Saturday, June 4, 2011

PNOY ... ET LE FANTÔME DE BIN LADEN ! / CHÔMAGE ... TSUNAMI !


PNOY, LE PORTE-AVION ET BIN LADEN !



Eh bien oui, le Président Aquino, familièrement surnommé Pnoy, n’était pas à la maison ce samedi 14 mai pour recevoir le héros des rings, le plusieurs fois champion du monde de boxe, Manny Pacquiao.



C’est bien la première fois depuis bien longtemps que le retour du champion se fait aussi discret. Pas de réception officielle, de tour d’honneur dans la ville, de réception au Palais de Malacañan ou à l’Hôtel de ville de Manille. Même journaux et télévisions se sont peu intéressés au retour du fils prodigue.


Perte de prestige depuis qu’il est devenu Congressman (un peu l’équivalent de nos Députés), il est trop riche, son combat contre Mosley a semblé trop facile, la crise économique et la difficulté de la vie de tous les jours pour la majorité des Philippins ?

Peut-être un peu de tout cela. Mais je peux confirmer que l’événement, le combat en lui-même, a suscité beaucoup moins d’intérêt et de passion que ses précédentes montées sur le ring.



Mais revenons au Président Aquino, pourquoi ne se trouvait-il pas à Manille en ce samedi 14 avril ?
Tout simplement il se trouvait en mer, sur un porte-avion, au large de la baie de Manille. Pas un porte-avion Philippin, le pays n’en possède bien évidemment aucun, non, un porte-avion américain et pas n’importe lequel ; celui sur lequel Bin Laden, tout du moins son cadavre, a été ramené par le commando de seals, puis jeté à la mer.


Sur invitation de l’Ambassadeur des États-Unis, Monsieur Aquino à la tête d’une délégation composée de membres de son Cabinet, a effectué une visite ultra-secrète du porte-avion nucléaire USS Carl Vinson, celui sur lequel le cadavre du ‘’terroriste Bin Laden’’ a été ramené avant d’être envoyé à la mer.


Le navire de guerre, avec son escorte, est attendu ce dimanche dans le port de Manille pour une visite de routine de quatre jours. L’Ambassadeur dit que cette visite de courtoisie, met en lumière les forts liens qui unissent historiquement les deux pays ainsi que les étroites relations militaires entre les USA et les Philippines.
Monsieur Aquino a reçu les honneurs d’une visite spéciale du porte-avion alors que celui-ci se trouvait encore en haute mer.


Le navire arrive directement de la péninsule arabique, après avoir récupéré les hélicoptères transportant les commandos, ainsi que le corps de Bin Laden, tué dans l’opération de l’attaque de sa cachette dans la ville d’Abbottabad au Pakistan.


Rebecca Thompson, la porte parole de l’Ambassade US, précise que Mr. Aquino, l’Ambassadeur Harry Thomas Jr. ainsi que les officiels Philippins ont été transportés par un avion militaire américain, samedi 14 de Manille au porte-avion qui se trouvait alors dans les eaux internationales.

« Nous sommes honorés de la présence du Président Aquino sur le navire » a déclaré Monsieur Thomas.
Suite à une remarque impromptue au sujet du bâtiment, le Président a réaffirmé les ‘’liens historiques et culturels qui existent entre les deux nations’’, les Philippines étant un des plus anciens et un proche allié des USA en Asie.

Les spéciales forces ont entrainé et armé les soldats Philippins dans leur combat contre les extrémistes liés à Al Quaida depuis plus de dix ans maintenant.


À aucun moment le sujet de la participation du porte-avion dans l’attaque d’Abbottabad n’a été évoquée.
Nous n’avons même pas abordé le sujet. C’était une visite et le Président a rencontré l’équipage, nombre d’entre eux sont des Filipino-Américains affirme Carandang.


Le Pésident et son entourage, le Ministre des affaires étrangères Albert del Rosario, le Ministre de la défense Voltaire Gazmin, le Ministre des finances Cezar Purisima et le chef des armées le Lt. Gen. Eduardo Oban, entre autres, sont restés environ trois heures sur le bâtiment sur lequel ils ont déjeuné.

Le Président et son entourage ont décollé de la base de Villamor vers neuf heures du matin et se sont posés sur le porte-avion après un vol d’une heure et quinze minutes. Le voyage de retour quant à lui n’a duré que 40 minutes.


