Friday, February 17, 2017

AMOURS SOUS LES TROPIQUES !

Je vais aujourd’hui vous raconter l’histoire d’un rapprochement franco-philippin, une histoire simple, comme il y en a de plus en plus ces derniers temps. Rassurez-vous, cela n’a rien à voir avec l’économie, la diplomatie ou la géopolitique.

Pour tout dire il s’agit d’une affaire commencée sur un site internet il y a plus d’un an et qui se poursuit de nos jours, ceci pour le plus grand bonheur des deux protagonistes. Comme je l’explique dans mon petit livre ‘’Épouser une Philippine’’ vous êtes de plus en plus nombreux, vous Messieurs les Européens, à venir chercher et pour la plupart d’entre vous à trouver, le bonheur aux Philippines.

Ocean Villas, Puerto Azul (Ternate)

La Philippine, nous disons ‘’Pinay’’ ici, possède de nombreuses qualités, j’en ai souvent parlé, je ne reviens pas trop dessus. Cependant, si l’une de ces qualités est de parler la langue de Shakespeare, mais croyez-en mon expérience ce n’est pas, loin de là, sa première qualité, cette qualité est d’une grande importance. Je considère qu’avoir à converser en langue anglaise est plus facile que d’avoir à parler en Thaï, en Khmère ou en Lao, même si nous ne sommes pas tous ‘’Fluent in English’’. 

Je sais, certain se contentent du braille, mais pour une relation de longue durée il est préférable de pouvoir échanger, un couple doit pouvoir se parler et se comprendre.

Dire ‘’je t’aime’’ en anglais, ce qui doit nous donner ‘’I love you’’ est tout de même plus à notre portée que de dire  ‘’P̄hm rạk khun’’ (thaï) et encore, à la condition de pouvoir le prononcer. Je ne suis pas certain que devant la difficulté de la chose vous y croyez vous-même.

J’en ai connu de ces couples qui n’avaient rien à se dire ou qui, plus précisément, se trouvaient dans l’incapacité de communiquer du fait de la barrière de la langue. En général ces couples ne restent pas très longtemps ensemble. L’homme va aller retrouver des compatriotes, souvent dans des bars à ‘’Dames’’ et s’abreuver copieusement à longueur de journée tandis que la dame va rechercher la compagnie de ses congénères.

N’avez-vous jamais vu de ces couples dans des restaurants sous les tropiques ?  Lui, la petite soixantaine légèrement rondouillarde, elle toute petite, paysanne à peine dégrossie fraichement arrivée de sa campagne et qui a épousé cet étranger uniquement pour mettre sa famille à l’abri du besoin. Aucun échange de paroles durant toute la durée du repas. L’homme va payer, peut être prendre sa compagne sous le bras et sortir. Pas un mot échangé de toute la soirée !

Il ressemble à la vieille case !

Avec la ‘’Pinay’’ cela ne se passe généralement pas ainsi. La Pinay parle, elle n’arrête pas de parler, souvent de tout et de rien, mais au moins elle parle. Une certaine complicité va ainsi pouvoir se développer au fur et à mesure de la relation. Vous allez pouvoir ainsi apprendre à mieux la connaître, tout comme elle va apprendre à vous connaître.

Mais venons  à l’histoire de René et Emma.
Tout commence, pour moi tout du moins qui ne suis que simple témoin de cette affaire, par un courriel que je reçois le 28 janvier 2016 et ainsi rédigé : « Bonjour, Je souhaite commander la version électronique du livre. Dites-moi comment vous régler ? » Merci d’avance. René.

Vous l’avez compris, il s’agit du livre ‘’Épouser une Philippine’’. Je lui réponds en lui faisant parvenir quelques informations et extraits du livre.
Le même jour je recevais le paiement sur mon compte PayPal et je lui faisais parvenir le livre et ses annexes.

Bonsoir René, Eh oui, il est ici 19 H 15 et il fait nuit depuis une bonne heure.C'est l'hiver aux Philippines, le ciel est dégagé, les étoiles brillent, la température est de 28 º C, la pression de 1013 mb et le vent souffle de l'Est pour 9 kt. Je suis sur la terrasse en teeshirt.
Nous accusons bonne réception de votre virement de € 15, sur notre compte PayPal France, correspondant à l'achat du livre "Épouser une Philippine". En attachement le e-book au format PDF et ses annexes. Ne pas hésiter à me demander des informations et / ou des explications complémentaires. Je vous souhaite une excellente continuation, "Mabuhay" (bienvenue) si vous passez sur nos îles. Bien cordialement, Domy.

Donc, à ce stade, quelque chose de tout à fait normal et classique. Un homme français, qui est en contact avec une jeune femme philippine via un site de rencontre et qui souhaite acquérir mon livre, afin de mieux appréhender la culture de la personne avec laquelle il est en relation virtuelle.

René et Emma sur le lac Taal

Toujours le même jour, René accusait bonne réception du livre de la manière suivante : 
J’avais également envoyé quelques photographies.
« Bonsoir Domy, Enchanté de faire ainsi votre connaissance. J’ai 62 ans et je prends ma retraite début mars, divorcé, ancien rugbyman et footballeur, marcheur, danseur, mais cherchant aussi un sens à sa vie … Je m’étais inscrit sur Asian dating pour trouver une compagne le temps d’un voyage au Vietnam et voilà que les Pinay (excellent terme ; est-ce qu’elles le connaissent ?) me sont tombées dans la BAL et me voilà sous l’emprise de l’une d’elle et mon voyage va certainement se transférer au « Phil’s ». Je vous écrirai plus  … mais là il me tarde de dévorer votre bouquin… bien que je me sois juré de ne jamais me remarier (cela m’a coûté assez cher). Merci pour votre rapidité et permettre à un French de tout savoir sur la Pinay avant de la rencontrer, car pour le coup de foudre c’est trop tard, je suis envoûté. A plus et peut-être à Bientôt ».

