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Thursday, August 11, 2016

CHASSEURS DE TRÉSORS ... AUX PHILIPPINES !

Chasseurs de trésors aux Philippines !


J’aime bien les histoires de trésors, de ces histoires que l’on lit quand on est gamin ou même un peu plus grand. Oui, Monsieur, durant ma jeunesse il n’y avait pas internet, pas de télévision, ou si peu, pas d’Iphone, d’Ipad et de Pokemon, on lisait, nous lisions ; tous les gosses ou presque s’adonnaient à la lecture et la grande majorité d’entre eux aimait. Un peu notre façon à nous de nous échapper du quotidien, de rêver un peu, d’appréhender un autre monde, un monde fait de mystères et de découvertes, un monde où les trésors tenaient une grande place.

Du fait de cette manière de faire, cela faisait travailler notre esprit, tout ne nous était pas livré sur un plateau. Il nous fallait imaginer les portraits de nos héros, les paysages, mettre en scène les situations, contrôler nos émotions, anticiper nos réactions. L’île aux Trésors bien sûr, mais également le Conte de Monte Christo, le scarabée d’or, les histoires de Conquistadores et les mines de Cipango, les Corsaires et Pirates, les tempêtes, les combats et tous ces galions qui sombraient avec leurs précieuses cargaisons.


Des histoires de trésors, aux Philippines nous en avons des milliers.

Les Jonques chinoises et autres bateaux japonais sillonnaient ces eaux bien avant l’arrivée des Espagnols et les typhons étaient certainement aussi puissants que ceux que nous connaissons de nos jours. Et ce malgré le réchauffement climatique dont on nous rabâche les oreilles.

Donc, les naufrages étaient fréquents.

Puis avec la conquête espagnole, ce sont les Galions de la ligne Manille / Acapulco qui vont apporter leur lot d’épaves et de trésors engloutis.  Les satellites n’étaient pas encore en service dans ces temps reculés, prévoir les tempêtes s’avérait être un art difficile.

Oh combien de galions, avec leurs capitaines, partis de Manille en direction d’Acapulco, ne sont jamais arrivés ? Perdus corps et biens. Quelques-uns, souvent répertoriés et dont l’histoire est bien connue, ont été remontés à la surface, leurs histoires et leurs trésors tout du moins. Mais combien restent encore au fond de l’archipel, inconnus de la grande majorité ?


Si l’on estime qu’une bonne quarantaine de galions, qui effectuaient la ligne Manila / Acapulco, ont sombré corps et biens, dont environ la moitié dans ou à proximité de l’archipel, moins de cinquante pour cent a été de nos jours découvert ! Ce qui devrait, au minimum, nous laisser une bonne dizaine de ces galions à retrouver, avec toutes leurs précieuses cargaisons et trésors dans les seules eaux Philippines.

Il y a également le, ou plutôt les « Trésors de Yamashita ».

Mais, ceci fait partie de l’opération ‘’Lily’’, nous aurons l’occasion de revenir sur ces trésors dans de prochains billets. Le pillage systématique des richesses des terres, contrées et pays envahis par les armées de l’Empire Impérial Japonais entre 1931 et 1945. De l’invasion de la Manchourie à la reddition de l’armée impériale nipponne.

Récemment, il m’a été rapporté, par l’intermédiaire d’un ami anglais, de l’existence  d’un nouveau trésor, d’un trésor dont je n’avais entendu parler, tout du moins pas au pays des 7.107 îles ; ‘’Les bijoux et joyaux de la Couronne Royale d’Angleterre’’, immense trésor qui serait caché quelque part aux Philippines.


Cet ami anglais, qui tient un centre de plongée à Mindanao, a entendu parler de cette histoire par un de ses clients, un Philippin petit-fils d’un soldat de sa très Gracieuse qui, avec des compagnons d’armes australiens, aurait caché le trésor sur une île de l’archipel des Philippines.  

Pourquoi aux Philippines ? 

Je vous livre l’histoire telle qu’elle m’a été rapportée par mon ami anglais..
Les joyaux de la couronne d’Angleterre sont, depuis 1303, conservés dans la tour de Londres et, mise à part l’épisode Cromwell, ont toujours été conservés dans ce lieu mythique.

