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Thursday, November 10, 2011

LES ENFANTS ... PAS UN PROBLÈME !

A chaque fois que des parents songent à bouger, pensent à changer de lieu de résidence, les enfants sont toujours un sujet de première importance.

Que vous bougiez d’un quartier à l’autre d’une ville ou d’un bout à l’autre du monde, vous devez et vous vous préoccuper de vos gamins. Vrai ou pas ?


Pas toujours !
Plusieurs fois par mois, j’ai le cas de lecteurs qui me font part de leurs inquiétudes, de leurs hésitations à venir s’installer chez nous ou dans un pays similaire, du fait des enfants. ‘’Ils ne parlent pas le Tagalog’’, ou ils ne parlent pas le Cebuano ou toute autre langue ou dialecte qui sont pratiqués dans la province où ils souhaiteraient s’installer.

Je peux vous dire que cela n’est absolument pas un problème, les enfants, particulièrement les plus jeunes, ont une facilité d’apprendre, d’assimiler et de s’adapter qui vous surprendra.
Cela dépend, en partie tout du moins, de l’âge de l’enfant.

Je dirai qu’en dessous de dix ans tous les gamins ont la faculté d’apprendre le langage local beaucoup plus facilement que vous ne pourriez le faire, même en prenant des cours intensif avec le meilleur professeur qui soit.


L’exemple de mes enfants, les cinq que j’ai ici, n’est pas significatif dans la mesure ou ils sont nés et ont grandi aux Philippines. Mais j’ai de nombreux amis et connaissances qui sont venus s’installer avec des enfants nés et élevés dans le pays d’origine des parents.

Je prends l’exemple d’un Américain, marié à une Filipina, qui s’est installé ici il y a une dizaine d’années et dont les trois enfants étaient âgés de huit ans, trois ans et un mois à l’époque … et tout s’est et se passe toujours très bien.

Pour le plus jeune, arrivé à un mois, c’est comme s’il avait toujours vécu ici et il parle couramment l’anglais, le Bisaya ainsi que le Tagalog.

Les deux autres, un peu plus âgés quand les parents ont décidé de venir s’installer au pays des 7.107 îles, ont appris le langage local, le Bisaya, à une vitesse stupéfiante. Le père me disait qu’en jouant avec leurs cousins et quelques amis du voisinage, ils avaient été capables en 30 jours de comprendre et de se faire comprendre. En trois mois ils avaient atteint un niveau que le père, après quatre ans de cours hebdomadaires, n’a toujours pas atteint. Etonnante cette faculté des gamins d’assimiler et de s’adapter aussi rapidement.


Une autre erreur souvent commise par les parents, c’est de croire que leur progéniture, du fait quelle est étrangère, va être exclue et rejetée par la communauté
philippine. Totalement faux.

Les jeunes étrangers sont très facilement acceptés dans la communauté des enfants, mais également dans celle des adultes. Il n’existe pas aux Philippines cette ségrégation, parfois cette forme de racisme, qui peut exister dans de nombreux autres pays où les communautés ne se mélangent pas, ou se mélangent peu.

Peut-être cela provient-il du fait que les étrangers sont relativement peu nombreux et, mise à part les communautés d’expats qui travaillent dans les grandes villes, principalement sur Manille, il n’y a pas de ghetto. Les étrangers sont disséminés sur l’ensemble du territoire et leur pourcentage parmi la population n’atteint jamais la taille critique de cinq pour cent.


Si ma mémoire est bonne, 5 % de population étrangère dans une communauté est le seuil critique à partir duquel un certain nombre de problèmes risquent de se poser.

La population étrangère ayant tendance, à partir de cette taille,  à vouloir recréer son pays d’origine dans son pays d’accueil. C’est ce que disent les sociologues, toujours si ma mémoire est bonne, comme je suis un peu lazy, je n’ai pas envie de faire de recherche, les spécialistes voudront bien m’excuser et me corriger.

