Saturday, January 7, 2012

ESSAYONS ... D'Y VOIR CLAIR !


Lorsque vous entendez parler des Philippines, généralement vous entendez parler de guerres, de conflits, d’insurrections, de kidnappings, d’assassinats politiques, de banditisme, etc. et j’en passe et des meilleures.

Quand bien entendu il ne s’agit pas de catastrophes naturelles du genre typhons, inondations, volcans qui explosent et tout ça c’est également meurtrier… pas de chance pour les journaleux, nous n’avons pas eu de violents tremblements de terre ces dernières années, les volcans se tiennent plus ou moins tranquille et jusqu’à maintenant les typhons n’ont pas fait trop de victimes en 2011. Mais, l’année n’est pas encore terminée, ils peuvent encore espérer.

Pourquoi j’en veux un ‘’peu’’ aux journalistes ?
Tout du moins à certains d’entre eux, car heureusement il y en a qui font leur travail de façon tout à fait honorable.

Je vais vous donner mes raisons.
Récemment il y a eu deux événements marquants qui ont fait la une des journaux du monde entier, deux ‘’Guiness records’’ qui ont marqué les esprits.
- Le plus petit homme connu  vivant sur la planète bleue,
- Le plus grand crocodile jamais attrapé et mis en captivité (Lolong est son doux nom).

Les contrôles de ces deux records ont été effectués par des ‘’inspecteurs’’ du Guiness, sur les lieux mêmes où vivent les deux récipiendaires, bien évidemment en présence de nombreux journalistes et photographes.
Pas un seul de ces journalistes n’a mentionné que les deux cérémonies se passaient sur la grande île du sud, l’île de Mindanao réputée pour sa dangerosité. Faut pas casser la baraque, ne pas tuer la poule aux œufs d’or. Ne mélangeons pas ‘’Lolong’’ avec le NPA et le petit homme avec le MNLF, le MILF, les Abu Sayyaf et autres bandits qui sévissent dans la région !

En fait je voulais parler de ces journalistes qui écrivent leurs articles, confortablement installés dans leur chambre climatisée d’un hôtel cinq étoiles de la capitale, en reprenant des coupures de la presse locale, agrémentées d’informations glanées sur les chaînes des télévisions de Manille.

Comme les journalistes locaux font très forts dans le sensationnel et que la surenchère est de mise … bonjour les nouvelles !


Revenons en à Mindanao, car c’est de Mindanao et du conflit avec les ‘’Moros’’ dont je souhaite vous parler aujourd’hui.
Comme en fait peu de gens, surtout pas les journalistes, se sont penchés sur les problèmes afin de savoir de quoi il retournait, tout le monde avale les salades plus ou moins composées, qui sont présentées dans les journaux ou à la télévision.

Essayons de faire le point et de voir un peu ce qui se passe réellement sur le terrain et pourquoi.
Pour simplifier, nous dirons que le Gouvernement philippin doit lutter intérieurement sur deux fronts.

1- La demande par les ‘’Moro’’ de la création d’un état Islamique indépendant. Une majorité des musulmans, qui se trouvent  principalement regroupés sur la partie sud-ouest de la grande île de Mindanao.

2 - Une tentative d’insurrection de la part du Parti Communiste local d’obédience maoïste. La majorité des provinces philippines sont affectées par ce conflit, pas seulement Mindanao.

Comme cela serait trop simple, à ces deux confrontations officielles viennent s’ajouter des conflits locaux ou régionaux, des groupes outsiders parmi lesquels l’on peut citer le MILF et ses descendants, les ASG, des armées locales appartenant à des Land Lords ou à des politiciens, des groupes para militaires, des bandits comme le Pantagon group, plus quelques gangsters ici et là. Chacun pouvant aisément passer d’un groupe à l’autre, d’une catégorie à l’autre. Personne ici n’étant ni tout blanc ni tout noir.

Bien entendu, du côté gouvernemental nous trouvons l’armée philippines, la Police et également des groupes para militaires.

Tout ce beau monde joue un jeu qui consiste à faire le maximum d’argent en un minimum de temps. Là où les idéologies ont disparues depuis fort longtemps, seuls l’argent et le pouvoir qui est son synonyme, ont droit de cité.