Je lui répondais, le lendemain premier février, de la façon suivante :
Bonjour René, Effectivement la "Pinay" est envoûtante... Le terme "Pinoy", dans le langage local désigne le Philippin en général, sans distinction de sexe. Mais "Pinay", sa version féminine, est largement employée, sans péjoration aucune.
À quelques mois près, nous sommes de la même génération.
Une culture très différente de la nôtre et qu'il est important de connaître, pour celui qui songe à s'installer ici tout du moins. Foot... oui, rugby, je ne fais pas le poids.


Vue de la maison au bord de la rivière

Nous disposons d'une petite maison au bord de la rivière, deux chambres, salon / salle à manger, Kitchnet, salle d'eau, jardin terrasse surplombant la rivière, que nous mettons à la disposition des gens de passage. Avons ajouté canapé, fauteuils, table basse, réfrigérateur, table de cuisson électrique, etc. Et vue imprenable sur la rivière et les montagnes (petites) du Mont Palay. Ne pas hésiter à me poser des questions ou à me demander des explications. Bonne continuation, "Mabuahay" si vous passez par chez nous ; une heure et quinze minutes de Manille en bus confortable et climatisé.

Ici il est dix heures trente et la température est de 28 º C. Grand ciel bleu parsemé de quelques cumulus de beau temps sur les "montagnes", la baie de Manille et dégagée... sortie en mer cet après-midi ? Bien cordialement, Domy.
Et je lui faisais parvenir quelques photographies des environs et de la maison que nous louons, en précisant que, nous aussi, nous avons de petites montagnes et des forêts.

Toujours le premier février, René m’écrivait : « Bonjour Domy, Je pense qu’on peut se tutoyer vu qu’on a le même âge. Mon aventure ou ma vie est de plus en plus excitante depuis ma rencontre avec ma Pinay. J’ai lu tout le bouquin super instructif sur la famille, la psychologie de la Pinay, la culture …
Mes réflexions :
•         je trouve que 3000 € par an pour la famille, ce n’est quand même pas donné
•         je comprends et c’est une bonne chose par contre ces cellules familiales qui ont gardé le respect et la solidarité comme ferment.
•         Bien aussi de savoir leurs superstitions et de comprendre l’aspect religieux ».
« Vendredi après la lecture j’étais un peu déprimé. Avant la lecture, je me disais que 6 mois chez chacun devait être un bon compromis, mais je me rends compte maintenant qu’il faut probablement s’installer au Phil’s (vendre son appart en France) et passer juste 3 mois en France pour défiscaliser et garder un bon niveau de vie.

Maisons coloniales de la ville de Taal

J’ai beaucoup pensé à l’arnaque, car ma Pinay de 52 ans (certifiés par AsianDating, je me suis fait certifier donc je pense que c’est sérieux) m’en paraissait 35 au max. Depuis elle m’a communiqué son FaceBook et là je vois qu’elle y est depuis 97 avec beaucoup d’évènements, photos, amis et commentaires. Et elle a rajouté notre rencontre donc je suis assez rassuré. Par contre, elle ne me dit pas qu’elle travaille alors qu’elle est indisponible de 18H à 2H tous les jours donc serveuse ? Danseuse (à 52 ans) ? Elle me dit qu’elle est coiffeuse mais qu’elle ne travaille plus ; Il y a sur FB la photo de son salon de coiffure qui a duré de 2010 à 2013. Je vous enverrai bien livrer un cadeau (lequel ? J’aurai bien vu un bon d’achat dans un magasin de fringues ou bijouterie) quels coûts ?) Mais il faut que j’obtienne l’adresse dans sa ville».

« Sa fiche dit qu’elle cherche le mariage, mais elle a été mariée pendant 8 ans à un Japonais et vécu au Japon. Question : quel est le coût d’un divorce ? Elle ne m’a jamais parlé du mariage et je ne veux pas trop aborder ce sujet avant la rencontre. Si je me marie ce sera avec contrat de mariage sur la séparation de biens vu mes enfants en France, je suppose que c’est possible ». « Pas d’enfant, donc si 52 ans elle ne peut plus y penser ; ce qui peut être gênant par rapport à leur instinct familial, car ce que je souhaite c’est que nous nous épanouissions tous les deux.

Mes interrogations sont plutôt sur les loisirs (pas de problème pour les balades nature, les plaisirs de l’eau et lecture et communications par Internet):
•         Est-ce qu’on peut capter les chaînes de sport françaises (Canal plus et Being sport) pour regarder les matchs de rugby ?
•         Je pratique la danse de salon : rock, valse, tango… est-ce qu’il existe des dancings ou des associations pour pratiquer ».


René dans une danse Ifugao

« Merci pour tout (je n’ai pas pu voir les dernières photos, le lien me renvoie sur Google mail à chaque fois) ; car en peu de temps j’en sais beaucoup et cela a contribué à faire monter le coup de foudre avec mon adorable Emma de Manille. J’essaie d’organiser un voyage pour début Mars, je resterai un mois  et j’aimerais passer vous voir. Dernière question : puis-je l’emmener en France rapidement sous visa « Schengen touriste 3 mois » (sous quel délai ?) avant l’éventuel  mariage ? »

Il a été touché, comme par la Grâce, mais je vais le doucher rapidement. 
          
Bonjour René, Pour ce qui est de faire venir une "Pinay" dans l'espace Schengen avant le mariage... Mission Impossible, même en étant Tom Cruise, aidé par Rambo, SAS, OSS 117 et James Bond, Mission Impossible. Même en faisant intervenir des politiques, en passant pas la Grèce, l'Espagne, Chypre, etc. toujours impossible.
Nos dirigeants européens préférant et de loin, des Africains et Moyen-Orientaux, si possible musulmans.

En dehors des chaînes câblées, nous disposons de deux satellites qui nous envoient plus de trois cents chaînes TV du monde entier, plus les possibilités qu'offre désormais l'Internet.

Pour ce qui est du mariage, il faut savoir que le divorce n'existe pas aux Philippines. Le seul pays, avec le Vatican tout de même, qui n'autorise pas le divorce. Par contre, il y a possibilité "d'annulment". Mais il se pourrait, si elle s'est mariée en dehors des Philippines, qu'elle ait eu la possibilité de divorcer à l'étranger. À vérifier avec le CENOMAR, Certificat de Non Mariage.
Pour ce qui est de son indisponibilité de 18 h à 02 h, il se peut éventuellement qu'elle travaille dans un de ces nombreux commerces qui sont ouverts 24 / 24 H. Du genre 7 / Eleven par exemple. Très nombreux aux Phils... les syndicats ne sont pas trop regardants.

