Saturday, December 18, 2010

EMPLOI ... ET PAUVRETE


Le Gouvernement Arroyo incapable de créer les millions de nouveaux emplois promis.

L’Administration Arroyo a été incapable de créer les emplois qu’elle avait promis de générer durant les cinq dernières années, indique un rapport de la Socio-Economic Body of the Philippines.

Le chômage reste à en taux élevé et l’objectif de création d’emplois demeure un vœu pieu indique la National Economic and Developpement Authority (NEDA) dans son plan révisé de développement à moyen terme pour 2010.


Le Gouvernement a créé 3,5 millions d’emplois entre 2004 et 2008, mais la création d’emplois est à au moins 3,5 millions en dessous des objectifs pour la période considérée, soit un manque d’environ 1,4 millions d’emplois par an, ajoute le document de la NEDA (compte tenu de la disparition de certains emplois).

En juillet 2009, le taux de chômage officiel aux Philippines était de 7,6 %, soit 2,9 millions de Philippins âgés de 15 ans ou plus à la recherche d’un emploi.
En 2008, du fait de la crise entrainant un ralentissement de l’activité économique, le pays a juste été capable de créer 530.000 emplois sur l’année. Le taux de chômage atteignant 7,4%, alors qu’il était de 8% en 2006 et de 7,3% en 2007.
L’incapacité du Gouvernement à créer les millions d’emplois promis a entrainé une augmentation de la pauvreté durant les années 2004 à 2006.

De 24,4% en 2003, le pourcentage de pauvres est passé à 26,9% en 2006, soit une augmentation de 2,5% en trois ans ; le nombre de Philippins considérés comme pauvres passant de 23,8 millions en 2003 à 27,6 millions en 2006.

Commentaire

- Il est tout à fait exact de dire que le Gouvernement Arroyo a été incapable de créer les emplois qu’il avait promis,

- Le nombre exact d’emplois créés peut-être sujet à discussion,
- Le taux de chômage est plus que contestable, voir ci-après,


- Le pourcentage de pauvreté est lui aussi très contestable.

En premier lieu, il faut se mettre dans le contexte des Philippines. Dans ce pays de près de 100 millions d’habitants, il n’y a pas d’ANPE ou de Pôle Emploi et pas d’indemnisation du chômage. Une possibilité de couverture sociale (partielle et simplifiée) et un système de retraite existent, mais seule une minorité peut en bénéficier, généralement les fonctionnaires et salariés des grands groupes locaux. Bien que ces deux systèmes soient ouverts à tous sous la forme du volontariat, la couverture sociale (partielle) minimale revenant à une centaine de pesos par mois et par personne.

Pas d’indemnisation du chômage ! Pensez-vous que celui qui ne travaille pas et qui a du mal à nourrir sa famille va se rendre à la direction du travail et de l’emploi pour se faire enregistrer comme chômeur ? (DOLE, le Department Of Labor and Employment). Sûrement pas, il ou elle va garder les quelques centaines de pesos que couterait le voyage pour subvenir à ses besoins immédiats.

Je reprends en partie un papier de l’AFP daté du 15 décembre 2010.

Plus d’un adulte sur quatre aux Philippines est sans travail ou recherche plus d’heures de travail et ce malgré une forte augmentation de la croissance économique cette année. (Source gouvernementale).
Le taux de chômage en octobre reste stable à 7,1 %, inchangé par rapport à il y a un an, mais en légère augmentation comparé à juillet dernier où il se stabilisait à 6,9 %, selon les derniers chiffres présentés par le National Statistics Office.


Des chiffres à prendre avec une extrême précaution. Pourquoi ? Tout simplement la réalité sur le terrain. Ici, à Ternate une ville de 24.000 habitants, j’estime entre 40 et 50 % le pourcentage de personnes en âge de travailler qui se trouvent sans emplois.

Peu d’emplois stables ! En dehors des employés municipaux, des policiers, de quelques employés de services publics comme les banques, le Water district, le ministère de l’agriculture, les quelques agences qui dépendent du gouvernement local, des élus et employés des ‘’barangays’’, il n’y a pas d’emplois stables.
Comment font-ils, comment se débrouillent-ils ?

