Friday, September 25, 2015

MARAGONDON ... RIVIÈRE AUX PHILIPPINES !

La rivière « Maragondon ».

C’est en fait une toute petite rivière, je pensais vous annoncer une quarantaine de kilomètres de long, mais j’ai trouvé l’information ; exactement trente-cinq kilomètres, et six cents mètres pour être précis.
Ce que nous pourrions appeler une rivière côtière.


Elle prend sa source le long des contreforts du lac Taal et vient se jeter dans la Baie de Manille après avoir drainé les eaux de la partie Nord-nord-ouest des monts de Tagaytay, des villes d’Alfonso, de Mendez, et d’Indang. Mais une autre partie de son bassin se situe à l’Ouest de la ville de Maragondon, du côté du Mont Palay et au moins deux affluents, des ruisseaux en saison sèche,  viennent s’y jeter ; l’un à hauteur de Maragondon, le second entre Maragondon et Ternate.

Cette rivière est une des six principales rivières du bassin de la province de Cavite et, malgré sa petite longueur, c’est une des plus importantes ; elle reçoit une moyenne de huit cent cinquante millions de mètres cube d’eau par an. Avec Salipit Stream, Mambog River et Malibiclibic River, elle fournit l’essentiel de l’eau pour la consommation humaine, pour l’agriculture et pour l’industrie locale, cette dernière étant très peu développée il faut le dire.

Nous l’appelons « Maragondon River », c’est tout du moins le nom qui est inscrit sur le pont qui l’enjambe au niveau de Ternate. Le nom de la ville Maragondon est dérivé du mot Tagalog ‘’Madagundong’’ ou ‘’Maugong’’, un mot lui-même dérivé de Uugong, ce qui peut se traduire par bruyant ou qui fait beaucoup de bruit. C’est en fait le bruit que fait la rivière, ou plutôt le torrent en amont de la ville, qui a donné son nom à cette dernière.

En fait l’on ne peut la nommer rivière qu’à partir de Maragondon, là où elle s’élargit et présente une profondeur de quelques mètres. En amont, ce n’est qu’un torrent qui a creusé les collines et qui est parsemé de petites chutes, là ou la roche est plus dure et l’érosion plus difficile. La taille des rochers que l’on trouve en son lit prouve la violence du cours d’eau lors des fortes pluies qui accompagnent les typhons. Des roches de plusieurs centaines de kilos qui sont entraînées comme fétus de paille.


Je vais essayer de vous donner une idée de la force du courant au niveau de Ternate et ce  à quelques encablures avant le pont, lors du passage d’un typhon. Alors qu’à cet endroit la rivière, canalisée par des digues en ciment de plusieurs mètres de haut, déborde fréquemment, une grosse Bangka s’est trouvée surprise un jour de forte crue. La Bangka, bien que située sur la partie concave de la rive, s’est désintégrée  contre la digue qui était censée la protéger.

Le moteur, un Isuzu six cylindres de plus de 350 kilos, a été retrouvé à plus de cinq cents mètres de l’endroit du naufrage. Des vagues de plus de trois mètres de haut se forment lors des intempéries et le courant doit avoisiner les vingt nœuds. Les bambous, les branches cassées, les troncs et autres débris viennent bloquer les arches du pont et donc renforcent la violence du courant.

Pour illustrer la puissance des flots, je vous propose quelques photos où il est possible de voir des pans entiers de la digue pesant des tonnes, déplacés de plusieurs mètres, parfois de plusieurs dizaines de mètres pour les plus petites parties.

La rivière n’est réellement navigable que sur quelques kilomètres, de son embouchure à la ville dont elle porte le nom. En amont de Maragondon, avec un bateau à moteur c’est à vos risques et périls, la rivière s’est alors fortement rétrécie et son lit est parsemé de roches dures que l’érosion n’a pu attaquer. Néanmoins, en connaissant bien, il est possible de la remonter sur deux ou trois kilomètres supplémentaires… plus, impossible, il y a de petites chutes.

Mais, ce dont j’aimerais vous parler aujourd’hui, c’est de l’extrême pression de pêche qui s’exerce sur une petite portion de la rivière, cette portion qui va de la barre de Ternate (l’embouchure,Barra de Ternate), au pont de la ville, un kilomètre, guère plus et ils sont des centaines à pêcher.