Mars n'est plus si loin ! Ici légèrement couvert, mais le soleil fait de belles apparitions ; la température est de 28 º C et le vent de l'Est pour 8 KT. Excellent début de semaine et peut-être à bientôt sur nos îles. Amicalement.

Festival coloré

Les choses se précipitent.

 « Bonjour Domy, Eh bien me voilà, je pars demain pour les Phil’s retrouver Emma à l’aéroport de Manille.  Trois jours de réservés à l’Hôtel City Garden Makati pour vérifier si ça colle. Ensuite Ifugao du 6 au 12/3 puis Visayas.

Une grosse anecdote pour ton prochain book ».
Quand j’ai dit que je faisais les examens HIV pour lui montrer que tout allait bien, on a failli se perdre.  Deux jours de colère noire parce que je mettais en doute sa probité en sous-entendant que je voulais bien qu’elle fasse le même examen. Je l’ai blessé et elle a crié pendant  deux jours en faisant la tête. Nous n’avons jamais reparlé de ces examens sauf ce matin où elle m’a annoncé qu’elle aurait les résultats ce soir.

J’espère pouvoir trouver un moment pour venir vous voir et poser plein de questions au couple Pinay-Frenchy. Je ne sais pas si c’est le divorce d’avec un Japonais mais elle ne m’a jamais parlé de fric. Au plaisir de se rencontrer. Bien amicalement.

Bonjour René, Excellentes nouvelles que tu m'apprends dans ce dernier mail. Toutes mes félicitations.
Nous nous situons à une heure et quinze minutes, soit 50 kilomètres dans le Sud-ouest de Manille, en bus confortable et climatisé. Ta Pinay étant de Manille, elle doit connaître le système des bus locaux, à savoir le Coastal Mall, ou alors Lawton, ou sur Taft avenue. Saulog et San Antony de Padua ont des terminaux à Ternate. Mais de nombreuses autres compagnies qui partent du Coatal Mall nous desservent également.

La température est de 27º C, la pression de 1017 mb, le vent du Nord pour 5 KT et le ciel est couvert.

Du côté de Bacolod

Le City Garden, un excellent hôtel trois étoiles à des prix abordables. Il est situé dans le quartier chaud de Makati, tu comprendras une fois sur place. Le Padre Burgos doit se retourner dans sa tombe ! La "Caesar salad" du Cubana Café est excellente et la bière pression descend toute seule. Perso je préfère le City Garden d'Ermita qui fût mon QG durant six mois.

Je te souhaite un très bon voyage, c'est un peu long, mais c'est si bon en arrivant. Amicalement, Domy.
PS : mon portable, localement 0905 7747 034. (Ce numéro n’est plus d’actualité, je me suis fait faucher ce portable il y a quelques mois).
Si tu as un Iphone ou Ipad, tu le conserves à l'abri et tu achètes un portable tout simple en arrivant. De l'ordre de 800 à 1.000 pesos et la carte SIM est à 40 / 50 Pesos. Les SMS à 1 peso et les conversations à 7 pesos la minute.

Et là, alors que René s’apprêtait à prendre l’avion pour rejoindre sa dulcinée… patatras.
Bonjour Domy, Alors que j’étais serein, hier toute la famille m’est tombée dessus pour me faire annuler mon voyage. Ils ont tous vu sur internet des touristes drogués et dépouillés et mes enfants ont mis toute leur hargne pour m’empêcher de partir. Que j’étais le cas typique de celui qui y va pour se faire dépouiller. Rencontre sur Internet ; voyage un mois après la première rencontre, elle ne va pas t’amener à l’hôtel que tu as réservé, elle va te droguer et demain matin ton compte carte bleu sera vidé. En plus un ami dans la gendarmerie a confirmé tout cela aux enfants et que la France ne pouvait intervenir. Les Phil’s seraient devenu le pire endroit pour vols suite à Internet avec l’Afrique noire. Ne voulant pas me fâcher avec mes enfants, avec qui je suis très proche, j’ai annulé ce voyage. Mais je n’abandonne pas forcément l’idée. Je suis désolé de vous faire peut-être perdre du temps, mais je pensai sécuriser le voyage en prenant un voyage organisé avec chauffeur et guide par exemple. Si vous avez un moment pour me répondre où me conseiller. Bien Amicalement.

NAIA Airport

Le sentant quelque peu déprimé, j’ai immédiatement pris ma meilleure plume et j’ai répondu.

Bonjour René,
Si l'on n'écoutait que ceux qui ne sont jamais sortis ou presque de l'hexagone, l'on ne bougerait jamais. Cela fait près de vingt années que je vis aux Philippines, que je sillonne le pays du Nord au Sud et de l'Est à l'Ouest, en voiture, en car, à motocyclette, à pied et en tricycle, de jour comme de nuit et il ne m'est jamais rien arrivé de bien particulier.

 J'ai un ami qui était le chef de la sécurité de l'ambassade de France à Manille et qui m'a confirmé que les Philippines n'étaient pas, loin de là, le pays le plus dangereux où il avait été détaché.

 Durant de nombreuses années le pays a été décrit comme le Far West par des journalistes en mal de copie, mais la réalité est que 95 % du territoire est tout à fait tranquille. Je conseille tout de même d'éviter la partie Sud-ouest de l'île de Mindanao, Basilan, Jolo et l'archipel de Sulu.  Maintenant, si tu souhaites plus de sécurité, je peux te proposer de vous prendre en charge toi et ta compagne à partir de l'aéroport de Manille et de vous amener directement à Ternate ; soit dans la maison au bord de la rivière, soit dans une résidence que nous avons dans le complexe de Puerto Azul.  Résidence de 200 m2 sur trois niveaux, vue imprenable sur la baie et les îles. Entièrement meublée et climatisée, avec golf, Club House, Port, héliport, sécurisé 24 / 24 h, etc.