A ce qu’il parait, le Président a été impressionné et s’est amusé comme un petit ‘’fou’’ à regarder les chasseurs décoller et atterrir sur le pont du porte-avion. Encore un peu enfant ce Président.


Bon, maintenant si l’on y regarde d’un peu plus près, cette visite officielle prend quelque part, un caractère de provocation.

Il ne faut pas oublier qu’il y a entre 5 et 12 % de la population qui suit la religion de l’Islam aux Philippines. Je prends large dans la mesure où les statistiques et les comptes au pays des 7.107 îles … laissent fortement à désirer. Si l’on prend 5 %, l’estimation basse, cela fait tout de même cinq millions d’islamistes.


Dans la semaine qui a précédé la visite de Monsieur Aquino au porte-avion Vinson, des dizaines de musulmans se sont rassemblés pour un service funéraire à la mosquée d’or, dans le quartier de Quiapo. Une marche de sympathie a été organisée en l’honneur de Bin Laden, considéré comme un guerrier de la foi. C’est à partir du Carl Vinson que le cadavre de Bin Laden a été jeté à la mer.



Le nucléaire a très mauvaise presse aux Philippines, un fort rejet de l’atome et une expérience malheureuse avec un projet de centrale nucléaire électrique sur Bataan. Je vais m’en assurer, mais je crois savoir que la Constitution interdit tout ce qui est nucléaire sur le territoire philippin.

Le Carl Vinson est un porte-avion ‘’Nuc’’ et il était ancré dans le port de Manille.


Autre considération le VFA, un accord militaire entre les USA et les Philippines. En fait le RP-US Visiting Forces Agreement, un agrément bilatéral qui se compose en réalité de deux agréments, le second étant la contrepartie du premier. À ma connaissance, il n’a jamais été utilisé.

Le terme VFA est habituellement utilisé aux Philippines pour faire référence au premier agrément, qui précise entre autres :
Qu’il autorise, sans restriction, les mouvements de navires et avions de guerre US aux Philippines.
Mais ce qui est le plus controversé concerne la partie de l’agrément qui autorise le gouvernement US à conserver juridiction sur les personnels militaires accusés d’avoir commis des crimes aux Philippines. De nombreux groupes, associations et partis se battent farouchement contre cette partie de l’agrément. Il y a maintenant une forte opposition du Congrès, d’organisations non gouvernementales et même de l’exécutif pour revoir ou même terminer cet agrément.



Maintenant s’agit-il d’un geste de politique extérieure, s’agit-il d’un signe à la Chine, une forme d’avertissement sans frais ?

Une sorte de ‘’j’ai choisi mon camp et l’on ne va pas se laisser faire’’.

Pour ceux qui ne connaissent pas. Au large de Palawan, entre 100 et 200 NM (185 à 370 kilomètres) dans l’ouest, se trouve un ensemble d’îles, d’îlots, de récifs et d’atolls, de l’ordre de 750. Durant des siècles, personne ne s’est vraiment préoccupé de ces bouts d’îles, de ces rochers.
Selon les lois internationales, une grande partie de ces îles sont dans les eaux territoriales philippines, certaines même, les plus grandes et les plus proches, sont habitées par des Philippins.



La Chine et le Vietnam réclament la totalité des Spratlys. Les Philippines demandent les îles les plus proches de Palawan. Taiwan, la Malaisie et Brunei réclament également une partie du gâteau.

Oui gâteau, car il y aurait du gaz et du pétrole dans le sous-sol.

Depuis une dizaine d’années, la Chine a intensifié sa présence militaire dans ce secteur. Construction de forts, de ports, de phares, patrouilles maritimes et aériennes et des garnisons de plus en plus importantes.
Récemment des incidents ont éclaté entre pêcheurs locaux et la marine chinoise. Un navire d’exploration philippin a été agressé et il y a quelques jours une patrouille aérienne philippine équipées d’avions ‘’Bronco’’ a été survolée par ce que les pilotes ont décrit comme des ‘’Migs’’chinois !


Là grande interrogation, car à ma connaissance les Chinois ne possèdent pas de Migs, ils n’ont pas de porte-avion et l’autonomie de vol de leurs chasseurs n’est certainement pas suffisante pour couvrir un aller retour Chine / sud de Palawan plus les réserves nécessaires pour une patrouille.

Sauf à utiliser des ravitailleurs.

Affaire à suivre dans un autre post.


