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Tuesday, November 6, 2018

ÉCONOMIE DES PHILIPPINES 2017 / 2018 !



Récapitulatif des principaux indicateurs économiques pour l’année 2017 et le premier semestre 2018.
                        
La croissance, très dynamique, repose sur des fondamentaux macroéconomiques solides.

Après avoir enregistré un rythme annuel moyen de 6, 3 % entre 2014 et 2016, la croissance de l’économie philippine a atteint 6, 7 % en 2017.
La croissance devrait se stabiliser à un taux proche de 7 % d’ici 2020 selon les prévisions du FMI. Les principaux facteurs de croissance sont la forte demande intérieure, l’augmentation des investissements et la stabilité de croissance du secteur des services.

La consommation des ménages, en progression de 5, 7 % en 2017, en léger repli après + 7, 1 % en 2016 et + 6, 3 % en 2015, représente 69 % du PIB.
Cette consommation est largement alimentée par les transferts financiers des Philippins expatriés (OFW), qui ont représenté plus de 9, 8 % du PIB national en 2017, soit 31, 3 milliards de dollars US.

La croissance annuelle moyenne des transferts financiers des OFW (Philippins travaillant à l’étranger), a atteint 6, 1 % sur la période 2012 / 2017, avec une part dans la richesse nationale stable, autour de 10 %.

Ces transferts se sont trouvés résilients à la conjoncture internationale en raison de leurs origines géographiques diversifiées et des emplois occupés par les Philippins dans des secteurs d’activité très variés.
Selon la Banque Centrale des Philippines, la répartition des transferts par origine géographique était la suivante :
États-Unis 34 %, pays du golfe 27 %, Asie Pacifique 19 %, Union Européenne 12 %, autres 8 %.




Le taux d’investissement, traditionnellement faible, poursuit sont augmentation avec une hausse de 9, 4 % de la formation brute de capital fixe (BFCB) en 2017.
Ceci, malgré un ralentissement par rapport à 2016 et 2015 (respectivement + 24, 3 % et + 18, 6 %).
La BFCB a représenté 28, 7 % du PIB philippin en 2017.

Les dépenses du Gouvernement en infrastructures ont augmenté de 15, 4 % en 2017, pour un montant de 11 milliards de dollars américains, représentant 5,6 % du PIB, en forte progression par rapport au 1, 8 % de 2011.
Pour 2018 le Gouvernement a alloué 21 milliards de dollars pour les investissements en infrastructures, soit 6,3 % du PIB.

75 projets prioritaires, représentant un montant d’investissement de 170 milliards de dollars jusqu’en 2022, ont été sélectionnés.
Selon le Ministère du Plan, en avril 2018, 23 des 75 projets auraient déjà reçu toutes les autorisations nécessaires à leur démarrage.

L’objectif du Président R. Duterte est d’augmenter la part des investissements publics à 7, 4 % du PIB à l’horizon 2022.
Jusqu’à lors, l’insuffisance des investissements publics dans les infrastructures, en particulier dans le domaine des transports, résultait, pour partie, des faibles capacités de l’administration à exécuter les dépenses.

Les comptes extérieurs sont légèrement déficitaires et le risque d’endettement est considéré comme faible.
En 2017, la balance courante a enregistré un déficit de 0, 8 % du PIB (2, 52 milliards de USD), en chute depuis 2014. (- 0, 4 % en 2016, + 2, 5 % en 2015 et + 3, 8 % en 2014).
Pour 2018, la prévision de la BSP (la Banque Centrale) d’une balance courante pour un moindre déficit de – 0,2 % (moins 700 millions de USD) pourrait ne pas être atteinte, au vu des résultats du premier trimestre des exportations de biens. Diminution de 6 % des exportations et augmentation de 6, 8 % des importations.