 Nous possédons un van de huit places (Toyota HIACE) avec chauffeur qui vous prendra donc directement à l'aéroport pour vous amener à Ternate (56 kilomètres) dans votre logement.
 Par expérience je peux te dire que Manille est certainement moins dangereuse que Paris, Rome ou New York et que les Philippines sont plus sûres que Madagascar, l'Angola, la RPC, le Cameroun, les Guinées, le Nigéria, le Mozambique, la Somalie, le Soudan, le Niger, la Mauritanie, le Mali, l'Algérie, le Maroc, la Tunisie, l'Egypte, la Lybie, l'Irak, etc. J'en passe et des meilleurs.

De nombreux retraités qui étaient installés en Amérique Centrale et du Sud, pour des raisons de sécurité nous rejoignent actuellement ; Costa-Rica, Nicaragua, Honduras... Il faut savoir que la Thaïlande est nettement plus dangereuse que les Philippines. Mais pour parler de tout cela, il nous faudrait en discuter en tête-à-tête, tranquillement installé devant une bière par exemple... SM light for me. À te rencontrer prochainement. Amicalement.

La famille, les enfants surtout, rassurés par le fait que je vais récupérer René et Emma à l’aéroport et les emmener directement à Ternate cèdent à leur père.

Bonjour Domy,
Et un grand merci. Je vais me permettre de transférer ton message aux enfants pour les rassurer et reprogrammer rapidement mon voyage. Je suis très intéressé par ta proposition en arrivant de venir hors manille avec Emma ; cela rassurera tout le monde. Ce sera aussi intéressant de parler entre Frenchies  et aussi entre Filipinas .

Est-ce que tu peux me communiquer le coût du transfert entre l’aéroport et chez vous ainsi que le coût de la location du logement ? On pourrait y passer 3 jours. Je suis en relation avec Philippines à la carte pour leur prendre les packages Nord Luzon et Palawan, toujours pour rassurer mes enfants, car je pense que l’on pouvait le faire seuls avec Emma. Merci et à bientôt je pense.


Banaue, les rizières en terrasses

Je suis désolé, je suis assez pressé car j’avais pris 5 semaines de congés et j’ai déjà perdu 1 semaine. Je viens de regarder les vols et j’en aurais un pour arriver mercredi 9/3 à Manille. Nous louerions donc au moins  les nuits des 9, 10, 11mars. La maison auprès de la rivière me plait bien. Est-ce possible pour le chauffeur pour mercredi ? Si oui je vous donne l’heure précise demain.

Bonsoir René, Je mets la bière au frais. La KLM arrive au terminal 3 et le chauffeur vous attendra à la porte correspondante avec sa pancarte. Il connait.  Donc KL807 en provenance de Taipei, ETA 19 h 30 à Manille. Si pas de retard vous devriez être à Ternate aux environs de 21 h 00 et je vous attendrai afin de vous installer et peut-être d'aller dîner. Les Pinays sont toujours affamées !


Je te communique demain le Nº de portable du chauffeur. Ce devrait être Ronald, j'en aurai confirmation demain dans la journée. Ce n'est pas notre maison d'habitation, mais nous sommes à trois cents mètres. Donc aucune inquiétude à avoir. À très bientôt, Amicalement,
Sans aucun problème nous récupérerons René et Emma à l’aéroport du NAIA et ils passeront trois jours sympa à Ternate, avec entre autres une petite balade en mer et la visite du lac et du volcan Taal.

Puis ils nous quitteront pour d’autres horizons, les rizières en terrasses de Banaue, puis El Nido.

J’aurais l’occasion prochainement de vous donner un compte rendu de leur périple sur l’archipel du sourire, ainsi que quelques informations plus récentes sur le couple.

Du côté d'El Nido

Sachez que des histoires similaires j’en ai quelques dizaines en réserve. Il est rare que les choses se passent mal, plus particulièrement  si  vous suivez mes recommandations et conseils. Mais cela peut arriver, j’ai malheureusement à déplorer une fausse note dans mon clavier aux nombreux octaves.

N’hésitez pas à me poser des questions via le formulaire ‘’laisser un commentaire’’, j’y répondrai dans la mesure de mes possibilités. Pour plus de confidentialité, vous pouvez me contacter via courriel :‘’jevisauxphilippines@gmail.com’’.

À tous et à toute je souhaite une excellente fin de semaine, que la force soit avec vous.


Expériences, avis, critiques et commentaires, comme d’habitude sont les bienvenus.

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Prendre sa retraite aux Philippines,
Pourquoi ?
7107 îles, plus de 36.000 kilomètres de côtes,
   des  milliers de plages de sable blanc, le soleil toute l’année ;
des montagnes qui culminent à près de 3.000 mètres,
la jungle, les forêts, des paysages grandioses.

Une population chaleureuse et accueillante, des tribus colorées.
Un excellent service de santé à un prix abordable. Le coût de la vie,
   un des plus bas au monde ; de nombreux avantages offerts aux retraités,
pas d’impôts ni de taxes.

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Épouser une Femme Philippine”,

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Chercher Trouver et Marier une Pinay,





S’adresse à tous les hommes occidentaux  qui souhaitent trouver aux pays des 7.107 îles celle qui deviendra la compagne de leur vie.


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101 façons de Générer des Revenus aux Philippines, pour y vivre’’ est maintenant disponible. 




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              Est-elle celle qu’elle
                Prétend être ?

Enquêtes et Investigations
                   Aux Philippines







Friday, February 10, 2017

UN PHÉNOMÈNE ... AUX PHILIPPINES !

Je me souviens de lui comme si notre première rencontre datait d’hier, pourtant cela fait plus de dix ans que je l’ai vu arriver pour la première fois à la maison. Je l’avais bien repéré, il faut dire qu’il se repérait de loin, depuis quelque temps, passant à pied sur la High Way, la démarche un peu hésitante et portant un enfant dans ses bras.

Il s’appelait et doit toujours s’appeler Thony K., à la condition qu’il soit toujours vivant, ce qui, compte tenu de la vie qu’il menait est loin d’êtres évident. Anthony K. et pour ce qui est du K, croyez-moi cela en était un véritable… cas, un cas comme je j’en avais rarement rencontré auparavant !