Il faut savoir que tout cela s’imbrique, se mélange, qu’il y a parfois des alliances contre nature et que dans la plupart des cas les luttes pour le pouvoir et l’argent mènent la danse.
Ce que nous prenons pour la paix n'est qu'un armistice entre les conflits : la planète grouille, saigne, et ne saurait vivre sans cette violence." Jean Cocteau


Il y a quelques années le groupe Abu Sayyaf se trouvait totalement encerclé par plusieurs bataillons de l’armée dans la ville de Basilan, sur l’île du même nom. Aucune chance de s’échapper et pourtant … ils ont pris le large, sans être le moins du monde inquiétés. Les généraux responsables des opérations ont été grassement ‘’rétribués’’ et ils ont, comme d’habitude, rétrocédé une partie de l’argent perçu à leurs subalternes qui ont fait de même avec la troupe et tout le monde y a trouvé son compte.

Le soldat de base n’a pas à combattre, n’a pas à risquer sa vie, tout en améliorant considérablement sa solde ; les généraux se font construire des piscines olympiques dans leurs villas de luxe et voyagent beaucoup à l’étranger.

Le décor étant planté, regardons un peu ce qui se passe sur Mindanao, principalement dans la zone sud-ouest de l’île, cette partie qui s’étend de Tawi-Tawi à l’ouest à la province de Lanao del Norte et j’ajouterai Lanao del Sur, Maguindanao et Sultan Kudarat.

Extrait d’un mail que Denis, qui vit à Davao City, sur l’île de Mindanao, a eu la gentillesse de me faire parvenir ces derniers jours :

De source sûre (mes copains français de la Croix Rouge ici. Jean robert en est le responsable),
 il y a deux ou trois lieux à ne pas fréquenter ou peu fréquentables ! 
Ce sont les îles du Sud et de l’ouest de Zamboanga. A proscrire ! 
La ville de Zamboanga où ils ne recommandent pas de séjourner, (ils n'y ont plus de représentant) pas plus que Cotabato City et les environs immédiats (leur représentant rentre à Davao toutes les fins de Week end pour plus de sureté).
La ville de Marawi et le secteur du Lac Lanao (enlèvements en tout genre pour faire du fric)

Mise à part la péninsule de Zamboanga et quelques secteurs localisés, Pagadian, où je n'ai pas encore été, la côte de la mer de Mindanao (je ne suis remonté que jusqu'à Kiamba depuis GenSan), tout le reste j'ai fait et sans problème.
Ah Non ! Je n'ai pas encore fait les provinces de Surigao.
Mais cela ne saurait tarder. J'ai un ami qui habite Leyte, au nord, à Calubian. 

A cela j’ajoute, pour m’y rendre parfois, qu’il n’y a aucun problème particulier sur les provinces de Surigao et celles avoisinantes.

Donc, ne le cachons pas, il y a tout de même une zone qu’il est préférable d’éviter dans la mesure du possible. Bien que je reste persuadé, que quiconque prenant un minimum de mesures de précautions et bougeant sans cesse, ne risquerait pas grand-chose. Les dommages collatéraux, au mauvais endroit, au mauvais moment. Mais cela n’est pas l’apanage des Philippines, de nombreux autres pays sont dans une situation similaire, sinon plus détériorée.


Un peu d’histoire.

Cette revendication de création d’un Etat Islamique indépendant, cette volonté d’auto détermination, ce n’est pas nouveau. L’on peut remonter jusqu’en 1565, date à laquelle les Espagnols ont donné le nom de ‘’Moro’’ à ces peuples musulmans du sud qui refusaient la chrétienté. Le terme ‘’Moro ‘’ est dérivé de Maure, les Musulmans qui envahirent et colonisèrent l’Espagne de 711-738 la conquête à 1609.

Les tribus qui habitaient les îles Philippines avant l’arrivée des Espagnols (1521, Ferdinand de Magellan), avaient été converties pacifiquement (j’insiste sur le pacifiquement) à la religion islamique, par des marchands et des missionnaires musulmans, venues de l’ouest, venus de Bornéo.

L’on estime que cette conversion s’est effectuée entre les Xème et XIIème siècle et que les populations converties occupaient principalement les régions côtières. Certaines tribus qui refusaient l’islamisation, s’étaient retirées plus à l’intérieur des terres.

Lors de l’arrivée des Espagnols, un Sultanat, le Sultanat de Jolo s’étendait sur la partie sud-ouest de Mindanao, les îles de l’archipel de Sulu, le Shaba sur l’île de Bornéo et Palawan.
Pendant plus de 400 ans les Moros vont résister, aux  Espagnols puis aux Américains et enfin, au pouvoir central de Manille depuis l’Indépendance (1946). A noter qu’ils ne seront jamais battus, ce peuple de guerriers ne sera jamais assimilé, toujours plus ou moins en rébellion au cours des siècles.

Le Gouvernement de la République des Philippines (GRP ou GPH) a vu ses administrations, les unes après les autres, s’asseoir à la table des négociations avec les groupes islamiques sécessionnistes. Ces groupes qui ont toujours revendiqué la création d’un Etat islamique indépendant et séparé de la République des Philippines.

