Wednesday, December 17, 2014

ACHETER UN TERRAIN ... AUX PHILIPPINES !

Vous voulez acheter, louer un terrain aux Philippines pour y faire construire ?

Quelques petits rappels.

Depuis quelques années, pour ceux qui sont mariés avec une Filipina pour les hommes, ou à un Filipino pour les femmes, il est dorénavant  possible d’acheter un terrain qui sera officiellement enregistré sous le nom des deux époux. Cela évite de se retrouver tout nu si jamais le mariage se mettait un jour à battre de l’aile.



L’acquisition d’un bien immobilier aux Philippines est régie par le Republic Act Nº 8179 (qui amende le R.A  7042).
Ainsi que par le Republic Act Nº 7652, qui autorise un investisseur étranger à louer pour une durée de 50 ans (plus une éventuelle prorogation de 25 ans), des terrains privés philippins.

Qui peut posséder des terres aux Philippines ?
- Les nationaux Philippins, à la condition qu’ils n’aient pas perdu leur nationalité,
- Les binationaux Philippins, mais avec certaines restrictions sur les surfaces,
- Les sociétés philippines, celles dont les actionnaires, associés ou partenaires sont majoritaires à hauteur d’au moins soixante pour cent (60 %) des parts ou actions.

 À noter que le mari, ou l’épouse, hérite des biens du conjoint en cas de décès de ce dernier. 


Votre situation :

Vous êtes légalement marié avec un ressortissant philippin et ce dernier possède la nationalité philippine (ou la double nationalité). De ce fait, vous êtes en droit d’acquérir un bien immobilier aux Philippines aux noms des époux. Au décès de votre conjoint vous deviendrez l’héritier légal de ce bien ainsi que vos enfants légitimes.

Vous êtes étranger, non marié à un ressortissant philippin et vous souhaiter acheter un terrain pour faire construire et vivre aux Philippines.


Vous avez quatre possibilités :

 1- Vous vous associez avec un ou plusieurs ressortissants  philippins afin de créer une société dans laquelle vous détiendrez au maximum 40 % des parts ou des actions. Le bien immobilier sera acquis au nom de la société.


 2- Vous signez un bail d’une durée de 50 ans pouvant être renouvelé une fois 25 ans (″leasing″), bail emphytéotique.

 3- Selon le Condominium Act of the Philippines R.A. 4726, les étrangers peuvent acquérir un appartement dans un immeuble (que l’on appelle plus communément ″Condominium″) à la condition que les propriétaires étrangers dans cet immeuble ne dépassent pas 40% de la totalité des propriétaires. La plupart de ces appartements se situent dans des immeubles, cependant, certaines maisons de ville sont également considérées comme des appartements et entrent dans la réglementation des condominiums.

4- Vous avez une amie ou un ami Philippin et en prenant certaines précautions, il vous est possible de mettre le terrain sous son nom, tout en vous protégeant d’une éventuelle rupture.


Petites précisions :
Le divorce n’est pas reconnu aux Philippines, il en est de même du Pacs, quand au ‘’Mariage pour tous’’… oubliez, la chose n’est pas d’actualité aux Philippines.

La ‘’Land Registration Authority’’ est la seule agence gouvernementale qui  enregistre les titres de propriété et les transferts de titres. Il s’agit d’un Département du Ministère de la Justice (Department of Justice).

Le Bureau qui centralise tous les actes se situe Unit 204, L R A  Building, East Avenue Corner NIA Road à Quezon City.

En province, la Land Registration Authority possède des annexes dans les plus grandes villes, en général les capitales provinciales.


Attention

L’on estime que la moitié des titres privés de propriété en circulation sont des faux ou entachés d’erreurs qui les rendent nuls !


Vous souhaitez acheter ou louer un terrain

1- Vous achetez dans une subdivision : assurez-vous que cette subdivision est terminée ou presque terminée ; murs d’enceinte, rues, drainage, éclairage, gardiennage,  parties communes, piscine, terrains de jeux, etc. et que plusieurs maisons ou villas sont déjà construites et occupées. Les subdivisions fantômes sont légions aux Philippines.