Ocean Villas, Puerto Azul

Un grand gars d’un bon mètre quatre-vingt-dix, blond aux cheveux ondulés, aux yeux bleus, un beau gosse d’une quarantaine d’années qui plaisait aux femmes… au début d’une rencontre tout du moins, pour ce qui est dans la durée c’est une autre histoire.

Large d’épaules, musclé, un gars solide, mais qui traînait la patte suite à un accident de motocyclette et à quelques opérations de consolidation qui le faisait ressembler, quelque part, à l’homme qui valait trois milliards.
À la différence que, au lieu de courir plus vite… lui traînait la patte. Certainement pas les mêmes chirurgiens.

Américain de l’Amérique profonde, après pas mal de conneries dans son petit coin de campagne, il s’était ‘’exilé ’’ au Mexique, où il avait eu pas mal d’aventures, puis en Alaska.
Là, un de ses jobs était videur dans une boîte de nuit et comme il finissait généralement les soirées totalement bourré, il se battait pratiquement chaque semaine et terminait régulièrement au poste de police local. Poste de police où il était connu comme l’ours blanc et où les policiers, sympa avec lui, le laissaient dessouler tranquillement jusqu’au milieu de l’après-midi suivant sa cuite. 

Certainement suite à quelques conneries de plus dans sa froide Alaska, il a débarqué un jour aux Philippines, barbu et les cheveux descendants jusqu’aux reins. J’ai eu l’occasion de voir quelques photos prises lors de son arrivée sur l’archipel, l’Orang Outang de service, il n’y a pas d’autre mot pour le décrire et encore, c’est presque une insulte pour la beauté du grand singe. Il a rapidement compris que cheveux longs et barbe n’étaient pas de saison aux Philippines et après un passage chez le Barber shop local, il a repris un aspect plus humain.


Quelques aventures féminines ici et là lorsqu’il se trouvait à Manille et hop, très rapidement il se fait alpaguer par une jeune beauté qui travaille dans un bar de la capitale. La mère de la jeune beauté, sentant la bonne affaire, je ne sais ce qu’il avait raconté sur sa santé financière, conseille sa fille qui se retrouve rapidement enceinte. Mariage en petite pompe et nous retrouvons notre phénomène marié avec une épouse enceinte.

La jeune beauté accouche d’une petite fille qui sera prénommée Jessica. Mais le couple ne fonctionne pas aussi bien que cela. Lui, coureur de jupons invétéré, saoul comme un cochon jour et nuit et ses finances sont maigres. Si ma mémoire est bonne, il vivait sur une petite pension que lui versait son assurance suite à son accident. Cette assurance était à l’époque, toujours si ma mémoire est bonne, de l’ordre de vingt-cinq mille pesos (25.000 pesos équivalent de € 400 à 450). Même si la vie est relativement peu chère de nos jours, elle l’était nettement moins il y a une douzaine d’année, cela lui permettait de vivre, mais sans faire beaucoup d’extras.

Ce dont je me souviens de ses extravagances,  lorsqu’il se trouvait à Manille, c’est de son séjour en prison. Cela l’avait semble-t-il profondément marqué. Comme il me le racontait : «  comment dormir à trente dans une cellule qui doit faire dix mètres carrés, qui est une fournaise, avec des gens pas toujours sympa et dont je ne parle pas la langue ?».

Il était devenu cheval, il lui arrivait de s’endormir debout, maintenu dans cette position par ses codétenus.

Prison philippine

Il faut dire que, suite à une altercation avec un tricycle, certainement pour un différent sur le prix de la course, il avait expédié ce dernier à l’hôpital salement amoché.
L’intervention d’un membre des services du consulat américain lui permettra de bénéficier de quelques améliorations dans sa condition de détenu. Une cellule plus grande avec seulement deux autres détenus, un ventilateur pour rafraichir ou tout du moins ventiler l’atmosphère et une nourriture plus conforme à son statut d’étranger, son statut de ‘’Kano’’

Comme tout s’arrange toujours au pays des 7.107 îles, il ressortira rapidement de sa geôle, après avoir payé les frais d’hospitalisation du tricycle driver raccommodé et de quelques milliers de pesos destiné à compenser le préjudice physique subit par ce dernier. 

La situation du couple se détériore au fil des jours et des semaines et la belle-mère, s’apercevant de son erreur, décide de changer son fusil d’épaule. Elle a de nouvelles vues pour sa fille ; un Américain, retraité de la Navy, avec une pension qui lui semble correcte et qui apparait comme fortement intéressé par sa petite poupée. Problème, c’est un ami de Thony !

Qu’à cela ne tienne, il suffit d’offrir quelques bouteilles à notre ami Thony afin que, totalement saoul et endormi, il laisse rapidement sa place à l’amant et ami. Pour faire bonne mesure, de temps en temps on lui offre une petite, pas un homme à refuser ce genre de cadeau notre beau blond ondulé et il consomme, les filles comme l’alcool.

La rivière à Ternate

La situation devenant rapidement intenable il décide de partir. Mais en emmenant sa gamine, la petite Jessica, avec lui ; ainsi que quelques meubles et appareils divers, des bricoles achetées avec sa pension.

Pourquoi a-t-il atterri à Ternate ?  Je ne sais pas, j’avoue ne pas me remémorer de la chose, mais me l’a-t-il dit ? Sincèrement je n’en ai pas le souvenir. Peut-être du fait qu’à l’époque Ternate était le terminus. La route qui mène de nos jours à Nasugbu était encore en projet, dans les cartons dirons-nous. Donc, un peu comme ces squatters qui arrivaient à Ternate après avoir quitté la capitale, notre ami Thony a débarqué un jour dans notre petite ville de province et s’y est installé pour quelques temps. Terminus, tout le monde descend.

