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Friday, August 19, 2011

SAN FERNANDO ... LA UNION !


PLUS DE 600 KILOMÈTRES EN BUS ... SEUL !

SAN FERNANDO  …  LA UNION.

Lundi 13 juin 2011, six heures du matin.

Je prends, avec mon sac, la direction des terminaux de bus qui se situent sur la High Way de Ternate.


Un bus de la compagnie Ariel, moteur tournant est prêt au départ. Quelques minutes d’attente, que je préfère passer au dehors, car la climatisation transforme l’intérieur de ces bus en petite Sibérie.
Le ‘’conductor’’ m’invite à monter, je m’installe et sort mon pull … que j’enfile en urgence, je gèle littéralement. Je vais passer une partie de ce trajet de trois heures avec mes mains au chaud … sous mes cuisses, pas pratique, mais efficace.


Il est six heures vingt-cinq, nous démarrons, en trombe, le driver (chauffeur) est un nerveux, il passe devant deux bus de la concurrence de façon à ramasser les clients sur la route. Mais, pas beaucoup de clients ce matin, quelques étudiants et c’est à peu près tout, les travailleurs se rendant à Manille sont partis depuis longtemps.


Quelques embouteillages dans la traversée de Naïc, il est sept heures, l’heure de la rentrée des classes pour les écoliers. Pas de problème de circulation jusqu’à Tanza et là l’horreur, plus d’une heure pour faire moins de trois kilomètres, c’est à chaque fois la même chose, il serait temps de construire une déviation pour contourner la ville.


Tanza est une plaque tournante, les véhicules en provenance de l’ouest, du sud et de l’est y convergent pour remonter vers le nord en direction de Manille. L’avenue principale est large, une bonne quatre voies, dans les deux sens … oui, mais les ponts laissent tout juste, passer un véhicule dans chaque sens ! De plus avec tous les bus, jeepneys et FX qui transportent les employés de la zone économique spéciale d’EPZA … l’horreur !

Le soleil, levé depuis cinq heures trente, commence à chauffer doucement le toit de notre bus, l’atmosphère se réchauffe, je peux retirer mes mains de sous mes fesses, mais je conserve le pull.

Surprise, nous empruntons la nouvelle portion de la Costal Road, sorte d’autoroute à péage qui a été construite le long de la côte sur d’anciens marais asséchés. Ouverte depuis quelques jours seulement, cette portion de route va nous éviter de nous aventurer dans les embouteillages chroniques de Bacoor et de las Piñas, nous faisant ainsi gagner une bonne demi-heure sur le temps du trajet.


De nombreux squatters habitent toujours dans leurs cahutes montées sur pilotis, les pieds dans l’eau, pas de sanitaires, encore moins de tout à l’égout, tout est rejeté dans ce marécage, où néanmoins la marée continue à se fait sentir.

Par endroit, des parcs à huîtres, des cages à poissons, il y a de quoi les nourrir avec les ordures et autres qui se déversent dans cette lagune !



Baclaran, le terminus sud de la plupart des compagnies de bus, la majorité des passagers descend à cet endroit, il y a des correspondances pour toutes les destinations à l’intérieur du grand Manille et l’aéroport international est à quelques centaines de mètres.


Deux kilomètres de plus pour atteindre mon point de chute, Roxas boulevard corner EDSA. Pour ceux qui ne connaissent pas, Roxas Bvd. c’est la grande avenue du bord de mer, la baie de Manille ; corner veut dire intersection et EDSA, c’est Epifanio De los Santos, une sorte de périphérique local.

Nous repartons, je me positionne, prêt à sortir, il me faudra faire vite, car il n’y a pas d’arrêt à cet endroit. Le chauffeur stop, la porte s’ouvre, je m’éjecte et monte sur le terre-plein pour atteindre la contre allée. Vive la gym, préférable d’avoir un peu d’entrainement et de ne pas être handicapé. Il est presque neuf heures.

A pied je remonte EDZA sur un petit kilomètre, enjambe le périphérique, il y a une passerelle piétonne au niveau de Taft avenue qui dessert la station du LRT (le métro aérien local). Trois cents mètre de plus, j’enfile une avenue sur la droite (un quartier de Pasay que je connais) et cherche le terminal de la compagnie Partas. OK, là sur la gauche, des bus de Partas arrivent et partent.
Je me renseigne auprès du personnel présent. « San Fernando La Union, à quelle heure le prochain départ ?