En 2017, les exportations philippines ont augmenté de 9, 5 % atteignant 62, 9 milliards de USD contre 57, 4 Milliards en 2016.
Les importations ont atteint 92, 7 milliards (USD), en augmentation de 10, 2 %. Le déficit commercial a ainsi continué d’augmenter pour atteindre près de 30 milliards (USD), soit plus de 8, 4 % du PIB du pays.
Ces évolutions traduisent une reprise de la demande mondiale adressée aux Philippines, dans un contexte de forte croissance de l’économie nationale.

La Chine restait, en 2017, le premier partenaire économique des Philippines, premier client et premier fournisseur. Au plan régional, les pays de l’ASEAN ont représenté 50 % du déficit commercial du pays.



La très forte spécialisation sectorielle du commerce extérieur sur les produits de l’électronique constitue une vulnérabilité qui s’ajoute à la dépendance commerciale régionale.
En 2017, les ventes de produits et composants électroniques ont représenté 52 % du total des exportations à 32, 7 milliards de USD et les importations de produits électroniques ont représenté 25 % du total des achats, atteignant 23, 3 milliards de USD.

L’excédent des activités de service a augmenté de 35 % en 2017, passant de 7 à 9, 5 milliards de USD. Les exportations de services ont atteint 35, 6 milliards de USD en progression de 14 % par rapport à l’année 2016. Cette croissance a été tirée par le dynamisme des services externalisés (BPO pour Business Process Outsourcing), secteur où les Philippines ont acquis depuis une décennie des compétences reconnues par les grands groupes multinationaux.

Dans ces activité aisément délocalisables, l’enjeu pour les Philippines est de conserver ses avantages comparatifs par une montée en gamme des services, ceci en développant les qualifications de sa main d’œuvre.

S’agissant du compte financier, les Philippines enregistrent une entrée nette de capitaux de 3, 8 milliards de dollars US au quatrième trimestre de 2014, après une sortie nette le trimestre précédent de 2, 5 milliards, portant ainsi le solde des entrées de capitaux à 1, 6 milliards à la fin de l’année 2017. Les flux nets d’investissements directs étrangers (IDE) restent peu important à3, 2 % du PIB, malgré une forte hausse en 2016 (+ 40, 7 %) et 2017 (+ 21 %).

Les flux nets d’IDE ont atteint 10, 1 milliards (USD) en 2017, ce qui constitue un record absolu. Cette hausse a été essentiellement portée par les investissements  dans le secteur manufacturier, investissements qui s’établissent à 1, 15 milliards (USD), soit une hausse de 244 %.

L’industrie pétrolière, ainsi que les secteurs de l’immobilier, de la construction et de la distribution, ont été les autres grands bénéficiaires de ces flux.
Les investissements de portefeuille enregistrent des sorties nettes de 3, 9 milliards USD (+163 % en g.a.), principalement en raison de l’effet conjugué du fort rapatriement des positions des investisseurs étrangers au premier trimestre 2017 (2, 6 milliards de USD et du rapatriement des placements sur les titres de créances publiques.

Les autres flux financiers s’établissent à – 2, 1 milliards USD, (-55 % en g.a.).  
 

Faiblement endetté, le pays dispose de marges de manœuvres en matière de relance budgétaire.

Le Gouvernement a retenu un objectif d’augmentation du déficit budgétaire à 3 % du PIB jusqu’en 2022 (contre moins de 2 % sous la précédente administration, en raison de la faible exécution budgétaire), par un accroissement indispensable des dépenses publiques, essentiellement dans les infrastructures et les services sociaux.
Lutte contre la pauvreté, éducation primaire et santé.

Malgré une augmentation de 11 % des dépenses publiques, le déficit budgétaire a été inférieur en 2017 à l’objectif de 3 %, en atteignant 2, 2 % du PIB.
Ceci s’explique par une augmentation plus importante des recettes du Gouvernement (+ 13 %) et le décaissement partiel des fonds publics (près de 3 % du budget de l’année 2017 n’a pas été dépensé), pourtant en amélioration par rapport aux années précédentes (3, 6 % en 2016 et 12, 8 % en 2015).