Nous sommes en septembre 1940 et devant l’imminence d’une invasion des îles britanniques par les  troupes du III Reich, il est décidé que les bijoux, ors et joyaux de la Couronne d’Angleterre doivent quitter les îles et être mis à l’abri aux États-Unis d’Amérique.


Ce qui est sûr, c’est que le trésor a, durant cette période troublée, été déplacé de le Tour de Londres et caché.


Plusieurs hypothèses sont avancées :
Les joyaux auraient été cachés au Pays de Galles ; ou alors à Westminster ; ou bien convoyés au Canada où ils auraient été conservés dans les coffres souterrains d’une banque ; peut-être à Fort Knox aux États-Unis, etc.   

Dans la version des faits telle qu’elle m’a été rapportée, les joyaux transportés en train spécial de Londres (ou Westminster) à Glasgow, auraient été embarqués à bord d’un hydravion amphibie de la Royal Navy et, pour les plus volumineux, sur un navire des Gardes Côtes. L’hydravion et il est précisé un Walrus, les transporta en haute mer jusqu’à un croiseur britannique de la Royal Navy.

Ce croiseur, avec son escorte de destroyers et frégates, fit alors route en direction des Amériques, mais en suivant une route nettement plus au Sud que les convois marchands qui reliaient en permanence l’ancien au Nouveau monde. Ceci afin d’éviter les U-Boot allemands, particulièrement actifs dans l’Atlantique Nord à cette époque.



Fort Knox ( ?) ou autre cache aux États-Unis ?
Toujours est-il que devant la menace d’entrée en guerre des USA, il est décidé de transférer le trésor des USA en direction de l’Australie, ceci en octobre, début novembre 1941.

C’est sur un navire de guerre battant pavillon US que les joyaux de la couronne d’Angleterre quittent les États-Unis d’Amérique (San Diego) en direction d’Hawaï.

D’Hawaï le trésor sera transbordé sur un sous-marin US qui fera route, dans un premier temps en direction de Manille. Mais la guerre éclate, le 7 décembre les Japonais bombardent Pearl Harbor.

Le 9 décembre, c'est-à-dire le lendemain de l’attaque de Pearl Harbor (passage de la ligne de changement de date), les Japonais débarquent aux Philippines. Le 10, les Japonais bombardent Manille, mais le sous-marin, ravitaillé, a repris la mer la veille.


Courant janvier le sous-marin se trouve dans les eaux indonésiennes, du côté de l’île d’Ambon dans l’archipel des Moluques. 

Les Japonais avancent rapidement en direction de l’Australie, de plus le sous-marin a subi de violentes attaques de la part de navires de l’Empire du soleil levant et se trouve endommagé.
Il est alors décidé de débarquer le trésor et de le remettre à des troupes Australo-Anglaises qui se trouvent dans le secteur du Timor et qui tentent de ralentir l’avancée japonaise.

À partir de là les faits sont moins précis. 

Le trésor aurait été remonté en direction de l’archipel de Sulu et aurait été caché sur une petite île.
Seule une poignée de témoins, dont le Grand-père anglais, aurait connu l’exacte location de la cachette du trésor. Une carte aurait même été dessinée par les survivants de l’expédition.
J’ai effectué quelques recherches et je vous livre ce qu’il m’a été possible de trouver :

À ce jour il n’y a aucune information fiable concernant la cachette des joyaux de la couronne d’Angleterre  durant la seconde guerre mondiale. Ce qui est certain, c’est que la cachette dans une ancienne carrière du Pays de Galles n’a abrité que les trésors qui provenaient des musées nationaux anglais.

Maintenant il est prouvé que certains croiseurs et croiseurs légers de la Royal Navy possédaient des catapultes et des grues offrant la possibilité de catapulter et de récupérer des hydravions de type Walrus.

Pour ce qui est du sous-marin, le USS Shark (SS 174), pourrait être le sous-marin impliqué dans cette histoire. Mis à l’eau en 1935, ce sous-marin fût d’abord affecté à l’Atlantique Nord puis aux Caraïbes.



En 1938 (le 19 décembre) il est assigné à Pearl Harbor dans le cadre de SubRon 4.
Après deux ans d’opérations dans le secteur d‘Hawaï, le Shark quitte Pearl Harbor le 3 décembre 1940 afin de rejoindre la flotte asiatique basée à Manille.