En général les prix des terrains dans ce genre d’endroit sont relativement élevés et je vous conseille fortement de bien faire préciser le montant des charges des parties et services communs. Gardiennage, éclairage, entretien et maintenance des parties communes, etc.  Il y a parfois (souvent) des surprises.  

Faites également préciser s’il y a des restrictions concernant le type de construction que vous pouvez ériger sur le terrain. Dans la plupart des cas, à la condition d’avoir à faire avec une société sérieuse, un ou plusieurs agents se trouvent sur place.

2 -  Une annonce dans les médias (rare), une information glanée sur place, une pancarte 4 sale, a retenu votre attention ; le terrain, la parcelle de terrain que je recherche depuis longtemps !

La première démarche qu’il va vous falloir effectuer, rencontrer le propriétaire ou son représentant légal.

Il est préférable de rencontrer directement le propriétaire, malheureusement ce n’est pas toujours possible.
Nombre de grands propriétaires terriens vivent à l’étranger, le plus souvent aux USA.

Le ‘’bouche à oreille’’ demeure la meilleure source de renseignement pour ce qui concerne l’immobilier en milieu rural.


Demandez à voir le titre original de propriété et à en avoir une photocopie.

Celui-ci se présente sous la forme d’un document de dimension 329 x 214 en millimètres, je viens d’en mesurer un, ce qui, à ma connaissance, ne correspond à aucune dimension ISO.
Il est encadré de rouge et  présente un sceau à la feuille d’or sur la partie basse du document, à gauche.

Il est intitulé ORIGINAL CERTIFICATE OF TITLE avec en en-tête : Republic of the Philippines, Department of Justice, Land Registration Commission, etc.
Au verso se trouve la description technique du terrain, signée par un ‘’Geodetic  Ingineer’’, (un géomètre expert).

L’absence du titre original est en général un mauvais signe, même dans ‘’la famille de ma femme’’.

Perdu, nanti au profit d’une banque ou d’un financier qui détient ce document, disparu, au nom d’un ancêtre et dans ce cas il y a de grandes chances que les partages n’aient pas été effectués, voire que les taxes afférentes n’aient pas été réglées depuis des dizaines d’années ! Donc, je réitère ma recommandation, la plus grande prudence s’impose.



A partir du moment où vous cherchez à acquérir un terrain dans un certain endroit, la nouvelle va se répandre comme une traînée de poudre et vous avez de grandes chances d’être contactés par des personnes qui disent avoir des terrains à vendre. Il s’agit le plus souvent de gens du cru qui ont plus ou moins connaissance de terrains susceptibles d’être à vendre. 

L’amie de la cousine d’un caretaker (un gardien) par exemple. Et tout ce petit monde entend bien tirer profit du Kano qui recherche un terrain.

Sauf à vouloir payer votre terrain le double de son prix, évitez de tomber dans ce genre de piège. Vous rencontrez le caretaker et vous essayez d’obtenir l’adresse du propriétaire ou de son représentant légal.

Demandez également une copie de la dernière ‘’Tax Declaration’’ (impôts locaux).

Afin d’éviter une Skin Tax, toujours possible, faites effectuer ces démarches par un Philippin.

Du fait des problèmes rencontrés avec les ‘’squatters’’, car aux Philippines les squatters ont des droits, la grande majorité des terrains sont surveillés par des caretakers. Parfois ce gardien habite sur la propriété qui se trouve à vendre, après y avoir construit une cabane ; c’est un accord entre le propriétaire et le caretaker. En échange du gardiennage, le caretaker vit gratuitement sur le terrain.

Vous pouvez vous rendre au Barangay et obtenir quelques informations sur le terrain dont vous souhaitez vous porter acquéreur. Existe-t-il des servitudes, un agrandissement de la route est-il prévu, d’autres constructions sont-elles programmées à proximité… ?


Un passage au Municipio (la mairie) peut s’avérer utile.
Généralement un cadastre est installé dans les mairies et, munie de la copie du ‘’Original Certificate of Title’’, il vous sera possible de comparer les indications sur le plan et le titre. Vous pouvez également demander quel est le prix moyen pratiqué (prix au mètre carré) dans les transactions effectuées sur la municipalité, dans le quartier que vous avez choisi.

