Saturday, April 2, 2011

OUI ... MAIS, PAS POUR TOUS !

C’EST NOUVEAU, OUI, MAIS CE N’EST PAS POUR TOUT LE MONDE

Je me trouvais hier au soir chez un ami qui vit à proximité et nous avons entamé une conversation sur la pauvreté, la pauvreté aux Philippines.

Il possède une petite entreprise de transport public locale, pour faire court il a deux autobus qui font la navette entre Naic et Baclaran, l’entrée sud de Manille, à proximité de l’aéroport International du NAIA.

Du fait de ses bus il est amené à se déplacer beaucoup, beaucoup plus que moi : une pièce à remplacer, un train de pneu à changer, un accident … deux ou trois fois par semaine il se rend à Manille ou dans la banlieue.

Il est célibataire et aime avoir quelques conversations avec les jeunes filles et jeunes femmes qu’il rencontre et Dieu sait s’il en rencontre beaucoup … que dis-je … énormément.

De plus il baragouine le Tagalog, ce qui devient de plus en plus nécessaire et indispensable avec la population locale, l’anglais ayant tendance à disparaître dans les couches les plus défavorisées.

Donc et pour en revenir à la pauvreté, il me disait avoir constaté un agrandissement du fossé entre les pauvres et très pauvres et les classes un peu plus favorisées.

Il m’expliquait avoir des conversations avec des jeunes filles qui se trouvent regroupées (groupa) sur le bord des routes et qui passent leurs journées à attendre.

Attendre une copine, un parent, un petit ami qui va leur apporter de quoi subsister, de quoi tenir la journée. Un ou deux bols de riz, quelques snacks (parfois), un coca … il est loin le temps où le riz s’accompagnait d’un sinigang (la soupe locale avec des morceaux de poulet, bœuf, porc ou poisson), la plupart du temps le riz est sec.

Certaines de ces filles sont réellement très jeunes me racontait-il, l’on trouve des gamines de 12/13 ans, mais il y a également des femmes de 25 ans et plus.

Certaines ont des enfants et il faut bien les nourrir. Elles ne font pas la mendicité, ne se prostituent pas, non … elles attendent …

Il est certain que la même chose existe parmi la population masculine … mais ‘’ils’’ sont certainement plus honteux que la gent féminine et restent plus discrets, presque cachés.

L'on peut observer des rassemblements de jeunes hommes qui attendent, mais moins nombreux et pas aussi visibles, ils ne sont pas assis aux bords des routes, mais … ils attendent.

L’on peut lier cette situation à deux phénomènes, principaux et locaux :

La crise économique profonde qui sévit aux Philippines, pas d’investissement au niveau national ou international, principalement dans l’industrie et les services ; sauf dans le secteur des IT, mais cela n’est pas donné à tout le monde et les places sont limitées.. Pas de ‘’Jobs’’ et les transports sont devenus trop chers pour les nombreux travailleurs qui sont payés au minimum légal.

Le phénomène ‘’Exodus’’, les OFW qui partent travailler à l’étranger, longuement évoqué dans un post précèdent et qui détruit ‘’La famille’’ et le sens du travail.

Et cela fait une grande différence avec seulement dix ans de recule. Il y a dix ans, il y avait de la pauvreté, cela est indéniable, mais pas cette pauvreté avec des gens de plus en plus jeunes et nombreux vivant dans la rue.

Et de la pauvreté, dans notre discussion nous sommes passés aux infrastructures et autres facilités qui nous sont proposées … ce qui a changé depuis dix ans dans notre petit coin.

Pet, qui vit dans une petite maison individuelle à seulement deux kilomètres de chez moi, est un ancien d’ici, il a plus de vingt ans d’expatriation, presque un Philippin. D’adoption tout du moins, car il a bien intégré le temps philippin et le mañana por la mañana dans son mode de vie. N’essayez surtout pas d’avoir un RDV avec lui … ou prévoyez une semaine.

Je lui faisais remarquer, qu’il y a seulement dix ans, il nous était impossible de téléphoner, sauf à aller dans les montagnes … il y a huit ans sur le pont et ce n’est que depuis six ans que nous avons des liaisons fiables et régulières.

L’internet, oui, mais depuis cinq ans, avant, même à Manille, il fallait attendre une heure ou plus pour être connecté.

Les routes, goudronnées ou cimentées, toujours aussi peu nombreuses, se sont améliorées, il y a quelques panneaux indicateurs, les marquages au sol sont apparus.

Certaines routes qui n’étaient que des chemins de terre ont été cimentées, la route principale, la Governor Drive, a été refaite entre Ternate et Puerto Azul, un pont a été construit pour se rendre à Bucana, etc.

Le beurre, lait, fromages et quelques autres produits importés, il y a dix ans … se trouvaient uniquement à Manille, depuis à Bacoor … et on se rapproche avec Rosario, puis Tanza. Demain, peut-être à Naic. Pour Maragondon et Ternate, cela demandera certainement cinq ans de plus.

La route qui devrait suivre la côte, reliant Manille à Nasugbu/Batangas et passer par Ternate, financée par l’Union Européenne depuis 1996, verra peut-être le jour dans le courant 2011 ! On peut toujours rêver.
Le câble, car nous avons le câble pour plus ou moins 500 pesos par mois… une centaine de chaînes, cela ne se trouvait qu’à Manille il y a dix ans. Avec un modem et une parabole vous pouvez capter les chaînes par satellites. Plus de coupures d’électricité à répétition, l’eau courante est disponible.

Les transports, une seule compagnie de bus il y a dix ans … cinq ou six aujourd’hui, même si le prix des transports a augmenté, cela reste toujours abordable pour nous, nous les expats.

Il n’y avait qu’une seule station d’essence dans un rayon de dix kilomètres, nous en avons cinq ou six aujourd’hui.

Du fait de l’amélioration des infrastructures routières nous avons gagné une bonne heure sur le trajet Ternate/Manille.

Nous avons quelques supérettes, des magasins d’électroménager et d’électronique … et des centres commerciaux qui se construisent.

Tout cela pour en arriver à dire que tous ces avantages et facilités, qui nous sont maintenant proposés, ne profitent qu’à une minorité, la majorité des philippins n’y ayant pas accès.

Nous les expats, oui, sans restriction … les Philippins, oui pour les catégories privilégiées, mais entre 38 et 50 % de la population locale ne peut en profiter par manque de moyens financiers, ils ne peuvent y avoir accès. Une autre tranche de cette même population va en profiter, un peu … le téléphone cellulaire, les internet cafés, la route pour ceux qui ont une motocyclette …


En résumé, du fait d’une pauvreté en nette progression, la majorité des Philippins ne bénéficie pas des infrastructures et des services qui se sont développés et améliorés ces dix dernières années !






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