Mes enfants, issus d’un père français et d’une mère philippine sont des métis, des mestizos. Je n’ai jamais entendu un seul d’entre eux se plaindre d’être traité différemment des autres enfants et il en est de même pour les enfants qui sont 100 % étrangers.

Néanmoins, il existe une forme de racisme à l’égard de certaines populations noires et d’ethnies locales comme les Aeta, qui transpire aux Philippines. Il faut déjà bien connaître le pays et son fonctionnement pour s’en rendre compte, mais cela existe, il ne faut pas le nier.
 
Donc au dehors, lors des jeux, les enfants parlent entre eux le langage local qui peut être le Tagalog, le Bisaya, le Cebuano ou une autre langue ou dialecte.

A l’école, ils vont majoritairement parler l’anglais et avoir des cours de Tagalog.



A vous de jouer maintenant.

A mon avis, il faut impérativement obliger toute la famille à parler la langue d’origine de la famille si vous arrivez ici avec de jeunes enfants.
Vous êtes Français, vous arrivez avec de jeunes enfants qui ne parlent que le français, continuez à parler et à ne parler que le français à la maison.
Peut-être avec quelques cours d’anglais afin qu’ils aient la possibilité de mieux suivre à l’école.

Dans mon cas, les choses sont un peu différentes.
Mon épouse parle couramment l’anglais et nous avons décidé que l’anglais serait la langue officielle à la maison. Je leur donne quelques cours de français, mais sans trop forcer. 

Ne pas oublier que même le plus jeune, Sebastian deux ans, comprend et parle un peu l’anglais, un peu le Tagalog … mais également le Bisaya qui est la langue maternelle de sa mère. Il en est de même pour les quatre autres, ils parlent couramment trois langues. Plus quelques notions de français pour les plus âgés.


Pas de problème pour le langage.

De plus, je suis persuadé que mes enfants ont un gros avantage par rapport à la grande majorité des enfants qui vivent et qui demeurent en France ; même si le Tagalog et le Bisaya ne sont pas des langues couramment utilisées de par le monde, l’habilite qu’ils ont développé en apprenant plusieurs langues, va très certainement leur servir plus tard, c’est une gymnastique du cerveau qui va leur faciliter l’apprentissage dans de nombreux autres domaines.

Sincèrement, je reste persuadé que de vivre dans un pays où mes enfants ont la faculté de parler plusieurs langages, est un plus pour eux.

D’un autre côté je dois vous avouer que le système éducatif public local n’est pas des meilleurs, loin de là. Mais il existe de très nombreuses écoles privées d’excellente qualité … petit problème, cela coûte cher !

Pensez-vous que le fait d’avoir des enfants en bas âge soit, ou puisse être un frein l’expatriation ?


Expériences, avis, critiques et commentaires, comme d’habitude sont les bienvenus.


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Tuesday, May 10, 2011

LA LANGUE PHILIPPINE ! (part.1)


PARLONS … LE PHILIPPIN ! (Part. 1)

Quelle est la langue officielle des Philippines ?
Tout au long de ces années, passées dans le pays, j’ai entendu pas mal de discussions, j’ai moi-même participé à certaines de ces discussions, sur le sujet du langage aux Philippines.


Certaines erreurs sont parfois faites par les étrangers qui vivent ou passent ici, il règne une certaine confusion et il y a quelques petites incompréhensions.

Plusieurs lecteurs de ce blog, avant de venir, m’écrivent : « mon Anglais n’est pas très bon, mais je vais me mettre au Tagalog, ou au Filipino, ou au Cebuano ».


Très louable de leur part, ce peut-être une bonne initiative à la condition de connaître le contexte du pays en ce qui concerne le langage.

Que dis-je le langage, je devrais dire les langues, les dialectes et les sous-dialectes.
Aux dernières nouvelles il y aurait entre 120 et 175, certains vont même au-delà des 180, ‘’langages aux pays des 7.107 îles’’.

Quatre d’entre eux n’ont plus personne qui les parlent ou même les comprennent, ce sont des vestiges qui appartiennent à l’histoire et aux linguistes.

