Saturday, April 16, 2011

PAUVRETE ET INFLATION


Pauvreté 2011

Le Président Aquino semble surpris après avoir pris connaissance d’un sondage qui indique qu’il y a un nombre croissant de personnes qui ne mangent pas à leur faim et de plus en plus de pauvres dans le pays.

Personnellement je ne suis pas du tout surpris, il suffit de regarder autour de soi, d’ouvrir les yeux, même ici à Ternate et nous ne sommes qu’à 54 kilomètres de la capitale.


Que constatons-nous ?

De plus en plus de gamins quittent ou ne vont plus à l’école.

Ils traînent dans les rues, font de petits boulots du type boti (récupérateurs, ferrailleurs) ou vivent de rapines.

Ils sont de plus en plus nombreux ceux qui marchent à pied, on ne prend plus le tricycle pour faire cent mètres, on marche à pied, même sous le soleil, avec un parapluie en guise d’ombrelle ou une serviette couvrant la tête et les épaules.

L’on voit de plus en plus de gens sur les chemins de la forêt, ils vont faire un peu de bois (kahoy), des fagots qu’ils vont revendre en ville.

L’on ne compte plus ceux qui font leur repas d’un peu de riz et de quelques huîtres ramassées dans la rivière.

L’on nous sollicite de plus en plus pour quelques centaines de pesos (emprunt, ils remboursent), pour acheter de l’essence pour le moteur du bateau ou pour aller chercher du travail à Manille.
Des gens qui ne se lèvent pas, qui restent couchés, car il n’y a rien à manger …

Des filles de plus en plus jeunes qui occasionnellement vont vendre leur corps pour quelques centaines de pesos. Pas véritablement de la prostitution, elles font cela très occasionnellement, quand il n’y a plus aucun autre moyen d’avoir un peu d’argent pour acheter de la nourriture, quand le ventre est creux.

Pour certains, même le riz est devenu trop cher, on cherche un substitut. Il y en a qui mangent des mangues vertes à longueur de journée, une noix de coco, pas grand-chose à manger en ce moment, elles sont également vertes, buko pas encore niog.

Les gens passent du gaz ou du kérosène au charbon de bois, puis au bois, de plus en plus du bambou. Le bambou, qui est une herbe, noircit les casseroles et donne un goût aux aliments qui ne sont pas couverts.



Nous utilisons également le charbon de bois, mais pour un BBQ, des brochettes.
Le charbon de bois est revendu au détail en petits sachets au prix de cinq pesos.

La bouteille de gaz de 11 kg est vendue 700 pesos.

J’ai calculé que si nous faisions la cuisine au charbon de bois il nous faudrait cinq petits sacs à P5, d’où P25 par jour et P750 par mois. Aussi cher sinon plus que le gaz ! Oui mais, les gens n’ont pas les P700, par contre comme ils vivent au jour le jour, ils sont capables de mettre 20 ou 25 pesos chaque jour.
Le problème est que l’environnement en prend un sérieux coup, coupes illégales, déforestation …


Un autre facteur qui contribue certainement à l’appauvrissement d’une grande partie de la population : ‘’l’inflation’’.

Officiellement l’inflation est de l’ordre de 5 %, je peux vous garantir que cela ne représente absolument pas l’augmentation réelle du coût de la vie sachant qu’une famille philippine voit plus de 50 % de son budget passer dans le poste alimentation.

Nous avons parlé du gaz, mais l’augmentation porte également sur l’électricité, les transports, la nourriture, etc.


Je ne sais absolument pas de quoi est composé le panier qui sert au calcul de l’inflation dans le pays, mais si l’on devait s’en tenir à l’alimentation, les transports et l’électricité, nous franchissons allègrement la barre des 10 %. Et ce sont ces trois postes qui représentent l’essentiel des dépenses de la grande majorité des familles philippines. Si ce panier intègre des produits du style prix des voitures, du ticket de cinéma, des caméras numériques …

Une autre façon de jouer avec l’inflation : le prix reste le même, car plus ou moins imposé par le gouvernement, oui mais … c’est la quantité qui diminue.

Exemple, le ‘’Pan de Sal’’, un petit pain de style espagnol que les philippins mangent (je devrais dire mangeaient) le matin avec le café. Ce petit pain, qui était il y a dix ans gros comme le poing d’un enfant de huit ans ressemble maintenant à une pièce de cinq pesos. Mais son prix n’a pas augmenté il est toujours vendu à un peso pièce.


Il y a quelques jours plus assez de thon pour ma salade.

En dépannage je vais à l’épicerie du coin (le Sari-Sari store) acheter une petite boîte de thon à l’huile ; boîte de 155 gr, 5,5oz, de la marque 555. J’ai ouvert la boîte moi-même, donc pas d’erreur possible … les deux tiers du contenu … de l’eau et un peu d’huile.