Le 9 décembre 1941, sous le commandement du Capitaine Louis Shane, le Shark quitte le port de Manille et patrouille la zone de Tayabas Bay. Le 19 décembre 1941, le sous-marin est de retour à Manille afin d’embarquer l’Amiral Thomas C. Hart pour le transporter à Soerabja sur l’île de Java.

Le 6 janvier 1942 le Shark reporte qu’il a failli être touché par une torpille d’un sous-marin de la Marine Impériale. Quelques jours plus tard le Shark reçoit l’ordre de rallier l’île d’Ambon sur laquelle les Américains s’attendent à une invasion ennemie. Le 27 janvier ordre lui est sonné de joindre d’autres sous-marins qui patrouillent le détroit de Malacca.

Le 2 février le Shark reporte qu’il a été sévèrement  grenadé à seize kilomètres de l’île de Tifore et le 7 février que le sous-marin est à la chasse d’un cargo japonais.

Depuis on n’a jamais plus entendu parler, ni du sous-marin, ni de son équipage.

Que pensez-vous de cette histoire de trésor ?
Histoire vraie, en partie ou en totalité ?
Pure invention d’un chercheur qui cherche à se faire financer ?

Seriez-vous prêt, sur des informations plus ou moins fiables, à partir pour une chasse aux Trésors ?

Excellente journée à tous et à toutes.
Il est ici 11 h 00 et il pleut des cordes sans discontinuer depuis cinq jours.
La Mousson du Sud-ouest se fait particulièrement sentir cette année.


Pour accéder à la première partie de la chasse aux trésors  ICI

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Saturday, March 8, 2014

LES GALIONS DE MANILLE, LA ROUTE DES ÉPICES !

Vous connaissez tous, ou tout du moins vous avez tous entendu parler un jour ou l’autre de la flotte de l’or, ou de la flotte des Indes.

De ces navires espagnols qui ramenaient en Europe les richesses des Amériques ; or des incas, or et argent des mines du Pérou, pierres précieuses de Colombie et d’Amérique du sud, perles, épices, tabac, toutes ces richesses qui passaient du nouveau à l’ancien monde.



Un seul moyen de transport à cette époque, la mer, la traversée de l’Océan Atlantique en utilisant principalement des galions et des caraques. Avec tous les dangers que cela pouvait présenter, car aux cyclones qui sévissaient dans les mers des Caraïbes et le Golf du Mexique, il fallait ajouter les attaques des corsaires, des pirates et autres flibustiers qui pullulaient dans ces eaux.

Aux navires isolés et par trop vulnérables, devant l’ampleur des pertes subies, l’Espagne va rapidement adopter le système de l’Armada. Au lieu de partir, un par un et isolés, les galions vont se grouper et n’effectuer, tous ensemble et protégés par des navires de guerre, qu’une ou deux traversées par an.

Plus difficile pour les attaquants qui se retrouvaient alors en face de navires groupés et lourdement armés.
Donc il leur fallait attendre qu’un navire se trouve quelque peu détaché du groupe, après une tempête par exemple, pour se lancer à l’abordage. « A l’attaque, pas de quartier, pas de prisonniers ».

Il faut dire que de l’autre côté ce n’était pas mieux et que tout pirate qui se faisait prendre se retrouvait à se balancer au bout d’une corde sous une des vergues d’un mât quelconque.

Que ce soit au hunier ou au perroquet, au mât de misaine ou au grand mât, pendu haut et court, ceci certainement afin de mieux profiter de la vue, revenait au même.

Donc avec les pirates, les corsaires et  les flibustiers, nombre de trésors venus des Amériques ont été pillés.

Par peur de se faire voler, nombreux sont les capitaines qui, après une belle prise allaient cacher leurs trésors, de préférence sur une île déserte. Nous avons tous en mémoire une carte d’île au trésor, un bout de parchemin jaunis, montrant tout ou partie d’une île, sur laquelle une croix indique précisément l’endroit où se trouve enterré le trésor.

