Thursday, June 9, 2011

NO ... COMPRENDO ! / T'Y VAS FORT ... PARÉ !


PARLER … AVEC UN FILIPINO


Parler, discuter avec un Philippin est une chose, se faire comprendre en est une autre.

La communication n’est pas toujours des plus faciles. Êtes-vous sûr qu’il a bien compris ce que vous vouliez lui dire ?
 Etes-vous certain d’avoir employé les mots corrects, dans l’ordre correct et qu’il n’y a pas une mauvaise interprétation de sa part ?


Difficile, parfois très difficile, même les Américains qui vivent ici se plaignent souvent de ce problème de communication avec les Philippins. Ce n’est, dans la plupart des cas, pas une question de mauvaise volonté, ni d’un côté ni de l’autre, mais une profonde différence de culture.


Cela prend des années pour comprendre ce phénomène … souvent les Philippins interprètent un langage que nous ne connaissons ni les uns ni les autres.

Essayons d’expliquer : parfois (souvent), anglais et américains ont des difficultés à se comprendre, alors qu’apparemment ils parlent le même langage. Oui, mais il y a de grandes différences dans les mentalités, les cultures, les expressions utilisées, les mots n’ont pas toujours la même signification d’un côté ou de l’autre de l’Atlantique et … les accents régionaux ou locaux.


George Bernard Shaw a dit un jour que : ‘‘Anglais et américains sont séparés par un langage commun’’, la séparation est encore plus grande entre philippins et américains ou anglais, ou avec toute autre personne qui parle ‘’anglais’’.


Cela est encore plus vrai pour nous français, qui somment, pour la plupart d’entre nous, loin d’être bilingue.
C’est quelque chose à laquelle nous devons songer très sérieusement. Comment nous exprimer et faire passer nos idées sans heurter la très susceptible mentalité et le bouillant tempérament philippin, quelque chose qu’il nous faut étudier si nous souhaitons avoir de bonnes relations ici, faute de quoi nous risquons de perdre nos amis, voir de nous faire des ennemis.


La chose est que le Philippin a quelque part sa propre voie de pensée, au sujet de lui-même, de sa famille, de son pays, des autres, du monde … et il est très facile de heurter sa sensibilité, sa susceptibilité. De par expérience je peux vous dire que si vous heurtez la susceptibilité d’un Philippin, cela peut prendre du temps avant que votre relation se rétablisse … des mois, des années, parfois jamais !


Différence de culture entre l’ouest et les Philippines je suppose.

Quand vous parlez avec des membres de la famille ou d’autres Philippins, souvenez vous que l’anglais est leur seconde langue et que depuis l’indépendance cette seconde langue, parlée par une majorité, a suivi sa propre évolution. Qui n’est pas forcement l’évolution suivie par l’anglais et l’américain … c’est pour cela que l’on nomme entre nous ce langage le ‘’Philglish’’.


Le Philippin emploie très souvent un mot anglais, mais qui pour lui ne veut pas forcement dire ce qu’indique la définition officielle du dictionnaire. Le ‘’brown-out’’ est l’expressison locale qui en anglais se traduit par ‘’black-out’’, le ‘’short-cut’’ c’est en fait un ‘’short-circuit’’ un court-circuit en français, le tricycle c’est une motocyclette avec un side-car, etc.


Pour tout arranger il y a la prononciation qui peut également varier … sensiblement. Par exemple ‘’Doll’’, la poupée, va se prononcer ‘’Dalle’’, ‘’flour’’, la farine, se prononce ‘’flaour’’ et encore … le mieux étant de demander de la Harina si vous avez besoin d’acheter ce produit.

Et oui, pour corser le tout, ils utilisent également des mots et expressions espagnols ou dérivés de l’espagnol ! Les jours de la semaine ainsi que les chiffres et les heures sont très souvent en espagnol. Attention, pour les jours de la semaine en espagnol, nous retrouvons les lunes, martes, miercoles, jueves, viernes et sabados, mais ils utilisent ‘’lingo’’ (tagalog) pour dimanche. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?



Donc le Philippin utilise des mots et expressions anglaises qui vont avoir une signification différente de celle que vous connaissez. La prononciation peut ne pas être la même, il emploie également des mots et expressions espagnols, quant à l’accent qu’il pense être du pur américain …


De plus nous ne sommes pas, loin de là, tous ‘’fluent in english’’ !


Ce qui peut et ce qui va certainement amener à des quiproquos et là … danger.