C’est donc la succession de ces événements, dans ce qui semble être une volonté d’expansion territoriale de la Chine, qui pourrait expliquer le geste du Président Aquino.
Se mettre à l’abri de la menace chinoise sous l’ombrelle des États-Unis.


Note :

Dans le texte sacré de l’Islam, le Coran, il est précisé que de préférence la dépouille sera enterrée, assez profondément afin que l’odeur ne puisse se propager et attirer les bêtes sauvages.
Néanmoins, si une personne décède en mer et qu’il n’est pas possible de ramener la dépouille à terre, les funérailles en mer sont autorisées. Un poids est attaché aux pieds à l’aide d’une corde et le corps est descendu dans l’eau.

Ceci doit être fait en prenant la précaution de ne pas descendre le corps dans un endroit où il puisse être immédiatement dévoré par des prédateurs.


Dans le livre Sunnite, ‘’Umdat al-Salik wa Uddat al Nasik’’ il est indiqué :
Il est préférable d’enterrer dans un cimetière … si une personne meure en mer, son corps sera attaché entre deux planches, de façon à ce que le corps flotte, puis mis à la mer.
De cette façon, si le corps atteint le rivage, même si les habitants sont des non-muslims, ils l’enterreront.



Croyez-vous à une tentative d’expansion de la Chine par la force sur l’ensemble de la zone ?




Expériences, critiques et commentaires, comme d’habitude sont les bienvenus sur < expatauxphilippines.blogspot.com  >.




POURQUOI PLUS DE PAUVRETÉ ?



Le dernier sondage réalisé par l’institut Social Weather Stations, commandé par le journal BusinessWorld Daily et repris par tous les grands quotidiens sauf un, reconnait que :
Selon ce sondage, réalisé entre les 4 et 7 mars de cette année, 27,2 % des personnes interrogées déclaraient être sans travail.
La situation est des plus claires : le taux des sans emplois était de 23,5 % en novembre 2010 et de 20,5 % lorsque le Président Aquino est entré en fonction en juin 2010.


Si le sondage de SWS est extrapolé au niveau du pays, le taux de chômage de mars 2011 veut dire que le Monsieur Aquino a présidé sur une économie dans laquelle, en tout juste neuf mois, 2,8 millions de personnes ont été ajoutés à la liste des chômeurs. Ce qui fait que le pays compterait aujourd’hui de l’ordre de 11,3 millions de personnes sans emplois.

Et la situation risque d’empirer avant la célébration du premier anniversaire de la prise de pouvoir du Président Aquino. En effet, traditionnellement le nombre de chômeurs augmente en avril et mai, avec l’arrivée sur le marché du travail des lycéens qui sortent du système scolaire et des étudiants qui diplômes en poche, partent à la recherche d’un premier emploi.


Si l’on se base sur les chiffres publiés par SWS, Monsieur Aquino se distingue par le fait d’être le premier Président, dans les dernières décennies, à voir une montée aussi brutale de la courbe du chômage durant sa première année d’exercice du pouvoir.

Même la première année de la courte présidence de Joseph Estrada n’était pas aussi mauvaise. Selon un sondage, toujours réalisé par SWS, la première année d’Estrada a vu le taux des sans emplois passer de 10 % en juillet 1998 à 7,5 % en juin 1999. D’un autre côté, le taux des sans emplois durant la première année d’exercice de la Présidente Gloria Arroyo a reculé de 10,3 % en juillet 2001 à 8,4 % en mai 2002.

Ce n’est que depuis 1993 que SWS effectue des sondages sur le chômage, il faut utiliser les données statistiques du Bureau du Travail et de l’Emploi pour voir comment se sont comportées les administrations antérieures durant leur première année au pouvoir.
Le taux des sans emplois durant la première année sous la loi martiale de Marcos diminue et passe de 6,1 % en août 1972 à 5.1 % un an plus tard.
Le chômage augmente durant la première année au pouvoir de Corazon Aquino, passant de 7 % au premier trimestre de 1986 à 10,2 % en juillet 1987. Avec 8,5 % de sans emplois au début de la présidence de Monsieur Ramos en juillet 1992, le taux passe à 8,6 % en juillet 1993.


Le taux de chômage, le pire jamais enregistré, est donc à mettre au crédit de l’administration Aquino. De plus, durant cette première année, il n’y a pas eu de crise économique de l’ampleur de celle de 1997, il n’y a pas eu de menace de terrorisme comme il y en a eu après le 11 septembre 2001 et les cours du pétrole n’ont pas explosé durant les 11 derniers mois.