A partir du rocher du diable, à soixante-dix pas en direction du nord, se trouve un arbre dont le penchant vous donnera la direction à suivre. Comptez cent vingt pas, là se trouve un monticule et la main droite du squelette qui y est enterré vous donnera les indications nécessaires à la découverte du trésor, etc.



Puis nous avons les galions qui ont coulé corps et biens, pris dans les tempêtes ou on fait une erreur de navigations. 

Chaque année, deux flottes partaient de Séville, puis à partir de 1717 de Cadix, en direction de l’Amérique.
La première se rendait à Veracruz, en Nouvelle Espagne dans le Golf du Mexique, la seconde se dirigeait vers Carthagène en Nouvelle Grenade (actuelle Colombie).

Au retour les deux flottes se réunissaient à la Havane sur l’île de Cuba, avant de s’engager sur le chemin du retour.

Les cyclones des caraïbes sont aussi puissants que nos typhons du Pacifique et nombre de ces galions, pris dans les tempêtes, sont venus se fracasser sur les récifs qui parsèment les eaux  Caraïbes.
Les flottes de 1622 (dont faisait partie le galion Nuestra Señora de Atocha), de 1715 et de 1733, furent anéanties par les tempêtes dans les Caraïbes.

Mais savez –vous qu’il existait une autre flotte, connue sous  le nom de le ‘’Galion de Manille’’, qui faisait le trajet entre Acapulco en Nouvelle Espagne et Manille aux Philippines ?
Cette flotte, au retour de Manille, transportait les biens d’origine asiatique, majoritairement chinois, échangés contre l’argent mexicain.

D’Acapulco, les produits rejoignaient ensuite par voie terrestre le port de Veracruz afin d’y être embarqués en direction de l’Espagne.

Mais pour vous parler de cette flotte des galions de Manille il me faut vous présenter un personnage qui se trouve à l’origine de cette aventure, il se nomme Andrés de Urdaneta.


Petit rappel.
En 1519, c’est le départ d’Espagne de l’expédition de Magellan qui va rejoindre les Philippines en traversant l’océan Atlantique, puis l’océan Pacifique, un voyage effectué d’est en ouest.

Magellan et ses équipages, ce qu’il en reste tout du moins, atteignent les îles Philippines au début de l’année 1521. Magellan est tué par Lapu-Lapu, un chef local, durant la bataille de Mactan le 21 avril 1521.

L’expédition passe alors sous le commandement de Juan Sebastian Delcano qui arrive, après bien des aventures, à retourner en Espagne, mais en passant par le détroit de Bonne Espérance, le sud de l’Afrique.
Ces premières expéditions ne sont pas désintéressées, il ne s’agit pas de découvertes à proprement parler, il ne s’agit nullement de faire savoir au monde que la terre est ronde ou de découvrir de nouvelles civilisations.

Non, il s’agit d’opérations bassement mercantiles, il s’agit d’aller chercher et de ramener les épices des îles, épices très prisées en Europe et qui valent leur pesant d’or.

Par le traité de Tordesillas, les deux puissances maritimes de l’époque, l’Espagne et le Portugal, se partagent le monde. Sans entrer dans les détails, le traité de Tordesillas du 7 juin 1494 divise les nouvelles terres découvertes hors d’Europe entre l’Espagne et le Portugal. Ce partage se fait selon une ligne nord-sud (méridien) qui se situe à 370 leagues (lieues de 5,6 kilomètres) à l’ouest des îles du Cap Vert, possession des Portugais. Ce méridien se trouvant à mi-chemin entre les îles du Cap Vert et les îles découvertes par Christophe Colomb, Cipangu et Antilia, Cuba et ‘’Hispaniola’’, de nos jours la République Dominicaine et Haiti).

Toutes les terres qui seront découvertes à l’est de cette ligne reviendront  au Portugal, celles qui se situent à l’ouest à l’Espagne. De l’autre côté, du côté de l’antéméridien, l’on ne sait pas encore très bien où se situe la ligne de partage. En fait les Philippines sont situées dans la partie revenant aux Portugais. Les îles seront plus tard rachetées par les Espagnols qui vont y établir une colonie à partir de 1575.


Revenons à Andres de Urdaneta y Cerain, un Espagnol qui est né dans la Province Basque de Gipuzkoa le 30 novembre 1498. Très jeune, comme c’est souvent le cas à cette époque, il part en mer, mais surtout il s’initie à la navigation.