Oui danger et j’explique : je vais prendre un exemple extrême de façon à bien me faire comprendre.
Vous discutez de choses et d’autres avec un copain, un ami, une connaissance, en résumé un Philippin que vous connaissez assez bien. Lors de la conversation vous souhaitez lui faire savoir que vous trouvez sa petite fille jolie et vous lui dites ‘’Your young daughter is really ugly’’. Vous vous êtes trompé vous avez employé ’’ugly’’ en lieu et place de ‘’pretty’’ … et là, il y a danger.


Si vous étiez en discussion avec un américain ou un ressortissant d’un pays de l’ouest, aucun problème, il prendrait cela en souriant, il répondrait : comment ? Mais elle est très belle ma petite fille, ‘’she is so pretty’’ et vous vous apercevriez automatiquement de votre erreur. Vous rectifierez immédiatement et … vous en rigolez encore tous les deux aujourd’hui.


Mais cela ne va pas être la réaction du Philippin. Il va prendre cela au premier degré, sans jamais penser que vous vous êtes trompé de mot, que vous avez confondu ugly et pretty.


Et là, vous vous êtes très certainement fait un ennemi.

Le plus grave c’est que, dans un cas comme celui là, le Philippin va se souvenir que vous êtes son ennemi, mais très souvent il aura oublié le motif, le pourquoi de la chose. Si vous lui posez la question pourquoi X est votre ennemi, dans la plupart des cas il vous répondra : « je sais que c’est mon ennemi, mais je ne me souviens plus pourquoi ! »



Dans les affaires, en cas de négociations difficiles et s’il y a plusieurs interlocuteurs, je conseille vivement aux gens, même ceux qui parlent un anglais courant, de prendre un traducteur qui servira d’amortisseur. Ceci afin d’éviter d’entrer en conflit ouvert, sans même s’en apercevoir.



Un autre exemple d’incompréhension mutuelle. Il y a quelques années je me trouvais au restaurant avec quelques amis français et nous commandons. Comme nous avons des plats qui sont différents, les temps de cuisson ne sont pas les mêmes.

Le cuisinier fait en sorte que nous soyons tous servis en même temps. Problème, la pièce de bœuf saignante d’un des convives est froide. Il appelle le serveur et lui demande : « Please could you bring it back to the kitchen, it’s cold ». Le serveur emmène la pièce de bœuf en cuisine et après dix minutes notre ami demande : « May I have my piece of beef, please ?»

« Yes Sir ». Et la pièce de bœuf revient … froide. Cela se répète deux autres fois, la pièce de bœuf repart en cuisine et revient froide.

Mon ami change de tactique, amène lui-même son assiette dans la cuisine, demande au chef d’ouvrir le four, y met la pièce de ‘’beef’’ et tourne le thermostat. Tout le monde est surpris en cuisine, chacun pensait que le client changeait d’avis, qu’il ne voulait plus de son bœuf, puis qu’il le voulait à nouveau.



Moralité de l’histoire expliquez, aussi clairement et simplement que possible, ce que vous souhaitez.
‘’Sorry but the beef is cold, could you cook it in the oven a few minutes more, please’’. D’autre part, n’oubliez jamais que le Philippin ne sait pas dire ‘’Non’’. Même s’il n’a rien compris à ce que vous voulez, il répondra par oui … il aurait l’impression de perdre la face s’il vous répondait ‘’Non’’.



Avez-vous été confronté à ce genre de problème, vous êtes-vous retrouvé dans des situations d’incompréhension du fait de la langue ? Partagez votre expérience en laissant un commentaire.




Expériences, critiques et commentaires comme d’habitude sont les bienvenus.



TU FAIS FORT … PARÉ !


C’est une histoire que j’aime bien, que j’adorerai s’il n’y avait pas eu destruction d’une partie d’un récif de corail … typiquement Filipino !
Je ne suis pas certain à 100 % de la véracité de l’histoire, mais j’aime bien, cela serait tellement ‘’Filipino’’.


Un navire transportant du charbon en provenance d’Australie et faisant route en direction de I’Inde s’est échoué sur un récif de corail au large de la ville de Kiamba dans la province de Sarangani.

Le cargo M/V Double Prospérity, navire battant pavillon panaméen, s’est échoué le samedi 8 mai dernier sur le Bakud reef et environ quatre hectares de corail ont été endommagés, selon les dires de Dirie Macabaning, le Superintendant de la zone protégée de la Baie de Sarangani.