Contrairement à ce qui est souvent dit, il existait des mouvements indépendantistes avant la création du MNLF et ce n’est pas Nur Misuari qui a créé le MNLF.
De plus le MNLF (Moro National Liberation Front) n’est pas un mouvement Islamiste, il compte dans ses rangs des Chrétiens, des Protestants, des Juifs, etc.


L’histoire récente, de Ferdinand Marcos à Benigno Aquino.

Sous la présidence de Ferdinand Marcos (1965-1986)
1968 : 68 soldats musulmans (Marines à l’entrainement) sont assassinés sur ordre de Marcos par des militaires sur l’île de Corregidor ; ce qui est désormais appelé le ‘’Jabidah Massacre’’. Ces Marines faisaient partie d’un groupe à l’entrainement pour une tentative d’infiltration et de fomentation d’une rébellion sur le Shaba. Une province de Bornéo revendiquée par les Philippines au fait qu’elle était partie intégrante du Sultanat de Jolo. 

1969 : création du MNLF, le Professeur d’Université Nur Misuari en prend la tête, MNLF qui se renforce du fait d’éléments musulmans révoltés par le Jabidah Massacre. Le MNLF cherche à obtenir la  création d’un ‘’Bangsamoro ‘’ (territoire, Etat Moro) par la force des armes, estimant que les musulmans sont opprimés par le pouvoir de Manille.

1969-1976 : le MNLF engage un conflit armé contre le gouvernement philippin.

A partir de 1972, les combats s’intensifient entre Moro et Forces Armées Philippines.

Proclamation de la loi martiale le 23 septembre 1972 (elle restera en vigueur jusqu’en janvier 1981).

1974 : bataille de Jolo, massacres de part et d’autre, la ville est brûlée en représailles.

La nouvelle galvanise les musulmans du monde entier, qui se soucient de ce qui se passe dans cette région reculée des Philippines. Une aide financière étrangère arrive à la rébellion. Au milieu des années 70, le MNLF compte environ 20.000 combattants en armes.

1976 : le GRP et le MNLF signe l’agrément de Tripoli et déclarent un cessé le feu entre les deux camps. Mindanao restera une partie des Philippines, mais 13 provinces se trouveront sous le gouvernement du Bangsamoro People.

Marcos s’oppose à l’agrément et les violences reprennent.

1977 : Hashim Salamat forme le MILF (Moro Islamic Liberation Front), groupe dissident du MNLF et qui lui combat pour la création d’un Etat islamique indépendant.

Le MILF refuse absolument de négocier avec le gouvernement  philippin, les combats continuent entre AFP et MILF (armée et musulmans).


Sous la présidence de Corazon C. Aquino (1986-1992)

1986 : au début de son mandat, la Présidente Aquino fait le nécessaire afin de rencontrer le chef du MNLF Nur Misuari dans la région de Sulu. Ce qui va paver le chemin pour une série de négociations qui vont se dérouler durant son mandat.

1989 : la Région Autonome Musulmane de Mindanao (ARMM) est créée sous le Republic Act Nº 6734 ou le ARRM Organic Act, selon la Constitution de 1987.

Donc le MNLF cesse tout combat contre l’armée et en échange gère presque totalement une région des Philippines habitée en majorité par des populations musulmanes.

1991 : devant ce qu’il considère comme une capitulation de Nur Misuari et trouvant le MILF trop tiède, Abdurajak Janjalani, un ancien professeur qui a étudié l’Islam au Moyen-Orient, forme le groupe Abu Sayyaf. Il aurait rencontré Ben Laden en Afghanistan dans le milieu des années 80. Janjalani recrute d’anciens membres du MNLF afin de créer le ASG (Abu Sayyaf Group) un groupe islamiste nettement plus radical.  


Sous la présidence de Fidel V. Ramos (1986-1992)

Septembre 1996 : le Gouvernement de la République des Philippines (le GPR) et le MNLF signent un agrément définitif de paix qui précise que la Région Autonome de Mindanao, la ARMM, aura sa propre assemblée législative, son conseil exécutif, des forces de sécurité régionales et son propre système économique et financier.

1997 : le GRP et le MILF entament des pourparlers de paix.


Sous la présidence de Joseph E. Estrada (1998-2001)

2000 : le Président Estrada suspend les pourparlers de paix et déclare la guerre ‘’totale et à outrance’’ contre le MILF.
En juillet 2000 le camp principal du MILF tombe aux mains des Forces Armées Gouvernementales après quelques joyeux massacres.