Le premier volet de la réforme fiscale Comprehensive Tax Reform Program (CTRP), initiée par le Gouvernement en 2016, est entré en vigueur le 1er janvier 2018.

Ce volet, intitulé Tax Reform for Acceleration and Inclusion (TRAIN), a réduit l’impôt sur le revenu des particuliers et augmenté les taxes sur les carburants, l’alcool et les boissons sucrées, les voitures et le tabac.
Cette réforme devrait permettre d’augmenter les recettes fiscales de 15, 2 % du PIB en 2017, à 17, 7 % du PIB en 2022.

Le deuxième volet, qui est actuellement en discussion à la Chambre des Représentants, vise à réduire le taux d’imposition des société (de 30 à 25 %), tout en modernisant les dispositifs d’incitations fiscales à l’investissement et en supprimant les exonérations et privilèges fiscaux excessifs. Une fois appliquée dans son ensemble, la réforme doit permettre de générer 2, 6 milliards USD de recettes supplémentaires.

Malgré le montant record de la dette publique en 2017 (114 milliards de USD contre 107 milliards en 2016), dû notamment à la dépréciation du peso philippin et à l’augmentation des emprunts domestiques, le ratio dette publique / PIB a atteint son nivrau le plus bas depuis 1980 à 37, 8 %, ceci grâce à une croissance économique soutenue. Le FMI prévoit une baisse continue de ce ratio à environ 34, 6 % d’ici 2022.

Le risque souverain est atténué par la composition majoritaire de la dette publique en devise nationale (68 %) et par le profil de son échéancier. 80 % de la dette à maturité de moyen et long termes.

L’endettement extérieur est peu élevé et devrait poursuivre sa baisse : le ratio dette extérieure / PIB était de 23, 3 % en 2017, contre 24, 5 % en 2016.
Sur la période 2007 à 2017, ce ratio a diminué de manière continue, passant de 44, 5 % à 23, 3 %, grâce à des politiques publiques conservatrices, au développement d’un secteur financier national capitalisé et bien géré, ceci dans un contexte de résultats économiques favorables caractérisé par une forte croissance, une balance courante en excédent jusqu’à fin 2015 et une monnaie nationale stable, également jusqu’à fin 2015.

Selon la BSP, à la fin2017, la dette extérieure était libellée, pour plus des trois-quarts en dollars américains (77, 5 %), en yen (13, 8 %), en peso philippin (5, 9 %), en euro (1, 5 %) et en autres devises (1, 3 %).



Avec un taux d’inflation de 4, 5 % fin avril 2018, la Banque Centrale mène une politique de resserrement progressive des taux, en lien avec le cycle financier mondial.
Le peso évolue dans un système de change flottant, sans bande de fluctuation.

Le déficit courant récent exerce une pression sur le peso philippin qui s’est déprécoé de 46, 7 PHP / USD en août 2016, à 50, 4 PHP / USD à fin décembre 2017 et ce, malgré les interventions de la Banque Centrale pour tempérer les fluctuations excessives. Le peso s’est déprécié de 2 % en 2017.

L’inflation a atteint 3, 2 % sur l’année 2017, en augmentation par rapport à 2016, (1, 8 %). Néanmoins, cette inflation est restée dans la fourchette cible de la BSP qui se situait entre 2 et 4 % pour 2017.

En 2018, l’inflation a poursuivi sa hausse en atteignant 4, 5 % à fin avril, son plus haut niveau en cinq ans. Cette hausse résulte principalement de l’augmentation des taxes au premier janvier 2018 dans le cadre de la réforme fiscale.

