Monday, July 25, 2011

MALNUTRITION ... "IMET" !



Il y a un peu plus d'un an, plusieurs reportages télévisés de la chaine GMA news sur les dix provinces les plus pauvres du pays, ont été réalisés et diffusés sur le petit écran.

Clarimel ou ''Imet'', son surnom, avait de grands rêves bien qu'étant née dans un des plus pauvres endroits de la ville de Bangued, dans la Province d'Abra. Elle vivait avec ses parents, frères et sœurs, dans une maisonnette très simple au pied de la montagne, près de la rivière Abra. 


Au départ, le reportage concernait son frère, mais la journaliste qui effectuait le reportage avait trouvé son histoire tellement surprenante qu'elle avait décidé de l'inclure dans le reportage. En fait, au départ l'histoire reposait sur son frère ainé, qui chaque matin, se rendait à l'école le ventre vide.
A cette époque, Imet souffrait d'un problème de reins qui faisait que sa figure était boursoufflée. Un autre
de ses frères Eric, plus jeune, souffrait des mêmes maux et présentait les mêmes symptômes.


Une jeunesse passée à se nourrir de patates douces bouillies (Kamote, talbos) et de nourriture bon marché sans grande variété a peut-être été la cause de ces problèmes de santé.

La famille d'Imet avait de grandes difficultés à joindre les deux bouts et à nourrir les enfants, ils mangeaient ce qu'ils pouvaient faire pousser dans leur bout de terre et achetaient ce qu'ils pouvaient payer avec le peu d'argent qu'ils arrivaient à gagner. Peut-être quelques nouilles instantanées et un peu de café.


La journaliste qui l'interrogeait était intriguée par le rosaire qu'Imet portait autour du cou et elle lui posa la question, "pourquoi portes-tu un rosaire’’ ? Entre deux sanglots, la gamine répondit qu'elle voulait se sentir mieux.
La journaliste, issue également d'un milieu défavorisé a tout de suite compris ce que voulait dire la petite fille, quand tous les espoirs semblent s'être évanouis, la dernière chose à laquelle vous vous raccrochez, le dernier espoir ... la foi.


Il y a quelques jours, Imet est morte ... elle a succombé à une pneumonie. Son corps frêle, ses problèmes de reins ajoutés à la pneumonie, elle n'a pas résisté. Une nuit elle a commencé à cracher du sang ... puis elle s'en est allé.

Ce qu'il faut dire sur la santé d'Imet, c'est que les médecins qui l'avaient ausculté durant le tournage du reportage avaient déclaré que son état de santé avait peu de chances de s'améliorer.


Durant la période séparant le reportage de sa mort, Imet et son frère ont été pris en charge par une Fondation, la Kara's Foundation, qui leur a donné la possibilité de passer des check-up et de recevoir des médicaments. Malheureusement le cas d’Imet était trop compliqué et l'intervention trop tardive. Espérons qu'il en sera autrement pour Eric.

Il n'est pas question pour moi de faire pleurer dans les chaumières (des histoires comme celle là, il doit yen avoir des dizaines par mois), simplement de me servir de cette histoire pour introduire une étude sur la malnutrition aux Philippines.
Je ne mets, volontairement, aucune photo d'Imet.
Nous avons ici, à Ternate des gamins de quinze ou seize ans qui ont la taille et la corpulence d'André mon fils de neuf ans.

La plupart des Philippins mangent une nourriture de qualité médiocre et la quantité de nourritures est insuffisante, ceci selon une enquête effectuée par l'Institut de Recherche sur la Nutrition.

Cette enquête nationale a été menée au cours de l'année 2008 dans 17 régions du pays, ce qui veut dire 79 provinces, y compris la National Capital Region (NCR, le grand Manille).


L'enquête révèle que plus de 7 Philippins sur 10 ont un manque chronique de fer et de vitamine A dans leur régime.
Ceci peut être la conséquence d'une consommation excessive de riz, de la cuisson des aliments au charbon de bois ou au pétrole et à la prise importante de sucre.

La base de l'alimentation de la majorité des ménages demeure le riz, le poisson et un peu de légumes. Plus de 50 % de la population a une prise de protéines insuffisante, cela touche aussi bien les enfants d'âge préscolaire que les écoliers, les adolescents, les jeunes adultes et les femmes enceintes. Soixante pour cent des mères qui allaitent ont également ce problème de prise de protéines insuffisante.


L'étude, qui a porté sur 5.033 ménages dans la NCR et 36.634 dans les provinces, montre qu'il y a un déclin significatif dans la quantité journalière de nourriture absorbée , plus spécialement marqué chez les enfants de 6 mois à 5 ans et chez les personnes âgées.  Nous sommes passées de 562 grammes au cours de l'année 2003 à 492 grammes en 2008.


L'enquête révèle également qu'il y a une forte réduction dans la proportion des ménages qui atteignent le seuil minimum de calories absorbées par personne chaque jour.
L'on est passé de 40 % en 2003, à moins de 30 % en 2008 !
La grande majorité de la population présente une déficience en vitamines A, Iode et Fer. Ceci est encore plus marqué dans la province d'Antique qui semble être une, sinon la province, présentant l'incidence la plus élevée de malnutrition.


Pour la spécialiste Malou Galang, ces résultats sont essentiels pour faire prendre conscience au peuple philippin, de la situation exacte de la malnutrition dans le pays.

A la lecture de ce résumé d'enquête, plusieurs questions viennent à l'esprit.
La première étant : pourquoi cette étude, vieille maintenant de trois ans, n'est-elle rendue publique que maintenant ? Blocage politique de l'ancienne administration ?Datant de plus de trois ans, donc avant l'impact de la crise économique aux Philippines, cette étude doit être maintenant obsolète. Comme je fais état, dans plusieurs de mes posts, d'une pauvreté rampante qui gagne du terrain à la vitesse de la lumière, que pourrait donner une étude réalisée aujourd'hui ?



Je vous laisse juge.





Avis, expériences, critiques et commentaires, comme d'habitude sont les bienvenus.
Post a Comment