En 1525 Urdaneta fait partie de l’expédition de Garcia Jofre de Loaisa qui, avec 7 navires et 450 hommes, est envoyée sur l’ordre du roi Charles 1er d’Espagne (Charles Quint) dans le but de coloniser les îles des Epices, tout du moins d’y établir une base permanente.

Même si l’expédition de Magellan fût un semi-échec, la vente des épices rapportées ne couvrant pas les frais engagés, le roi d’Espagne pense, à juste titre, que l’Espagne doit s’engager dans cette voie.
Ne serais-ce que pour contrer les Portugais dans cette partie du monde encore peu connue.

Il y a deux capitaines dans cette expédition : Garcia Jofre de Loaisa et Juan Sebastian Delcano, le survivant et capitaine du dernier et seul navire de l’expédition de Magellan à être revenu en Espagne.

La flotte appareille de la Corogne le 24 juillet 1525 et arrive sur les rivages de la Patagonie en janvier 1526.
De forts vents empêchent la flotte d’entrer dans le détroit qui porte désormais le nom de Magellan ; deux vaisseaux font naufrage et sont détruits, un troisième est rejeté dans l’océan Atlantique. Son équipage déserte et repart en direction de l’Europe.

Néanmoins, dans de très mauvaises conditions de mer, les quatre vaisseaux rescapés franchissent le détroit et se retrouvent dans l’Océan Pacifique en mai et sont immédiatement dispersés par l’arrivée d’une formidable tempête.

Un des navires, le San Lesmes, disparait corps et biens.



Le Santiago fait cap au nord et après un étonnant voyage de plus de 10.000 kilomètres, arrive sur les rivages de la côte ouest du Mexique. 

Le troisième navire, le Santa Maria del Parral, traverse le Pacifique, atteint Sangir sur la côte nord ouest des Célèbes. Le bateau est échoué et l’équipage tué ou fait prisonnier (esclaves) par les natifs.
Quatre hommes seront secourus en 1528 par une autre expédition espagnole partie du Mexique.

Seul le galion Santa Maria de la Victoria, avec un nom pareil ce n’est pas étonnant, atteindra les îles aux épices au mois de septembre 1526.

L’expédition est un fiasco.
Loaisa meurt du scorbut le 30 juillet 1526, Elcano quelques jours plus tard.
Andrés de Urdaneta et 24 hommes survivent, débarquent sur une des îles aux épices et sont immédiatement fait prisonniers par les Portugais arrivés de leurs avant-postes des ‘’East Indies’’.

Urdaneta va rester dans les îles, prisonnier des Portugais, jusqu’en 1536.
Mais il va y rencontrer de nombreux navigateurs et marchands, qu’ils soient Chinois, Japonais, Malais, Indiens ou Arabes. De ce fait l’on peut en déduire qu’il va beaucoup apprendre sur la navigation dans cette région. Les vents, les courants, les tempêtes, les ports et abris que l’on peut trouver, les écueils et récifs, les points d’eau et de ravitaillement, la dangerosité des populations locales, etc.

Il a certainement copié des cartes, peut-être même des manuels (précis) de navigations de ces peuples qui sillonnaient ces mers depuis plusieurs siècles. Les Japonais commerçaient avec les Philippines en l’an 1000, les Chinois bien avant. 

                                      Lignes blanches, routes espagnoles, bleues portugaises.

Accompagné de quelques de ses hommes rescapés, il arrive à se faire embarquer, toujours sous bonne garde des Portugais, sur l’Armada des Indes Portugaises et arrive au Portugal en 1536. Pour être précis à Lisbonne le 26 juin 1536.

Presque onze années pour faire le tour du monde !

Là on lui confisque ses cartes et ses écrits.
Il s’échappe du Portugal et se réfugie en Espagne où, de mémoire, il reconstitue cartes et précis de navigation.

Il rencontre alors Charles Quint et, fort de ses connaissances, lui explique son idée.
Le fiasco de la dernière expédition est toujours dans la mémoire du Monarque et celui-ci ne donne pas suite à la proposition de Urdaneta.

Fatigué de ses nombreuses aventures, il retourne pour la Nouvelle Espagne (Mexique) et entre dans les Ordres des Ermites de Saint Augustin.

