, il a été chercheur aux USA les années précédentes, il a mis en place sa théorie de façon scientifique, en faisant attention où il mettait les pieds (les bouses).

Ces théories ont  récemment été testées et confirmées par le Philippine Carabao Center.

Abanes n’est pas un amateur éclairé (au méthane), il a reçu son doctorat de l’Université du Connecticut en 1975. Il a travaillé comme spécialiste régional des porcs en Alberta (Canada). Il a également travaillé à l’Institut de la Recherche et de la Formation qui est un département de La Food and Agriculture Organization aux USA et enfin 
à la Calpoly Pomona University en Californie avant que de revenir aux Philippines.

Ainsi la procédure du Dr. Abanez consiste à prendre des déchets, en l’occurrence le chaume de riz,  de le mélanger avec le liquide (enzymes) contenu dans l’estomac des Carabaos. Ce qui va produire une réaction et produire le fuel, auquel il ne restera qu’à ajouter un peu de levure pour terminer le processus.

Cette méthode arrive à point nommé.
Le gouvernement philippin ayant passé une loi permettant d’utiliser les végétaux et aliments pour fabriquer du bio fuel. 

Mais un expert international venu aux Philippines a dit que faire du bio fuel avec de la nourriture, canne à sucre, riz … n’était pas possible aux Philippines.

Le pays manque de nourriture et est obligé d’importer, principalement du riz. Utiliser les aliments pour fabriquer du bio fuel amènera à importer plus de nourriture et il n’y aura aucun gain économique dans l’opération.

Mais revenons à la méthode du Dr. Abanes.

Dans les faits ce ne sont pas les flatulences (les pets) qui posent problème, ce sont les rots et exhalations qui représentent 95 % des émissions de méthane des ruminants et quand on parle de gaz à effet de serre, le méthane est effectivement un contrevenant important.


Ce ne sont pas seulement les Carabaos qui pourraient contribuer à la réduction des gaz à effet de serre, mais ce sont tous les ruminants. Les vaches, les moutons, les chameaux, les chèvres, les girafes, etc.
Les quelques 1,3 milliard de vaches de la planète exhalent environ 300.000 milliards de litres de méthane par an, soit environ 20 % des émissions de méthane qui sont liées aux activités humaines.

Pour les voitures nous avons trouvé, en partie, une solution à l’émission des gaz : le pot d’échappement, le simple, puis le catalytique. 

On aurait pu imaginer installer un pot catalytique à l’arrière des vaches … problème ce sont les rots et exhalation qui représentent 95 % des émissions de méthane !
De plus nous souhaitons récupérer ce méthane, ce bio fuel  ( ???).

Je vois, j’entrevois une solution : le masque à gaz spécialement conçu, un peu comme l’invention de Jacques Cousteau pour la plongée, l’Aqua-Lung, mais modifié.

L’air (azote et oxygène) arrivant par un endroit et le méthane repartant vers un autre, vers un réservoir que l’on pourrait fixer sur le dos de l’animal … je vous laisse réfléchir afin de résoudre le problème de pression.

De plus, il faut bien qu’ils mangent ces animaux, vaches ou Carabaos, donc pas de masque pendant les repas. Le masque doit être installé lorsque l’animal commence à ruminer !

J’ai comme l’impression que l’on va s’amuser quelque peu, surtout avec les girafes.

Des études ont démontrées que plus l’on donne de fourrage aux ruminants, plus ceux-ci produisent de méthane (chez les vaches cela se traduit par une perte en production de lait). Méthane ou lait … il faut choisir.

Blague à part, que pensez-vous de cette idée ?


S’il n’y a pas d’utilisation de ces déchets laissés après la récolte du riz, cela peut-être envisageable, mais en Europe, le chaume est déjà bien utilisé !



Expériences, avis, critiques et commentaires, comme d’habitude sont les bienvenus.



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