Dix heures ! ». Parfait j’ai le temps de boire une petite bière, où … presque en face il y a un videoke qui fait un bruit d’enfer, mais pas le choix. Un ‘’boui-boui, presque propre, deux consommateurs qui doivent commencer à être bien, compte tenu du nombre de bouteilles vides qui encombrent leur table. Et ils recommandent une bouteille de Red Horse, la bière forte locale. Pour moi une petite SanMig Light bien fraiche … commence à faire chaud.

Une fille qui chante des chansons locale, assez belle voix, mais comme souvent le ton est monocorde. A peine la chanson terminée elle s’éclipse quelques instants et revient accompagnée d’une autre fille qui essaie aussitôt d’attirer mon attention.
Rien à faire, je pars dans une demi-heure et … la fille est moche, grande, grosse et grasse, les trois G, réellement moche. Neuf heures quarante, j’ai payé mes Php 50 et je traverse pour rejoindre le terminal (terminus) de Partas.

Où se trouve le bus pour San Fernando ?
Pas ici, me répond un employé, ici c’est le garage et vous devez vous rendre au Terminal qui est sur EDSA. Bonjour pour la fiabilité des renseignements. Trois cents mètres, cela doit-être faisable pour dix heures.

On se presse un peu, EDSA, sur la droite, 50 mètres le ‘’Terminal’’ de Partas, le Guichet … San Fernando La Union, un ticket s’il vous plait. Merci, le départ à ? 10 h 30 ! Parfait, je m’assois dans ce qui ressemble à une salle d’attente, mais ouverte sur un côté.


L’inévitable TV qui passe un match de boxe, ce qui ne m’intéresse nullement. Je regarde les voyageurs ; un peu de tout, des jeunes, des moins jeunes, des couples avec des enfants, certainement des familles qui sont venues visiter des proches et qui retournent dans leur province, ils ont de nombreux bagages.

Inspection du bus et des bagages par les gardes de sécurité, les passagers embarquent et … à 10 h 47 nous démarrons, les horaires philippins.
Remonté d’EDSA, pas trop de trafic en ce milieu de matinée, nous roulons bien. Makati, Mandaluyong, camp Crame, Timog, Quezón Avenue et allons rejoindre le NLEX, une bonne autoroute, la seule et unique en direction du nord de Luzon.


Belle autoroute, quatre voies dans chaque sens, sauf quand il y a des travaux et il y en a souvent, peu de trafic, les tarifs sont pour beaucoup dissuasifs et certaines catégories de véhicules ne sont pas autorisées de circulation.

La vitesse est limitée à 100 km/h, notre bus doit rouler entre 90 et 100 km/h et peu de véhicules nous dépassent. De Bulacan au nord de Manille jusqu’à Clark (Angeles City) nous mettons une heure pour environ 80 klicks et le paysage est du type morne plaine. Plat, des champs de riz et encore du riz, un peu de canne à sucre, peu, voir pas d’arbres, ce n’est qu’en approchant San Fernando (Pampanga) que l’on aperçoit, sur la gauche, une chaine de montagnes dans laquelle se situe le Mont Pinatubo, ce volcan qui a explosé en 1991 avec les conséquences que l’on connait.


Au fil des ans, la contrée a reverdit. Je me souviens être passé dans San Fernando en mai 1996, cinq ans après la catastrophe tout de même, un paysage lunaire … la route qui avait été dégagée semblait creusée dans les cendres du volcan. Des murs de cendre de deux mètres et plus qui bordaient les bords de la route, des maisons dont l’on apercevait plus que les toits, dans le meilleur des cas et à chaque pluie des milliers sinon des millions de tonnes de boues qui dévalaient les pentes du volcan et anéantissaient les efforts de déblaiement et nettoyage. Les champs étaient gris, recouverts d’une épaisse couche de cendres et rien n’y poussait plus. Apocalyptique et désolant.

Passé Clark, sur la droite le Mont Arayat, un volcan conique, isolé, qui semble avoir jailli des champs de riz pour culminer à plus de 1.000 mètres, étonnant.
Pluie d’orage, sur les montagnes se sont développés des nuages cumuliformes et nous recevons une pissée. Cela ne dure pas, quelques petites minutes et nous retrouvons le soleil.


Un dernier poste de péage, finie l’autoroute, nous reprenons la route traditionnelle philippine, la deux voies qui traverse les villes et villages, celle où l’on retrouve toutes les catégories de véhicules, celle où l’on roule doucement, au rythme du pays.