Attention qu’il existe trois sortes de terrains : résidentiels, commerciaux et agricoles.
En cas d’achat d’un terrain agricole, faites confirmer qu’il vous sera possible de construire une habitation, éventuellement en faisant procéder au changement de statut du terrain.

Vous avez maintenant une copie du Titre, une copie de la Tax Declaration (cette Tax Declaration n’a aucune valeur quand au véritable propriétaire du terrain), le prix demandé par le propriétaire ; vous avez effectué quelques vérifications, tout vous semble en ordre et vous allez pouvoir faire votre proposition d’achat (ou contre-proposition) au vendeur.

À partir de ce stade et sauf à bien connaître les procédures officielles et non officielles du pays, je vous conseille vivement de vous attacher les services d’un notaire ou d’un avocat spécialisé.
Le parcours du combattant version philippine, car c’est à l’acheteur qu’incombe le transfert du titre de propriété.

Votre notaire, ou avocat, en fonction des instructions que vous allez lui donner, va préparer une ‘’Letter of Intend to Purchase Property’’. Dans cette lettre sont indiqués : la description et la situation de la propriété, le prix que vous proposez, ainsi que les spécifications qui vous sont propres. Bornage de la propriété, enlèvement des cabanes du caretaker, agrandissement du chemin d’accès, éviction des éventuels squatters, etc. 


Cette proposition est normalement accompagnée d’un dépôt qui représente 5 ou 10 % du montant total de la transaction. Ce montant est déposé sur un compte bancaire bloqué et ne pourra être mis à disposition du vendeur que contre un document qui lui sera remis par votre notaire. Sous réserve, je crois me souvenir qu’il s’agit d’une copie certifiée du Transfert Certificate of Title.

Le vendeur accepte votre proposition et votre notaire va alors rédiger le Deed of Absolute Sale (DOAS). Un peu l’équivalent d’une promesse de vente.

C’est à partir de ce document que vous allez, après de nombreuses démarches et attentes, obtenir votre Transfert Certificate of Title.

Pour cela vous, ou mieux  votre représentant va se rendre au Municipio qui a juridiction, afin d’obtenir une copie certifiée de la dernière Tax Declaration.
Puis il faudra se rendre au Revenue District Office (RDO) assigné afin de remplir des formulaires qui permettront au BIR de calculer le montant des taxes que vous allez devoir acquitter. 

Ces documents seront envoyés à l’Agent bancaire autorisé (AAB) pour le paiement du Capital Gains Tax et de la Documentary Stamp Tax. Avant de payer ces taxes à l’AAB, il vous faudra remplir un formulaire et payer le montant dû en espèces.



À nouveau au BIR (les impôts)  pour y remettre les copies originales de l’AAB, un original plus deux copies du Deed of Sale, le  document  Transfert Certificate of Title du propriétaire plus deux copies, etc. plus cinq autres documents et leurs copies. Plus un pouvoir spécial de l’attorney, un plan ou une carte si la zone où se situe la propriété ne peut être clairement définie avec les documents fournis, etc. Plus tous les autres documents qui pourraient être requis par la loi et les règlements.

Après cela il faudra demander le Certificat Authorising Registration (CAR) (5 jours)…
Et encore pas mal de documents à remplir et à compléter.

Enfin, après avoir payé les frais d’enregistrement, le nouvel et heureux propriétaire se verra délivrer le new ‘’Owner’s Duplicate Copy of the Transfert Certificate of Title’’.

Il ne vous restera plus alors qu’à demander à ce que la Tax Declaration soit désormais mise à votre nom, bureau de l’Assessor pour cette demande.



Dans l'éventualité où, le vendeur ou l’acheteur serait une société, il est bien évident que d’autres documents seront nécessaires.

Philippines laws, statutes and Codes, pour information.


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Tuesday, December 9, 2014

LA VÉRITÉ ... SI JE MENS !

Ne voyez dans le titre aucune allusion spéciale au film du réalisateur Thomas Gilou, pour une raison inconnue ce titre m’est venu à l’esprit… allez savoir pourquoi ?


Pour ceux qui auraient encore des illusions sur la reprise américaine ainsi que sur le nombre des sans emplois aux Etats-Unis.