Les jeunes filles essaient de se faire embaucher comme vendeuses dans les boutiques et magasins des Malls. Mais ce sont uniquement des contrats à durée déterminée de trois à cinq mois. Ceci pour tourner la législation du travail et sous-payer les employés. Il faut compter deux mois pour la procédure d’embauche, trois à cinq mois de travail et il faut recommencer la procédure dans une autre compagnie. Un maximum de six mois d’emploi dans l’année.

Une autre filière est constituée par les entreprises situées dans des zones spéciales. Les zones destinées à l’exportation et dont les compagnies bénéficient de certains avantages, mais pas la majorité des employés qui sont soumis au même régime que les vendeuses des Malls.

Pour les hommes, se faire embaucher comme ouvrier dans le secteur du bâtiment … ‘’contrats’’ d’une semaine, éventuellement renouvelable, pas de couverture sociale, des salaires médiocres et quelquefois pas payés, souvent sur Manille et la proche banlieue … la précarité de l’emploi dans toute sa splendeur.

Vulcanizing est un terme exclusivement philippin.

Il y a également ‘’les self-employés’’, ceux qui soi-disant ont créé leur propre emploi … Je prends un exemple que l’on peut voir tous les cent mètres sur les routes philippines : le vulcanizing et le vulcanizeur, celui qui va réparer votre pneu crevé. Et Dieu sait si les pneus crèvent souvent aux Philippines ! D’ici à penser qu’ils sèment des clous sur les routes …

Donc la boutique du ‘’Vulcanizeur’’, sur le devant de sa maison, un pneu de tracteur dressé sur lequel est inscrit ‘’VULCANAZING’’. Un compresseur électrique pour l’air, une bassine ou un vieux frigo transformé en baignoire rempli d’eau pour tremper la chambre à air, une presse faite de bric et de broc, un peu de colle et une vieille chambre à air pour faire des rustines.

Quelques rares outils plus ou moins adaptés, un support pour poser horizontalement la roue à réparer et … peut-être une ou deux chambres à air neuves, pour la taille … priez. Vous avez crevé une roue, ce qui arrive très, très souvent sur les routes locales et vous stoppez au premier ‘’Vulacanizing shop’’ pour faire réparer.


Je vous conseille vivement de surveiller ce qui se passe. Votre roue est mise à plat sur un support, sans protection, des ouvre-pneus du style coupe-coupe sont utilisés, attention à l’intérieur ! La chambre à air est sortie, gonflée puis trempée dans l’eau plus ou moins croupie de la bassine/baignoire. Ah, des bulles ici, le vulcanizeur pose son doigt dessus afin de marquer l’emplacement de la fuite, dégonfle la chambre, sèche plus ou moins l’endroit où se situe le trou, découpe une rustine dans une vieille pièce, un peu de colle ici, un peu là … et en place entre les mâchoires de la presse.

Oh, surprise, la sole de la presse est chauffante et n’est autre que la semelle d’un vieux fer à repasser, à vapeur s’il vous plait, mais qui a connu des jours meilleurs.
Cinq minutes se passent, la presse est desserrée, la chambre à air gonflée. Retrempée dans l’eau croupie … et on remonte le tout. Attention, écrous et bouchons des valves ont tendance à disparaître, cela ne sert à rien sauf à perdre du temps, dicton local.

Vous payez et repartez avec votre roue réparée et cela fonctionne parfaitement … dans la plupart des cas. Coût de 20 à 50 pesos, 40 à 60 centimes d’euro, plus d’un euro si vous êtes un nouveau venu.

En général le vulcanizeur n’est pas tout seul, il y a un patron et trois ou quatre aides qui vont devenir les partenaires du jeu de cartes, obligatoire pour passer le temps, car il y a peu de clients et beaucoup de temps.