Une cinquantaine de kilomètres et nous atteignons Tarlac City, la capitale de la province du même nom, une ville de plus d’un million d’habitants dont l’économie est dominée par l’agriculture, principalement la culture du riz et de la canne à sucre.

Coutume locale : certaines portions de cette route ont été élargies de chaque côté, ce qui en fait donc une quatre voies par endroits. Mais les véhicules ne roulent que sur les deux voies du milieu ! Donc, si vous souhaitez dépasser un véhicule plus lent et qu’il y a du trafic qui vient en face … easy, vous dépassez par la droite.


Je présume que cette habitude de rouler au centre de la route est due au fait que lorsque la route redevient à deux voies, la plupart du temps cela n’est pas indiqué et il y a souvent des véhicules arrêtés sur la voie de droite. Les conducteurs ont l’impression de se sentir plus en sécurité au milieu de la route.

Après deux heures trente de route, arrêt buffet à un restaurant local, une eaterie où ils vendent toutes sortes de snacks, de pâtisseries, des hot-dogs à la mode philippine (pas de moutarde, mais de la sauce tomate à base de banane). Impressionnant ce qu’ils peuvent avaler comme ‘’cochonneries’’, pas étonnant qu’ils deviennent gros et gras passé la trentaine. Il est 13 : 15 et les deux membres de l’équipage du bus vont se restaurer, mais c’est aussi un arrêt pipi, il vous en coutera Php 2.

Je mange quelques chips et demande s’ils ont de la bière, la réponse : « pas de boissons alcoolisées », je comprends, qu’à cela ne tienne, il y a un sari-sari juste en face, une bière SMB glacée pour la modique somme de Php 27, moins de 50 centimes d’euro.

Nous allons reprendre la route après une demi-heure d’arrêt, le conducteur compte ses passagers … OK, le compte est bon, roulez jeunesse.

Roulons pendant deux heures, sur une plaine plate comme la main.
La route à deux ou quatre voies traverse plusieurs villes, je remarque partout de nouveaux centres commerciaux, SM Mall, Robinson et d’autres chaînes que je ne connais pas.
Pas grand-chose à voir, de plus le soleil tape et je tire le rideau pour protéger ma voisine qui ne semble pas apprécier l’astre du jour.


Deuxième arrêt ‘’pipi’’ alors que nous apercevons sur la droite, en partie dans les nuages, les premiers contreforts des montagnes de la Cordillera. Arrêt plus bref, une quinzaine de minutes tout au plus. Peu avant Rosario la route se divise en deux ; sur la droite direction les montagnes, Baguio et Benguet, sur la gauche, notre route en direction de la côte.

Cela grimpe, tourne, vire, les nuages s’accumulent, le plafond bas se crève, il tombe des cordes. Cela ne dure qu’une dizaine de minutes avant que le soleil ne fasse sa réapparition.

A quelque chose dans l’air l’on sent que la mer n’est pas loin et au passage d’un pont qui enjambe un estuaire, sur la gauche, à environ cinq cents mètres, la baie de Lingayen.
Traversons des villes qui se nomment Agoo, Aringay, Caba, avant d’arriver, presque, à ma destination … Bauang, (prononcer Ba –ou- ang).


Mon ami Fabien, chez qui je me rends, m’a envoyé un mail qui donnait la précision suivante : deux à trois kilomètres après la sortie de la ville, tu demandes à te faire arrêter au Rose Bowl restaurant, qui est un nouveau restaurant et que le personnel du bus connait certainement.

Aucun problème, le chauffeur stoppe en face du restaurant, je descends presque en marche, pose mon sac à terre et retire mon pull … car il fait chaud. Je regarde à gauche et sans surprise j’aperçois Fabien et Gina qui viennent à ma rencontre. Good timing, bon endroit et en route pour sa petite maison distante d’environ deux cents mètres.


Une petite bière bien fraîche et … la suite pour demain, le mariage de Gina et Fabien, Fabien dont je suis le témoin.

Allons-nous enterrer sa vie de garçon ?

Je joins quelques photos du Coconut Grove, le Resort que m’a réservé Fabien.
Excellent Resort, je pense tenu par des Australiens et que je recommande volontiers.

Tout cela pour vous dire que j’ai effectué un voyage aller et retour de plus de 600 kilomètres, seul, en bus climatisés, sans aucun problème et sans jamais avoir eu l’impression de courir un quelconque danger.