Quelles sont les différentes méthodes de pêches utilisées ?

Commençons par les plus simples. Les pêcheurs à pied, souvent armés d’un outil tranchant et d’un récipient en plastique ; ils sévissent à marée basse, le long des berges et à proximité de l’île du Balut où se situent des hauts fonds. Là ils ramassent huîtres, coquillages, crabes et petits poissons retenus prisonniers dans des poches d’eau. 

Puis nous trouvons une première classe de plongeurs, les plus pauvres. Ils sont couverts d’oripeaux de la tête aux  pieds, il faut dire que le fond de la rivière est froid. Équipés d’un masque, d’un vieux tournevis qui sert de burin et d’un marteau, outils qui sont retenus à leurs poignets par des ficelles, ils traînent une grande bassine de plastique qui flotte à la surface de l’eau, bassine  retenue à un pied par une corde de cinq à six mètres.

Ils plongent en apnée à la recherche des huîtres accrochées aux rochers qui parsèment le fond de la rivière, huîtres qu’ils vont détacher à l’aide du marteau et du burin avant de les remonter et de les déposer dans la grande bassine. Ils restent sous l’eau entre dix et vingt secondes et prennent une à deux minutes de repos entre deux plongées. Bien que l’on ne puisse pas vraiment parler de repos, dans la mesure où il leur faut continuer à nager une fois à la surface.


Toujours des plongeurs, mais ceux-ci sont quelque peu mieux lotis, palmes et bouée complètent leur équipement. En fait de palmes ce sont des morceaux de contreplaqué, voire d’Hardiflex, sur lesquels sont cloués des lanières taillées dans une vieille chambre à air et qui vont permettre aux pieds de tenir aux raquettes, pardon… aux palmes. Au centre de la bouée-chambre à air se tient la bassine. L’avantage de ce système est indéniable, il permet au plongeur de reprendre son souffle accroché à sa bouée et donc de plonger plus souvent et plus longtemps.

Quelques pêcheurs utilisent également de petites barques (Bangka) à la place de la bouée et de la bassine, mais le principe reste le même.

Les plus riches possèdent une barque avec un compresseur à air et ils plongent avec un tuyau de plastique dans la bouche, sorte de narguilé qui leur permet de rester plusieurs minutes au fond de l’eau. La profondeur du lit de la rivière, en fonction de la marée, se situe entre six et sept mètres au niveau du pont et ils ratissent ainsi une grande surface. Mais cette pêche, en fait cette récolte d’huîtres, n’est rentable que quelques courtes semaines dans l’année. Le prix du carburant utilisé pour faire fonctionner le compresseur vient dangereusement diminuer les gains provenant de la vente des mollusques.
     
Il y a les pêcheurs à l’épervier, mais ils sont peu nombreux, l’art de l’épervier est difficile.
Ils vont, viennent, lancent d’un mouvement tournant leur épervier qui s’étale sur la surface, attendent qu’il atteigne le fond et le remontent tout doucement. Crevettes et petits poissons se laissent prendre à ce piège.
Le pêcheur à l’épervier se déplace avec une bouée et sa bassine, dans ce cas il utilise des palmes/raquettes, ou parfois avec une petite barque.


Passons à des pêches plus traditionnelles.

La dandine, un train de mouches, du type mouches de Gambe est très prisée, elle permet de prendre du poisson, généralement des alevins et des Sap-sap, petits poissons plats qui nous viennent de la mer.
Coude appuyé sur le parapet du pont, le pêcheur fait de grands mouvements de l’avant bras, de bas en haut, ce qui fait monter et descendre le train de mouches… épuisant.

Une ligne plus commune avec un plomb en bout et quelques hameçons que l’on appâte le plus souvent avec un bout de crevette.  De nuit, à partir du pont, mais pas seulement, de grosses lignes de fond, appâtées avec de petits poissons, sont posées. Elles sont plus spécialement destinées au ‘’Pargo’’, le nom local de la carpe rouge africaine.