A ce jour deux langues sont officielles tandis qu’une douzaine d’autres sont considérées comme des ‘’langues auxiliaires officielles’’.


Pendant plus de trois siècles l’Espagnol a été la langue officielle et l’on estime qu’au tout début de XX ème siècle, 60 % de la population locale parlait la langue de Cervantès en première, seconde ou troisième langue pour certains.
La Constitution de Malolos de 1899 proclamait l’espagnol comme langue officielle de la première République des Philippines.
Après l’occupation américaine, l’anglais commença à se substituer à l’espagnol dans le système éducatif. Imposition de l’anglais et déclin progressif de l’espagnol, plus spécialement après la seconde guerre mondiale.


Comme expliqué dans un post précédent, la colonisation espagnole s’est faite par les armes et le goupillon, celle des américains par l’argent et le système éducatif.

En 1901, environ 600 éducateurs, appelés ‘’Thomasites’’, car arrivés sur le navire de guerre US Thomas, remplacèrent les soldats qui assuraient également la fonction de professeurs. La Constitution de 1935 ajoutait l’anglais comme langue officielle au côté de l’espagnol.

Le 12 novembre 1937, la première Assemblée Nationale créa le National Language Institute. Le but étant de sélectionner un langage national parmi les langages régionaux. Le Tagalog fût choisi pour servir de base au langage national le 30 décembre 1937.

En 1939, le Président Manuel L. Quezòn renomma le ‘’Tagalog language’’ qui prit le doux nom de Wikang Pambansa (la langue nationale).

En 1959, le Wikang Pambansa devint le Pilipino (décision du Secrétaire à l’Education Jose Romero).
La constitution de 1973 déclare que le Pilipino devient avec l’anglais la langue officielle, tout en insistant sur le besoin de développement d’une langue nationale le Filipino.


Pas facile de s’y retrouver. Avant 1900 la langue officielle est l’espagnol.
Après la cession du pays aux Etats-Unis, l’anglais devient langue officielle.
A partir de 1937, l’anglais cohabite avec le Tagalog ; à partir de 1939 le Tagalog devient le Wikang Pambansa, puis le Pilipino en 1959 et en 1973 on prépare le Filipino.
La constitution actuelle, celle de 1987, toujours en vigueur, précise que le Filipino et l’anglais sont toutes deux les langues officielles de la République des Philippines.


Mais le Filipino a la particularité que la langue doit être développée et enrichie sur les bases des autres langues du pays.
En fait, à ce jour, le Filipino est presque exclusivement une composition du Tagalog, langue largement répandue dans les provinces de Quezòn et Rizal, ainsi que sur Manila, la Capitale. Cela provient très certainement du fait que les personnalités en charge de la création d’une langue nationale en 1937 parlaient tous le Tagalog.

Bien que le Président de la commission chargée de cette création, James C. de Vera, était un Waray-Waray, donc parlant très certainement le Waray-Waray, la langue largement répandue sur Samar et Leyte.


Le Filipino est une langue officielle pour l’éducation, mais moins importante que l’anglais. Le Filipino, sous quelques réserves indiquées ci-après, est le plus répandu des langages, toutes régions confondues. Il est le langage dominant des forces armées et d’une grande partie des agents de l’Etat bien que la majorité d’entre eux ne soient pas Tagalog. Bien qu’il puisse varier d’une région à l’autre nous pourrions référencer le Filipino comme le langage standard.


Remarques personnelles et réserves

L’espagnol n’est plus parlé que par une toute petite minorité, souvent de gros propriétaires terriens, les ‘’Dons’’ des Haciendas, sauf à inclure le Chavacaño, nous reviendrons sur le ‘’Chavacaño’’, ce mélange d’espagnol simplifié, d’un peu de portugais et qui emprunte sa grammaire au Tagalog. Disons que trois à cinq pour cent de la population âgée parle encore l’espagnol.

L’anglais, tout du moins l’anglais américanisé est largement répandu, peut-être que 60 à 70 % de la population arrive à s’exprimer et à se faire comprendre de ceux dont c’est la langue maternelle.