A la mort du Vice-roi, Don Louis de Velasco en 1564, la Nouvelle Espagne passe sous le gouvernement des ‘’Audiencia’’, en fait l’Espagne, dont une des priorités de l’époque était de conquérir et de coloniser les Philippines. Un ordre donné par le nouveau roi Philippe II d’Espagne en 1559.

Urdaneta étant considéré comme un grand navigateur, plus précisément pour naviguer dans ces eaux des Indes orientales, le roi lui écrit personnellement et lui propose de prendre le commandement de la nouvelle expédition.


Urdaneta accepte de faire partie de l’expédition, mais refuse d’en prendre le commandement, commandement qui sera donné à Miguel Lopez de Legazpi.

L’expédition se compose du navire ‘’Capitana’’, sur lequel prennent place Urdaneta et Legazpi,  des galions San Pedro et San Pablo et des transports San Juan et San Luca (certainement des caraques).
La flotte met les voiles le 21 novembre 1564.

Après quelque temps passé sur les îles des Philippines, Legazpi envoie Urdaneta sur la route du retour d’ouest en est. Toutes les tentatives de naviguer d’ouest en est à travers l’Océan Pacifique s’étaient, jusqu’à cette époque tout du moins, soldées par des échecs.

Fort des connaissances apprises au contact des marins et capitaines rencontrés lors de son précédent et long séjour, Urdaneta quitte San Miguel, sur l’île de Cebu,  le premier juin 1565 et fait route au nord.

Il lui faudra atteindre la latitude de 36º nord avant que de trouver des vents favorables en direction  de l’est.
Le navire atteint le port d’Acapulco le 8 octobre 1565, après avoir accompli un voyage de 20.000 kilomètres en 130 jours. Quatorze membres de son équipage sont morts durant la traversée et seul Felipe de Salcedo, le neveu de Lopez de Legazpi, a assez de forces pour l’aider à jeter les ancres.

Les notes et cartes d’Urdaneta vont servir pendant plusieurs siècles et la route qu’il a ainsi définie deviendra la route des galions de Manille à Acapulco.

De Mexico, Urdaneta rejoint l’Espagne afin de faire son rapport sur l’expédition.
Puis il retourne en Nouvelle Espagne avec l’intention de continuer en direction des Philippines, mais ses amis l’en dissuadent. Il rédige alors le compte rendu de ses expéditions. Celui qui raconte l’expédition de Loaiza sera publié ; l’autre qui raconte son voyage de retour, le manuscrit original qui a été préservé, se trouve dans les archives du ‘’Conseil des Indes’’ en Espagne (Séville ?). 



Les Galions de Manille ou les galions de Manille à Acapulco, en espagnol Galeones de Manila-Acapulco, étaient des bateaux de commerce qui partaient, une ou deux fois par an, pour effectuer la traversée de l’Océan Pacifique, entre Manille aux Philippines et Acapulco en Nouvelle Espagne (de nos jours le Mexique).

C’est à partir de la découverte d’une route nord offrant des vents portants que la traversée fût rendue possible ; la route de ‘’Andrés de Urdaneta’’. Le passage nord fût ainsi utilisé durant plusieurs siècles, de 1565 et jusqu’à 1815, quand la guerre d’indépendance du Mexique  mit fin au commerce entre les colonies espagnoles des Philippines et du Mexique.

Même si cette route ne fût ouverte que cinquante ans après sa mort, les galions de Manille constituent l’accomplissement  du rêve inachevé de Christophe Colomb ; rejoindre et revenir des ‘’Indes’’ par une autre route que celle utilisée par les Portugais, en contournant l’Amérique par le sud et en évitant l’Afrique.

Le rêve de faire voile à l’ouest pour atteindre l’est et de ramener les riches produits des ‘’Indes orientales’’ en Espagne et plus généralement en Europe.

Urdaneta, pour être certain d’avoir les bons vents, était remonté jusqu’à 38º de Latitude nord avant d’appuyer à droite, plein est. Dès le début du 18ème siècle, il était connu des navigateurs qu’il n’était pas obligatoire de remonter tant au nord pour attraper les vents qui allaient les pousser en direction des côtes de ce qui est de nos jours la Californie. Afin d’éviter les brouillards épais qui sont fréquents sur cette partie difficile des côtes américaines, les capitaines avaient pris l’habitude d’atterrir plus au sud, entre la Pointe Conception et le Cap Saint Lucas.  