Une autre technique, mais qui nécessite l’emploi d’une barque… une ligne de fond armée d’une centaine d’hameçons et qui se déroule sur une centaine de mètres. Cette ligne est reliée aux deux extrémités à des morceaux de polyester pour la repérer et de plus elle est lestée, souvent avec un caillou. Chaque pêcheur a sa couleur peinte sur le morceau de polyester. En plus des poissons, dont les poissons chats, des anguilles se font souvent prendre à cette ligne.


Encore une autre technique, surtout utilisée par les enfants ; une ligne, pièce de bambou de deux mètres, un fil de la même longueur, un petit hameçon et… à cinq, dix centimètres en dessous de cet hameçon, un gros triple. Un petit morceau de chaussure locale remplace le bouchon, il est surtout utile lorsque les eaux sont troubles, par eaux claires les enfants pêchent à vue. De nombreux poissons ne mordent pas franchement, ils font les difficiles, ils chipotent diront nous. Mais néanmoins ils font très légèrement bouger le ‘’flotteur’’, ce à quoi le pêcheur va répondre par un ferrage très sec et le petit poisson va se faire harponner par le triple qui se trouve en dessous de l’appât. Il fallait y penser, c’est aux Philippines que j’ai découvert pour la première fois cette technique de pêche.

Pas de pêcheurs à la gaule tels que nous les connaissons sur les bords de la Marne ; on n’appâte pas aux Philippines, pas de pêche à l’asticot, au vers de vase, au blé ou au maïs, le Mystic est inconnu. Pas de pêche à la mouche, quelques canes à lancer, mais la plupart du temps avec des moulinets qui ne fonctionnent pas ou plus.

Parfois, des groupes de Coréens, super-équipés, viennent s’installer sur le pont ou sur la digue. Canes à lancer dernier cris, moulinets Pen Senator ou Shimano, l’équipement complet et de luxe.
Leurs appâts, des crevettes du genre bouquet, sont gardés dans des containers réfrigérés et oxygénés et ils n’attrapent… rien !

La pêche à l’aide de filets est également largement utilisée.


En fin d’après-midi et en début de soirée plusieurs pêcheurs viennent poser des filets avec leur bangka. Trois cents, quatre cents mètres, parfois plus, de filets lestés sont ainsi mis à l’eau au rythme du courant. Là nous avons deux techniques qui s’affrontent.

Il faut savoir que les filets se présentent par longueurs de cent mètres et l’on accroche les filets les uns aux autres, au fur et à mesure qu’on les pose. Cinq cents mètres de filets, cela veut dire que l’on a en fait cinq pièces de cent mètres.

La première technique consiste à poser les filets, où l’on veut, pratiquement sans restrictions.
En ligne droite, en arc de cercle, en cercle presque fermé, etc., pas ou presque pas de restrictions.
Une fois posé l’on va s’efforcer de faire le maximum de bruit autour du filet afin de faire se précipiter les poissons dans ce dernier. Le moteur est mis en route et un des pêcheurs plonge, avec violence, un déboucheur de WC à ventouse dans l’eau, ceci à intervalles plus ou moins réguliers, tandis que, celui qui pilote la bangka tape avec un morceau de bois, parfois une rame, contre la coque du bateau.  Après quelques minutes de ce tapage aquatique, il ne reste plus qu’à remonter le filet.

La seconde technique consiste à poser les filets pour la nuit, l’on viendra les relever au petit matin.
Dans ce cas il faut poser les filets dans le sens du courant, ceci afin d’éviter que des branches ou autres objets plus ou moins identifiés, viennent les endommager, voire les emporter. Dans cette pêche de nuit les filets sont souvent de plus grande longueur et peuvent s’étendre sur un kilomètre, parfois plus… et il y a plusieurs filets qui entravent ainsi la rivière durant la nuit. Parfois ils sont signalés par une ‘’lampe improvisée’’ à kérosène, mais pas toujours… méfiance si vous rentrez de nuit dans la rivière Maragondon, l’endroit est piégeur.


Durant la nuit, par beau temps et si vous vous trouvez sur le pont de Ternate, il vous sera possible d’observer des lumières qui se déplacent sur l’eau, mais également le long des berges.  Encore des pêcheurs, lampes frontales installées, à la recherche de poissons et crustacés qui, profitant de la nuit, montent à la surface. Harpons et épuisettes sont là à les attendre.

