Sunday, November 2, 2014

MANILLES ... DES ANNÉES SOIXANTE !

Un de mes bons amis philippins, en fait un Tsinoy, m’a récemment fait parvenir quelques excellentes photographies du Manille du début des années soixante.

Comme l’on y reconnait parfaitement les lieux et qu’il est donc facile de faire des comparaisons, j’ai souhaité vous en faire profiter. Pour ceux qui connaissent un peu Manille, attendez-vous à des surprises !


C’est certainement différent de ce que vous connaissez du Manille d’aujourd’hui. Avouez que Quiapo, Binondo ou Makati avaient une autre gueule il y a un peu plus de cinquante ans. 

La rivière Pasig aux eaux claires, les rues propres avec des plaques d’égout, car il y avait un système de tout à l’égout qui fonctionnait, des trottoirs qui ne possèdent pas ces nids d’éléphants dans lesquels l’on risque de disparaitre, mais savez-vous qu’il y avait également un réseau sous-terrain de distribution de gaz à cette époque et des tramways ?

Manille, Manila ou Maynilad pour son nom Tagalog, a connue plusieurs périodes.
De nos jours Manille, vingt-cinq kilomètres carrés pour une population d’un million sept cents mille habitants, est une des dix-sept villes et municipalités qui forment le Grand Manille ou Metro Manilla (570 km2 et une population estimée entre 13 et 15 millions).

Manille se compose aujourd’hui de  quinze districts qui se nomment Binondo, Ermita, Malate, Paco, Pandancan, Port-Aera, Quiapo, Sampaloc, San Andres, San Miguel, San Nicolas, Santa Ana, Santa Cruz, Santa Mesa et Tondo.


Mais il n’en a pas toujours été ainsi.

La première évidence d’une présence humaine dans et autour de l’actuelle Manille, remonte à trois mille ans avant Jésus Christ, les Pétroglyphes d’Angono.

Du fait de sa position géographique exceptionnelle, la ville est située à l’extrême Est d’une vaste baie fermée sur plus de trois cents degrés et de plus à l’embouchure de la Pasig River, cet endroit a toujours attiré les convoitises.

Depuis au moins le 10ème siècle, ce lieu, principalement la partie située au nord de la Pasig River, était un centre de commerce important de l’archipel et l’on y trouvait de nombreux marchands chinois.

Le Royaume de Maynila était florissant durant la première partie de la Dynastie des Ming (1368-1644), ceci principalement du fait des échanges commerciaux avec la Chine. L’ancien Tondo, un quartier au nord de la Pasig River, qui existe toujours aujourd’hui, était alors considéré comme la capitale de l’empire.

L’Empereur de Chine considérait les dirigeants de Manille comme des rois souverains et non pas comme de simples chefs de tribus. Au 13ème siècle la ville consistait en un campement fortifié et le quartier des affaires qui se situait sur les rives de la rivière Pasig. L’ensemble ayant été construit sur les ruines de villes plus anciennes. 

Puis Manille fût envahie et conquise par l’empire (indianisé) javanais de Majapahit.
Durant le règne du Sultan Bolkiah (1485-1521), le Sultan de Brunei attaqua et pris possession de la ville, il voulait profiter du commerce florissant qui existait entre Tondo et la Chine. Il établit la ville de Saludong, de nos jours Manille.  

Puis ce fût l’arrivée des Espagnols en 1571.
Ils font de Manille la capitale des Indes Espagnoles de l’Est et c’est de là que pendant trois siècles vont partir les galions de la route Manille Acapulco, la route des épices. Ils construisent Intramuros, une ville fortifiée dans laquelle ils s’enferment la nuit.



La ville est occupée par les Anglais pendant deux ans de 1762 à 1764, puis reprise par les Espagnols.

Après la bataille de Manille (1898), l’archipel est cédé aux Américains, ils vont entièrement transformer la ville.
Sous la férule du Gouverneur Taft, la vieille ville va s’adapter au 20ème siècle et se moderniser.
C’est sur des plans de Daniel Burnham que la ville est repensée. Développement du réseau routier, utilisation des voies d’eau pour le transport, embellissement du front de mer, construction de buildings pour les administrations, création de parcs, de places, d’espaces verts et introduction de l’architecture Art Deco.

Pour éviter que la ville ne soit bombardée par les Japonais, Macarthur se retranche sur l’île de Corregidor et déclare Manille ville ouverte. Ce qui n’empêchera pas les bombardements japonais, mais limitera les dégâts (24 décembre 1941 / 2 janvier 1942). 


Manille fût également le site de la plus sanglante bataille du théâtre du Pacifique durant la seconde guerre mondiale. Après être tombée dans les griffes de l’Empire Japonais le 2 janvier 1942, elle fût reprise par les forces conjointes Américano-philippines du trois février au trois mars 1945.

Les troupes japonaises en retraite se battent quartier après quartier, rue après rue, Macarthur n’hésite pas à faire raser la ville par des bombardements terrestres, maritimes et aériens. Il ne demeure rien, ou presque rien de la ville dessinée par Burnham, même les vieilles fortifications d’Intramuros, dans lesquelles s’étaient réfugiées les derniers combattants de l’armée impériale, sont pilonnées, rasées sur ordre de Macarthur. 