J’ai voulu en avoir le cœur net et je suis allé, dans différentes boutiques acheter des conserves, sardines, thon à l’huile, calderata, afritada, porc aux haricots … de marques différentes. Les sardines sont toutes petites avec beaucoup de sauce tomate, le thon j’en ai déjà parlé, se fait remarquer par son absence, le porc dans les haricots … je le cherche encore !

Mais les prix de ces produits, de ces conserves, n’ont que peu variés ou dans la limite des 5 % ‘’autorisés’’, très certainement.
Le problème c’est que les gens ne se nourrissent pas exclusivement de sauce tomate, d’huile et d’eau.


Ce n’est pas uniquement philippin … nous pouvons prendre l‘exemple de la Tunisie dont les fondamentaux économiques n’étaient pas mauvais, inflation maîtrisée, croissance soutenue, mais la population dans son ensemble n’a pas vu une quelconque amélioration de sa situation, bien au contraire.
Les remèdes, comme inflation réduite et déficit budgétaire modéré, ne suffisent plus.


Pour en revenir aux pauvres, les exemples de Manille, des banlieues et de Ternate ne reflètent peut être pas complètement la situation sur l’ensemble du pays.
Je m’explique : Manille c’est la capitale, le mirage de l’argent facile, de la richesse pour de nombreux provinciaux … la désillusion et la galère pour beaucoup. La vie est chère à Manille, peu ou pas d’entraide comme au village et pas si facile que de trouver un job, un toit, un bol de riz pour la journée.

Deux solutions, ils s’incrustent sur Manille, deviennent squatters et essaient de survivre. Ils vivent à plusieurs dans une cabane faite de carton suspendue ou accrochée à la rive d’un des nombreux creeks qui sillonnent Manille (bras de rivière qui deviennent torrents furieux à la moindre pluie).

D’autres, après un séjour plus ou moins long, commencent une migration en sens inverse, en direction d’où ils sont venus et cela peut prendre du temps, parfois des années. Nous en avons comme cela qui arrivent à Ternate et qui poursuivent en direction du … sud.
Problème la route est en cul de sac. Après 25 kilomètres, plus de route … une base militaire, des ‘’Marines’’ et un centre touristique de luxe, Kaylabne Bay.


Certains s’installent dans les montagnes avec leur famille, cultivent quelques légumes que les femmes vont vendre sur le marché … une économie de subsidence. Des gens de Bicol, de Samar, de Leyte, des Visayans, des gens de Mindanao également, même à Davao City (la deuxième ou troisième ville du pays), il n’y a pas de travail !

J’ai également remarqué un nombre croissant de personnes, parfois des familles entières, qui dorment dans les rues de Malate et d’Ermita, les principaux quartiers touristiques de Manille. Et ce n’est certainement pas à cause de la chaleur en cette saison !

Je ne parlerai pas de toutes ces jeunes filles qui travaillent comme GRO dans les très nombreux ‘’Boui Boui’’ de la capitale et de ses environs, cela existait avant ce que je nomme une crise économique profonde qui touche les pauvres, pauvres qui représentent plus de 50 % de la population.


Le phénomène est certainement moins marqué en province.

Avec Alex, qui vit sur l’île de Mindoro, nous échangeons régulièrement quelques idées et impressions et il ne semble pas avoir remarqué cet accroissement de la misère, de la pauvreté et cela se comprend aisément. Tout du moins il est possible de donner une explication : Mindoro, c’est une île d’un million d’habitants et l’économie est essentiellement basée sur l’agriculture, l’élevage et la pêche (mis à part Puerto Galera qui vit du tourisme).

Il n’y a, à mon avis tout du moins, pas d’afflux d’immigrants venant des provinces les plus pauvres du pays à la recherche de l’Eldorado, cette couche de la population qui s’est coupée de ses racines ancestrales.

Les Mangyans, les huit tribus originaires de cette île et qui sont près de 100.000, vivent pratiquement en autarcie et la pauvreté ils ne connaissent pas, tout du moins ils n’ont certainement pas comme nous, une définition à donner pour pauvreté et richesse.
La famine, ils connaissent certainement … nombre d’entre eux en ont sûrement fait l’amère expérience, mais les notions de richesse et de pauvreté …

Le reste de la population, toujours à mon humble avis, doit pouvoir s’en sortir, un peu la France rurale des années 50. Les familles ont toutes un lopin de terre sur lequel se cultivent quelques légumes, un peu de bétail et de la volaille, un fish pond … il y a de l’eau sur les plaines côtières, le riz et le maïs y poussent bien, encore un peu de poissons dans la mer et des parents tout autour … la ‘’tribe’’.

Les fruits et légumes sont cultivés sur place et ne provienne pas d’une région éloignée comme à Manille.