Le faible gain constaté dans le PIB du pays s’explique uniquement par une injection massive de liquidité dans l’économie américaine. Ce qui veut dire qu’une partie du PIB est payé par le déficit, donc par de l’emprunt, ce qui en contrepartie augmente la dette. Sur dix dollars injectés (et donc empruntés), un seul va se retrouver dans l’économie réelle du pays.

D’autre part, en dix ans, environ un million d’emplois ont été créés, alors que plus de douze millions de personnes en âge de travailler sont arrivées sur le marché du travail durant cette même période ! Nombreux sont ceux qui ne recherchent plus un emploi et donc qui n’apparaissent plus dans les statistiques.

Les ‘’jobs’’ qui sont offerts concernent majoritairement des jobs sous-payés.
La constatation en est devenue tellement évidente que le Ministère du travail américain dévoile le résultat d’une enquête qui démontre que de nombreux travailleurs sont désormais payés en dessous du salaire minimum.
http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2014/12/04/97002-20141204FILWWW00507-usa-centaines-de-milliers-de-salaries-payes-en-dessous-du-salaire-minimum.php

Le nombre d’Américains en situation de pauvreté est de 46, millions, soit 15 % de la population totale.
Le seuil de pauvreté pour une famille de quatre se situe à 23.000 USD par an.

Quatre Américains adultes sur cinq ont connu ou vont connaitre le sans emploi, la précarité, la pauvreté ou le manque de soins. Soixante -seize pour-cent (76 %) des Américains ‘’blancs’’ de plus de 60 font l’expérience d’une insécurité économique. Cinquante (50) millions d’Américains dépendent des ‘’food stamps’’ pour se nourrir. Mais les villes et États sont de plus en plus nombreux à être en faillite ou proche de la faillite…



N’ayez crainte, la chose a déjà commencé en France… certains voudraient que tous les salaires soient baissés de 30 % dans l’hexagone. Je vous rappelle qu’il s’agit là d’une exigence de Goldman Sachs dévoilée il y a de cela plus de trois ans maintenant. À cela s’ajoutait la demande d’une forte diminution des prestations sociales… ce que peuvent constater tous les jours ceux qui sont restés aux pays.

Coup de ‘’rabot’’ généralisé sur les allocations familiales !
Baisse des aides à la garde d’enfant,  partage du congé parental, baisse de la prime à la naissance,  allocations modulées selon les revenus, etc. Les prélèvements augmentent et les prestations diminuent.
Augmentation des mutuelles de cinq à dix pourcent, sans pour cela que vous soyez remboursé plus, mais moins cela pourrait se faire.

Diminution des exonérations des charges des travailleurs à domicile, hausses des cotisations à tous les niveaux, augmentation des impôts directs, des taxes (dont la TVA), créations de nouvelles taxes, etc.

Pour ceux qui ne le savent pas encore : mise en application de la taxe sur les abris de jardins !!!
Plus de cinq mètres carrés au sol et un mètre quatre-vingt sous plafond… vous allez raquer.
A quand une taxe sur la niche du toutou et sur la cage aux oiseaux? Ils sont devenus fous !

Comme l’état (avec un petit é) diminue les dotations aux collectivités locales, celles-ci vont se rabattre sur les impôts locaux. Vous allez déguster mes amis ! Habitation, foncier, bâti et non bâti s’il vous plait, les taxes sur les transactions  immobilières, sur les plus values, etc. toutes celles qui existent déjà, auxquelles il va vous falloir ajouter  toutes celles qu’ils vont créer…

Sur l’eau de pluie par exemple. En fonction du nombre de mètres carrés dont vous disposez, du fait que vous n’utilisez pas l’eau de la ville surfacturée, les collectivités, en fonction de la pluviométrie pourraient vous infliger une taxe au mètre cube, plus la TVA sur celle-ci pour faire bonne mesure.



Petite anecdote : au lieu d’une baisse de 0,6 % du tarif réglementé, les prix du gaz vont augmenter de 1,8 % le 1er janvier. Environ 7 millions de foyers sont concernés. Mais ‘’Sapin de Noël’’ vous a annoncé qu’il n’y aurait aucune hausse d’impôt. 