Sous la présidence de Gloria Macapagal Arroyo (2001-2010)

Novembre 2001 : L’ancien chef du MNLF et nouveau Gouverneur de la Région Autonome de Mindanao (ARRM), Nur Misuri, commande à ses supporters d’attaquer des cibles gouvernementales de façon à empêcher la tenue d’élections qui ont pour but de l’évincer de son poste de gouverneur de la région.

2002 : les pourparlers de paix reprennent en Malaisie et il en découle deux agréments. La mise en place d’une ligne de conduite sur les aspects humanitaires, de réhabilitation et de développement et la création d’un Joint Action Group entre l’Armée et le MILF pour combattre les terroristes et les criminels dans le centre de Mindanao.

2003 : la Présidente Arroyo stoppe les pourparlers de paix et déclare la guerre au MILF suite à une série d’attentats attribués à ce groupe dissident (Davao).

2004 : reprise des pourparlers entre le MILF et le GPR, début des négociations sur un pacte sur les terres ancestrales et l’expansion du territoire de la Région Autonome de Mindanao (ARRM).

2005 : des forces du MILF attaquent des troupes gouvernementales à Maguindanao, au moins 23 soldats sont tués. La guerre reprend !

2006 : et l’on reprend les négociations en Malaisie.

2007 : Au moins 14 Marines (armée gouvernementale) sont décapités.
Le gouvernement accuse le MILF, mais plus tard l’on découvrira qu’il s’agit de membres des Abu Sayyaf qui sont responsables de ce massacre … ce qui entraînera, bien évidemment, des représailles, oui, mais pas contre les responsables, pas contre les bons … ce qui entraînera à nouveaux des représailles, contre l’armée cette fois, etc.

Novembre 2007 : Misuari est arrêté en Malaisie et immédiatement déporté aux Philippines où il doit répondre de plusieurs attaques perpétrées sur Mindanao en 2001.

Avril 2008 : Misuari est libéré sous caution.

Octobre 2008 : le plus fumeux !
La Cour Suprême déclare anticonstitutionnel le MOA-AD signé entre le MILF et le gouvernement. MOA, c’est un Mémorandum of Agreement et le AD n’est pas Anno Domini, mais Ancestral Domain. Selon la Constitution des Philippines, l’on ne peut pas créer un Etat à l’intérieur de l’Etat.
Que prévoyait ce MOA ?

Selon le MOA-AD, aux cinq provinces actuelles qui constituent aujourd‘hui la Région Autonome de Mindanao, auraient été ajoutés 700 villages, soumis à référendum qui aurait été tenu dans l’année. La nouvelle entité (Etat) ainsi créée, qui aurait été appelée Bangsamoro Juridical Entity (BJE), aurait eu sa propre police, son armée et son propre système juridique … entre autres.

Fin 2008 : Suite à la décision de la Cour Suprême, certains éléments du MILF, des leaders comme Umbra Kato, Abdullah Bravo Macapaar et Aleem Pangalian reprennent leurs attaques contre des cibles civiles et militaires dans les provinces de North Cotabato et de Lanao del Norte.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que tous ces groupes ne sont pas soudés, pas tous derrière un seul chef ! Une sorte de rassemblement de chefs de guerre, des tribus, des ethnies. Comme il s’agit uniquement de lutter pour avoir l’argent et le pouvoir, dès que l’un ou plusieurs de ces chefs de guerre ne retrouvent plus leurs intérêts dans les négociations, ils font sécession et reprennent le combat avec leurs troupes jusqu’à ce qu’on leur fasse une proposition qui rejoigne leurs intérêts.

Un chef comme Kato dispose au minimum de 1500 à 2000 hommes en armes.

2010 : le GRP et le MILF signent une déclaration conjointe pour continuer les négociations sous la nouvelle administration, une fois que Gloria Arroyo aura terminé son mandat.   


Sous la présidence de Benigno Aquino III (2010-à ce jour)

Août 2011 : le Président Aquino rencontre le chef du MILF Al Haj Murad Ibrahim à Tokyo. Le premier Président à rencontrer le chef du MILF, une première.

Octobre 2011 : sur l’île de Basilan et sur la Province de Lanao del Norte, au moins trente soldats sont tués. Le MILF est tenu pour responsable de ces massacres, tout du moins certains éléments ‘’incontrôlés’’ ; mais le gouvernement philippin a fait savoir que les pourparlers vont continuer. L’armée philippine commence à gronder !


Que nous réserve l’avenir ?
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Critiques et commentaires, comme d’habitude sont les bienvenus.


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1 comment:

siola said...

Merci pour cet article complet, je me posais des questions sur ces rebelles...