Donc, un jour, alors que nous habitions encore dans la villa de Sapang, débarque à la maison ce grand gars un peu disloqué. Il se présente comme un Américain, nouvellement installé à Ternate, qui a perdu son portefeuille avec tout son argent à l’intérieur et qui souhaiterait m’emprunter quelque argent, ceci pour quelques jours, jusqu’à ce qu’il reçoive sa pension qui tombe régulièrement tous les mois. Il se propose de me laisser son passeport en garantie, passeport qu’il sort d’une vaste poche d’un short blanc. Il me tend le passeport, sur lequel je jette un rapide coup d’œil.

Gonflé le mec, on se rencontre pour la première fois et directement il voudrait essayer de me taper.   Afin de connaître un peu mieux le personnage, je lui demande de m’expliquer comment il a fait pour perdre son portefeuille. Et là, il entre dans des explications qui ne vont nullement me convaincre : « Je me trouvais dans un bar et je me suis rendu aux toilettes. Là, j’ai baissé mon short et c’est certainement à ce moment que mon portefeuille a glissé de la poche arrière de mon short ». Je ne suis pas vraiment convaincu de son explication et je lui pose la question : « Comment as tu fais pour payer ? ». « J’avais payé d’avance ».

Le quartier de Thony à Ternate

Je reparlerai avec lui de cet épisode quelque temps plus tard et il me donnera une version plus conforme à la réalité, quelque chose que je soupçonnais, mais qu’il ne souhaitait pas avouer. Il se trouvait bien dans un bar, en compagnie de quelques jeunes filles charmantes à qui il payait à boire. Il a bien été aux toilettes, mais après, il y a comme un trou noir dans sa mémoire. Il présume qu’il s’est endormi et que quelqu’un lui a fait les poches durant son sommeil. À son réveil il n’a pu que constater la disparition de son argent. Le portefeuille était bien là, mais vide.

La somme qu’il souhaite m’emprunter n’étant pas d’un montant considérable, je lui demande s’il n’aurait pas quelque chose de plus tangible à m’offrir en garantie. Un passeport c’est peut-être bien, mais que fais-je avec ce document si le gars, que je rencontre pour la première fois, disparait dans la nature philippine ? Je sais bien qu’il existe des trafics de documents officiels, mais ce n’est pas, loin de là, mon secteur d’activité.

Il me répond qu’il a un téléviseur, une chaine HiFi, une table, des chaises, un réfrigérateur, un sofa, deux fauteuils, etc.
Un des hauts parleurs de ma chaîne venant tout juste de tomber en panne, je pourrais éventuellement être intéressé par ses speakers, à la condition toutefois que ceux-ci soient compatibles. Puissance et résistance ohmique.

Il louait une petite maison, moitié parpaings et ciment, moitié bambou et nipa, dans le Barangay Sapang deux, à environ cinq cents mètres de notre habitation. Je crois me souvenir que l’endroit était sombre, car il n’y avait pas ou peu d’ouvertures sur l’extérieur, que c’était bas de plafond et totalement en désordre. Du linge partout, des CD traînaient sur le sol mélangés à des jouets d’enfant, quelques livres, des photos ainsi que de nombreuses bouteilles d’alcool vides.  

Les hauts parleurs étant compatibles avec mon équipement, nous faisons rapidement affaire et je lui donne les deux mille pesos demandés.  Deux mille pesos qu’il me rendra quelques semaines plus tard  en reprenant ses deux speakers.

Soleil couchant sur la baie de Manille, plage du Bucana

Autant c’était un gars qui pouvait être presque agréable quand il était à jeun, autant c’était une catastrophe quand il était sous l’emprise de boissons alcoolisées. Nous le voyions passer sur la grand route, Jessica tenue dans ses bras et c’est souvent qu’il faisait les bords de route. En fait il marchait en zigzag, mais en traversant la route, passant d’un bas-côté à l’autre. Ce qui fait que pour effectuer un kilomètre à pied,  en ligne droite, ce qui généralement doit être la norme,  lui devait en faire trois ou quatre du fait des zigzags. Tous ces shorts possédaient de grandes poches dans lesquelles se trouvaient régulièrement un ou deux flasques d’Emperador (un Brandy espagnol très populaire aux Philippines).

Il marchait une centaine de mètres, déposait sa fille, récupérait la bouteille qui se trouvait dans sa poche, dévissait le bouchon, portait le goulot à sa bouche et hop… une bonne gorgée pour la route. Si jamais la bouteille était vide, il déposait Jessica,  enlevait le sac à dos qu’il portait à l’épaule, fouillait dans ce dernier et en retirait un nouveau flasque qui, après une rasade, se retrouvait automatiquement dans sa poche. Il tombait rarement en panne. Mais parfois, désargenté,  il passait à la maison, ma maison, afin de se faire payer à boire. Sauf dans les périodes où l’argent se faisait rare, il n’était pas radin et m’offrait régulièrement un coup, voire plusieurs, quand je passais chez lui.

Mais, afin de vous présenter un peu mieux le personnage et surtout ses aventures philippines, je vais vous conter trois anecdotes. J’étais témoin dans deux des épisodes, mais pas dans le troisième et je vais donc commencer par ce dernier.

Un jour, alors qu’il s’en revenait de Manille où il avait récupéré sa pension, certainement très assoiffé des deux heures qu’il venait de passer dans le bus, il se fait arrêter à Naïc, à l’intersection de la High Way et de la route qui va en direction de Trece  Martires. Il pouvait être cinq heures de l’après-midi et, en bon connaisseur du coin, il savait qu’il lui serait possible de se désaltérer dans un des bars qui se trouvent dans ce secteur. L’endroit peut être considéré comme le Red Light district de Naïc et se composait, à l’époque, d’une douzaine de bars avec hôtesses, des GRO comme l’on dit ici, pour Guest Relation Officer. En fait des bars montants, bien que dans ce secteur on ne monte pas beaucoup, toutes les constructions sont de plein pied.

Maisons coloniales, ville de Taal

Combien de bars a-t-il visité, a-t-il utilisé les services de quelque demoiselle ? Je ne sais pas.
Ce  que je sais par contre, il me l’a un jour raconté et j’ai eu confirmation de l’histoire par un policier de Maragondon, c’est qu’il est arrivé fort tard, ou plutôt de très bonheur dans cette ville.  Ville qui se situe à deux kilomètres avant Ternate en venant de Manille.