L’inflation constatée par les services officiels aurait été (sera) de 0,75 % en 2014 (vous l’avez très certainement constaté en faisant vos courses, les prix baissent c’est bien connu), donc attendez-vous à une diminution du taux de rémunération de votre livret A… le chouchou des Français, mais pour combien de temps encore ?

Diminution des salaires, augmentation des prélèvements de toutes sortes,  vous allez bientôt travailler gratos et être obligés de vivre sur ce que vous avez mis de côté ! Pour ceux qui en ont la possibilité tout du moins.
Ne riez pas, c’est ce qui se passe en Grèce !

 Car la finalité de l’histoire est de faire main basse sur le magot afin de renflouer les banques et en premier les banques américaines. Le magot c’est votre épargne, les centaines de milliards qui dorment sur des comptes ou qui sont placés ; livret A, PEA, PEL, assurances vie, etc. tout cet argent qui dort et qui ne circule pas.
Faire main basse dessus, vous spolier directement… un peu trop voyant, une partie peut-être, mais certainement pas la totalité, ce serait la révolution immédiate.

Mais en vous obligeant peu à peu à tirer sur ce magot, à le mettre en circulation afin qu’il vienne alimenter les multinationales, majoritairement américaines…. C’est faisable, c’est jouable et ils sont en train de vous la jouer, la marche funèbre.


D’un autre côté ils s’attaquent également à votre patrimoine immobilier ! Regardez bien dans les prochaines années ce qui va se passer avec vos impôts locaux. Ils ont compris que la pression fiscale directe avait ses limites et que ces limites sont aujourd’hui atteintes. Aussi, changement de fusil d’épaule, ils attaquent désormais le patrimoine immobilier avec les impôts et taxes locales. Cela a déjà commencé avec les immeubles non occupés et les terrains constructibles non bâtis. Dans certaines zones seulement me direz-vous. Oui, je vous l’accorde, mais attendez-vous à ce que ces zones s’étendent comme traînée de poudre dans les prochaines années.


Prédire l'avenir est une illusion, ce qui est important c'est le présent.

Il faut le découvrir, le comprendre et déconstruire maintenant ce que l'on voudrait nous imposer.
Rechercher qui tire et qui a intérêt à tirer les ficelles, pour le stopper dès aujourd'hui.
Demain, il sera trop tard.


Passés la cinquantaine, généralement aux alentours des 55 ans, les salariés sont le plus souvent jugés "has been". Trop chers, pas assez performant ils sont, au mieux, mis au placard, au pire, poussés dehors. Constat caricatural? Pas vraiment.

L'OCDE, dans un rapport publié en janvier dernier sur "Le vieillissement et les politiques de l'emploi en France", constate que moins d'un salarié français sur deux entre 55 et 64 ans a un emploi. Le "taux d'emploi" (nombre des personnes ayant un emploi sur la population totale) des 55-64 ans atteint seulement 45,9% en France, contre 48,4% dans l'Union européenne.


Et depuis le début de la crise, la situation n'a cessée de se dégrader pour les quinquas. Plus que dans n'importe quelle autre tranche d'âge, le taux de chômage progresse inexorablement. Depuis un an, il a augmenté de 11,5%. Aujourd'hui, il y a environ 1.100.000 demandeurs d'emplois de plus de 55 ans.
Jusqu'à présent, la France a en réalité été incapable de gérer le vieillissement de sa population active. 

Même si les possibilités de préretraite ont été réduites et les dispenses de recherches d'emplois progressivement supprimées, bon nombre de salariés partent encore à la retraite avant l'âge légal de 62 ans, l'âge effectif de départ étant de 59,7 ans
.
Le plus souvent, ce départ anticipé se fait faute d'avoir trouvé un nouvel emploi. Poussés vers la sortie, les seniors négocient leur départ et perçoivent une allocation chômage pendant trois ans sans avoir à rechercher un nouvel emploi.

Le travail des seniors : nouvelle priorité de Rebsamen
Le 23 juin, François Rebsamen, ministre du Travail, a annoncé qu'après avoir concentré ses efforts sur l'emploi des jeunes, l'emploi des seniors était sa nouvelle priorité.