La  route commerciale Manille-Acapulco a été ouverte en 1568 et ne s’est arrêtée qu’en 1815, alors que les flottes de l’or et celles des routes de l’Armada des Indes portugaises ont été actives de 1498 à 1640.


La sécurité des voyageurs, durant  la traversée de l’océan, était placée sous la protection de la ‘’Nuestra Señora de la Soledad de Porto Vaga’’  et des messes étaient dites par l’Archevêque de Manille pour assurer des traversées paisibles. Si l’expédition était un succès les voyageurs se rendaient à la ‘’Ermita’’ (l’église) pour rendre hommage à la protectrice et offrir à son image de l’or, des pierres précieuses ou des bijoux en provenance des Amériques.

C’est pourquoi la Vierge Marie devint ‘’la Reine des Galions’’.

La route des épices.
Le commerce de la porcelaine Ming, qui passait par Manille pour y être embarquée, était une source de revenus importante pour l’Empire Espagnol, mais fondamentale pour les colons espagnols des îles philippines.

Jusqu’en 1593, trois navires, souvent plus quittaient chaque année les ports d’Acapulco et de Manille.
Le commerce en était si lucratif que les marchands de Seville envoyèrent une pétition au roi Philippe II, afin que celui-ci protège le monopole qu’avait la Casa de Contracion de Séville pour la vente de ces produits.

Cela amena la promulgation d’un décret limitant à deux le nombre de navires marchands qui pouvaient quitter chaque port durant l’année. Une Armada, ou escorte de galions armés, était également autorisée.
Du fait des tentatives officielles de contrôle du commerce des galions, la contrebande et la sous-facturation se sont rapidement répandues.

Les profits étaient conséquents, mais les voyages très longs, de plus comme les navires étaient limités en nombre, il était essentiel de construire des bateaux aussi grands que possible.


Ces galions, construits aux Philippines, étaient les plus grands jamais construits.
Au 16ème siècle, leur gabarit tournait entre 1.700 et 2.000 tonneaux et ils pouvaient transporter jusqu’à 1.000 passagers. La Conception, qui fît naufrage en 1638, faisait entre 42 et 49 mètres et jaugeait quelques 2.000 tonneaux. Le Santisima Trinidad faisait 51,5 de long. Du fait des excellents bois que l’on trouvait sur l’archipel, la majorité des galions furent construits aux Philippines, seuls huit d’entre eux furent construits au Mexique.

Le commerce des galions de la route des épices prit fin en 1815, peu avant que le Mexique ne gagne son indépendance de l’Espagne en 1821.

Après cette date, la Couronne d’Espagne prit le contrôle direct des Philippines, qui furent alors gouvernées de Madrid. Cela devenait possible du fait de l’invention de la marine à vapeur et du percement du canal de Suez, ce qui réduisait à 40 jours le voyage entre l’archipel et la péninsule ibérique.

Les épaves des galions de la route des épices sont, selon la légende, les seconds en nombre, porteurs de trésors après les galions coulés ou perdus dans les Caraïbes. En 1568, le propre bateau de Migel Lopez de Legazpi, le San pablo, un vaisseau de 300 tonneaux, fût le premier d’une longue série à faire naufrage.


Mais les galions de Manille ne transportaient pas, sauf exception, de cargaisons aussi précieuses que celles de la flotte de l’or. Ils étaient chargés d’épices, d’ivoires, de porcelaines, de perles, de laques, de vêtements de soie et autres objets considérés comme précieux à l’époque.

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S’adresse à tous les hommes occidentaux  qui souhaitent trouver aux pays des 7.107 îles celle qui deviendra la compagne de leur vie.

Un livre complet qui aborde tous les sujets sans tabous.

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Mon petit livre 

101 façons de Générer des Revenus aux Philippines, pour y vivre’’ est maintenant disponible. 




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 EST-ELLE réelle ?
              Est-elle celle qu’elle
                Prétend être ?

Enquêtes et Investigations
                   Aux Philippines