Il faut savoir qu’il ya encore quelques années, une seule compagnie de bus desservait Ternate, la compagnie Saulog.  Le dernier bus de cette compagnie devait quitter Manille aux environs de vingt heures trente et arriver à Ternate vers vingt-trois heures trente. La plupart des bus en provenance de la capitale s’arrêtaient alors à Naïc, mais deux ou trois compagnies devaient avoir un terminus à Maragondon.

Je présume que notre Thony, saoul comme une bourrique sur le bord de la High Way, est monté dans le premier bus qui passait et que ce dernier l’a transporté jusqu’à Maragondon. Maragondon où… tout le monde descend.

Notre Thony, maintenant saoul comme un cochon, n’oublions pas qu’il a toujours au minimum un flasque d’Emperador dans ses poches, se met, alors qu’il doit être entre deux et trois heures du matin, à la recherche de son domicile.
 Il est fatigué, il faut qu’il se couche, il n’en peut plus. Oui, mais il a oublié qu’il se trouve à Maragondon, pas à Ternate.

Il cherche, il passe dans une ruelle, puis dans une autre, revient sur ses pas, part dans une nouvelle direction, s’arrête ; Il sort le flasque de sa poche, dévisse le bouchon, une bonne gorgée, puis une autre pour faire bonne mesure, le temps de se donner un peu de réflexion, de se souvenir. Il repart  en titubant, de plus les ampoules anémiques de l’éclairage municipal ne donnent que des lueurs blafardes. Ah, il lui semble reconnaitre cet endroit… en tournant à gauche, puis à droite dans cette petite ruelle… oui, c’est ça, ici, cette maison. Il cherche dans ses poches, dans son sac, mais ne trouve pas ses clés. Pour lui, dans son délire alcoolique, aucun problème, ce n’est pas la première fois que cela lui arrive. Un peu d’élan, un grand coup d’épaule et la porte est ouverte avec fracas.

Environs du lac Taal

Fracas qui va réveiller en sursaut un couple de personnes âgées qui dormait là du sommeil du juste.
Mais c’est qu’il n’est pas content notre Thony à la vue de ce couple apeuré.
Il engueule les deux vieux, les invectives, leur demande ce qu’ils font dans sa demeure en pleine nuit… puis s’écroule sur le sol et se met à ronfler, terrassé par l’alcool.

Les voisins, alertés par les deux petits vieux, vont venir tenter de réveiller l’ivrogne et de le sortir de la maison.

Mais il ne veut rien savoir le Thony, il ne veut pas bouger, il veut qu’on le laisse dormir. C’est la police qui, arrivée sur les lieux, va l’amener au poste pour quelques explications. Il s’en sortira bien, n’ayant à régler que le coût de réparation de la porte ainsi que quelques milliers de pesos pour la peur qu’il a causée au petit couple de personnes âgées (cinq ou si mille pesos je crois).

Un jour, alors que nous nous trouvions sur la terrasse de ma maison à siroter quelques boissons fermentées, nous en sommes venus à parler pêche. J’avais, lors de l’achat d’une précédente Bangka, hérité d’une quinzaine de filets de pêche. Filets que je n’avais jamais utilisés, trouvant la pose, et la récupération de ces derniers, particulièrement difficile, pénible et surtout fatigante. De plus, le filet c’est plus de la pêche professionnelle, alors, plutôt que de concurrencer les pêcheurs locaux, j’ai toujours préféré et de loin, la pêche de détente ; la palangrotte à main, qui permet de bien sentir le poisson, le lancer léger et un peu de petite traîne.

L’ami Thony, se trouvant fort désargenté à cette époque, me fait savoir qu’il a pêché au filet en Alaska et qu’il sait comment poser ces derniers.   Son intention serait d’attraper suffisamment de poissons afin de les vendre à son entourage et de se faire ainsi quelque menue monnaie. J’avoue que je ne suis pas très chaud pour la chose, de plus commençant à connaître un peu le phénomène, je peux dire que je suis très hésitant.

Barques de pêche sur leurs baraan à marée basse

Comme il insiste, je lui dis : « Ok, demain matin, comme j’avais l’intention d’aller à la pêche, rendez-vous ici vers neuf heures, nous prendrons quelques filets que nous poserons, puis nous irons pêcher à la palangrotte, non loin des filets que nous pourrons ainsi surveiller ». Donc rendez-vous est pris pour le lendemain matin. Connaissant mon lascar, il y a une chance sur deux pour que, ivre comme il l’est pratiquement tous les soirs, il ait oublié au matin que nous avons rendez-vous pour aller à la pêche.

Et bien non, le phénomène est là, alors qu’il fait encore presque nuit et qu’il doit être dans les six heures… du matin !
Je lui offre un café, nous discutons un peu et je  lui dis de repasser vers neuf heures ; du fait de la marée basse, nous ne pouvons sortir la Bangka à cette heure matinale, mais vers neuf heures cela devrait aller

Huit heures et demie, il arrive ; il doit être réellement fauché pour avoir une telle motivation.
Les filets, le matériel de pêche, une rame, deux ancres, l’outillage pour le moteur, l’essence, la glacière avec des boissons fraîches, les appâts, en l’occurrence une dizaine de petits calamars, des cordages… il nous faudra faire deux voyages pour tout emmener à la barque. C’est lui qui porte les filets, huit filets, ce qui nous donne une longueur totale de huit cents mètre et à quatre à cinq kilos de plomb par filet, il est chargé comme un bourricot le Thony.

Oh, oui, à la façon dont il zigzag sur la route, il est vraiment chargé et pas uniquement de filets.
Je lui pose la question : « Tu as bu ? ». Ce à quoi il me répond candidement « Je m’ennuyais à attendre, aussi ai-je terminé une bouteille d’Emperador qui traînait dans la cuisine ».
Joyeux, partir en mer avec un gars qui est saoul à neuf heures du matin !

Je retire les cordages qui retiennent la Bangka sur son ‘’baraan’’. Le baraan c’est une sorte de ponton de bambou, incliné, qui permet de monter et de descendre la barque hors de l’eau, évitant à celle-ci de rester en permanence dans la rivière.