La forte augmentation des cours mondiaux du pétrole depuis le début de l’année 2018 est également un facteur inflationniste.
Après un taux inchangé de 3 % depuis fin 2014, la BSP a annoncé une hausse de 25 pdb (point de base) de son principal taux directeur en mai 2018, le portant à 3, 25 %. Dans son communiqué, l’autorité indique qu’il se peut que le niveau de l’inflation s’établisse en 2018 au-dessus de sa fourchette cible (2 à 4 %), tout en rappelant qu’elle anticipe un retour dans la fourchette en 2019.
Elle indique enfin se tenir prête à prendre d’avantage de mesures, afin d’assurer ses objectifs de stabilité des prix et de stabilité financière.

Cette hausse du taux directeur permet d’atténuer les risques de surchauffe de l’économie, identifiés par certains analystes et qui sont liés à la politique d’expansion monétaire, à la réforme fiscale et à la hausse des prix mondiaux de certaines matières premières, dont les hydrocarbures.
La propagation de l’inflation par la dépréciation du peso (« pass through ») est considérée comme limitée selon les études de la BSP.
En effet, le niveau élevé de ses réserves devraient permettre à la BSP de faire face à une crise de Change. Les réserves internationales de la BSP s’élevaient à 81, 5 milliards USD à fin décembre 2017, soit l’équivalent de huit mois (8) d’importations de biens et services.

La faible proportion de la dette extérieure à court terme (19, 5 % du total de la dette, préserve les Philippines d’une potentielle crise de change.

À fin août 2018, l’inflation sur un an atteignait 6, 4 % contre 3, 3 %à fin décembre 2017. La forte progression de l'inflation depuis le début de l’année résulte de plusieurs facteurs : l’augmentation de certaines taxes au 1er janvier 2018, la dépréciation du peso et l’augmantation des cours mondiaux du pétrole.

Pour l’ensemble de l’année, la prévision d’inflation annuelle moyenne est de 4, 1 %.
Néanmoins, cette prévision demeure susceptible s’une révision à la hausse.
Selon le FMI, l’inflation devrait rester proche de 4 % en 2019 et 2020.

Attention que l’inflation enregistrée pour la seule région métropole de Manille est supérieure à la hausse des prix au niveau national. Elle a atteint 7 % à fin août 2018. La hausse des prix concerne principalement les biens de consommation, tels que les produits d’alimentation (+8, 6 %) et les transports (+ 10, 2 %).




À tous et à toutes je souhaite une excellente journée.


Expériences, avis, critiques et commentaires, comme d'habitude sont les bienvenus.

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                   Aux Philippines


Wednesday, July 20, 2011

VOUS AVEZ DIT ... INVESTIR ?




Je reprends une note d’information de GlobalSource Partners, une Think Thank Compagnie basée à New-York.

Le 16 juin dernier, GlobalSource Partners faisait savoir que le pays (les Philippines) devait soutenir ses efforts pour : faire rentrer les impôts et taxes, réduire la pauvreté et éradiquer la corruption, ceci de façon à améliorer son ‘’investment grade rating’’ (sa note pour l’investissement) de la part de la communauté financière Internationale.
 

Dans son dernier bulletin la Think Thank notait que Moody’s Investors Services (une agence de notation) avait relevé le ‘’Country Credit Rating’’ du pays le faisant passer à son plus haut niveau depuis 2005, de Ba 3 à Ba 2.

Comme il faut tout de même relativiser, ce Ba 2 est inférieur à la note de l’Indonésie et est très éloigné du score obtenu sous la Présidence de Fidel V. Ramos en 1997, année durant laquelle le pays était à deux doigts d’obtenir une note positive pour l’investissement.


Les analystes expliquent que les investisseurs et les institutions chargées du contrôle de la dette globale vont continuer à surveiller de très près les efforts du Gouvernement dans sa lutte contre la corruption. Ils demeurent dans l’attente de signes démontrant que le pays bouge dans le bon sens afin de résoudre ces problèmes récurrents de corruption et de mauvaise gouvernance. 

La Think Thank ajoute que les institutions en charge du contrôle de la dette vont également surveiller comment va évoluer l’arrivée des dollars envoyés par les OFW (les travailleurs Philippins émigrés), compte tenu des problèmes rencontrés dans certains pays hôtes de ces OFW. Moody’s indique avoir relevé la note du pays, du fait de meilleures rentrées fiscales, de comptes extérieurs en bonne santé et d’une relative stabilité macroéconomique comme critères pour cette nouvelle notation.