Plus de 100.000 civils, en grande majorité des Philippins, perdront la vie durant le seul mois de février 1945. Il ne reste plus rien de la ‘’Perle de l’Orient’’.

Mais venons-en à la Manille des années soixante.

Après la guerre, la reconstruction est immédiate.
De nouveaux bâtiments de trois, quatre étages, rarement plus, émergent rapidement des ruines et des décombres. L’environnement est parfaitement propre, aucune pollution. Les bâtiments, pour la plupart de couleur claire éclatent de luminosité sous le soleil des tropiques. Les rues, nouvellement asphaltées, semblent briller sous l’éclat d’une cire qui viendrait juste d’être lustrée, les trottoirs, sidewalks en anglais, ne présentent aucun nid de poule susceptible d’avaler le piéton qui s’y risque.



La circulation est fluide, les Osmobiles, Studebakers, Buicks, Pontiacs et même jeepney’s, tracent leur route sans embouteillages.

Piétons comme automobilistes sont disciplinés, l’on ne se gare pas en double file et les piétons respectent les zones où il est possible de traverser. Les devantures des boutiques et commerces sont propres, pas de détritus, la rue est un endroit convivial. 

Et pourtant il n’y a pas à chaque carrefour deux policiers qui veillent, prêts à verbaliser le premier contrevenant, pas d’employés du MMDA pour ‘’fluidifier la circulation’’ et aucun employé municipal pour nettoyer rues, caniveaux et trottoirs. La discipline individuelle règne en maitre absolu. Chaque magasin, commerce et échoppe, fait en sorte que l’environnement demeure ‘’Clean’’.




Au milieu de la rue une Ford 1953 qui vient de passer le Jones Bridge et qui se dirige vers Binondo.

Le ‘’Lyric’’, mais également l’Idéal, le State, l’Odéon, sont alors les meilleurs théâtre, ils présent les dernièrs spectacles, ceux qui passent à Broadway, Londres et Paris.
L’habillement pour les hommes est relativement formel, pantalons noirs, crèmes ou blanc et chemises blanches, souvent à manches longues. Pour les femmes robes, tailleurs, sacs à main, chaussures  et souvent les cheveux courts, la grande mode de ces années.

La Pasig River présente un visage de pureté que l’on ne retrouve plus de nos jours.
Bien que quelques péniches marchandes soient stationnées du côté de San Nicolas, ainsi que quelques Yachts, vous l’aurez remarqué, les eaux demeurent limpides. Je soupçonne que cette photo a été prise entre octobre et décembre, autrement des ‘’Water Lilies’’ (Jacinthes d‘eau), qu’elles soient blanches, jaunes ou violettes, portées par le léger courant, devraient apparaitre sur la photographie.



A cette époque, de nombreux yachts remontaient la Pasig River jusqu’à Malabon, Marikina et parfois jusqu’à la province de Rizal.

L’ancien Agrifina Circle, ce qui est de nos jours la partie Nord-est du ‘’Rizal park’’, avec l’ancien Palais du Congrès et le Manila City Hall (la mairie de Manille).


Si vous aviez eu la chance de pouvoir survoler, en L15 ou Piper Cub, le bord de la Baie de Manille, voici ce que vous auriez-eu la possibilité de contempler. Dewey Boulevard, de nos jours Roxas Boulevard. C’est propre, un peu sec peut-être, un manque de verdure évident et les cocotiers n’ont pas encore poussé. Mais regardez l’eau de la Baie de Manille. L’eau est bleue, pas de cette couleur indéfinissable que l’on peut observer de nos jours et vous remarquerez, aucun détritus à l’horizon.


Avenida Rizal, cette grande avenue commerciale était un régal pour tout le monde, aussi bien pour les automobilistes que pour les piétons, pour les promeneurs comme pour ceux qui venaient faire leurs emplettes, un régal.

De nos jours, elle passe, au gré des maires, d’une avenue embouteillée à une rue piétonne, avant que de redevenir ouverte à la circulation. Le métro aérien qui passe au-dessus de l’avenue a également modifié le paysage et a assombri l’endroit. Les arcades des vieux bâtiments décrépis, principalement entre Carriedo et Recto Avenue, sont envahies de vendeurs à la sauvette. DVD piratés, piles et lampes électriques, sexe toys offerts aux yeux des passants qui côtoient des jouets pour enfants. 



La prostitution sauvage et de bas étages fleurie dans ce secteur animé, les hôtels de passe sordides et décrépis y sont légion… Avenida a bien changée.

Ayala Avenue, dans le quartier de Makati, le nouveau quartier des affaires de cette époque, présente des immeubles neufs, agréables à la vue, de six à huit étages au maximum. De nos jours des gratte-ciels de verre et d’acier, qui peuvent compter jusqu’à cinquante étages, ont remplacé les petites structures coloniales et aérées. Sauf à midi, le soleil n’est plus guère visible à Makati.

Ayala Avenue est construite sur l’ancienne piste principale de l’Aéroport International de Manille. 
La deuxième piste qui existait alors, est de nos jours Paseo de Roxas.  


La Perle de l’Orient a perdu de son éclat !
La guerre l’avait mise à genoux, l’urbanisation à outrance est en train de l’achever.


Expériences, avis, critiques et commentaires, comme d’habitude sont les bienvenus.

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