Le harpon se compose d’un rayon de bicyclette, aiguisé à un bout et emmanché sur une pièce de bambou.
Croyez-moi, de nuit à la lueur d’une lampe frontale, avec la diffraction, il faut bien viser pour atteindre le tout petit poisson qui se présente au pêcheur.

Chaque pêcheur de bangka emporte avec lui un fusil sous-marin de fabrication artisanale. Un morceau de bois taillé en forme de fusil, une rainure à la place du canon, rainure qui va recevoir la flèche, en fait un rayon de bicyclette muni d’un ardillon. Les Sandows sont remplacés par des lanières taillées dans une vieille chambre à air de camion et une gâchette permet de libérer la flèche. Attention, outil puissant et dangereux, à ne pas mettre en toutes les mains.


Les crevettes ne sont pas oubliées et font l’objet d’une pêche intensive, bien qu’artisanale.
Des pièges, que l’on pourrait comparer à nos balances, sont utilisés pour attraper les petites bestioles qui ont une haute valeur marchande sur le marché local. Une pièce carrée de filet à pêche souple d’une cinquantaine de centimètres de côté, quatre pièces de bambou joignant le centre aux angles, quatre ficelles attachées aux extrémités, un peu d’ajustement et le piège est prêt. Le filet, appâté en son centre, est mis à plat au fond de l’eau grâce aux quatre morceaux de bambou. Une corde relie le piège à la surface, corde dont on ajuste la longueur en l’enroulant plus ou moins sur un morceau de polyester.

On laisse le piège quelques heures avant de le relever.

Une longue perche de bambou munie d’un crochet à son extrémité, crochet qui va prendre la corde au niveau du polyester, un grand mouvement vers le haut et hop, les quatre bras du piège vont se refermer sur une, voire plusieurs crevettes et parfois de petits crabes. Il ne reste plus qu’à mettre le piège à bord et à le retourner sur un seau afin d’y faire tomber crabes et crevettes.


Comme de bien entendu, je vous ai gardé le meilleur pour la fin, les ‘’pêcheurs/chasseurs’’.
Ceux-là arrivent le plus souvent en motocyclette et en groupe de quatre, cinq et parfois plus. Ils s’installent sur le pont ou arpentent la digue… attention ils tirent à vue. Leurs tenues ressemblent plus à celles des militaires qu’à celles des pêcheurs. Treillis, chaussures du type Rangers, casquette ‘’Marines’’ et le fusil !
Oh un fusil à air comprimé, mais dont certains ressemblent à s’y méprendre à des armes de guerre.
Attention, il ne s’agit pas du fusil à air comprimé que l’on connait, celui de nos foires, celui que l’on casse pour l’armer. Non les fusils de ces Pêcheurs/chasseurs se rechargent à l’air comprimé des stations d’essence locales et il est très puissant.

La balle est remplacée par une flèche d’acier, la plupart du temps un rayon de vélo ou de motocyclette muni d’un ardillon vissé à la pointe. Un fil de pêche est enroulé sur une petite bouteille plastique situées sous l’extrémité du canon, ce fil étant relié à la flèche d’acier.


Un poisson passe à proximité de la surface, le pêcheur/chasseur vise, fait les corrections nécessaires en fonction de la distance et de la profondeur à laquelle se trouve le gibier, pardon le poisson et tire. La flèche harpon part, suivie par le fil de pêche attaché qui se déroule et quitte la bouteille plastique. Quatre fois sur cinq le but est manqué, mais néanmoins, avec vingt pour cent de réussite nos pêcheurs chasseurs arrivent à attraper quelques pièces. Chapeau, il faut le faire !

Comme vous pouvez le constater à la lecture de ce billet, la pression de pêche exercée sur cette portion de notre petite rivière est intense. Et pourtant elle continue à vivre notre petite rivière, elle est pleine de vie et fait subsister nombre de familles résidentes de Ternate.

Sans oublier que l’on trouve sur les bords de la rivière, des parcs à huîtres, des élevages de poissons (Bangus et Tilapias) ainsi que de crevettes.

Je reviendrais dans un prochain billet sur la rivière Maragondon, il y a encore beaucoup à dire.

Expériences, avis, critiques et commentaires, comme d’habitude sont les bienvenus.

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