Oui, il y a eu la crise des pays arabes, le Moyen Orient et l’Afrique du nord, mais seulement quelques milliers de travailleurs philippins ont perdu leurs jobs du fait de ces crises.


Ironiquement, le raisonnement de Monsieur Aquino, qui pense que tout ce qui a été touché par la précédente administration sent la corruption, explique en partie ce taux extrêmement élevé de personnes sans emplois.
Monsieur Aquino est même fière d’annoncer que les membres de son gouvernement ont annulé ou relancé des appels d’offres, pour plus de neuf milliards de pesos de projets, dans le seul secteur des infrastructures. Il dit que ces projets doivent être contrôlés de façon à s’assurer qu’il n’y a pas eu de corruption de la part des officiels de la précédente administration.

Le montant est en fait nettement supérieur aux neuf milliards annoncés. Les données du Ministère du Budget montrent que le montant total des dépenses, dans les projets d’infrastructures et autres, a diminué de 28 milliards de pesos comparé au programme de l’année précédente.
Les dépenses de maintenance et d’opération ont été amputées de 19 Milliards. ‘’Durant les six premiers mois de son mandat, le Président Aquino était très (trop) occupé à contrôler les projets de l’administration Arroyo, de ce fait rien n’a bougé,’’ disait récemment l’économiste et ancien ministre du Budget Benjamin Diokno.

Pour expliquer très simplement ce qui se passe, imaginons un ouvrier qui a été embauché dans le cadre d’un projet gouvernemental de route, projet approuvé il y a un an ou plus. Soudainement il se retrouve sans emploi, le projet est stoppé afin de laisser le temps aux officiels de l’équipe Aquino de contrôler qu’il n’y a pas eu corruption et éventuellement de relancer un appel d’offre.

Allez sur le site du Public Works and Highways Departement (DPWH) et regardez les annonces au sujet de nombreux projets, se chiffrant en milliards de pesos, qui font l’objet d’un nouvel appel d’offre.


Un vœu sincère de lutte contre la corruption ? Dans ce cas ce sont des Saints … ou veulent-ils avoir eux aussi leur part du gâteau, maintenant qu’ils sont au pouvoir ? Commentaire d’un ancien officier de DPWH.

Il y a une autre raison qui explique le chiffre catastrophique du chômage. La confiance dans le leadership de Monsieur Aquino, sa capacité à gouverner en leader, cette confiance présente dans les premiers mois suivants son investiture, s’est évanouie.


Les hommes d’affaire se sont certainement rendu compte que le Président Aquino n’avait pas la stature, ou tout du moins qu’il donnait l’impression de ne pas avoir la stature, de ce fait la majorité d’entre eux ont repoussé à plus tard leurs projets d’investissements.
Cette perception du chef de l’État a certainement été renforcée par l’image inconsistante et molle de son équipe économique. Le Secrétaire aux Finances, Ministre du budget, Monnsieur Cezar Purisima, semble plus apprécier son rôle de justicier, à la poursuite des fraudeurs et tricheurs, qu’au rôle plus traditionnel de Ministre des Finances, le premier interlocuteur et meneur de l’équipe économique du gouvernement.


Le Directeur de la Neda Cayetano Paderanga et le Ministre du Commerce et de l’industrie Gregory Domingo sont pratiquement des ministres invisibles.

Le plus important programme de Monsieur Aquino, qui porte sur une enveloppe, pas très bien définie d’ailleurs, de 22 milliards de pesos, n’est pas motivé par un programme de politique économique, mais par un programme social pour les plus pauvres : le conditional cash-transfer program.

Distribution de cash pour les plus pauvres, les déplacés, etc. Louable charitable et géniale que cette forme de redistribution, car conditionnée à certaines actions des bénéficiaires, comme l’obligation de mettre leurs enfants à l’école, mais totalement irréaliste du fait du contexte économique et du climat des affaires.

Si Monsieur Aquino ne fait rien pour améliorer la situation économique très rapidement, la voie du respect des lois et des institutions, voie sur laquelle il semble vouloir surfer, sera balayée par la vague des sans emplois.



Pour ceux qui vivent en dehors de Philippines, comment percevez-vous la situation économique du pays ?

Pour ceux qui vivent ici, avez-vous l’impression que les pauvres deviennent plus pauvres ?



Expériences, critiques et commentaires, comme toujours sont les bienvenus.
Post a Comment