Mais les jeunes des couches les plus défavorisées, au moins 70 % d’entre eux tout du moins, ne parlent pas la langue. Quelques mots et expression et c’est tout, ils sont incapables de lire et encore moins de s’exprimer. De plus ceux qui parlent l’anglais, sauf dans la middle class et au-dessus, ont tendance à mettre de plus en plus de mots de Filipino dans leur anglais. C’est pour ce nouveau langage qui émerge que l’on parle de Philglish.

A mon avis les langues, dialectes et sous-dialectes ne sont pas près de mourir, ils sont toujours bien vivants.
Souvent utilisés comme première langue dans un petit cercle, la famille, la tribu ou la communauté, ils n’évoluent que très peu.


Prenons l’exemple de mon épouse originaire de Davao. Se trouvant dans le cercle familial elle va utiliser un dialecte localisé à quelques quartiers de la ville. En général, hors de ce cercle elle va utiliser le Bisaya, la langue la plus commune de Mindanao et d’une partie des Visayas, avec tout de même des variantes locales, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué !


Toujours l’exemple de mon épouse, qui se trouvant à Manille ou dans la province de Cavite, va alors utiliser le Filipino, le dérivé du Tagalog. Comme de nombreux Philippins elle utilise parfois l’anglais, le Philglish, pour se faire comprendre de certains de ses compatriotes. Etonnant pays où les gens sont tous au moins bilingues, souvent trilingues ou plus !

Il n’est pas rare d’entendre des gens parler entre eux en utilisant le Filipino puis passer à la langue locale (la langue vernaculaire) lorsque la conversation devient moins formelle. C’est le cas par exemple dans la région d’Angeles City dans la région où l’on parle le Pampangaño.

Le fait de passer d’une langue à l’autre (diglossie) en fonction de l’occasion ou de la situation est plus évident dans le cas de langues comme le Pangasinan, Kapampangan, Bikol, Waray, Hiligaynon, Sambal et Maranao (ceci avec le Filipino).

Il existe une autre forme de diglossie, qui se situe entre les langues régionales et les dialectes locaux des minorités.

Les langues régionales officielles sont : le Bicolenio, le Zamboangueño, le Chavacano, l’Hiligaynon, le Llocano, le Kapampanga, le Kinaleray-a, le Maguindanao, le Maranao, le Pangasinan, le Tagalog, le Tausug, le Waray-Waray. Qui sont des langues indigènes et qui pour chacune d’entre elles sont parlées par au moins un million de personnes. Un ou plus de ces langages est parlé par 90 % de la population.


Selon les Ethnologues, un total de 171 langues, dialectes et sous dialectes sont à ce jour parlés dans le pays. Sauf pour l’Anglais, l’Espagnol, le Hokkien, le Cantonais, le Mandarin et le Chavacano, tous ces langages appartiennent à la famille des langues Malayo-Polynesian.

En fait les choses sont un peu plus compliquées.
Mais pour simplifier nous dirons qu’il y a actuellement aux Philippines plusieurs centaines de dialectes, issus d’environ 120 langues et que la plupart de ces dialectes, pour vous donner une idée, présentent des différences plus importantes que ne présentent les langues Françaises et Espagnoles entre elles.


Vous voulez apprendre le Philippin !

Bonjour, je vous souhaite bon courage … et surtout choisissez bien votre Philippin, Pilipino, Filipino, Tagalog, Philglish, Cebuano, Llocano, Waray-Waray … Donc attention !

Ceci n’est que la partie numéro un, d’une petite série, qui je pense devrait comprendre trois épisodes. Mais, j’ai mal à la tête, il fait beau et je suis attendu à la plage pour une partie. Avons eu le passage de ‘’Bebeng’’, une petite tempête tropicale, mais qui a fait, tout de même, 24 ou 25 morts.




Que pensiez-vous du langage et de la langue avant de venir aux Philippines ?
Pensez-vous toujours à apprendre le Tagalog ?


Mabuhay au pays des 7.107 îles.


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Épouser une Femme Philippine”,

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