La ‘’tribe’’, le cocon familial, la famille étendue …

Les Philippines, ce n’est pas un pays … ce sont des pays.
Un patchwork de pays réunis sous un seul nom … les Philippines.


Mais avant d’être Philippin ou Tagalog, Cebuano ou Visaya, le Pinoy est de son village de sa ‘’tribe’’, puis de sa province, un Pampangueño, un Llocaño, un Bicoleño, un Cebuano … et il y a de grandes différences de cultures, de mœurs, de religions et de croyances, de langages, d’histoire …


Celui qui arrive à Manille en provenance de Leyte, de Samar, de Masbate, de Sorsogon, de toutes ces provinces les plus pauvres et déprimées, est pratiquement considéré comme un étranger. Celui qui parle Visaya ou avec un accent Visaya est considéré comme un ‘’inférieur’’ par un Tagalog …

Les ‘’Bougnats’’, vous vous souvenez de ces auvergnats montés à Paris pour y faire fortune et qui travaillaient … dans le charbon, livreurs de charbon. Les jeunes filles Bretonnes qui venaient dans la capitale française pour être bonnes, les plus belles d’entre elles se faisant entretenir par de vieux messieurs …

Une évolution normale ou presque normale, mais pas ici.


Où est passée la seconde économie asiatique des années d’avant la seconde guerre mondiale ? Où est passée Manille, la perle de l’Orient, Manille la ‘’moderne’’, la capitale économique régionale avec ses larges avenues bordées d’arbres, la ville fleurie et propre ? La ville où, encore dans les années 70, il faisait bon vivre ?

Ah, oui … il y a Fort Bonifacio ! Aujourd’hui, mais demain ?
J’ai récemment passé deux nuits chez un bon copain qui habite le Fort, dans un de ces immeubles super luxe qui domine Manille. Sécurité renforcée, monumental hall d’entrée aux marbres rutilants, bois précieux, ascenseurs ultra-rapides, climatisation centralisée, vue imprenable du 26ème étage … la piscine, le spa et j’en passe.

Alors que nous contemplions Manille, de nuit, à travers une immense baie vitrée, il m’a fait remarquer que 80 à 90 % des appartements des buildings environnants n’étaient pas éclairés … personne pour louer, il faut dire qu’à P120.000 pour un 100 m2 cela fait réfléchir. Dans son immeuble moins de 30 % des appartements sont occupés, par des familles philippines dont vous connaissez tous les noms et par quelques expats !

A qui sont destinés tous ces îlots de luxe ?

Encore un flop, qui finance ?


Oui, il y a plus de richesse et de travail sur Manille, l’Eldorado ? Non, le mirage ! Car beaucoup d’appelés et peu d’élus, les salaires, quand ils sont payés, sont faibles et permettent à peine à faire vivre une famille, la vie y est plus chère qu’en province et l’avenir y est incertain.

J‘en reviens à la pauvreté, à l’augmentation très sensible des pauvres et des très pauvres dans ce pays. Déclin de l’agriculture et des ressources de la mer, pas d’investissement étranger dans l’industrie, départ de plusieurs grands groupes dans les dix dernières années et qui n’ont pas été remplacés, préférence à l’importation plutôt qu’à la fabrication, lois mal adaptées, corruption … quelques-unes des causes du déclin que l’on peut constater.

Augmentation du GDP pour l’année 2010, de l’ordre de 7 %.
Inflation pour les pauvres et les plus pauvres très nettement supérieure à 10 % …
Donc, le pouvoir d’achat …


Ma décomposition de la société philippine pourrait être la suivante (cela n’engage que moi).

Riches et très, très riches ------------------------------ 2/3 %, ceux qui vont une ou plusieurs fois par mois à Hong-Kong, au Japon ou aux USA et qui envoient leurs bonnes faire les courses dans les SM locaux,

Les gens aisés ----------------------------------- 5/7 %, quelques hauts fonctionnaires, entrepreneurs, gros propriétaires terriens, etc.

Ceux que l’on pourrait nommer la classe moyenne ----------------------- 15/20 % (au grand maximum), les fonctionnaires et agents de l’état, les grandes entreprises publiques et autres, les petits entrepreneurs et petits propriétaires terriens,

Les pauvres 40 % et les très pauvres 30 %.


C'est volontairement que je n'ai pas mis de photos représentant ce qu'est la pauvreté pour certains.





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1 comment:

Josick d'esprit agricole said...

Plusieurs pays... situation intenable

tiré de http://www.jpchevallier.com/article-scenarii-pour-la-fin-de-l-euro-71285465.html
Une monnaie ne peut correspondre qu’à un pays et inversement. C’est un principe irréfragable.
L’entité de base est la nation caractérisée par un niveau et des gains de productivité globale qui diffèrent d’une nation à une autre, à tout moment. C’est la raison pour laquelle le meilleur système de changes (celui qui assure son fonctionnement à son potentiel optimal) est celui qui est libre.