Moody’s avise les Philippines d’avoir à réduire encore plus le niveau de son endettement et pousse pour une position plus forte de la balance des paiements avant de pouvoir remonter la note du pays à ‘’Investment Grade’’.

C’est très certainement de la balance commerciale dont on devrait parler dans la mesure ou celle-ci était déficitaire de 1,84 en  % du PIB en 2008 et que les estimations donneraient – 1,903 en 2009, -2,473 % en 2010 et - 3,043 % en 2011. Ce qui est loin d’être catastrophique.


Un des membres du Cabinet de Malacañang reconnait que la côte de popularité du Président à tendance à baisser ces derniers temps. Il faut dire qu’il n’y a pas grand-chose qui soit sortie du bureau du Président durant les onze premiers mois de son mandat.

Le Gouvernement a particulièrement été inconsistant dans le secteur des infrastructures, que cela soit au niveau des routes, ponts, ports et aéroports. Herminio Coloma, qui est le secrétaire Présidentiel à la communication reconnait que : ‘’Nous avons encore beaucoup à faire en termes d’infrastructures’’.


Le Président Aquino a placé le PPP – Public Private Partnership – au centre de sa charte économique. Les projets en PPP sont principalement des projets d’autoroutes et de moyens de transport qui devraient être construits par des entreprises privées en contrepartie d’avantages spéciaux donnés sur les impôts et taxes.

Beaucoup d’annonces au sujet de ce PPP, mais aucune signature de contrat … quatre projets annoncés pour la fin 2010, onze pour le début d’année 2011, mais toujours rien de signé.
De plus le Gouvernement Aquino a bloqué, stoppé et même annulé plusieurs projets d’infrastructures qui avaient été conclus sous l’ancienne Administration (Arroyo), sous prétexte qu’il y avait des anomalies, principalement financières, dans tous ces contrats.

Résultat, tous ces contrats bloqués ou annulés, qui auraient dû donner de l’emploi à de très nombreux travailleurs philippins, ont fait exploser le chômage.



La Chambre de Commerce Européenne monte au créneau.


Les Philippinmes sont en train de dégouter les investisseurs en essayant de rogner ou en révisant les termes des contrats sur des projets comme le Roll-on Roll off (RORO), un port et sur le drainage du lac de Laguna de Bay, indique Hubert d’Aboville le Président de la Chambre de Commerce Européenne.

Il ajoute : « Souhaitons-nous aujourd’hui la bienvenue aux investisseurs ? Sommes-nous en mesure de leur dire vous venez pour investir 600 millions d’euros, bienvenue pour les 20 prochaines années ? ».

Les investisseurs ont besoin d’au moins 20 ans de garantie sur leurs investissements et je suis désolé de voir qu’aujourd’hui ce n’est pas le cas.


Le Président Benigno Aquino, rien qu’au mois de juin, a ordonné : l’annulation d’un contrat Belge pour le drainage d’une partie du lac de Laguna de Bay, la re-négociation d’un contrat pour la construction d’un port par des Français et la révision d’un contrat de chemin de fer chinois.

The Bases Conversion and Development Authority (BCDA), l’organisme chargé du contrôle des contrats, est également en train de renégocier les termes du contrat de Metro Pacific Investment Corp’s pour la concession du Subic-Clark-Tarlac Expressway (SCREX), l’autoroute de 80 kilomètres situé au nord de la capitale. Aux dernières nouvelles, aurait été enfin signé !