Dangereux ce pays ? Certainement moins que certains !
Au retour, de nuit, j’ai même dormi quelques heures dans mon siège inclinable.

Un parmi les nombreux voyages effectués en bus, le plus souvent avec mon épouse et le premier aussi long que j’effectue seul.


De plus les passagers locaux sont extrêmement serviables et le personnel attentionné.
Pour les très longs trajets, il existe également des bus avec couchettes. Le bus c’est le fer de lance du transport philippin.



Expériences, avis, critiques et commentaires, comme d’habitude sont les bienvenus.

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Wednesday, May 12, 2010

LES CERCUEILS SUSPENDUS DE SAGADA

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C’est il y a une trentaine d’années que j’ai entendu parler  pour la première fois des cercueils suspendus. 

Je ne sais si certains d’entre vous se souviennent de cette émission à la télévision Française qui mettait en scène des apprentis reporters, munis d’une caméra,  qui faisaient le tour du globe afin d’en ramener les images les plus spectaculaires et insolites.

L’un des reportages proposés montrait les cercueils suspendus de Sagada et je ne pensais pas, à cette époque, que quinze ans plus tard, j’aurais la chance de pouvoir contempler ce spectacle insolite.

Dans la région de Sagada, dans la Mountain Province de l’île de Luçon (Luzon), l’ancien rite funéraire de suspendre les cercueils le long des corniches verticales est toujours pratiqué par quelques minorités ethniques. 

Bien qu’il se perpétue dans la région de Sagada depuis plus de 2.000 ans, ce n’est pas une exclusivité des Philippines.

Ce rite se retrouve également en Indonésie, mais c’est de Chine du Sud qu’il serait originaire, plus précisément de la région du Sichuan avec le peuple Bo. De nos jours, les cercueils suspendus se trouvent dans les pays suivants :
-          Chine, provinces de Fujian (Wuyi Mountains), Hubei, Jiangxi (Longhushan, peuple Guyue), Sichuan (Qutang gorge, une des trois gorges) et Yunnan.

-          Indonésie, c’est une pratique du peuple Sa’dan Toraja sur les hautes terres du Sulawesi.

-          Philippines, Sagada, Mountain Province.                                                                             
Le peuple Bo, une minorité ethnique, vivait à cheval sur ce qui est de nos jours la frontière entre les provinces chinoises du Sichuan et du Yunnan. Il développa, il y a plus de 3.000 ans, une brillante civilisation qui fut détruite par la dynastie Ming (1368- 1644).
Tout comme les Aztèques, les Bo ont brutalement et totalement disparus, massacrés jusqu’à l’extermination,  laissant derrière eux très peu d’indices et d’informations sur leur civilisation.
Seuls sont parvenus jusqu’à nous, les cercueils suspendus, les tambours de bronze et quelques peintures.
En 2005, quelques descendants des Bo ont été découverts dans la région de Xingwen, province du Sichuan.
Mais rendons nous à Sagada, une petite ville de 11.000 habitants,  située à 275 kilomètres au nord de Manille, dans une vallée au cœur de la Cordillera. Après avoir passé la nuit à Banaue (les terrases de riz, site classé par l’UNESCO), nous levons à 06:00, petit déjeuner et départ vers 07 :00. 

Deux routes pour se rendre à Sagada : Passer par Baguio et remonter sur le nord (140 kilomètres), soit passer par Banaue et remonter sur Bontoc la Capitale provinciale. Avons négocié un jeepney avec le patron de l’hôtel, 2.500 pesos aller et retour (130 kilomètres), ce qui fait 500 pesos par personne, nous sommes cinq. 

Ça grimpe sérieusement, nombreux virages, route large, mais rochers sur la route qui obligent à faire très attention. Vestiges d’éboulements et de glissements de terrain rappellent au visiteur que durant la saison des pluies (typhoon), cette région peut rester coupée du monde pendant plusieurs jours, voire semaines. La route de Baguio est peut-être encore plus difficile. 

Les montagnes qui nous dominent culminent à plus de 2.000 mètres. Le Mont Tabayoc 2.842 m, le Mont Kapiligan 2.670 m, le Mont Alchanan 2.576 m. Grandiose et sauvage, mais la forêt laisse apparaitre de nombreuses traces de déforestation. 