Il propose notamment de s'attaquer au coût du travail des salariés les plus âgés qui, du fait de leur expérience professionnelle, ont des prétentions salariales plus importantes que leurs jeunes collègues.
Mais faute de moyens, le ministre du travail se contentera de proposer, lors de la "grande conférence sociale pour l'emploi" des 7 et 8 juillet avec les partenaires sociaux, d'augmenter la prime du contrat de génération en faveur de salariés en fin de carrière.

A l'heure actuelle les entreprises de moins de 300 salariés bénéficient d'une prime de 2000 euros par an pendant trois ans pour tout recrutement d'un jeune de moins de 26 ans en CDI en contrepartie du maintien de l'emploi d'un senior de plus de 57 ans pour lequel l'entreprise bénéficie d'une aide comparable, soit, au total, 4000 euros.


François Rebsamen propose que cette prime jeune et senior passe au total à 6000 euros (2000 + 4000), toujours conditionnée au recrutement d'un moins de 26 ans. L'objectif est de conserver 500.000 emplois seniors sur 5 ans et une stabilisation du chômage des plus de 50 ans d'ici 6 mois.

Mais les résultats sont plus qu'incertains alors que les contrats de génération sont loin d'atteindre leurs objectifs. Seulement 29.000 embauches ont été constatées depuis mars 2013 dans ce cadre alors que le gouvernement tablait sur 75.000.


Les jeunes et le chômage : la situation plus mauvaise que jamais

Des étudiants de l'université Paris III (Censier-Sorbonne Nouvelle), en 2009. 88% des diplômés du «supérieur long» (bac plus cinq et au-delà) de la génération 2010 ont un emploi au bout de trois ans.
Plus d'un jeune sur cinq est sans emploi, trois après avoir quitté l'école. Un taux de chômage qui n'a jamais été aussi haut, particulièrement chez les non-diplômés.

Trois ans après être sorti de formation, plus d’un jeune sur cinq (22%) est au chômage: jamais ce taux n’avait été aussi haut en France. La dernière enquête du Cereq (le Centre d’études et de recherches sur les qualifications), concernant l’insertion des 700 000 jeunes ayant quitté le système éducatif en 2010 – appelés «la Génération 2010» -, renvoie une image plutôt sombre des débuts des jeunes Français dans la vie active. Les diplômés s’en sortent toujours nettement mieux que les non diplômés, et cet écart s’est même creusé. Mais pour tous, à des degrés divers, le risque du chômage s’aggrave et l’insertion se détériore.

Deux faits économiques majeurs s’imposeront durant le XXIe siècle : d’une part, le retour des taux de croissance à leur étiage historique aux alentours de 1%. D’autre part, la généralisation de la robotisation qui devrait permettre de remplacer les travailleurs humains dans des secteurs d’activité jusque-là inaccessibles à l’automatisation.


La robotisation du monde du travail

Les soins à la personne sont la cible principale des premiers fabricants de robots humanoïdes comme le modèle Roméo de la société française Aldebaran, devenue japonaise depuis peu. Mais si porter un plateau à une personne dépendante est déjà possible à un robot, il y a tout lieu de penser que le service en salle dans certains restaurants sera aussi concerné. Ainsi, alors que l’automatisation a amélioré la productivité industrielle, les emplois de service seront le domaine de la robotisation.

Dans un autre secteur, les avantages de l’automobile robotisée, ou autonome, sont évidents : la sécurité routière fera un bond considérable et on pourra se déplacer en voiture sans savoir ou pouvoir conduire.
Selon Carlos Ghosn, le PDG de Renault-Nissan «les véhicules autonomes pourront être commercialisés en Europe à partir de 2020». La première génération ne se passera pas vraiment d’un conducteur, mais on peut penser que des véhicules totalement autonomes, comme la Google-car) sillonneront les routes françaises d’ici une dizaine d’années.

La conséquence probable de cette mise en circulation est que les chauffeurs salariés seront susceptibles d’être remplacés par une telle voiture en une à deux générations automobiles, c’est-à-dire entre quatre et huit ans. Tous les chauffeurs ne disparaîtront pas, car il y aura toujours des trajets qui nécessitent une interaction humaine, mais une bonne partie d’entre eux sera devenue moins nécessaire, sinon inutile, en quelques années.
Des métiers comme ceux de plombier ou de psychologue ne disparaîtront sans doute jamais, mais nos économies globalisées rendent la robotisation inéluctable pour un grand nombre d’activités. 