J’explique alors à Thony comment nous allons opérer.
Nous allons nous positionner de part et d’autre de la Bangka, au niveau de la balance avant et pousser pour la faire glisser dans l’eau, je la retiendrai avec une corde passée deux fois autour d’un des bambous du baraan.
Simple non ?

Villas de Puerto Azul

Apparemment pas pour lui, il pousse comme un forcené, la barque glisse,  il voit la fin du baraan arriver, donc l’eau, il se cramponne à la balance et plonge tête la première dans la barque.
La Bangka est maintenant à l’eau, retenue par un cordage que j’ai enroulé autour d’un bambou.
Tout ce que je vois de Thony ce sont ses jambes, deux jambes qui dépassent du bastingage et qui s’agitent en tout sens.
Il me faudra aller le décoincer, car du fait de l’alcool et de sa hanche, il est coincé le phénomène.

Se rendre sur le lieu de pêche, poser les filets, passer une partie de la journée à pêcher, tout ce passe à peu près bien. C’est à partir du moment où il décide de se baigner que les choses vont se gâter.

Lorsque je lui avais demandé s’il savait nager, il m’avait répondu qu’en tant qu’ancien ‘’Seal’’, cela ne lui posait pas vraiment un problème. Les ‘’seals’’ se sont ces commandos spéciaux qui prennent part aux missions les plus difficiles, les plus dangereuses aussi. Spécialistes des sauts en parachute, des plongées sous marines aux limites de l’extrême, du maniement des armes de toutes sortes, des sports de combat, etc. De véritables surhommes hyper entraînés.

De ce fait je ne me suis pas inquiété pour lui quand j’ai entendu un grand plouf qui indiquait son entrée dans l’élément liquide. Mais, après peut-être une minute, j’ai eu comme un pressentiment, je me suis mis debout et je l’ai cherché du regard. Rien en vue. Ah, peut-être là-bas, au bout de la balance, il semble y avoir comme un remous, le seal semble avoir retrouvé son élément. Sa tête apparait, disparait, apparait de nouveau… bouche ouverte, il tousse, crache…
Le ‘’klong’, il est en train de se noyer notre seal ! Je plonge, arrive jusqu’à lui, le soutiens, je fais gaffe, car il aurait tendance à me faire couler, je l’invective et lui montre comment s’accrocher au flotteur de la balance.

Le monter sur la barque, chose qui demande quelques acrobaties qu’il est incapable de réaliser, va prendre du temps.
Il se conforte avec une grande rasade d’Emperador, une bouteille sortie de son sac à dos et qu’il s’était bien gardé de me montrer.

Bangka sur la plage de Kamandag

Nous remontons les filets, puis direction Ternate où nous arrivons sans plus d’incident.
Thony  récupère quelques kilos de poissons qu’il va vendre dans son voisinage.

Un après-midi, alors que je me trouvais sur le balcon à lire, arrive un Philippin tout essoufflé. C’est un jeune homme que je connais de vue et qui me dit « Quick you go to Thony house, he needs you ».
Je demande des explications, mais rien… soit le vocabulaire en anglais du jeune homme est par trop limité, soit il ne souhaite rien me dire. Direction la maison du phénomène ; que lui est-il arrivé de nouveau ?

Il habite désormais dans la maison de Brian, un sergent anglais arrivé pour effectuer du déminage aux Philippines après la guerre et qui n’est jamais reparti. Brian étant décédé il y a quelques années, son épouse loue ce qui était leur maison.

Une seule pièce, immense ; les cloisons qui délimitaient anciennement les pièces ont été enlevées, totalement détruites par les insectes. La charpente de bois est sérieusement attaquée elle aussi, le toit menace de s’effondrer.
Et notre Thony est là, allongé sur son lit de fer blanc qui ressemble à un lit d’hôpital. Sa tête est ceinte d’un bandage, ce qui le fait ressembler à un blessé de la Grande Guerre.

À mon arrivée il essaye de se lever, avec semble-t-il pas mal de difficulté et se sert du seul fauteuil qui lui reste comme d’un déambulatoire.  Que s’est-il passé ?

« Hier soir, alors que je rentrais tranquillement, j’ai été attaqué par quatre gars et un cinquième m’a assommé par derrière  avec une pierre, alors que je faisais face à mes premiers agresseurs. J’ai perdu connaissance et lorsque j’ai repris conscience je ne pouvais plus bouger ». « Il y avait du sang partout et j’avais terriblement mal à la hanche, là où se trouvent des broches ; j’ai réussi à ramper jusqu’à la maison, j’ai fermé la porte avec beaucoup de difficulté et je suis resté sur le sol, sans bouger durant toute la nuit ». « Ce n’est que ce matin qu’il m’a été possible de rejoindre mon lit ».

Cela ne m’étonne nullement qu’il se soit fait agressé. Lorsqu’il est saoul il devient méchant, insulte les gens, les jeunes comme les vieux, se moque de ses voisins et parfois provoque des bagarres. Comme je présume qu’il était totalement imbibé, les autres, qui ne s’y seraient pas frottés s’il avait été à jeun, ont profité de son état d’infériorité pour lui donner une sévère correction. 

Il s’en remettra, si seulement cela pouvait lui servir de leçon…

L'île de Corregidor et Bataan

Aux dernières nouvelles, qui ne datent pas d’hier, car cela doit faire sept à huit ans qu’il a quitté Ternate, il était en route pour la province de surigao del Sur, en bordure du lac  Mainit. C’est de cette lointaine province que sa (alors) nouvelle compagne, enceinte, était originaire.  Il avait décidé de réparer la maison familiale et de s’y installer.

Des phénomènes, des originaux, des cinglés, des frappadingues, des azimutés, des cinoque, des siphonnés, des mabouls, des dingues, des irresponsables, des fêlés et des foldingues… j’en ai rencontré dans ma vie d’expatrié et vous en rencontrerez aussi, donc soyez préparé. Ils semblent être nettement plus nombreux dans les pays qui ne sont pas les leurs.

Je souhaite à tous et à toutes une excellente fin de semaine.


Expériences, avis, critiques et commentaires, comme d’habitude sont les bienvenus.

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