Tous ces contrats ont été signés avant l’arrivée au pouvoir du Président Aquino il y a un an.
En 2003, son prédécesseur, la Présidente Arroyo avait fait intervenir la Cour Suprême (la plus haute instance juridique du pays), pour faire annuler un contrat d’un groupe dans lequel se trouvait une société allemande de Frankfurt, la Fraport AG. Le contrat, qui portait sur la construction du Terminal Nº 3 de l’aéroport de Manille (presque termin
é) a donc été annulé par la Présidente Arroyo, au prétexte que le contrat avait été signé par son prédécesseur Joseph Estrada.

Fraport et le groupe ont assigné le Gouvernement philippin à la Cour d’arbitrage de la Chambre de Commerce Internationale, dossier toujours en cours …


Il semblerait que nous soyons en train de parler de contrats d’une durée maximale de cinq ans. Un Gouvernement après l’autre, lui-même après un autre Gouvernement se permet de remettre en cause des contrats signés par le ou les précédents gouvernements.


Après l’entrée en vigueur d’un contrat, nul ne doit ni ne peut modifier unilatéralement les termes dudit contrat. Et ceci doit être respecté durant toute la vie du contrat.

Autrement, à quoi bon rédiger et négocier un contrat ? Il est temps de sortir de ce concept de ‘’un gouvernement pour cinq ans’’, les contrats doivent suivre. Il est temps de penser et de raisonner ‘’pays’’,  les Philippines inc. par exemple. L’entreprise qui investit des centaines de millions de dollars ou d’euros fait ses calculs à long terme et a besoin d’au moins vingt ans pour amortir ses investissements.


Sous la présidence de Fidel V. Ramos, de nombreux contrats sous forme de BOT (et les variantes) ont été conclus. Il s’agissait de gros contrats avec des investissements lourds, investissements que l’État Philippin, compte tenu de l’état de ses finances ne pouvait se permettre. Port, aéroports, autoroutes, centrales électriques …

Prenons pour exemple la construction d’une centrale électrique.

En gros et sans entrer dans les détails, une entreprise étrangère arrive avec son projet et le financement de ce dernier. Elle construit la centrale électrique, opère pendant un certain nombre d’années pour rembourser les emprunts plus les intérêts et inclus sa marge bénéficiaire dans le prix de vente de l’électricité. L’État Philippin (ou une société comme NaPoCor, National Power Corporation) achète cette électricité à un prix qui a été préalablement fixé dans le contrat pour les 20 prochaines années. Une fois les investissements amortis, la société étrangère va se retirer et céder la centrale à l’État Philippin. C’est le principe du BOT, le Built, Operate, Transfer.

Cela fonctionne très bien à la condition de ne pas modifier les règles du jeu à chaque instant.
Il y a une crise économique, le peuple philippin ne peut supporter une hausse des tarifs comme prévu dans le contrat … et c’est à chaque fois la même chose, les clauses du contrat ne sont pas respectées et les sociétés étrangères s’enfuient, certainement après y avoir laissé des plumes. Exemples de centrales électriques, mais également, Maynilad avec l’eau, le MRT pour les transports, etc. Le gouvernement philippin ne respecte pas ses engagements.

Les projets en PPP, très bien … s’il y a des entreprises étrangères intéressées à s’y risquer.
Les Philippines sont à ce jour l’un des pays qui attire le moins les investissements directs étrangers parmi les nations du Sud-est asiatique. De plus les investissements ont encore baissé durant les premiers mois de l’année 2011.

Le Gouvernement prévoit de lancer 10 appels d’offre cette année pour des projets d’infrastructure, même s’il a d’ores et déjà repoussé le premier, le contrat pour le management du MRT 2-LRT 1 (transport sur rail, métro aérien).  


Le PPP … très bien, mais wait and see, nous en reparlerons dans dix ans.
A mon avis les groupes internationaux, seuls à pouvoir mobiliser les ‘’jumbo crédits’’ nécessaires à de tels projets, ont été échaudés et mettront de nombreuses années avant que de revenir sur le marché.

Maintenant quelle pourrait être la position de la Chine ?
Elle dispose de l’argent et de plus à un intérêt particulier à faire quelques concessions … contre les Spratlys.


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