Quelques personnes bénéficieront d’un transport gratuit. Deux militaires de corvée d’eau, notre chauffeur s’arrête pour les prendre, ils descendront quelques kilomètres plus loin, un poste militaire au milieu de nulle part. Trois femmes qui se rendent au marché de Bontoc pour vendre leurs quelques fruits et légumes.  Egalement des gamins, qui profitant de la faible vitesse du véhicule, s’accrochent à l’arrière sur quelques centaines de mètres. 

Pas le moment de perdre ses freins, le moteur chauffe. Sans quitter son siège, le chauffeur transvase quelques litres d’eau dans le système de refroidissement, un ingénieux montage fonctionnant par gravité. Récipient monté sur le toit et tuyau qui aboutit au radiateur. Il a plusieurs bouteilles en plastique remplies d’eau à portée de la main gauche.


Après près de trois heures de route, descendons sur Bontoc. Nos vendeuses de fruits et légumes nous quittent sans un mot et nous tournons à gauche en direction de Baguio. Moins de dix kilomètres plus loin nous prenons une petite route sur la droite, six kilomètres de plus … nous sommes à Sagada.
La ville, composée de petites maisons individuelles aux toits de tôles ondulées rouillées, s’étale aux milieux de petites collines boisées, mais les montagnes, tout autour, ne sont pas loin.
Première démarche, se rendre au ‘’Municipio’’, la mairie locale, pour s’inscrire (office du tourisme). Depuis qu’un anglais a été retrouvé mort après s’être perdu dans les grottes de Sagada, l’inscription à la mairie et la location d’un guide sont obligatoires. Prendre un guide officiel. Mesure de sécurité, mais permet également de faire un peu d’argent pour la population locale. Pour nous qui sommes cinq, il nous faut deux guides ‘’officiels’’ et deux lanternes.

A peu de distance de la ville, après avoir contourné des terrasses de riz, nous trouvons les falaises avec les cercueils suspendus. La dense végétation, les arbres, les trous et grottes dans les falaises, le tout fait qu’il est difficile, au premier abord, d’apercevoir les cercueils. Ah, nos cinq premiers, qui d’après nos guides seraient vieux de deux cents ans. Ici, beaucoup plus visibles maintenant, suspendus entre cinquante -cent mètres,  une quinzaine apparaissent à travers le feuillage.

En fait les cercueils ne sont pas vraiment suspendus, tout du moins pas comme je l’imaginais, pas avec des cordes. Ils sont, soit accrochées sur des roches en saillies, soit posés sur des pieux enfoncés perpendiculairement dans la falaise. Une troisième méthode consiste à empiler les cercueils dans les nombreuses grottes creusées dans les falaises de calcaire.
Les plus anciens sont façonnés à partir de troncs d’arbres évidés avec un couvercle massif. Ils peuvent prendre des formes différentes et variées, être sculptés, peut-être certains étaient-ils peints. Les plus récents étant fabriqués à partir de planches clouées.

Plusieurs explications sont données à ce rite funéraire. Les morts sont plus près du paradis (mais dans ce cas pourquoi ne pas placer le cercueil au sommet de la plus haute montagne ?). Les morts veulent sentir et entendre le souffle du vent autour d’eux, voir le soleil. Troisième explication, que le cadavre ne soit pas la proie des animaux sauvages. Faites votre choix.
C’est une pratique qui est officiellement interdite, mais je me suis laissé dire que pour les plus âgés des membres de la tribu …

Quand une personne décède, elle est placée (attachée avec des cordes) sur la chaise des morts. Une haute chaise avec dossier qui restera sous le porche de la maison durant la période de deuil (plusieurs jours). Le cercueil est préparé et emmené jusqu’à la falaise où il sera descendu avec des cordes à l’endroit choisi. Plus tard, le corps sera transporté et placé dans le cercueil par des jeunes de la tribu que l’on nomme les ‘’grimpeurs de rochers’’. Les gens de la Mountain Province ont un profond respect pour les esprits de leurs ancêtres. Néanmoins, l’on m’a raconté que du fait de la rigidité cadavérique, de la forme du corps suite à la position sur la chaise des morts, de l’étroitesse des cercueils, on n’hésite pas à casser quelques os pour faire entrer le cadavre dans le cercueil.

Les cavernes et grottes sont également des merveilles à découvrir, de véritables expéditions spéléologiques à réaliser. Malheureusement, le manque de discipline des touristes, le manque de moyens financiers et de volonté des autorités, font que cet héritage culturel des Philippines pourrait être perdu à tout jamais.  Vous pouvez également assister à des rituels de tribus locales (les anciens coupeurs de têtes), dans les environs de Sagada.
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