Il faisait beau, la mer était d’huile, la visibilité excellente et boom, sur les rochers, dans une zone protégée et très certainement interdite aux navires de haute mer.
Macabaning, qui lui ne perd pas le nord, alors que le navire est encore sur le récif ce 13 mai, fait savoir que son bureau estime les dommages causés par l’incident à 30 millions de pesos (€ 500.000). Il précise que le récif se trouve à 2,5 miles des côtes de la ville de Kiamba dans la province de Sarangani.



Mais que faisait un vaisseau de cette taille, plus de deux cents mètre de long (244 m) aussi près des côtes de Mindanao (4 kilomètres) et certainement à pleine vitesse ? Plus de la moitié du M/V Double Prosperity est encastrée dans une portion du Bakud Reef !


Selon le Commandant régional des Gardes Côtes Roy Etchevaria, le M/V Double Prosperity est aux trois-quarts coincé sur le récif et il faudra au moins trois semaines pour le sortir de là, une fois que les équipements nécessaires seront sur place.


Le navire git dans un peu moins de deux mètres d’eau et cela ne va pas être facile de le sortir de là.
Il y a des craintes que le fuel puisse commencer à fuir des réservoirs et que le temps, clément jusqu’à ce jour, ne se détériore avec les conséquences que cela pourrait avoir sur la structure même du bâtiment. Par précaution une barrière flottante contre les fuites d’hydrocarbures a été mise en place.


Sur le site officiel du Gouvernement local < sarangani.gov.ph >, l’on pouvait lire :
May 12, 2011.
Le navire M/V Double Prosperity demeure bloqué dans le Bakud Reef, après s’y être échoué le 8 mai à 10 heures du matin, dans les eaux de la municipalité de Kiamba.
Bakud Reef est une zone protégée, Proclamation Présidentielle Nº 756.


Le Gouverneur de la province de Sarangani, Migs Dominguez a notifié au propriétaire japonais du navire, Yano Kaiun Co. Ltd., d’avoir à venir discuter avec la Municiplité de Kiamba, le Gouvernement Provincial et le Department of Environment and Natural Ressources au sujet de sa responsabilité concernant les dégâts occasionné au Bakud Reef par le M/V Double Prosperity.


L’oficier de quart au moment de l’incident, le 3e Mate Robert Ortega Cepe, reconnait ne pas avoir remarqué les hauts fonds du Bakud Reef sur lesquels le navire s’est échoué par l’avant.


Les autorités estiment que 4 hectares de vie marine ont été endommagés.
Le Capitaine du M/V Double Prosperity, Danilo Sta. Ana, reconnait l’entière responsabilité de l’équipage dans l’incident.


Pour ceux que cela intéresserait, vous pouvez aller sur le lieu de l’incident en utilisant google earth ; tapez ‘’ Bakud Reef Sarangani’’ et vous vous rendrez compte, au combien le navire était proche de la côte !



Pourquoi était-il aussi proche des côtes ?
Et en fait en dehors de sa route directe.


Je vous donne deux indices :
- Le 8 mai, 10 : 00 h du matin,
- L’équipage du M/V Double Prosperity est composé de 22 marins, tous Philippins.
Vous ne voyez toujours pas ?


Que se passe-t-il de spécial en ce dimanche matin aux Philippines, mais samedi soir aux États-Unis ?
Et oui, vous y êtes, le match de boxe Manny Pacquiao contre l’Américain Mosley ! La vedette, le héros philippin qui une fois de plus va défendre son nouveau titre … le combat de la gloire des Philippines est retransmis par la télévision locale … et pour bien recevoir le signal, il faut être proche d’un relais, où sont situés les relais … sur la côte, donc rapprochons nous de la côte.


Manny Pacquiao responsable de l’échouage du M/V Double Prosperity ?
Je vous laisse juge.


Le site officiel du Gouvernement provincial de Sarangani nous fait savoir qu’il faut écrire Bacud Reef et non pas Bakud Reef.

Selon l’équipe de sauvetage et de renflouage qui se trouve sur place, la tentative de remise à flot du M/V Double Prosperity a de nouveau échoué ce vendredi 3 juin 2011. Il s’agissait de la troisième tentative.
La tentative s’est déroulée de 02 : 00 à 06 : 50 h du matin, mais le navire n’a pas bougé et ce malgré l’aide de trois remorqueurs de haute mer qui tentaient de le tirer en arrière.


De nouvelles tentatives sont prévues dans les jours qui suivent.


N’est-ce pas une belle histoire ?


Une histoire bien ‘’Pinoy’’ … Paré !




Commentaires et critiques comme d’habitude sont les bienvenus.
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