Au niveau des statistiques, le patron comme les aides sont considérés comme des self-employés, des commerçants qui ne paient aucune taxe. Pas de salaire, pas de document comptable, tout le monde ferme les yeux, ils ne sont pas jobless. Combien peuvent-ils gagner ? Une poignée de pesos par jour, pour les cigarettes, le bol de riz …

Ils sont des milliers à survivre de la sorte, les boti, les vendeurs des rues, les sari-sari stores, les eateries, ceux qui vont dans les bois faire des fagots ou du charbon de bois, ceux qui plongent dans la rivière pour les huîtres …

Plus tous ceux qui travaillent quand il y a un peu de travail : maçon dans les cimetières les jours qui précèdent le premier novembre, un ventilateur à réparer pour l’électricien sans diplôme, une antenne de TV à poser, un peu de carrelage pour la salle de bain d’un OFW seaman, une maison à construire, un toit à réparer … Ils vont changer de métier en fonction des opportunités et peut-être travailler deux ou trois jours par semaine.

En saison, la plantation ou la récolte du riz. Le réparateur de chaussures (pas réellement un cordonnier), celui des parapluies, les chauffeurs de tricycles à temps partiel … une forme d’économie souterraine et informelle. Comment faire des statistiques fiables dans ces conditions ? Interroger les gens ? Ils ne vont pas dire la vérité.


Je reprends le document de l’AFP. Le taux de sous-emploi, c’est-à-dire les personnes qui travaillent moins de quarante heures par semaine et qui souhaitent travailler plus, à atteint 19,6 % en octobre contre 19,4 % il y a un an, alors qu’il était de 17,9 % en juillet. Encore une fois que veulent dire ces statistiques ? Pensez-vous que le vulcanizeur, qui travaille peut-être réellement une heure par jour, va aller s’inscrire (où ?) pour travailler plus d’heures par jour ? Oui pour un plus gros ‘’salaire’’, pour les heures de travail …

Ce faible taux du nombre de personnes employées perdure malgré une croissance économique de 7,5 % sur les trois premiers trimestres de 2010.

Le problème qui risque de se poser, à très court terme, est un afflux massif de travailleurs sans emploi sur le marché du travail. En effet, cette situation d’emplois précaires n’arrive plus à donner la possibilité de survie à une partie de la population. Cette population à tendance à augmenter en nombre et ses faibles ressources tendent à diminuer. Le point de rupture est très proche, un tiers de la population vivant avec moins d’un US$ par jour, 44 pesos.

Toujours d’après les statistiques officielles, 61,2 millions de Philippins, sur une population de 95 millions, sont âgés de quinze ans et plus. 39,3 millions peuvent être considérés comme travailleurs potentiels, le reste ne recherche même pas un travail. Rechercher un travail coûte (relativement) cher, beaucoup n’ont pas ou n’ont plus les moyens de chercher un emploi.

Les statistiques montrent également qu’un Philippin sur trois n’a aucune qualification.

Une étude, réalisée par sept chambres de commerce étrangères, montre qu’une croissance économique annuelle de 9/10 % serait nécessaire et que l’investissement étranger devrait-être 40 fois plus élevé pour renverser la tendance.

Cela devrait créer 10 millions d’emplois par an au lieu du petit million créé aujourd’hui. J’ajoute : moins les emplois qui sont détruits ou qui sont amenés à disparaitre ! Les secteurs les plus fragiles comme la pêche, la filière bois, l’agriculture vont très certainement perdre des milliers d’emplois dans les années qui viennent.

D’autre part il existe certaines aberrations contre lesquelles le gouvernement devrait promptement réagir.
Si vous roulez dans la province philippine, vous allez voir de plus en plus de champs en friches, de terres abandonnées à quelques rares vaches maigres et ce sur des dizaines et des dizaines de kilomètres.


Je sais, de nombreux systèmes d’irrigation sont vétustes ou mal entretenus. Mais à qui la faute … et cela n’explique pas tout.

Ce qui était, il n’y a encore pas si longtemps des rizières verdoyantes, est maintenant un désert ou rien ne pousse, sauf parfois un projet de subdivision fantôme. Vendre, sur le papier, des terres rizicoles à 3.000 pesos ou plus le mètre carré lors d’un transfert des terres agricoles (valeur Php 15 à 25) en zone résidentielle, permet de lever pas mal d’argent auprès des banques.

D’autre part, l’importation de riz est, pour quelques-uns, certainement plus enrichissante (et moins risquée) que la culture de ce même riz. De ce fait les Philippines deviennent le premier importateur mondial de ce produit de base. Merci aux OFW !


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