Cette globalisation nous impose d’ailleurs d’investir dès aujourd’hui, et puissamment, dans les technologies de la robotique. Sans cela, nous subirons une robotisation du travail délocalisée, nous serons incapables d’intégrer ses effets dans nos projets sociaux et politiques, et nous serons les canuts de demain.



Vers une société oisive ?

Grâce à la robotisation, la substitution du capital au travail peut devenir infinie. On peut imaginer une personne qui possède un capital composé d’une forêt, d’un bâtiment et de robots. Certains de ses robots couperaient des arbres qu’ils débiteraient en planches, tandis que d’autres en replanteraient, d’autres encore fabriqueraient des chaises en bois et les emballeraient, et c’est un véhicule autonome qui viendrait prendre livraison des commandes passées sur Internet. 

Dans ce cas, le capital seul suffirait à produire des biens directement. S’il n’est pas certain que cet exemple extrême existe un jour, il faut néanmoins s’attendre à ce que le développement de la robotisation augmente violemment les mécanismes de concentration de la richesse vers le patrimoine et réduise d’autant sa redistribution par le travail.

Les forts taux de croissance ne reviendront plus, et nos sociétés supportent mal 10% de chômeurs. Mais bientôt ce seront 30%, ou plus, des travailleurs d’aujourd’hui qui seront remplacés par des systèmes robotisés. Nos sociétés sont-elles préparées à supporter l’ingression de tels taux de chômage ?

Des solutions économiques viennent à l’esprit, comme la création de fiscalités qui délestent le travail humain de toutes formes de charges et taxent lourdement le capital productif afin d’obtenir un système alternatif de redistribution. Mais ces solutions soulèvent de nouvelles questions : comment généraliser de tels impôts sur la planète ? Au niveau d’un pays, qui paiera les rentes à ceux dont le travail est devenu inutile ? Une personne qui aura un emploi devra-t-elle gagner plus, et si oui, selon quelle logique ? Le travail devenu rare sera-t-il un privilège ?


Enfin, le travail est un facteur d’identité et d’intégration sociale irremplaçable pour la majorité d’entre nous. Une société basée sur l’oisiveté nous reste tout simplement inimaginable. Serons-nous néanmoins capables de l’inventer ? Que veulent dire les notions de progrès si nous faisons l’économie de cette réflexion ?

La robotisation qui arrive impose à nos sociétés de se repenser sans le travail comme norme. Si bien que la question à laquelle les partis politiques doivent répondre n’est plus «comment revenir à l’économie du plein-emploi», mais «comment se préparer à l’économie de l’emploi rare». Ne pas y répondre, ne pas développer une nouvelle idéologie autour du travail, c’est faire le choix de la misère la plus sombre pour nos enfants.

Donc j’attends de nos politiques qu’ils répondent dès aujourd’hui aux questions que nous sommes de plus en plus nombreux à nous poser. 

Comment envisager l’économie et le fonctionnement de notre société avec une croissance qui ne dépassera que rarement un pour cent par an et ce pendant les vingt prochaines années ? Comment résoudre les problèmes d’emploi en tablant sur le fait que ce sont bientôt trente pour cent de la population active qui sera sans emploi ?

En allongeant le temps de travail, en repoussant l’âge de départ à la retraite ?

Il faut qu’ils arrêtent tous de nous bourrer le mou avec des slogans à la ‘’Klong’’ du genre « La reprise est devant nous, je la vois pointer son nez, je sens la reprise elle est au bout du tournant, etc. ». Ou ceux du genre « l’inversion du chômage est pour demain ». Oui, demain on rase gratis.

Ouvrez grand les yeux, regardez l’état de l’économie mondiale, c’est une catastrophe ! Nous sommes arrivés au bout d’un cycle et, sauf miracle, sous forme d’une découverte qui amènerait une nouvelle révolution dans l’évolution de nos sociétés, il est grand temps de se mettre à penser comment gérer ce changement avec les données et les moyens qui sont aujourd’hui à notre disposition.


Il s’agit d’un bouleversement profond de notre société que nos dirigeants semble plutôt vouloir repousser qu’attaquer de front. 


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